
Après avoir fait la pause en 2009, donc deux ans après sa 25e présentation, le 26e Festival international de musique actuelle de Victoriaville s’est terminé dimanche soir avec une chute substantielle de son affluence, du moins dans le nombre de ses entrées en salle: 3500 personnes se sont procuré des billets, comparativement à 6000 en 2008. Le FIMAV a déjà dépassé les 7000 entrées payante, faut-il rappeler en outre. Ce score de 3500 n’a jamais été aussi bas depuis 1984.
En revanche, près de 10 000 personnes auraient assisté aux événements gratuits présentés dans la ville des Bois-Francs. Voilà une nouvelle statistique qu’on ne doit pas négliger.
N’empêche… La réduction de cinq jours à quatre jours et une programmation moins fédératrice que prévu devrait-elle conduire les Productions Plateforme à se questionner sur la pérennité de cet événement dont c’était la 26e présentation ? Sur leur vision de la “musique actuelle” ?
En 2011, le 27e FIMAV pourra-t-il recréer le buzz ?
Comment devra-t-on s’y prendre ?
Pourquoi, au fait, ne pas imbriquer dans cette vingtaine de programmes des choix un tantinet moins radicaux, question d’attirer de nouveaux publics sans dénaturer le FIMAV pour autant ?
Pourquoi ne pas admettre des éléments un peu plus festifs entre 23 h30 et 2h du mat plutôt que de maintenir les grandes exigeances d’écoute ? Pourquoi encore se prendre la tête en pleine nuit, alors que la concentration a été maximale pendant une journée complète ?
Pourquoi ne pas retirer une couche d’ascétisme à ce respectable festival ?
Je serais surpris que ça se produise.
Michel Levasseur, fondateur et toujours directeur artistique du FIMAV, mérite le respect de tous les fans de musiques nouvelles. Il en a été un promoteur indéfectible, un défenseur passionné. C’est toujours le cas et on lui en est reconnaissant. Bien qu’il ait le défaut de sa qualité… Il a sa vision, ses goûts, ses entêtement. M’est d’avis qu’il serait étonnant qu’il révise sa façon de faire, même après cette glissade. À moins que … son financement soit menacé.
Avec un budget de 650 000 $, au fait, un festival pourra-t-il vraiment se permettre encore longtemps autant de salles clairsemées, malgré quelques bons scores ?
Comment alors recréer le buzz et s’imposer de nouveau dans la chaîne des festivals de nouvelle musique ? Comment, pour reprendre l’exemple d’un festival comparable, se démarquer des Suoni Per Il Popolo de Montréal qui présentent autant de qualité avec un budget trois fois moindre (autour de 200 000$ prétendent leurs organisateurs) et vendent leurs billets à un coût moyen inférieur à celui du FIMAV ? Avec plus ou moins 10 000 entrées payantes au finish? Bien sûr, on est à Montréal. Bien sûr, c’est plus facile d’y attirer des mélomanes… Mais ce sont les contraintes avec lesquelles le festival de Victo doit composer… Pas le choix.
Enfin, souhaitons quand même bonne chance au FIMAV. On connaît la dureté de la tête de Michel Levasseur, qui a maintenu le cap depuis plus d’un quart de siècle et imposé sa vision jusqu’à maintenant. Or, cette caboche, il devra quand même se la gratter pas mal d’ici l’an prochain.
Bon bon… Avant de passer à un autre sujet, on vous cause de la programmation dominicale au 26e FIMAV.

Le guitariste et compositeur Kim Myhr et sa douzaine de jeunes collègues norvégiens s’inscrivent parmi ces chercheurs de délicatesse, de fins reliefs, de menus détails qui bourgeonnent sur un horizon. Rythmes très lents, lents déploiements de ces orchestrations minimalistes et texturales. En ce qui me concerne, peu de résultats pour autant de musiciens mis à contribution.
Le guitariste Andy Moor, du fameux groupe hollandais The Ex, est certes un très bon riffer… comme on en trouve désormais des douzaines et des douzaines dans les différentes tendances et sous-tendances du rock. Bien sûr, il sait aussi exploiter quelques zones bruitistes et produire un jeu assez personnel dans le heavy. Mais pas assez plein et autonome pour faire oublier les lectures d’Anne James Chaton, lap top hero (il produit également des sons) qui lit des textes assez cyniques de manière générale. Ce qui ne nous apprend que bien peu de choses sur la poésie critique telle qu’on la connaît depuis les années 60 ou 70.

