Alain Brunet

Archive du 6 mars 2010

Victoires_de_la_musique

Les Victoires de la musique ont un impact très relatif en Amérique francophone. Peut-être  moins ce samedi de mars 2010…  puisque la présence de talents locaux (Coeur de Pirate et Ariane Moffatt) y a été soulignée à grands traits ces dernières semaines.

Les grands traits étaient justifiés:   Coeur de pirate a remporté la Victoire de la chanson de l’année (Comme des enfants), un choix du public français.

Coeur

Un autre gala de l’industrie de la zizique parmi tant d’autres, pensez-vous  ? Un autre gala français mal ficelé et interminable, c’est-à-dire d’une durée de  quatre heures et quinze minutes ? Peut-être, mais l’événement méritait tout de même un survol au loin.

Voici donc un texte descriptif, écrit en direct.

Et puisque c’étaient les 25e Victoires, en direct du Zénith de Paris (sur TV5) avec pour vétéran absolu Charles Aznavour, président d’honneur de la soirée.

Suit un enchaînement interminable de mercis  de stars repiqués sur un quart de siècle, qui se termine par l’ultime remerciement de feu Bashung.

Nagui à son poste, comme d’hab.

Pour un pot-pourri  à la mémoire de  Michael Jackson, un numéro de production assez ambitieux: entre autres, on aperçoit M, aussi Amadou & Mariam, après  quoi  Charlotte Gainsbourg vient réciter le texte de Billie Jean. Et qui fera Beat It ? Personne… Hmm, pas tout à fait réussi.

On accueille alors le” parrain du showbiz”,  Michel Drucker qui vient présenter une candidate pour la chanson de l’année: Ça m’énerve, d’Helmut Fritz. Pop rock humoristique…

La Superbe de Biolay, deuxième candidate,  souffre d’un mix atroce; le pauvre Benjamin est enterré sur scène par les claviers, ça se passe un peu mieux au bridge, on entend très mal les cordes et la harpe que nous font voir les caméras. Dommage… une si belle chanson et une mise en place si  prometteuse…

Au tour de Coeur  de pirate d’entonner Comme des enfants, avec un caroussel virtuel pour toile de de fond.  L’interprétation est très honnête, force est d’admettre.

Calogéro s’ensuit avec un hit de JJ Goldman, C’est dit. Pop très gentille, efficace à souhait, petit maniérisme au programme, ascension garantie au top 50 .

On enchaîne avec  l’hommage à Charles Aznavour, Maurane chante La Mamma, Benjamin Biolay entonne Tu te laisses aller, sans oublier les bouts d’Alexis HK,  Amandine Bourgeois et Calogéro, tous en bivouac pour La Bohème amorcée par Nolwen Leroy et conclue par Maurane aux pieds de Charles… qui sera bientôt accueilli par l’ex-animateur Frédéric Mitterand , devenu ministre de la Culture comme on le sait.

Nagui et Drucker se transforment alors en interviewers et Aznavour nous balance un vigoureux pep talk sur l’avenir de la chanson française. Elle en aura besoin, la pauvre… Jamais on aura entendu autant de chanteurs français baragouiner l’anglais.

Les crêpes au champignons se retrouvent sur la plaque d’Olivia Ruiz, très rock de facture. La plus solide performance depuis le début de ce gala. Pour les bonnes raisons, Miss Ruiz remportera un peu plus tard la Victoire de l’interprète féminine de l’année.

Émily Loiseau remet ça avec Le pays sauvage, pop-world assez réussie.

Survient Charlotte Gainsbourg, une version très très mince de Heaven Can Wait. Ouh la la… qu’est-ce que ce sera sur scène à Montréal  ???

Michael Jackson ne suffisait pas à combler le coeur des cousins, il fallait honorer Stevie Wonder, qui  vient nous faire un pot-pouri amorcé par  une ballade sirop au piano Overjoyed suivie de Ma Cherie Amour que l’auditoire a beaucoup de mal à reprendre.  Dans la salle, le battement des mains ne suit pas le tempo de Free… Vraiment musical, le public parigot… qui finit par comprendre la binarité de Sir Duke et qui se décoince finalement avec Superstition, point culminant de ce medley… Vraiment pas le meilleur de Stevie…

On s’échange les discours de remerciements, Charles Aznavour vient  louanger Stevie en direct en direct… Bon bon.

