Alain Brunet

Archive, avril 2010

Jeudi 29 avril 2010 | Mise en ligne à 16h38 | Commenter Commentaires (108)

Peter Gabriel symphonique au Centre Bell

Peter Gabriel au Centre Bell

Lorsque je suis sorti du Centre Bell, mercedi soir, c’était le party. Pas à peu près.

Je traverse la rue, aperçois la première d’un long cortège de voitures à bord desquelles des fêtards survoltés postillonnent et  gueulent leur joie. Sur la portière de ce premier char de l’allégresse, une pancarte À VENDRE est collée.

Coudon, la gars profite-t-il de cette parade improvisée pour vendre sa bagnole ??? Je regarde de plus près sous la petite annonce, un nom a été ajouté à la main sur l’affiche: CAREY PRICE.

Je mettrai ensuite 45 minutes pour sortir ma voiture du traffic. Qu’est-ce que ça sera si le CH bat les Penguins ???!!!!

Bon bon… Rembobinons le film de la soirée, et retrouvons-nous à l’approche de 20h. Je me sens alors un peu frustré de rater la majeure partie du septième match,  me pointer au Centre Bell, pénétrer dans le temple quelques minutes après le but de Bergeron qu’on m’a décrit à la radio AM.

Ciboulo, Gabriel est mieux d’être bon ! Puis je vois cette foule peuplée de gens de mon âge. Des quadras et des quinquas en majorité absolue…  quelques poches de jeunes adultes et autres trentenaires… Ben coudon.

Je me dis alors que Peter Gabriel n’est plus  jugé cool par les jeunes, je m’en désole un tantinet. Le sexagénaire a cessé de recruter depuis 2002, année de la sortie de son dernier album original. Enfin… on peut convenir que  l’ex-Genesis n’a pas chômé pour autant  – label, studio, musiques de films, festivals, causes humanitaires,etc.. Cela étant, ne sortir que trois albums de chansons originales entre 1986 et 2002 (So, Us, Up), c’est trop peu pour garder la main. On peut comprendre que les jeunes ne soient pas au rendez-vous, quoi qu’on pense du legs de PG.

Scratch My Back ? Cet album de reprises avec orchestre n’intéresse que son auditoire déjà conquis depuis des lustres et encore. Une part importante des fans de Peter Gabriel n’écoute pas de musique instrumentale complexe, et cette part est restée tiède à l’écoute de cette entreprise orchestrale.

Pour plusieurs nostalgiques des grandes époques qui ne se sont pas convertis (avec l’âge et l’expérience) à la musique classique, au jazz et autres formes plus complexes de l’expression sonore, pas sûr que Scratch My Back soit particulièrement fédérateur…

Il s’en trouve même encore un contigent d’hypernostalgiques à regretter les années Genesis et, on s’en doute bien, réprouver le déroulement de toute moquette symphonique.  Juste derrière moi, il y avait ce subtil gaillard qui ne se gênait pas pour  passer des remarques du genre: “De la musique de même, c’est bon avant d’aller à’messe…” Excellent sujet pour la rubrique “Ah ferme-la donc!” dans la chronique de mon collègue Ronald King.

Ainsi donc, Scratch My Back, un album de versions sorti cet hiver, fut l’amorce de cette ambitieuse tournée de Peter Gabriel avec grand orchestre.

Pas de band rock avec tapis orchestral comme c’est souvent le cas dans le rock symphonique. Seul un orchestre symphonique sous la direction de Ben Foster (surtout ne pas confondre avec David Foster!) et dont les arrangements ont été signés John Metcalfe. Très beaux arrangements, impeccale direction d’orchestre, étonnante performance de Gabriel, supérieur sur scène à ce qu’il nous offre dans son récent album de reprises.

On doit souligner au demeurant que le succès de cette entreprise est grandement attribuable à ses orchestrations. Le choix des chansons, d’accord. La voix de Gabriel et la qualité de son interprétation, bien entendu.. Les orchestrations, assurément.

