Alain Brunet

Archive, janvier 2010

Dimanche 31 janvier 2010 | Mise en ligne à 20h06 | Commenter Commentaires (101)

Grammys en direct

Voilà, les amis, c’est parti. Nous sommes en direct devant les Grammys.

Bon bon, on vient de balancer Lady Gaga dans un conteneur à ordures, on y a mis le feu. On est  déjà dans la grande symbolique !

La voilà en duo avec monsieur pop en personne. Elton John. Elle ne manque quand même pas de voix, la Gaga. Ainsi s’installe la convivialité multigénérationnelle, un thème qui s’annonce récurrent pour les trois heures et demie au programme.

La chanson de l’année

Et de un pour Beyoncé.  Étaient aussi en nomination:

Billie Joe Armstrong  se présente sur scène, suggère un extrait de son opéra surf-punk bientôt prévu sur Brodway.  Bonsoir le format !

Meilleur album country

  • FearlessTaylor Swift
  • Beaucoup moins connue à l’extérieur de son pays, Miss Swift est l’artiste qui a vendu le plus d’albums en 2009 aux USA. Le triomphe de l’Amérique profonde ? Absolument, avec une actualisation dans le look…

    Étaient également en nomination:

    Et voilà Beyoncé qui se fait aller. Une armée de robocops la précèdent, on imagine la suite… Autre numéro de production certes spectaculaire, mais absolument prévisible.

    Seal évoque ensuit le Lifetime Achievement Award attribué à notre Leonard Cohen, avant que Pink ne monte sur scène drapée de blanc, puis drapée de… pas grand-chose. Elle se retrouve dans un caroussel de demoiselles, numéro de cirque façon Ceurk dou soley !  Assez sexy, c’est ce qui s’imprimera dans les mémoires. Rebof.

     
    Meilleur nouvel artiste

    Un autre band country peu connu hors de son public “naturel”. Encore une jolie manifestation d’américano-centrisme…

    Étaient également en nomination:

    Miley Cyrus présente ensuite le groupe Black Eyed Peas qui se livre à un numéro très chorégraphié de ses “grands  succès”. Au menu: hip hop/R&B/ pop /robotique des plus carnavalesques. Ben coudon…

    Lady Antebellum se produit sur le plateau.  Fricassée de Heart, Fleetwood Mac et autres spécialités de CHOM à la fin des années 70/ début 80…  On se dit que l’Amérique est toujours à l’affût du changement…

    Meilleur album d’humour

  • A Colbert Christmas: The Greatest Gift of All!Stephen Colbert
  • Aucun commentaire, sauf qu’il s’agit d’un album de Noël…

    Étaient aussi en nomination:

    Norah Jones et Ringo Starr évoquent le Lifetime Achievement Music Award à feu Bobby Darren.

    Enregistrement de l’année

    Use Somebody” – Kings of Leon

    Les frères de Nashville ont finalement récolté leur statuette en ondes. Choix défendable, il va sans dire.
     
    Étaient aussi en nomination:

    Retour des voix filtrées dans un vaste déploiement hip hop.  T-Pain, Jamie Foxx et Doug E.Fresh,  sans compter Slash comme invité soliste pour nous faire cracher sa Les Paul – comme de raison…

    Norah Jones et Ringo présentent alors le Grammy de l’album rock de l’année:

    Album rock de l’année:

    21st Century BreakdownGreen Day

    L’album de Geen Day est meilleur que No Line on the Horizon ?  Ça se défend… Le reste des mises en nomination ne pouvait être plus conformiste:

    On invite le vieux Leon Russell à se joindre à des p’tits jeunes de l’intérieur des terres, avant que tante Stevie Nicks (Fleetwood Mack) ne côtoie Taylor Swift… qui a probablement un problème de moniteur; elle chante faux ! Les générations sont de nouveau réunies. On a flairé le concept… Et on se dit que Miss Swift, 20 ans, aurait pu exister il y a trente ans.

    Et voici Linel… Ritchie qui vient présenter l’hommage à feu Michael Jackson.  Pas de chance, je n’ai pas mes lunettes 3D.

    On se retouve en pleine nature tropicale, puis Céline fait son apparition, puis Usher, Carrie Underwood, Jennifer Hudson et Smokey Robinson. Tous sur fond de végétation luxuriante, d’animaux et d’enfants, tous au service de la power ballade de Michael. Grosse performance vocale comme prévu. Quant au concept…

    Les deux enfants de feu Michael viennent cueillir le Lifetime Achievement Award, remecient leur défunt père et le Bon Dieu, vous vous en doutez bien.

    Question de nous déstabiliser encore davantage, on nous balance Bon Jovi, qui culmine avec son vieux tube FM, Living On A Prayer… Ciboulo… Après ça on s’étonne que Ted Kennedy ait été remplacé par un républicain !