Toujours dimanche, la chanteuse inuite Tanya Tagaq a soulevé son auditoire, enfin la majeure partie de ces plus ou moins 300 personnes venu à sa découverte. Toute une décharge de jeux de gorge, cris, gazouillis, pleurs et autres déflagrations vocales. Pendant vingt, trente minutes, c’est franchement impressionnant. L’accompagnement du percussionniste Jean Martin (qui génére aussi toute une toile de sons synthétiques) me semble tout à fait approprié, et j’aurais pris encore plus du côté du violoniste Jessee Zubot.
Vingt, trente, cinquante, soixante, plus de soixante dix minutes. Impressionnant au départ, agaçant à la fin en ce qui me concerne. Tanya Tagaq n’aura joué que la carte du méga cri primal. Sans nuances. Plus rudement que ne le laissent entendre les enregistrements que je connaissais d’elle. Inutile d’ajouter que j’aurais préféré l’imbrication de mélodies dans cette approche radicale, quasi avant-métal, de cette chanteuse qui n’a vraiment pas fini de faire parler d’elle.
Or, pour que cette carrière puisse progresser, Tanya Tagaq devra dépasser ces effets percutants qui auront tôt fait d’atteindre leurs limites.

En terminant, je dirais avoir été relativement satisfait à l’écoute en direct du projet 7 Têtes de René Lussier, présenté en clôture. Beau projet d’entrée de jeu, personnel éclectique, doué et parfaitement justifié. Des grooves forts, de très solides séquences, de très beaux moments, mais aussi des faiblesses – petit problème de justesse avec le chant du leader, pour citer un exemple. M’est d’avis que ce projet, initialement destiné à étoffer collectivement des improvisations individuelles, remanié à quelques semaines d’avis parce que spectacle avait été déplacé à la clôture, manquait un peu de ciment.
Parlant de ciment, je termine ce post en vous confiant avoir essayé la poutine “suicide” chez MaxPoutine, avant de quitter les Bois-Francs jusqu’à l’an prochain. Ouhlala . Une autre école de pensée, comme disait l’autre !










lecteur_curieux
24 mai 2010
22h26
Pour Tanya Tagaq, sur ses albums, pour moi c’est justement son approche radicale et primale qui me plaît beaucoup pour le moment et particulièrement pour le second dont il y a beaucoup d’intensité.
Oui je peux m’interroger comme vous si cela peut avoir des limites pour le futur… Bon mais elle a de l’ambition…
http://radio3.cbc.ca/#/bands/Tanya-Tagaq-Gillis
“In my head, I have 500 records and I don’t want to do that alone! I want to embrace the other beautiful musicians to help me pursue my goal of making all the music I dream of making. When I do music with somebody, it is so intimate and beautiful to find people that think the same way that I do.”
