Alain Brunet

Alain Brunet - Auteur
  • Alain Brunet

    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
  • Lire la suite »

    Partage

    Vendredi 23 avril 2010 | Mise en ligne à 9h14 | Commenter Commentaires (17)

    Une Tulipe pour Plants & Animals

    Plants & Animals LALALAND

    Sur scène, le trio montréalais Plants and Animals justifie allègrement les choix artistiques , je parle de l’enregistrement du tout récent La La Land, allégorie de pérégrinations sur des territoires… plutôt connus.

    Jeudi soir à La Tulipe, le trio montréalais nous a servi huit de ses nouvelles chansons, et six autres tirées de l’album Parc Avenue.

    Je m’y suis pointé, j’ai plutôt aimé.

    J’ai aimé la force et l’expérience acquise par ce power trio, déjà tangible il y a un an et demi lorsque le groupe était rentré au bercail et s’était produit dans la même salle de la rue Papineau.

    J’ai beaucoup aimé le groove de Feedback on the Field.

    Aimé la féérie de Faerie Dance, avec à l’appui un violon et un très solide pont de rock.

    Particulièrement aimé la version sur scène d’American Idol, assortie d’un saxophone baryton et d’une trompette pour l’escale montréalaise.

    Touché par Kon Tiki, beau fragment de voyage au La La Land.

    Intrigué par les africanités guitaristiques de Mercy.

    Convaincu du caractère accrocheur de Tom Cruz.

    Ce très bon power trio m’avait vraiment séduit il y a deux ans, pour les arrangements bien fleuris de ce premier album lancé sur l’étiquette locale Secret City. La suite me plaît presque autant, avec quelques bémols.

    On le sait, l’économie du spectacle indépendant ne peut permettre à de grosses formations indépendantes de parcourir le monde.  Warren Spicer (chant, gutares), Nicolas Basque (basse, guitares, claviers) et Matthew Woodley (batterie, percussions) ont appris à faire avec les contraintes de la route, c’est-à-dire réduire les propositions orchestrales de Parc Avenue.

    À tel point que cette vie sur la route du rock est devenue une forme en soi.

    En fait, les trois Montréalais ont pris goût à ce minimalisme obligé. Avec les moyens du bord, Plants & Animals a réussi à muscler ses propositions. Notamment en opposant régulièrement deux guitares à la batterie, au lieu de l’habituelle dualité guitare/basse. Nicolas Basque occupe plusieurs responsabilités à ce titre, pendant que Warren Spicer s’en tient à un accompagnement de base vu  son rôle de chanteur et de frontman. Derrière les deux larrons, le soutien ryhtmique de Matthew Woodley est exemplaire dans un contexte indie rock.

    Qui plus est, Plants & Animals sait mieux construire ses chansons au second chapitre. On a sacrifié une part de créativité pour une meilleure concision. Pour des refrains qui s’impriment dans le cortex. Pour des chansons qui passeront à gogo dans toutes les college radios d’Amérique. Pour un répertoire qui peut même faire le crossover – enfin… on verra bien.

    Alors ?

    Bien que j’aie sincèrement aimé ce que j’ai entendu jeudi soir, je ne peux conclure au ravissement.

    Je conviens que Plants &  Animals soit encore en plein développement, mais ce choix d’un power trio sans arrangements singuliers (sauf trois ou quatre pièces sur La La Land, sans compter cette facture plus agressive sur scène) ne mène pas encore à un son aussi allumé qu’inspiraient les propositions plus touffues de Parc Avenue. Trop souvent, on garde l’impression de replonger dans le passé, on cherche à trouver les références plutôt que de s’abandonner au son, ici et maintenant.

    À mon sens, le prochain défi de Plants & Animals  consistera à réintroduire sa singularité originelle dans un véhicule rock propice au roadtrip à trois.

    On peut néanmoins leur lancer une tulipe pour ce bel accomplissement.

    Liens utiles:

    Le site officiel

    Plants & Animals sur MySpace

    Plants & Animals sur Secret City Records

    Escapade au La La Land (ma critique de l’album)


    • J’ai adoré Parc Avenue et ce qui m’avais séduit entre autre c’étais justement le coté orchestral et la bien, avec le nouveau que je n’ai pas encore entendu à part Tom Cruz, je suis un peu déçu qu’ils aient laissé tomber ce côté là!!

    • Plants and Animals au Petit Champlain

      Quand un groupe commence son spectacle avec la pièce qui était le moment fort de sa tournée précédente, qu’est-ce qu’il lui reste à faire ? Absolument tout pulvériser sur son passage et c’est ce qu’ils ont fait mercredi soir !!! Ce nouvel album est fait pour être joué live et les nouvelles compos qui commencent à peine à prendre leur plein potentiel sur scène nous jettent déjà par terre ! Et que dire des désormais classiques de “Parc Avenue”; absolument réinventés ! Pour avoir assisté à tous les passages de P+A à Québec je peux témoigner qu’ils ne refont jamais le même spectacle et ce fut encore une fois toute une primeur hier soir en plus d’une grande soirée de musique !!!