    Surréaliste mais vrai, le rapper Mos Def et le ténor Placido Domingo rappellent ensemble l’attributio du Lifetime Achievement Award remis au pianiste André Prévin, avant de présenter le Grammy de la catégorie:

    Meilleure collaboration pour une chanson rap

    Run This Town” – Jay-Z, Rihanna & Kanye West

    Étaient aussi en nomination:

    Et le New-Yorkais Wyclef  Jean, certes le plus célèbre des artistes haïtiens (même s’il a grandi dans la diaspora), vient remercier la générosité des Américains  pour les victimes du séisme.  Le drapeau haïtien flotte au-dessus de la scène, Andrea Bocelli et joint par Mary J Blidge pour une version assez convaincante de Bridge Over Troubled Water, classique de Simon & Garfunkel – qu’Aretha Franklin a aussi contribué à faire connaître. Je n’aurais vraiment pas choisi Bocelli pour faire équipe avec Mary J, mais je dois admettre que le tandem s’en est assez bien tiré.

    L’acteur Adam Sandler présente Dave Matthews en famille élargie, choeurs, cordes et cuivres. Pas mal.

    Meilleure performance vocale pop féminine
     
    HaloBeyoncé.
     
    Et re-Beyoncé, dont c’est visiblement la grosse soirée.
     
    Étaient aussi en nomination:

    Le vétéran MC LL Cool J nous rappelle que Honeyboy Edwards, un des derniers survivants du delta blues, a gagné un Lifetime Achievement Award.  Le rapper présente alors Maxwell et Roberta Flack pour un des meilleurs numéros de la soirée, coiffé par un extrait vibrant de Where Is The Love.

    À 23h04, Jeff Beck rend hommage à Les Paul, fameux pionnier de la guitare électrique mort en 2009. Il aurait en 100 ans en 2015.

    Le trompettiste octogénaire Clark Terry a gagné un énième Lifetime Achievement Award.

    Les grands esprits hip hop pour le dessert ? Travis, Eminem, Lil’Wayne et le Torontois Drake partagent la scène. Solide. Un des meilleurs numéros de la soirée.

    Album de l’année

    Voilà sans aucun doute le triomphe de l’Amérique profonde.

    Les autres mises en nomination étaient:

    Cette dernière peut s’estimer la grande perdante de ces Grammys- un trophée hors d’ondes, cependant. Tant de costumes pour si peu de résultats…

     En somme ?

    Les résutats en ondes et hors d’ondes sont en ligne. Au fait, les hyperliens des mises en nominations utilisés dans cet envoi proviennent de Wikipédia et du site officiel des Grammys.

    Passons à un autre sujet.

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    Dimanche 31 janvier 2010 | Mise en ligne à 13h31 | Commenter Commentaires (7)

    Prêts pour les Grammys ?

    grammy-trophee.jpg

    Les Grammys ce soir, donc.  Les incontournables Grammys. De tous les galas consacrés à la musique, cet événement télévisuel est certes celui qui peut compter sur les moyens les plus considérables. Lorsqu’on y prend plaisir,  en fait, c’est surtout lorsque les numéros de productions s’y avèrent réussis. Pour le reste ? Ça se promène entre les étincelles et les soupirs d’exaspération.

    Les Grammys ont quand même ceci d’intéressant, c’est qu’on y présente plus que du top 50 anglo-américain (surtout américain); on y fait état de musiques de qualité qui touchent plusieurs marchés de niche, aux États-Unis comme ailleurs. Bien sûr on ne fait pas dans l’hyper pointu lorsque les jazzmen ou musiciens classiques montent sur scène, mais… Il y a cette volonté étonnante d’y présenter l’ensemble du paysage musical des États-Unis , sans compter les musiques d’ailleurs qui en marquent annuellement l’immense marché.

    Toujours le plus important marché de la zizique sur Terre ? Oui.

    Oui mais… Les Grammys ne fédèrent pas la planète musique comme les Oscars fédèrent la planète cinéma. Les Grammys ne représentent pas le top 50 mondial de la pop culture, contrainrement à ce que croient encore bien des gens.

    Depuis les années 60-70, la pop culture s’est considérablement diversifiée dans le monde. Malgré les recoupements de top stars sur les palmarès, on observe que l’Europe s’est forgé une vision différente voire plusieurs visions différentes de la culture musicale d’aujourd’hui. Pas pareils, Les Brit Awards et autes Victoires de la musique. Pas exactement la même pop, le même rock, le même hip hop, la même techno, les mêmes musiques du monde. Pas la même langue locale. Pas la même perception de la langue anglaise, même si pratiquée quotidiennement.

    L’espace hispanophone a ses particularités, le marché asiatique comprend des millions de fans dont les idoles locales sont peu connues en Occident. Idem pour l’Inde. Idem pour le Japon. Et que dire du Brésil. Sans compter notre petit marché d’Amérique francophone, clairement discinct.

    Alors ?

    Quoi qu’on en pense, les Grammys demeurent une date importante à l’agenda d’un chroniqueur de musique.

    Comme à chaque année, je m’installerai ce soir devant la télé. Je compte bien m’enquérir  des réformes escomptées, si réformes il y a. Et, comme vous, faire mon gérant d’estrade…

    Fort probable que mon claviégraphe sera mis à contribution. Le vôtre aussi, il va sans dire.

