Alain Brunet

Archive, juin 2010

Samedi 26 juin 2010 | Mise en ligne à 12h42 | Commenter Commentaires (167)

Festival de jazz: VOS impressions !

flamenco image

Avis à tous les malades de musique qui se demandent bien  où j’écris pendant le Festival International de Jazz de Montréal, voici la marche à suivre :

Contrairement à l’an dernier, les critiques des concerts (plus ou moins une heure par escale, festival oblige) sont mises en ligne sur Cyberpresse et non dans le blogue. Pour toutes les critiques, vous devez passer par la section Arts de Cyberpresse, ou encore en cliquant directement ICI .

Pour les jours qui viennent, ce blogue sera plutôt l’occasion de formuler QUOTIDIENNEMENT vos impressions des concerts de la veille et de ceux à venir.

Autant que possible, je vous fournirai les liens pour accéder à un maximum de contenus.

L’été ne fait que commencer, les jours qui viennent seront intenses, pour employer un euphémisme. Après Victo, Mutek, les Francos, un soupçon de Suoni Per Il Popolo (c’est malheureux, mais ça devient très complexe de couvrir ce petit festival d’avant-garde qui choisit de rester en juin et d’évoluer en marge), le 31e Festival international de jazz est en marche.

ALORS ? PUISQU’IL M’EST IMPOSSIBLE DE COUVRIR AUTRE MATIÈRE QUE LE JAZZ PENDANT LE 31e FIJM ( MES COLLÈGUES PHILIPPE RENAUD ET ALAIN DE REPENTIGNY FONT LE RESTE DU BOULOT), N’HÉSITEZ PAS À SUGGÉRER VOS COMPTE-RENDUS SUR CE BLOGUE , C’EST-À-DIRE DANS LA CASE AUX RÉPLIQUES.

Nous sommes des milliers à couvrir des centaines de concerts, impossible d’être partout, alors faisons de ce forum un lieu élargi de critiques et d’impressions bien senties.

Liens utiles:

Tout sur la série El Duende Flamenco

Interview du trompettiste Ibrahim Maalouf

Critique de Vijay Iyer

Critique de Paolo Fresu et Omar Sosa

Critique de Yosvany Terry

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Mercredi 23 juin 2010 | Mise en ligne à 19h11 | Commenter Commentaires (113)

Chanter en français… Et notre avenir ?

St_Jean_Baptiste-Montreal

À toutes et tous qui sont francophones, à mes lectrices et lecteurs qui résident au Québec, dans le reste du Canada ou même ceux dont les arrière-arrière-grands-parents ont quitté leur territoire d’origine pour une autre vie chez nos voisins du Sud,  je souhaite une bonne et belle  Saint-Jean.

Ai-je besoin de rappeler que ce blogue n’est  pas le lieu virtuel pour discuter de  notre avenir politique. Toutefois, il y est tout à fait indiqué de réfléchir ensemble à  notre expression chansonnière. Et, tant qu’à y être, profiter de cette occasion pour nous projeter plus loin dans la décennie qui s’amorce ou même dans les autres qui suivent.

La modernité québécoise a vu naître la chanson d’auteur dans les années 60. Une pop moderne et distincte s’est imposée au cours des années 70. Après une chute importante durant les années post-référendaires,  l’expression francophone a émergé de nouveau à la fin des années 80. Depuis un quart de siècle, cette expression s’est fragmentée en de multiples sous-genres, depuis la petite variété star-académicienne au hip hop tous azimuts en passant par le rock indé et la plus pointue des chansons d’auteur. Il va sans dire, la dernière décennie nous a fait découvrir une gamme impressionnante d’artistes de talent.

Le seul hic, c’est que cette production originale est demeurée insulaire, sauf exception – Coeur de pirate, quand tu nous tiens ! Pourra-t-elle le demeurer indéfiniment ?  La planète ne cesse de rapetisser, pas évident que les francophones d’Amérique pourront vivre dans cette autarcie comme ils l’ont fait depuis la Révolution Tranquille avec le soutien d’un État mieux nanti qu’il ne l’est aujourd’hui.

Au Brésil où j’ai passé quelques semaines au printemps dernier, l’autosuffisance culturelle est encore envisageable : près de 200 millions de lusophones y occupent la moitié d’un continent.  En Amérique du Nord ? Entourés de plus de 300 millions de personnes ayant choisi l’anglais pour de bon, moins d’une dizaine de millions de francophones peuvent-ils voir les choses ainsi ?

