Alain Brunet

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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Lundi 22 février 2010 | Mise en ligne à 16h01 | Commenter Commentaires (33)

    Nézet-Seguin et le Rotterdam Philharmonic

    Yannick Nézet-Séguin et Viktoria Mullova

    Viktoria Mullova et Yannick Nézet-Séguin


    Pour reprendre son propre terme, je comprends  “l’amour” que Yannick Nézet-Séguin porte également  à ses deux vaisseaux et qui l’unit à ses équipages: l’Orchestre métropolitain du grand Montréal et le Rotterdam Philharmonic Orchestra, qui effectuait une première escale montréalaise avec son chef montréalais au pupitre.

    Bien sûr, il lui  vaut mieux éviter voire oublier toute comparaison entre les orchestres. Les enjeux ne sont exactement pas les mêmes de toute façon; les moyens financiers, l’expérience des instrumentistes,  les traditions sur lesquelles s’appuient les deux orchestres ne peuvent être comparés.

    Bien sûr, j’aime l’OM, qui vient tout juste de rendre publique sa nouvelle programmation 2010-2011.  Et il est d’autant plus justifié pour cet orchestre symphonique local de se développer avec un chef de cette trempe. Oui, on  souhaite à l’OM d’acquérir encore plus de moyens, d’obtenir un meilleur financement et d’ainsi faire briller le deuxième orchestre symphonique d’une capitale culturelle qui doit s’assumer comme telle : Montréal.

    Voilà un défi de taille pour Nézet-Séguin, dont la carrière européenne le lie au Rotterdam Philharmonic, qui n’est pas un orchestre archiconnu en Europe mais qui ne doit pas non plus être considéré comme un orchestre de deuxième division.

    Un tel orchestre ne pourrait faire sonner ainsi le Concerto pour orchestre de Bartok, une de ses dernières oeuvres alors qu’il venait de débarquer aux USA. Malade, sans le sou… et mort en 1945.

    Et quelle performance  donnée par l’orchestre néerlandais !

    En première partie, je vous confierai  n’avoir pas été ébloui par le Brahms (Concerto pour violon et orchestre en ré majeur, opus 77), la violoniste russe Viktoria Mullova ne m’a pas jeté par terre (non, je vous jure n’avoir pas lu la critique de Claude Gingras avant de formuler cette réserve !), mais j’avais déjà pu contempler la cohésion et l’expressivité de cet orchestre fort bien dirigé par le maestro québécois.

    Après l’entracte, un détachement du Rotterdam Philharmonic a interprété Conciso, une oeuvre assez solide du compositeur néerlandais Theo Verbey qui s’inscrit dans la mouvance contemporaine.

    Le plat de résistance ? Il a, je crois, nourri à souhait l’auditoire. Ce fameux Concerto pour orchestre de Béla Bartok a (entre autres) pour objet de mettre en valeur toutes les sections d’un orchestre symphonique. Et comment ! La grande puissance et la grande subtilité étaient au rendez-vous. Ce que je retiens personnellement de cette interprétation, c’est surtout la sonorité d’ensemble du Rotterdam Philharmonic.

    Au rappel, Le Jardin féérique de Ravel, exrait de Ma Mère L’Oye, a superbement complété le programme.

    Est-il besoin d’ajouter que Yannick Nézet-Séguin y est pour quelque chose ?


    • Je vais peu au concert, mais à chaque fois où j’ai vu Yannick diriger c’était toujours excellent. Entre autre dans du Bruckner. Au début du clip que vous proposez on entend un extrait de Mort et transfiguration de Strauss. Cependant pour juger faut vraiment comparer avec de grande version, comme celle de Karajan, qui excellait dans le Strauss. Je vais réécouter ça de la maison ce soir.

      @alainbrunet

      “non, je vous jure n’avoir pas lu la critique de Claude Gingras avant de formuler cette réserve qu’il explique mieux que moi”

      On vous croit sur parole ;-)

    • @setzer

      En fait, j’ai écrit cette parenthèse après avoir rédigé mon texte. :-)

    • Diffusion de ce concert ce soir sur Espace musique, pour les intéressés.

      http://www.radio-canada.ca/espace_musique/animateurs.asp?an=10354

    • @lecteur

      Merci de l’info !

    • S’il y en a un qui pourra créer de l’intérêt pour la musique classique au Qc, c’est bien lui!