    • Alain,

      Parlant de mouvement indé et de rock en général, trouvez-vous qu’il manque d’albums rock plus “ambitieux”, fidèles à certaines traditions (les solos notamment, presque disparus!), et qui traverseront le temps? Je pense notamment à ce que font les Besnard Lakes.

    • @sseb ” les solos notamment, presque disparus!”

      Selon moi il y une raison bien simple. Quand la technologie permet à quiconque de faire de la musique, il ne peut y avoir qu’une baisse au niveau “instrumentiste”. Moi qui suit guitariste, je trouve peu de satisfaction à entendre quelqu’un ne gratter que quelques accords sur sa guitare, tout en ayant l’air de jouer comme si c’était la chose la plus extraordinaire.

    • Il existe encore énormément de musique ambitieuse, et même parmi les gros vendeurs. Y a plein de gros solos dans les disques d’Éric Lapointe ou Nickleback, tandis que Dream Theater sont capables de remplir le Centre Bell. L’album le plus médiatisé de l’année dernière est probablement celui de Guns and Roses, et encore là, il est rempli de solos. Les revues comme Guitar Player se trouvent toujours aussi facilement qu’en 1984.

      La véritable différence est qu’une certaine élite journalistique a cessé de s’intéresser à la technique, donc on en entend moins parler. Le discours sur la chose à diminué beaucoup plus que la chose elle-même.

      Ça et le fait que les plus jeunes accordent plus d’importance à d’autre aspects qui sont tout à fait valables, sauf pour les vieux guitaristes amers qui ont fait des solos dans leur sous-sol toute leur vie sans être capable d’écrire une chanson qui se tient.

    • Dites-moi que le bonheur et le plaisir qui se dégage de ça ne vaut pas une technique irréprochable:
      http://www.youtube.com/watch?v=7hWelljVXYQ

    • un autre qui chante à la Jim M. mais bon…c’est bon quand même!

    • Chouette, la petite toune, francis… Mais reste qu’un solo de guitare bien torché, c’est pas déplaisant à écouter non plus. Comme dans toute chose, la modération a bien meilleur goût.

    • Setzer, vous dites: “Selon moi il y une raison bien simple. Quand la technologie permet à quiconque de faire de la musique, il ne peut y avoir qu’une baisse au niveau “instrumentiste”. Moi qui suit guitariste, je trouve peu de satisfaction à entendre quelqu’un ne gratter que quelques accords sur sa guitare, tout en ayant l’air de jouer comme si c’était la chose la plus extraordinaire.”

      Je peux certes comprendre votre furustration. Je ne suis pas musicien moi-même mais sais, pour être très proches de musiciens, toute la patience, l’énergie, la dévotion que mettente les musiciens véritables dans leur passion.

      Je ne sais si votre commenatire concernait P&A. Je les connais bien et je peux vous dire que ce sont aussi de véritables musiciens (études, inventivité, innombrables pratiques, soin maniaque des détails, dévotion envers leurs intruments, etc.) à la limite du purisme qu’ils ont un jour décider de relativer pour se faire plaisir et faire plaisir qui apprécie la bonne musique pop.

      P&A sont de véritables musiciens accomplis qui font de la musique pop au sens noble du terme (musique fun, pour le plaisir de tous, sans concession inutile à la facilité). Alain Brunet que je ne connais pas personnellement mais dont je sais les connaissances approfondies en musique, pourra donner son avis sur la question.

      En fait le seul reproche que je ferais au spectacle de la Tulipe, c’est l’intensité du volume sonore. Je m’en remets à vous M. Brunet: en “live” cette musique doit-elle absolument être jouée aussi fort, au détriment des oreilles du public. Les miennes sont plutôt vieille et les dommages sdureront moins lomgtemps; mais pour les plus jeunes? Dommages irréparables, peut-être, pour avoir vécu l’ivresse des sons qui vibrent p?ysiquement partout sur le coprs, y compirs, hélas, sur les tympans mal protégés. Qui est responsable? Le band? Le club? Les techniciens sono? Qui prend la décision de “Pump up the volume”?

      Ceci dit, sans être un assidu des specatcles indies, ce spectacle m”a enchanté par son énergie, sa musicalité variée, le côté bon enfant du trio, leurs sympathiques invitations à des collaborateurs musiciens pour certaines pièces, les éclairages magiques et l’enthousiasme du public avec qui P&A a développé une bonne complicité.