On a beau se réjouir du talent incontestable des Karkwa, Malajube, Catherine Major, Yann Perreau, Fred Fortin, Mara Tremblay, Vincent Vallières, Ariane Moffatt,  Dumas, Cowboys Fringants, Pierre Lapointe et autres Damien Robitaille (tous apparus au cours de  la dernière décennie), rester entre nous sans connexion réelle avec le reste de l’espace francophone ne sera peut-être plus envisageable encore longtemps.

À l’heure des expressions mondialisées, une chanson québécoise (ou francophone d’Amérique) confinée à son territoire pourra-t-elle s’émanciper au cours de la prochaine décennie ? Au cours des prochaines générations ?

Sans une interpénétration beaucoup plus active de toutes les expressions françaises d’Europe (où tant de jeunes Français se mettent à l’anglais), d’Amérique du Nord, des Antilles, d’Afrique ou de l’océan Indien, qu’en sera-t-il en 2050 ?

Sans un espace francophone beaucoup plus cohésif, qu’en sera-t-il ?

À mon humble avis, pas grand-chose.

Je ne suis pas pessimiste pour autant, et je nous souhaite les meilleures chansons québécoises écrites dans un français à la fois spécifique et parfaitement maîtrisé.

Je nous souhaite des musiques en phase avec les tendances les plus créatives de la pop culture.

Et je vous demande ceci en terminant:

Croyez-vous à l’avenir d’une expression francophone d’ici ?

Si c’est le cas, quels artistes francophones d’ici avez-vous identifé pour  la prochaine vague ?

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Mardi 22 juin 2010 | Mise en ligne à 19h15 | Commenter Commentaires (28)

Rufus soliloque, affects spéciaux…

Rufus

Je ne vous referai pas le compte-rendu de Rufus Wainwright,  fils bien-aimé de Kate (McGarrigle) qui nous a quittés cet hiver. Mon collègue Alain De Repentigny, notre rufusologue attitré à La Presse, s’est acquitté de sa tâche – voici d’ailleurs son compte-rendu.

Quelques remarques en rafale, puisque les horaires sont hyperchargés ces jours-ci, pas besoin de vous faire un dessin.

Lundi soir au Saint-Denis, j’étais venu d’abord pour la première partie, c’est-à-dire la version intégrale et sans applaudissements de l’album All Days Are Nights: Songs For Lulu, créé pendant le déclin funeste de maman Kate.

Soirée d’affects spéciaux ! Cette esthétique gay, vampiresque et funèbre, certes spectaculaire, pouvait être interprétée comme la métaphore d’un deuil. Évidemment, si on se nomme Rufus Wainwright, la métaphore ne passe pas inaperçue.

Certains y ont vu un maniérisme exacerbé, d’autres ont conclu à un accès de beauté folle. Personnellement, j’ai penché des deux côtés. Franchement, la tunique et la traîne, la procession dramatique vers l’instrument, tous ces yeux maquillés qui s’ouvrent et se ferment en guise de toile de fond (un concept de Douglas Gordon), bref cette méga catharsis ainsi théatralisée… hmmm… Ça me rappelle la pompe religieuse de certaines cérémonies cathos de mon enfance. Je n’ai rien contre les rituels, remarquez… Celui-ci m’a laissé un tantinet  perplexe. Objectif de l’exercice ? Fort probablement.

J’étais néanmoins  curieux d’observer comment Rufus Wainwright se débrouillerait au piano, vu le coefficient de difficulté assez élevé de certaines chansons (pour un pianiste populaire). Il s’en est relativement bien tiré, quoiqu’on ait vu clairement son niveau (début de conservatoire ou fin de cégep ) lorsqu’un collègue (un vrai pianiste) est venu l’accompagner en deuxième partie.

La voix,en revanche, fut magnifique comme toujours. La puissance, le timbre, les nuances, la grande qualité de l’expression.

Après l’entracte, ce fut plus détendu. Rufus a rangé sa tunique, il a revêtu un joli complet aux couleurs joyeuses. La présence très appréciée de sa frangine Martha, venue de Brooklyn pour lui prêter main forte et même évoquer l’esprit de leur mère, n’avait  rien de funèbre.

Le choix des pièces a été judicieux, des Nuits de Miami (adaptation française de Josephine Baker) à Memphis Skyline, un fantasme typiquement rufusien (sur le mode mythologique) à l’endroit de Jeff  Buckley, très belle version d’Hallelujah de Cohen, sans compter des chansons maternelles pas piquées des vers, Southern Boys et The Walking Song.

Voilà une évocation positive et d’autant plus vivifiante de la disparue.

Alors ? Nous sommes fin prêts pour un autre sujet signé Rufus Wainwright.  Présenté récemment à Toronto, son opéra écrit en français devra tôt ou tard être présenté au Québec.

all-days-are-nights-songs-for-lulu

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