Dans le Journal Voir, elle dit aussi qu’elle veut un groupe Heavy Metal… Bien on verra ce que cela va donner…
Et comme on a parler de Mike Patton, de Björk… On pense aussi à John Zorn et à sa présence en 2008 au FIMAV…
Oui j’avoue que je serais allé en premier à ”THE DREAMERS” qu’à ” MOONCHILD” mais les deux m’intéressent… Plus de loin pour un projet comme ”MOONCHILD” car là cela m’apparaît trop bruyant pour moi ou radical mais à distance si on me fait écouter et que je suis maître du son… Pas de problèmes…
Et si c’est une Tanya Tagaq ? Aucun problème encore à faire jouer cela et même à monter le volume… Par contre, pour Auk/Blood ceux vivant en appartement, je leur dirais peut-être de ne pas mettre le volume trop fort… Les voisins risquent d’être intrigués pas à peu près…
Alors pour moi, les effets percutants ? Oui qu’elle continue mais cela peut la condamner à essayer tout le temps de nouvelles choses avec cela et il faut être très très très créatif…
Si elle est capable de développer les deux tout en le faisant bien, cela pourrait être très, très fort. Moi, j’aime déjà beaucoup ces deux albums mais je ne suis pas objectif. Et justement, je m’attendais à ce côté là que vous avez probablement eu mais moi que j’ai sur l’album. C’est ce qui me plaît et particulièrement après dans une programmation comme à l’émission The Signal où ils ont fait jouer Owen Pallet pour commencer dans leur Podcast du 13 mai que j’ai téléchargé mais que j’ai pas le temps d’écouter et par après Tanya Tagaq Gillis…
J’écoute un peu et Laurie Brown est drôle… Bon mais c’est bien d’ajouter cela dans la musique contemporaine ceux plus radicaux et primaux mais qui sont pertinents encore…
Peu importe les évaluations je lui souhaite bon succès et si elle a le goût de faire dans la nuance elle y ira si elle continue juste dans cette approche là ? Je verrai pour ma part. Pour le moment, cela me plaît beaucoup mais vous savez moi j’y allais pas aux Foufounes Électriques dans le temps soit parce que j’étais trop jeune ou soit j’étais bien trop timide…
Et je préfère, pareil la douceur mais j’aime avoir de la rudesse pour balancer… Sinon bien je peux me faire des réactions épidermales contre des artistes alors qu’ils sont réellement bons c’est juste qu’un moment donné j’en veux un plus animal dans l’approche…
mctru
25 mai 2010
05h01
D’accord avec vous M Brunet sur la programmation du FIMAV…beaucoup trop hermétique.
Il serait temps que M Levasseur se rende compte qu’il est dépassé..ou qu’il ne voyage pas assez.
Des petits séjours à NYC et Londres ne lui feraient pas de tort.
Et si on lui parlait un peu de musique électronique…de club music…
La musique moderne, actuelle n’est plus seulement jouée par des musiciens…
mctru
25 mai 2010
05h04
Ça ne vous tente pas M Brunet de lui offrir vos services à la programmation?
Je suis certain que vous auriez un plaisir fou à le faire et nous un plaisir fou à retourner voir des concerts vraiment actuels à Victo.
prep909
25 mai 2010
07h39
@mctru
”La musique moderne, actuelle n’est plus seulement jouée par des musiciens”
?explications?
vene777
25 mai 2010
09h51
S’ils recommencaient à ravoir des exclusivités de groupes underground qui intéressent les gens, il y aura plus de gens. Je pense à Neurosis, entre autres.
blackened
25 mai 2010
11h57
@ mctru
Le FIMAV a déjà fait quelques incursions en musique électronique, sans grand succès. Le fait qu’il soit pris en sandwich entre deux festivals de musique électronique (Elektra avant et Mutek après) n’y est sans doute pas étranger.
J’ai déjà vu des concerts assez festifs dans la case horaire de minuit : Screaming Headless Torsos, Castor et compagnie, Koenji Hyakkei, Melt Banana… Par contre, j’ai déjà aussi vu The Necks qui, bien que très bons, en avaient assommé quelques-uns! Entendre quelque chose de plus léger à ce moment de la journée est fort appréciable en effet.
Pour la baisse d’affluence, l’équation n’était pas trop difficile à faire : Moins de concerts, moins de jours, billets plus chers, pas de grande tête d’affiche et une absence d’un an. Fallait pas s’attendre à ce que ça se bouscule au portillon! Définitivement, Michel Levasseur devra réfléchir. Le Suoni, Mutek et même le FJM lui jouent dans les pattes. La musique évolue aussi : Qui aurait cru, il y a dix ans, que John Zorn serait maintenant en tête d’affiche du FJM? Quel public veut-on maintenant rejoindre? Avec quel marketing? Même avec une programmation moyenne comme cette année, je suis sûr que les festivaliers présents ont trouvé leur compte. Faut maintenant trouver le moyen de convaincre les indécis…
J’ai pu voir Tanya Tagaq et René Lussier dimanche. Les 20 premières minutes de Tanya Tagaq étaient très intéressantes, mais on sentait la redondance par la suite. J’ai toujours trouvé que les impros de plus de 30 minutes finissaient par être ennuyantes à la longue et celle-ci n’y a pas fait exception. Beau potentiel, mais je lui souhaite une meilleure direction, une meilleure interaction avec ses musiciens et des compositions sur lesquelles s’appuyer en concert.