Élégance, pointes de complexité, jeu subtil de références, utilisation judicieuse des instruments et des sections de l’orchestre. Aucune pompe au programme, où si peu – L’Ode à la joie de Beethove citée dans l’incontournable Solsbury Hill (une des moins réussies à mon sens, et ce malgré l’enthousiasme des fans) et les arrangements plus prévisibles de Philadelphia (Neil Young).

Exemples probants ?

* Violons servis en hachures délicates sur Heroes (David Bowie).
* Violon et clarinette mis en évidence dans The Boy in the Bubble (Paul Simon).
* Subtil arrangement dans Mirrorball, une de mes préférées d’Elbow.
* Cuivres rutilants sur la poignante Flume (Bon Iver).
* Choeurs avec Listening Wind (Talking Heads).
* Arrangements élaborés en plusieurs “mouvements” pour My Body Is A Cage (Arcade Fire),  mouvements d’ailleurs difficiles à saisir chez plusieurs fans qui ne cessaient de présumer de la fin de la pièce… et applaudissaient trop tôt.
* Dénuement approprié sur I Think It’s Going to Rain (Randy Newman)
* Superbe finale sur San Jacinto.
* Clarinette basse proéminente dans Digging in the Dirt.
* Métallophones et choeurs féminins (Melanie Gabriel, jolie voix avec certaines carence en tant que soliste, et la chanteuse norvégienne Ane Brun, très talentueuse), le tout coiffé de salves de trombones, tubas et trompettes sur Mercy Street.
* Superbe dynamique orchestrale, très contemporaine, sur The Rhythm of the Heat.

Et ainsi de suite…

La performance s’est terminée avec l’instrumentale The Nest That Sailed The Sky, tirée de la trame sonore Ovo, conçue par Gabriel pour le Millenium Dome Show.
En ce qui me concerne, le chanteur britannique a gagné son pari de chanter “with strings”, un sort que l’on réserve généralement aux artistes pop devenus classiques et dont le rayonnement peut justifier les coûts d’un orchestre aussi considérable. Gabriel n’échappe peut-être pas à ce destin de “vieux”, il en évite néanmoins les écueils de la prévisibilité.

Non seulement a-t-il réussi à interpréter bellement le matériel des autres, mais encore a-t-il su relire son propre répertoire dans la même foulée – ce qu’on n’avait, d’ailleurs, pas entendu jusqu’à ces représentations montréalaises. J’oserais même ajouter que  les versions symphoniques de ses chansons étaient même plus vibrantes que les précédentes. Question d’échauffement ? Fort possible.

Qui plus est, sa voix est encore très puissante,  corrige même les faiblesses repérables sur l’album – plusieurs ont été déçus par sa version très mince de Street Spirit (Radiohead) , faut-il le rappeler.

La suite maintenant ? Pour revenir vraiment sur les rails, Peter Gabriel nous doit maintenant une bonne douzaine de chansons originales. Rien de moins.

Liens utiles:

Sur Ben Foster

Sur John Metcalfe

Le compte-rendu d’Alain De Repentigny

Liste des chansons interprétées à Montréal.

Site de Peter Gabriel / Journal de tournée.

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Samedi 24 avril 2010 | Mise en ligne à 8h24 | Commenter Commentaires (103)

Brésil / Ze liste !

rio-de-janeiro

Tel que promis depuis mon retour de cette virée halucinante à Rio de Janeiro et Sao Paulo, je vous offre en vrac les liens de mes meilleures découvertes lors de mon récent voyage au Brésil, particulièrement Sao Paulo et Rio de Janeiro. Voici un liste d’hyperliens pour découvrir ma première dizaine de suggestions. D’autres blogues brésiliens suivront au cours des jours qui viennent.

Il va sans dire, ces blogues accompagnent mon reportage sur le Brésil, en ligne sur Cyberpresse, décliné en cinq articles. Pour lire, on clique  ICI.