Au tour des révélations de faire leur numéro :

Pony Pony Run Run, pop très moyenne,  interprétée en anglais avec un accent gros comme ça. Rap-soul très  ordinaire de La Fouine.  Pop chanson très moyenne de Grégoire.  Coeur de Pirate est aussi mise en nomination dans cette catégorie… Et le trio nantais Pony Pony Run Run gagne la Victoire de la révélation. Vraiment pas fort !

Eh non… on n’avait pas assez de  matériel amerloque au programme ! Il  fallait qu’Hughes Aufray vienne nous  beurrer les oreilles de son adaptation de Blowing in the Wind, grand classique de Dylan, suivi d’une interview et de remerciements absolument imbuvables.

La réalisation se gâte, ça cafouile au petit écran avant que  Slimmy ne monte sur scène, fringué en petit page et s’exprimant en anglais. Navrant. Puis c’est Yodelice, euro-pop-folk presque aussi nulle. Puis c’est Archimède en français, avec une pop de base, encore un calque anglo-américain… quelque part entre Oasis et les Beatles nous résume-t-on à l’écran. Risible…Revolver conclut dans la catégorie album révélation de l’année.  Wow. Trois nominations sur quatre sont des albums de frenchies ayant choisi l’anglais ! Trois numéros très quelconques en anglais, un autre très quelconque en français. Et c’est Yodelice qui gagne, un “folk hanté et vagabond”  (hahaha!) nous dit-on pendant que le groupe vient récolter sa statuette.

À ce stade de la présentation, on trouve au fond du baril… et  Jean Fauque rend un bel hommage à Bashung, mort le 14 mars 2009. Texte habile où coulent les fragments bashungiens. “… la nuit je me mens et je pense que tu es vivant…”

On a du pot, l’artiste interprète de l’année est celui qui le mérite vraiment: Benjamin Biolay rendra aussi hommage à Bashung:  “C’est lui d’abord et c’est nous tous après…”

Oxmo Puccino vient recevoir son trophée de l’album des musiques urbaines. Ses remerciements seront interminablement géants. Et il ira scander directement son rap Soleil du Nord. Pas mal du tout, avec cordes et tout et tout.

Le gala est commencé depuis deux heures et quinze, on nous annonce que plusieurs Victoires doivent encore être remises. Misère… M nous fait alors Mister Mystère, la tête en chauve-souris. On se sent un peu mieux !

L’album de l’année vient d’être nommé : La superbe de Biolay plante IRM de Charlotte Gainsbourg, également  mise en nomination dans cette catégorie.

Izia, la fille de Jacques Higelin, gagne la Victoire de l’album rock de l’année. Et, comme par hasard, se produit sur scène juste après avoir cueilli son trophée. Et voilà un autre numéro chanté en angliche. Roots rock, une jeune dame avec le feu de grand-maman Janis.

Johnny vient gagner la Victoire du meilleur spectacle pour son Tour 66. De sa villa de Los Angeles, il remercie son public via un message préenregistré.

L’album Musiques du monde ? La différence de Salif Keita, un album qui n’a pas eu beaucoup d’échos de ce côté  de la flaque. Mais puisqu’on admire Salif, on s’y penchera.

Il est minuit quinze et Ariane  Moffat vient de monter sur scène pour entonner Je veux tout. La version reggae-rock-fanfare me semble plus qu’acceptable.

Également nommé dans la catégorie révélation-scène, Shaka Ponk se fait aller en anglais… Rock  vigoureux et ô combien prévisible.

Izia remporte alors sa deuxième Victoire dans cette catégorie.

Ça fait quatre heures qu’on se tape se gala  et les quatre DJ de Birdy Nam Nam viennent de gagner la Victoire de l’album électronique ou dance. Leur  performance sur scène sera acceptable dans le contexte…

Pour les supporters  québécois, le top du top se produit à minuit quarante, heure de Paris : Coeur de pirate remporte la Victoire de la chanson de l’année, le vote du public. Rien de moins.  Comme des enfants sera reprise une seconde fois en direct.

Ainsi se conclut le procès verbal des 25e Victoires de la musique.

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