L’ensemble monté par Lussier a montré une belle cohésion pour un groupe aussi électique. Bon concert dans l’ensemble, mais j’aimerais bien que le concept soit amené encore plus loin, avec plus de compositions originales et un meilleur pacing de concert. Et bien sûr, on veut un enregistrement!
J’aime encore aller à Victo et j’ai bien hâte de voir comment le FIMAV va rebondir en 2011!
alainbrunet
25 mai 2010
12h27
@blackened
Je partage le même point de vue pour Tagaq. Pour les impros d’une heure, il y a aussi ce défi de l’essoufflement à mi-chemin. Certains réussissent toutefois à maintenir un foisonnement d’idées jusqu’à la fin (Xavier Charles, Barre Philips), pendant d’autres s’enlisent rapidement dans un formalisme redondant (Kim Myhr en est un bon exemple, Tanya Tagaq itou). Lorsque ça devient trop horizontal, on a l’impression d’une matière première qui pourrait servir à d’autres oeuvres, ce qui n’est pas un très bon signe d’autosuffisance.
Quant au renouvellement formel du FIMAV, j’en doute fort pour l’instant. L’austérité qui y règne trop souvent et la redondance relative du corpus ne seront pas remis en question. À Levasseur de nous étonner ? Je le souhaite, mais après avoir recueilli ses propos hier et avec tout le respect que je lui dois, il n’a pas l’air parti pour rajuster le tir.
Et s’il frappe un mur pour de vrai (ce qui est tout à fait envisageable), je lui souhaite sincèrement de ne pas fermer boutique. De partager avec d’autres jeunes découveurs les influx nouveaux dans sa programmation. D’éviter cette attitude “après moi le déluge”.
lecteur_curieux
25 mai 2010
12h33
Intéressant encore d’avoir vos commentaires sur Tanya Tagaq dont j’ai entendu aussi des impros sur le web à la radio mais elle est dans un numéro en bas de 10 minutes avec d’autres artistes dans la programmation.
http://www.cbc.ca/radio2/cod/concerts/20100207wsonm
http://www.cbc.ca/radio2/cod/concerts/20100211wsonm
Alors elle a pas fait les pièces de ses albums ? Ou cela s’articule différemment en concert ? Bien tant pis, les absents peuvent pas savoir tout…
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Pour Michel Levasseur, ce qui lui est, en partie, reproché semble être le contraire de ce qu’on repoche au Festival d’été de Québec et au Festival de Jazz de Montréal. La mission est bien sûr différente, mais c’est cela peut-on faire quelques compromis et élargissements ? Ou être rendu à penser cela d’abord et la mission de base ensuite ?
Quand on parle de musique actuelle et je regarde les noms présents sur le site du FIMAV depuis 2004, c’est sûr que les experts en connaissent plus que deux ou trois ou quatre par éditions mais les simples mélomanes débutants ou légèrement initiés eux ? Il y a aussi les très curieux de faire des découvertes.
J’aime bien cela un dirigeant qui fait à sa tête mais il faut que ceux derrière lui pensent pareil, les subventionneurs et commanditaires ou fondations. Est-ce la cas ? Il parle comme objectif de 5000 personnes ?
10 000 personnes ? Victoriaville n’a pas toutes les capacités d’hébergement pour cela dit-il.
Il y a une approche du gratuit en plus ? Voilà qui est intéressant.
Et pour samedi à lire ce que vous avez écrit cela semble très intéressant. Le partenaire manquant ? Une radio et on pense à Radio-Canada ou CBC pour diffuser un ou deux concerts en direct ou en différé. Sinon je vois bien Télé-Québec et Artv dans les partenaires mais veulent-ils enregistrer des concerts ?
La CBC Radio 2 en fait encore plus que Radio-Canada même si leur budget a été coupé. C’est un peu plate mais c’est comme cela.
lecteur_curieux
25 mai 2010
12h46
Tiens Bill Dixon, il aurait fallu une radio présente pour l’enregistrer et immortaliser son concert.
Et pour Levasseur il dit que le Festival a des ententes à long terme avec plusieurs des subventionneurs sauf Patrimoine Canada ? Mais ils veulent quoi eux ?