Marcelo Camelo

marcelo-camelo

À 32 ans, Marcelo Camelo est considéré comme l’un des artistes indés les plus marquants de sa génération, originaire de Rio de Janeiro et relocalisé à Sao Paulo, le guitariste et chanteur a déjà fait partie du groupe rock carioca Los Hermanos. Les chansons de Sou, son dernier album, déconstruisent les références connues de la musique populaire brésilienne sans qu’on en perde la trace.
Album à écouter : Sou

Liens utiles :

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Otto

Otto br

Originaire du Pernambuco, Otto est l’un des grands innovateurs de la nouvelle chanson brésilienne. Comme feu Chico Science et Naçao Zumbi, il est associé au mangue beat de la région de Recife Sa musique est fine et d’autant plus complexe sur le plan des arrangements et des références régionales, nationales ou internationales. Album à écouter : Certa Manhã Acordei de Sonhos Intranquilo.


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Kassin

Kassin 3

Natif et résidant de Rio de Janeiro, Kassin a 36 ans et s’impose parmi les créateurs les plus prolifiques de la nouvelle scène brésilienne. Avec Moreno Veloso (fils de Caetano) et Dômenico Lancelotti, il forme le groupe + 2 en plus de réaliser les albums de nombreux artistes issus de la scène émergente; Vanessa de Mata, Mallu Magalhaes, etc. Album à écouter : Kassin + 2 /  Futurismo

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Romulo Froes

romulo froes

Lorque les connaisseurs brésiliens évoquent la crème paulista, Rômulo Froes vient régulièrement en tête de liste. Cet auteur-compositeur-interprète d’exception joint à ses sources brésiliennes les musiques progressives de la planète rock et le jazz moderne.

Album à écouter : No Chaô Sem O Châo

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Mallu Magalahes

Mallu Magalhaes

Mallu Magalhaes n’a pas encore 18 ans et elle a déjà enregistré deux albums dont les chansons (surtout interprétées an anglais, un peu en portugais) puisent dans la crème de la pop culture anglo-américaine. Tout a commencé lorsque ses premières chansons ont créé un impact colossal sur l’internet. Petite amie de Marcelo Camelo et fille d’architecte, cette jeune femme est promise à une carrière brillante. Album à écouter : sans titre, paru en 2009.

Liens utiles:

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Mallu Magalhães Shine Yellow from Rodrigo Pesavento on Vimeo.


Lulina

lulina

Originaire de Recife, Lulina ne cesse de multiplier les enregistrements autoproduits depuis qu’elle s’est établie à Sao Paulo. Marquée par le folk et la pop des années 60, elle utilise ces références pour créer un corpus chansonnier très apprécié des connaisseurs de la nouvelle scène paulista. De surcroît, on dit d’elle qu’elle est une excellente parolière…qui s’exprime en portugais.
Album à écouter : Cristalina

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Lulina “Sonhar com Bebês” from yb music on Vimeo.

Naçao Zumbi

nacao-zumbi

De Recife, le groupe-phare Naçao Zumbi accompagnait naguère le visionnaire Chico Science avant qu’il ne meure tragiquement d’un accident de la route au début de sa carrière – en 1997. La nation zombie malaxe allègrement les rythmes brésiliens au rock, au rap, au R&B.  Album à écouter : Fome de Tudo.

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NAÇÃO ZUMBI from EMBOLEX on Vimeo.

Vanessa Da Mata

vanessadamata

Originaire du Mato Grosso, établie à Sao Paulo, cette chanteuse de 34 ans est une fleur de la musica popular brasileira. Elle a écrit des chansons reprises par Daniela Mercury, Caetano Veloso et Maria Bethania. Après avoir interrompu des études de médecines, Vanessa de Mata fut mannequin, joueuse de basketball avant de faire chanteuse. Album à écouter : Sim

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Marcelinho DaLua

Marcelinho DaLua

Établi à Rio de Janeiro, Marcelinho DaLua est DJ, réalisateur, chanteur. Il est l’un des principaux réformateurs de la musique carioca, ayant hybridé la bossa nova et la samba au drum’n’bass, au funk, au dub et au reggae. Il est aussi membre de l’excellent groupe Bossacucanova. Album à écouter : Social

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MARCELIHO DA LUA V.S ANGELO B. PORTUGAL TOUR PART 3- MARCO de CA

DJ MARCELINHO DA LUA | MySpace Music Videos

Contra Fluxo

contrafluxo

Puisant dans le meilleur hip hop afro-américain des années 90  (A Tribe Called Quest, Guru, De La Soul, Jurassic Five, Pharcyde, etc.) le groupe Contra Fluxo ramène la qualité dans le hip hop et mêle la crème des voisins du Nord à la musica popular brasileira.  Album à écouter : SuperAçao.