    • je pose simple la question … à quand des ateliers de ta part de simplification de ta spécialité…… la part de Lucie Lavigne devrait être égale,elle domine son domaine en toute humilité..))

    • @ Monsieurtranquille

      «je pose simple la question … à quand des ateliers de ta part de simplification de ta spécialité…… la part de Lucie Lavigne devrait être égale,elle domine son domaine en toute humilité..))»

      Pourriez-vous traduire en français SVP?

    • @ astyanax

      je pense qu’il s’est trompé de blogue

    • Ça ressemble au langage employé sur les blogues de sport. ;-)

    • Tout à fait d’accord avec votre appréciation de la “sonorité d’ensemble” du Philharmonique de Rotterdam, M. Brunet. Sonorité brillante, cordes intenses (les graves, fabuleux!), et surtout, un enthousiasme qu’on ne retrouve plus guère à l’OSM par les temps qui courent. Et puis, dans une salle à l’acoustique “ingrate”, réussir à faire si bien sonner un orchestre…Nézet-Séguin devrait donner des cours à Nagano!

    • Merci pour le lien. On ne peut trouver meilleur élan pour débuter ce mardi gris. Je sens toujours un regain d’énergie à écouter Nézet-Séguin diriger. Pas du tout comme Karajan à mes oreilles – si l’on cherche à comparer, j’irais plutôt vers Mitropoulos en raison de la finesse de la sonorité, de la brillance et du lyrisme.

      J’ai bien hâte d’entendre ce que fera Nézet-Séguin avec Don Carlo qu’il dirigera au Met la saison prochaine, avec Alagna et Furlanetto dans le rôle de Philippo. Cet opéra sera retransmis en HD – à voir, au cinéma au moins.

    • Un exemple de son art, cet homme a quelque chose à apporter à la musique, il y a dans ses interprétation tout son optimiste sa foi en l’humanité, bref ce chef est un rayon d’espoir en ces temps barbare.

      http://www.youtube.com/watch?v=28HxXQleiBA

      Peut-être pas parfait mais d’une grande inspiration.

      Vous aurez deviné je suis un admirateur, mais croyez moi collectionnez ses disques, dans 40 ans vous serez content de les avoir… :-)

    • Bonjour M. B.,
      Le même programme de concert auquel vous avez assisté à Montréal a été présenté la veille à Québec. Curieusement, contrairement à chez vous, c’est le concerto de Brahms qui a fait l’unanimité chez nous. Tout un chacun a été époustouflé par la majesté du jeu de la violoniste Viktoria Mullova, son expressivité, l’émotion que dégageait le cadence du premier mouvement et l’ineffable beauté que dégageait tout le second mouvement. Cette violoniste a donné dans le grand art merveilleusement accompagné par la bande à Nézet-Séguin.

      Le concerto de Bartok a été tout autant apprécié même si, personnellement, cette chose me laisse totalement froid. Du bruit, beaucoup de bruit, bien organisé certes, et joué avec autorité même si le critique du Soleil, Pierre Dallaire, y a décelé un manque de profondeur dans l’interprétation. Me semble à moi qu’il manquait la musique à cette oeuvre. J’en ai entendu plus dans une oeuvre “free” d’Anthony Braxton à Victo, il y a trois ans que dans ce Bartok-là.

      Bonne journée!

    • @josmel

      “cette chose”?

      Ces deux mots en disent plus long sur vous que sur la musique de Bartok.

    • @josmel

      Merci de votre témoignage. Je ne peux commenter votre impression, puisque je n’étais pas à Québec pour comparer. Il se peut que les pièces aient été différemment jouées, je ne sais… À Montréal, en tout cas, je suis loin d’être le seul à avoir ressenti les choses ainsi. Quant à l’effet de froideur que produit chez vous le Concerto pour orchestre de Bartok, j’ai du mal à saisir. Et encore plus de mal à comparer cette oeuvre brillante à l’excellent concert de Braxton dont vous faites état – j’étais aussi à Victo il y a trois ans. Les deux approches sont tellement différentes…

    • @josmel

      “Du bruit, beaucoup de bruit”

      Vous blaguez j’espère?

      J’ai écouté le concert sur Espace musique hier et j’ai adoré le concerto de Bartok. Est-ce que quelqu’un pourrait me suggérer des interprétations autres que celle de l’orchestre de Rotterdam ?

