Alain Brunet

Archive du 12 mars 2010

Vendredi 12 mars 2010 | Mise en ligne à 16h45 | Commenter Commentaires (47)

Ces Montréalais qui chantent en anglais / The Besnard Lakes

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The Besnard Lakes Are the Dark Horse, le deuxième album de la formation montréalaise, m’avait  impressionné pour ses riches strates de rock, magnifiques sédiments de sons,  cordes soyeuses et chant choral , le  tout grillé à souhait sur des charbons ardents.

Y avait-il lieu cette fois de craindre un anti-climax ? Au terme de plusieurs écoutes cette semaine, mes appréhensions se sont très rapidement évaporées.  Pour être clair, The Besnard Lakes m’ont carrément  jeté sur le cul avec cette  épique Roaring Night.

Depuis Funeral d’Arcade Fire, aucun groupe rock de la scène indie anglo de Montréal n’a créé un album de cette trempe.  Depuis Funeral,  je ne peux identifier un groupe  anglo-montréalais ayant proposé un opus de cette puissance. Bien sûr, j’exclue le travail Patrick Watson, qui évolue dans une esthétique qu’on ne peut apparenter au rock. J’exclue  également Rufus Wainwright,  dont la production s’inscrit dans un certain classicisme pop.

Très rock, donc. La douceur  et  l’acreté y sont exacerbées, Lucifer et  Dieu le Père y partagent le même condo. Voilà le clash suprême entre la douceur et de l’aigreur, entre le péché et la bonne action.

The Besnard Lakes are the Roaring Night nous propose un fabuleux space rock du troisième millénaire.  Les Beach Boys y fusionnent avec My Bloody Valentine, Thee Silver Mount Zion et Godspeed You Back Emperor!  Le hard  rock, le psychédélisme des années 60-70, le shoegazing des années 80 y sont (entre autres)  les  matériaux d’une nouvelle vision.

Olga Goreas, Jace Lasek, Kevin Laing et Richard White exploitent brillamment cette dualité aigre-douce, cette fois sans cordes mais avec une foule d’instruments anciens qu’ils propulsent dans l’avenir  – Fender Rhodes, orgues Hammond, cors, Mellotron, chambre d’écho, etc.

Des voix humaines surplombent des palissades de distorsion, d’épais sédiments de sons “naturels”  servent une instrumentation très rock:  guitares acidulées à souhait, rythmes costauds invariablement binaires, structures simples au service d’hymnes saisissants, exprimés par un chant choral parfaitement adapté aux voix des solistes. Très rarement les voix harmonisées, masculine ou féminine, créent un tel impact sans dériver dans quelque maniérisme.

Souhaitons que The Besnard Lakes  irradient la planète rock, rien de moins.

Le lancement officiel a d’ailleurs  lieu ce vendredi au Il Motore.

En attendant le vrai show:

La page MySpace

Le site officiel

Besnard Lakes

Et un clip amateur tourné au Japon sur la chanson Albatross, encore plus incendiaire que la pochette de l’album.

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