La décroissance ce n’est pas bon. Mais la croissance continue, je ne suis pas vraiment partisan de ce mantra là… Même si les études envoyées aux gouvernements peuvent laisser croire le contraire…
Non je suis plus pour viser l’atteinte d’une taille où ce qu’on pourrait dire qu’un festival atteint ses objectifs donc il y a une taille minimum à atteindre et une taille maximum à ne pas dépasser.
Et j’aime bien qu’il y ait des leaders et des gens mais le fait que cela devienne ”leur” festival, j’aime moins. Mais c’est que souvent aussi, ils sont les meilleurs pour leur festival dans la ville du moins. Pas personne d’autres pour prendre leur place ou faire mieux. Puis oui je pense à Losique et au FFM.
lecteur_curieux
25 mai 2010
13h03
Encore pour Tanya Tagaq, dans les improvisations sur le site de la CBC Radio 2, elle est même seule… Alors là même en bas de 10 minutes cela peut être redondant quand on l’a déjà entendue.
Sur les albums mais c’est le mélange avec la musique qui fait la différence. Ce sont les collaborateurs et les musiciens qui peuvent faire la différence…
http://www.lamediatheque.be/mag/taz/monde/fevrier_2009/tanya_tagaq_auk_Blood.php?
Et Bandeapart aussi parlait du danger de redondance…
http://www.bandeapart.fm/critiques/Entree.aspx?id=53685
(la réalisation est très propre -trop ??? J’ai pas perçu cela mais j’ai pas évalué le réalisateur. Si cela enlève le côté organique ? Il a pas dû l’écouter assez fort ou bien il imagine pas les mêmes choses que d’autres… )
blackened
25 mai 2010
13h50
Inquiétant, cette attitude suffisante. Mais bon, vous l’avez pris à chaud et il tiendra peut-être un autre discours lors du post-mortem de l’édition 2010.
2500 entrées en moins, c’est quand même un pas pire mur… On peut comprendre Levasseur de vouloir garder sa direction et ainsi demeurer complémentaire aux autres festivals. Tant qu’il peut faire ses frais, j’ai pas de problème avec ça. Small is beautiful. Ceci dit, faudra tout de même qu’il rende le festival plus convivial d’une façon ou d’une autre s’il veut à tout le moins renouveler son auditoire.
alainbrunet
25 mai 2010
14h20
@blackened
Bien sûr, small is beautiful. À condition que les salles soient remplies. Que la vingtaine de propositions (il y en a 400 au FIJM) suscite la ferveur. Le buzz. Sauf pour Lussier, Tagaq et le jazz contemporain du samedi, je n’ai pas resssenti grand buzz.Ce n’est pas de la mauvaise foi.
On ne demande pas au FIMAV de changer sa direction ou de renier ses spécialités. Mais cela n’exclut pas d’autres tendances à découvrir… Et des éléments un peu moins prise de tête avant le dodo.
clemmcclem
25 mai 2010
20h52
Manquait de John Zorn à cette édition…
alainbrunet
26 mai 2010
08h38
@clemmmcclem
John Zorn remplira deux Théâtre Maisonneuve d’affilée en juillet. Mettons que le FIMAV ne peut accoter une telle offre…
blackened
27 mai 2010
00h44
Zorn, c’est le seul concert à guichets fermés de l’histoire du FIMAV (Bar Kokhba, en 1998). Et voilà que le FJM se l’approprie. C’est ce qui rend le défi du FIMAV si complexe: Se renouveler constamment sans s’aliéner sa clientèle. Ça et rendre conviviale une musique qui, à prime abord, est difficile d’accès. Pas évident, on en conviendra.
francois390
27 mai 2010
06h48
@blackened
Bar Kokhba c’était en 2001 (mon premier FIMAV) et John Zorn a toujours partagé la scène entre Montréal et Victo depuis les 15 dernières années.