    • @Alain Brunet
      Oh, mais je ne remets aucunement en doute votre appréciation du concert de Montréal, m.Brunet. Vos qualités de critiques et celle de votre collègue Gingras ne sont plus à démontrer. Et je ne veux pas non plus mousser un quelconque différend Montréal-Québec. Il y en déjà bien assez comme ça et tous sont inutiles.

      Juste souligner qu’effectivement deux concerts donnés en deux temps différents peuvent donner lieu à des prestations différentes. Pour ce qui est de Bartok, c’est sans doute que je n’ai jamais aimé cette oeuvre. Ça doit faire partie de mes contradictions de ne pas aimer “cette chose” et d’adorer Le Château de Barbe-bleue, les folkloriques duos pour violon ou les concertos du même Bqrtok. Mais le concerto, rien à faire. Merci et bonne fin de journée!

    • @ josmel

      On peut ne pas aimer une œuvre c’est compréhensible, mais parler d’une œuvre d’un Grand Compositeur en utilisant le mot “chose” me semble assez dénigrant.

      @archiloque

      J’ai ces enregistrements dans ma collection, tous de haute qualité artistique, quoique variable pour la technique son.

      Dorati, Concergebouw d’Amsterdam Philips 411 132-2
      Fritz Reiner, Chicago Symphony sur RCA

    • @alainbrunet

      la “moyenne de réponse” sur votre blogue est en train de diminuer… c’est vrai que récemment on y parle de musique classique. Ça concorderait ainsi avec les statistiques dont vous parliez récemment.

    • @setzer

      Merci!

    • Je récidive doux M. Brunet

      À quand un premier atelier d’écoute sous votre gouverne?? Pas seulement classique, mais Indie, Jazz, Wave, Rock et Pop sansa parler du country, du folk et de tous les amalgames possibles des genres précités ? Votre culture musicale mais surtout votre amour du son est indéniable depuis des lustres mais là, faut passer en 4ième pour le bénéfice des lecteurs de GESCA….)) Je sais . vous avez votre nom, votre chèque de paie bien assuré par GESCA, mais il reste que vous pourriez, à cette étape de votre carrière, partager votre savoir-acquis pour notre Bénefice, le vôtre et bien sûr, celui de Gesca. Cette dernière y verrait une source de profits incalculables mais officiellement. elle y verrait “Un souçi de faire évoluer nos lecteurs-blogueurs à un autre niveau (ça sonne bien Marketing
      non?…loll)
      Au même titre, le blogue de Lucie Lavigne devrait être considéré comme source d’atelier pratico-pratique, très très payant pour GESCA (la pognes-tu le département de Marketing qui dort sur la switch). Lucie pourrait présenter des atelirs avec ses collaborateurs d’ici et d’autres mondes (Pluriel volontaire ici)

      On fait évoluer le Québec-Son grâce à toi et le Québec-Voir grâce à Elle……Qu’end-dis-tu?? Clin d’oeil à ta compétence mais surtout ta Persistance…)

    • @ Monsieurtranquille

      Pas sûr sûr de la pertinence de votre pseudo.

      Que diriez-vous de «Monsieur(pas)tranquille(dutout)»? Ce serait, me semble-t-il, beaucoup plus judicieux…

    • @monsieurtranquille

      Visiblement, vous faites une fixation sur Gesca.

    • … et sur Lucie Lavigne !

    • Malaise monsieurtranquille…vous travaillez pour qui?

    • @monsieurtranquille

      Monsieur pas si tranquille, vous exigez quoi au juste ? Vous êtes insatisfait de ma vulgarisation ? Vous savez, les signes m’indiquent que cette façon de faire prend de l’ampleur, contrairement à ce que vous laissez sous-entendre. Si c’est trop spécialisé pour vous, vraiment désolé. Il y a amplement de journalistes en musique et bien assez de médias généralistes pour vous servir sur tous les tons, sur tous les sujets qui vous touchent de près.
      Si mon approche ne vous convient pas, posez alors des questions (bien formulées SVP) sur ce que vous n’avez pas saisi. Je me ferai un plaisir de vous répondre. Quand à vos insinuations d’opacité, je suis heureux de vous apprendre que ce blogue attire un nombre croissant de lecteurs- près de 95 000 pages lues par mois aux dernières nouvelles, c’est-à-dire un lectorat stable de plus de 25 000 personnes. Monsieur tranquille, cette croissance est loin d’être terminée en ce qui me concerne.
      Alors ? Je ne reviendrai plus sur vos commentaires généraux. Prière d’être plus précis la prochaine fois et de poser de vraies questions si quelque chose vous échappe dans ce blogue.