    • @Blackened
      Tout à fait d’accord. Je suis loin de détester les solos. Ados, je me faisais des cassettes uniquement composées des solos des chansons (je retirais tout le reste) et j’écoute encore des trucs plus techniques.

      Ce que je n’aime pas, c’est les barjos de la techniques qui jugent la musique de n’importe qui uniquement selon ce standard. Il faut savoir prendre les artistes pour ce qu’ils sont. Si tu reproches à un groupe de ne jouer que quelques simples accords alors que les membres de ce groupe n’ont pas la prétention de vouloir faire autre chose, tu passes à côté de ton plaisir au nom du dogme techniciste. Le problème n’est pas tant le manque de technique du groupe que l’impossibilité de sortir de ton ghetto mental.

      C’est exactement comme de te borner à dire que Bob Gainey n’a pas été un bon joueur de hockey car il n’a jamais compté 50 buts dans une saison.

    • Si la musique n’était affaire que de purisme plus personne ne parlerait de Hendrix…
      .
      Si les solos disparaissent, il y a évidemment une question de technologie : repiquage, plagiat, etc… Par voie de conséquence, on pourrait peut-être parler de facilité! Je pense, par exemple, au concours de Air Guitar! Dites, vous imaginez Frank Zappa être à la tête du jury d’un concours de Air Guitar, vous?

    • En parlant de Zappa, quand on décrit son oeuvre on oublie souvent l’album ‘You Are What You Is’, mon préféré.

      Bien d’accord: l’âme d’une chanson passe parfois par du très simple à interpréter, parfois du très technique, un n’empêche pas l’autre. Il y a aussi le “entre les 2″”: soit un long riff; je pense à un de mes préférés, celui qu’on entend sur la pièce ‘Waking Up’ de Elastica.
      Clip: http://www.youtube.com/watch?v=MIt7eWa0oG4
      Live: http://www.youtube.com/watch?v=Bg5rwkBH-Ks”

    • En parlant de Zappa, quand on décrit son oeuvre on oublie souvent l’album ‘You Are What You Is’, mon préféré.
      “Bien d’accord: l’âme d’une chanson passe parfois par du très simple à interpréter, parfois du très technique, un n’empêche pas l’autre. Il y a aussi le “”entre les 2″”: soit un long riff; je pense à un de mes préférés, celui qu’on entend sur la pièce ‘Waking Up’ de Elastica.
      Clip: http://www.youtube.com/watch?v=MIt7eWa0oG4

    • Live: http://www.youtube.com/watch?v=Bg5rwkBH-Ks”

    • En fait c’est plus un solo qu’un riff…

    • J’étais à la Tulipe parce que j’ai acheté mes billets bien avant d’entendre La La Land. J’ai été très déçu du tournant “indie rock” qu’a pris le groupe. Avant, ils avaient quelque chose qui les rendait uniques, chose que bien des groupes prennent plusieurs disques avant d’atteindre. Mais là, peut-être bien à cause des restrictions monétaires ou peut-être bien parce que c’est la galaxie Pitchfork qui a salué Parc Avenue, Plants et Animals nous sert du déjà-vu, selon moi. J’ai vu Mononc Serge le lendemain et c’était mille fois meilleur. C’est triste, mais j’adore Parc Avenue mais je ne vais pas suivre le groupe sur sa nouvelle voie…

    • @secretchief “Plants et Animals nous sert du déjà-vu, selon moi.”

      Je ne sais pas si vous référez à ce qu”eux-mêmes ont fait avant ou à ce que d”autres groupes ont pu faire. Dans le premier cas, leur précédent album “Parc Avenue” était, au contraire, fort différent (que voius avez d’ailleurs semble-t-il). Je trouve que même si “La La Land” rocke beaucoup plus, on retrouve des harmonies vocales, des sonorités inventives, voire des pièces entières qui auraient pu figurer sur “Parc Avenue” (je pense ici à “Undone Melody”, “Kon Tiki’).

      Si vous vouliez plutôt dire que P&A refont des choses faites par d’autres groupes, ce n’est pas mon impression mais comment dire? Après tout, il y a toujours des inspirations, des emprunts, des hommages, etc. dans tout album. Tant qu’un groupe garde son ADN et qu’on apprécie ce côté unique, on peut admettre et apprécier tout autant ses références. Moi j’aime le côté RadioHead, Neil Young, Beatles métissé de Rolling Stones, de P&A mais je ne dirais qu’ils me servent du déjà vu (ou entendu).

      Plus j’écoute “La La Land” et plus j’aime cet album, autant sinon plus que “Par Avenue”.

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Twitter

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    décembre 2014
    L Ma Me J V S D
    « nov    
    1234567
    891011121314
    15161718192021
    22232425262728
    293031  
  • Archives

  • publicité