    D’ici là, voici quelques hyperliens:

    Les mises en nomination

    Les premières remises

    Le texte de Philippe Renaud

    Le Lifetime Achievement Award remis (entre autres) à Leonard Cohen

    Neil Young sera honoré, la présence canadienne se fera sentir aux Grammys.

    Beast au gala hors d’ondes – également par Philippe Renaud.

    Duel entre Beyoncé et Taylor Swift… Oh la la !

    Céline Dion chante dans l’hommage à Michael Jackson

    Le site des Grammys et des mises en nomination

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    Samedi 30 janvier 2010 | Mise en ligne à 10h02 | Commenter Commentaires (42)

    Benjamin Biolay et sa superbe

     biolay-la-superbe.jpg

    C’est connu, Benjamin Biolay ne se prend pas pour la moitié d’une clémentine. Mais il est doué, ce Lyonnais issu de famille modeste et qui a souvent adopté les airs des grands bourgeois. Compositeur, auteur et interprète dont les prétentions… ont été à la hauteur de son talent, tout compte fait.

    Je l’ai interviewé deux fois à Paris.

    Une première fois à l’époque où il faisait équipe avec Keren Ann, solide tandem de songwriting au tournant de la décennie précédente. Biolay surfait encore sur sa reconnaissance acquise pour sa collaboration essentielle au superbe album Chambre avec vue, qui avait alors ressuscité Henri Salvador… Rappelons que le regretté octogénaire l’avait renié à la suite d’un quiproquo. On comprendra que les propos du Benjamin portaient déjà à interprétation.

    Je l’ai croisé de nouveau en juin 2008 dans un studio parisien. À un mètre de ma tronche, il enfilait de gros pétards sans les partager (il avait deviné que je refuserais son offre, pensez donc ! ) tout en épiloguant sur son moi, son legs… Vous soupirez ? Détrompez-vous. Ce fut amusant et d’autant plus instructif. Biolay était quand même généreux de sa personne. Sous cette croûte de condescendance, il y avait un mec sensible et brillant. Un artiste de talent.

    Ça faisait déjà un moment que Chiara Mastroianni l’avait plaqué. Les rimes de fiel qui s’ensuivirent (À l’origine, Trash Yéyé) exhalaient une forte odeur autobiographique, mais bon. C’était déjà bien construit malgré cette vibration négative voire malsaine. Au fil du temps, la croûte de condescendance s’est amincie.

    Biolay aurait beau avoir baisé le jet set entier, s’être autoproclamé parmi les sauveurs d’une chanson française un peu surannée, qui manquait de souffle avant l’émergence des meilleurs de sa génération , on a des raisons de l’apprécier. Il a beau avoir méprisé publiquement Bénabar et Zazie, ce franc parler  le mène aussi à tenir des propos admiratifs à l’endroit de Jean-Louis Murat, Bashung ou Katerine.

    Il a beau faire fait le beau, Biolay demeure un artiste nettement au-dessus de la moyenne.

    Lui reste à trouver le moyen de se faire aimer, en témoignent ses minces scores commerciaux jusqu’à l’arrivée de cet album double : en France, La Superbe a été lancé en octobre 2009, on le découvre à peine en Amérique.

    À l’écoute de ce double CD, je conserve cette impression que sa tête et son ego retrouvent progressivement une taille acceptable. Je n’oserais quand même pas dire normale ! Certaines de ses nouvelles chansons comportent des fragments d’autocritique,  on y sent clairement une quête d’équilibre. Ces 22 nouvelles, il me semble, sont la diffraction de sa propre existence ou encore de l’idée qu’il s’en fait.

    Le désir des femmes, l’amour des femmes, le cul tout cru, ce “bébé qui s’effeuille dans la nuit pâle”,  l’amour inconditionnel de sa progéniture, un cynisme certain quand à la pérennité de l’amour et du désir, la jalousie de tout ce qui porte ombrage, l’ego qui se dégonfle de force,  l’assomption d’un comportement erratique, la toxicomanie (légère),  cette vie d’errance qui se boit et qui se dégueule, mais aussi  l’amour, l’espoir, une candeur retrouvée dans les gravats. Et, toujours ce réalisme en gris foncé malgré la sagesse acquise.  Il faut écouter Brandt Rhapsodie,  duo avec Jeanne Cherhal qui résume bien la destinée de tant de passions mutées en vies ordinaires… et en ruptures, vous vous en doutez bien.

    Les sons ? Biolay est un vrai musicien. Tromboniste de formation, il a appris tous les instruments nécessaires à la confection de très bonnes chansons.  Il a visité tous les recoins de la chanson française “classique”, en a conservé les références pour ensuite transgresser cette tradition. La bousculer, la rouler dans le rock, le reggae, le jazz, la techno, la musique classique et autres farines enrichies.

    Bref,  La Superbe démontre la longévité de Benjamin Biolay. De son art, on peut désormais conclure à un édifice. Un vrai. Malgré tout.

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