    • @setzer

      La moyenne de réponses dont vous parlez est forcément plus faible lors d’envois traitant de musique classique ou de jazz. Si ça peut vous encourager, de tels sujets ne généraient que très peu de réponses l’an dernier. Ainsi, j’observe un net progrès sur ces sujets plus exigeants, inutile d’ajouter que je m’en réjouis.

    • @alainbrunet

      Je tiens à préciser que je lançais ce commentaire à la blague. Ce n’était qu’une observation. Comme vous savez, je passe d’un univers à l’autre(pop et classique) sans problème. Je ne défendais pas une vision.

      En passant, je vous trouve très gentil de répondre à monsieurtranquillo. Sa demande est peut-être légitime, mais son choix de mots dénote au mieux une grande maladresse, sinon une certaine arrogance.

    • @setzer

      Rien de tel qu’une réponse pour détendre l’atmosphère et favoriser la communication. Oui, j’ai perçu ce commentaire “à la blague”, et j’observe que vous pouvez passer aisément de la musique classique à la pop.

    • @alain_brunet

      “passer aisément de la musique classique à la pop”.

      C’est le meilleur antidote à une surdose de l’une ou l’autre.

    • @setzer

      Parfaitement d’accord. Les concepts apparemment légers de la pop culture peuvent nourrir les mélomanes avec des innovations que les genres musicaux plus savants ne peuvent admettre aussi rapidement et aussi facilement – vu le poids de l’histoire et la complexité des langages établis. En revanche, c’est du côté des musiques dites sérieuses qu’on prend vraiment son pied, notamment aux chapitres de la complexité et de la virtuosité.

    • @alain_brunet

      Pour moi la musique dite sérieuse atteint une profondeur parfois effarante. Elle découpe en plus petites pièces l’émotion(Mahler en autres), chaque détail devient signifiant. Le voyage est plus long. Mais, il y a aussi des moments où je ne peux supporter son intensité.

      Comme je suis guitariste, je ne suis pas convaincu que votre commentaire sur la virtuosité s’applique à mon instrument. Pour moi, essayer de jouer du SRV est tout aussi difficile que jouer de la guitare classique. Les deux peuvent faire appel à la virtuosité. Il est vrai que pour les autres instruments ça peut être différent.

      Sans doute Elvis qui chante ” She’s Not You” touche immédiatement. J’adore la première seconde. C’est d’ailleurs pour moi un défaut quand je compose de la musique “dite sérieuse”, je procède trop rapidement, déformation “popessionelle”.

    • @alainbrunet
      “En revanche, c’est du côté des musiques dites sérieuses qu’on prend vraiment son pied, notamment aux chapitres de la complexité et de la virtuosité.”

      C’est l’éternel débat entre l’art de notre époque et l’art classique. Dans le premier, l’artiste passe plus de temps à faire du PR, du réseautage et du marketing pour vendre son oeuvre que de temps pour la créer. Il justifie son manque de travail par le “ressenti” de l’artiste. Dans l’art classique, l’artiste passe par une longue période d’apprentissage puis dépense beaucoup de temps, d’efforts et d’énergie à la création.

      Votre phrase m’a fait penser à ce que disait Ravel:
      “Haïssable sincérité de l’artiste, mère de tant d’œuvres bavardes et imparfaites”
      “Oui, mon génie, c’est vrai, j’en ai. Mais qu’est-ce que c’est ? Eh bien, si tout le monde savait travailler comme je sais travailler, tout le monde ferait des œuvres aussi géniales que les miennes.”

      Par ailleurs, puisque vous suivez de prêt la carrière de Nézet-Séguin, qui est reprogrammé au Met après son triomphe pour Carmen, je vous conseille cet excellent blogue, Opera Chic:

      http://operachic.typepad.com/opera_chic/

      et cet excellent reportage diffusé par Arte sur la divine Elina Garanca, la Carmen de Nézet-Séguin:

      http://www.youtube.com/watch?v=dow39bK8SIY&feature=related

      enfin, cet extrait de la fin du Carmen de Nézet-Séguin au Met:

      http://www.youtube.com/watch?v=6xKjIotYxY4

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