À part Zorn, le FIMAV devrait regarder du côté d’autres artistes du label Tzadik qui sont aussi avant-gardistes et très convivial également: Rashanim, Eyal Maoz, Yoshi Fruschter, Auto Ryno etc..
alainbrunet
27 mai 2010
08h18
@françois390
Zorn n’est pas venu si souvent à MTL. Quelques années après avoir présenté Masada à Victo. Une autre fois avec Masada et un show assez moyen avec Bill Laswell et A-Trak. Cette fois, c’est différent. Une soirée complète, deux salles majeures d’affilée. Zorn est clairement devenu une tête d’affiche pour les grands festivals. Victo devrait peut-être passer à autre chose… En passant, il y a eu d’autres guichets fermés au FIMAV… Le problème, c’est qu’il devrait y en avoir beaucoup plus sur une vingtaine de propositions annuelles.
francois390
27 mai 2010
10h05
@alainbrunet
Selon le site du FIJM, Masada aurait présenté 3 concerts à Montréal; 1997-2000 et 2006 (celui-là je m’en souviens puisque j’y ai assisté) ! Je suis d’accord avec vous que Zorn est devenu un artiste majeur pour les Festivals autour du monde; c’est d’ailleurs son Modus Operandi maintenant de créer des évènements de quelques concerts ou même de quelques jours, dans les villes du monde entier. Mais nous pourrions toutefois réespéer un projet de moindre envergure une prochaine fois à Victo, comme il nous avait présenté un concert solo au Cinéma Laurier en 2006 (moment béni pour les privilégiés présents) Mis-à-part le Corpus Masada, ce n’est pas les projets qui manquent de son coté de toute façon, surtout qu’il a annoncé une parution discographique par mois pour 2010 ! Finalement, je suis d’accord qu’il devrait y a avoir plus de guichets fermés, mais il ne faut pas perdre de vue que se sont les jeunes qui vont remplir la place et que les propositions devraient donc les rejoindre d’avantage. La clientèle fidèle de visiteurs ne grossit pas vraiment depuis les 5 dernières années; c’est souvent les mêmes visages que l’on voit !
alainbrunet
27 mai 2010
10h32
@françois390
OK trois Masada plutôt que deux. Mais, sauf le concert de Laswell, c’était à la traîne de Victo. Je n’ai rien contre une série Tzadik au FIMAV, remarquez. Mais Zorn est devenu big, très big. Il faut miser ailleurs pour relancer ce festival qui vieillit.
blackened
27 mai 2010
13h35
Ah ben oui, 2001… La mémoire de pépère fait défaut. À l’époque, Levasseur l’avait annoncé comme le premier concert à guichets fermés de l’histoire du FIMAV. S’il y en a eu d’autres après, tant mieux.
Zorn est pratique pour le FIMAV dans le sens qu’il est fédérateur. Autant la clientèle jeune que les têtes blanches férues de free jazz vont le voir. On dirait que la division entre ces deux clans s’est accentuée avec les années et qu’il devient difficile pour le FIMAV de surfer entre les deux. Ces dernières années, on a réussi à régler une partie du problème en y allant de journées thématiques (celle de samedi était assez clairement dédiée au free jazz), mais pour combien de temps? Une bonne partie de la gang de « free jazzeux » maugrée contre la programmation depuis quelques années. On peut comprendre Levasseur d’avoir peur de s’aliéner cette clientèle, mais s’il veut que son festival garde sa réputation d’avant-garde, il n’aura pas le choix d’innover.
francois390
27 mai 2010
14h06
@blackened
Selon moi tu viens exactement de mettre le doigt sur le problème de l’édition de cette année qui a écourtée d’une journée. Habituellement, la soirée de samedi et celle plus “heavy” et attirait donc plus de spectacteurs jeunes. La soirée de dimanche était celle plus free-jazz auparavant. Cette année, comme la soirée de samedi a été celle plus jazz, donc la soirée “heavy” a été devancée à vendredi; donc beaucoup moins de gens de l’extérieur qui ne se sont pas déplacé pour une couple de concerts le vendredi soir vs une journée complète le samedi dans les années antérieures. C’est vrai que les festivals montréalais qui ont émergés depuis les dernières années ont pigé exactement dans les niches de marchés du FIMAV. Les organisateurs du FIMAV n’ont donc pas le choix de dénicher et programmer des évènements exclusifs s’ils veulent que les gens continuent de se déplacer par un beau weekend du mois de mai ! Mais je crois que vous comme moi et monsieur Brunet également, nous parlons ainsi du FIMAV parce qu’il nous tient à coeur !