Liens utiles:

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Vendredi 23 avril 2010 | Mise en ligne à 9h14 | Commenter Commentaires (17)

Une Tulipe pour Plants & Animals

Plants & Animals LALALAND

Sur scène, le trio montréalais Plants and Animals justifie allègrement les choix artistiques , je parle de l’enregistrement du tout récent La La Land, allégorie de pérégrinations sur des territoires… plutôt connus.

Jeudi soir à La Tulipe, le trio montréalais nous a servi huit de ses nouvelles chansons, et six autres tirées de l’album Parc Avenue.

Je m’y suis pointé, j’ai plutôt aimé.

J’ai aimé la force et l’expérience acquise par ce power trio, déjà tangible il y a un an et demi lorsque le groupe était rentré au bercail et s’était produit dans la même salle de la rue Papineau.

J’ai beaucoup aimé le groove de Feedback on the Field.

Aimé la féérie de Faerie Dance, avec à l’appui un violon et un très solide pont de rock.

Particulièrement aimé la version sur scène d’American Idol, assortie d’un saxophone baryton et d’une trompette pour l’escale montréalaise.

Touché par Kon Tiki, beau fragment de voyage au La La Land.

Intrigué par les africanités guitaristiques de Mercy.

Convaincu du caractère accrocheur de Tom Cruz.

Ce très bon power trio m’avait vraiment séduit il y a deux ans, pour les arrangements bien fleuris de ce premier album lancé sur l’étiquette locale Secret City. La suite me plaît presque autant, avec quelques bémols.

On le sait, l’économie du spectacle indépendant ne peut permettre à de grosses formations indépendantes de parcourir le monde.  Warren Spicer (chant, gutares), Nicolas Basque (basse, guitares, claviers) et Matthew Woodley (batterie, percussions) ont appris à faire avec les contraintes de la route, c’est-à-dire réduire les propositions orchestrales de Parc Avenue.

À tel point que cette vie sur la route du rock est devenue une forme en soi.

En fait, les trois Montréalais ont pris goût à ce minimalisme obligé. Avec les moyens du bord, Plants & Animals a réussi à muscler ses propositions. Notamment en opposant régulièrement deux guitares à la batterie, au lieu de l’habituelle dualité guitare/basse. Nicolas Basque occupe plusieurs responsabilités à ce titre, pendant que Warren Spicer s’en tient à un accompagnement de base vu  son rôle de chanteur et de frontman. Derrière les deux larrons, le soutien ryhtmique de Matthew Woodley est exemplaire dans un contexte indie rock.

Qui plus est, Plants & Animals sait mieux construire ses chansons au second chapitre. On a sacrifié une part de créativité pour une meilleure concision. Pour des refrains qui s’impriment dans le cortex. Pour des chansons qui passeront à gogo dans toutes les college radios d’Amérique. Pour un répertoire qui peut même faire le crossover – enfin… on verra bien.

Alors ?

Bien que j’aie sincèrement aimé ce que j’ai entendu jeudi soir, je ne peux conclure au ravissement.

Je conviens que Plants &  Animals soit encore en plein développement, mais ce choix d’un power trio sans arrangements singuliers (sauf trois ou quatre pièces sur La La Land, sans compter cette facture plus agressive sur scène) ne mène pas encore à un son aussi allumé qu’inspiraient les propositions plus touffues de Parc Avenue. Trop souvent, on garde l’impression de replonger dans le passé, on cherche à trouver les références plutôt que de s’abandonner au son, ici et maintenant.

À mon sens, le prochain défi de Plants & Animals  consistera à réintroduire sa singularité originelle dans un véhicule rock propice au roadtrip à trois.

On peut néanmoins leur lancer une tulipe pour ce bel accomplissement.

Liens utiles:

Le site officiel

Plants & Animals sur MySpace

Plants & Animals sur Secret City Records

Escapade au La La Land (ma critique de l’album)

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