Alain Brunet

Archive du 19 décembre 2009

Samedi 19 décembre 2009 | Mise en ligne à 18h34 | Commenter Commentaires (81)

Fred Pellerin, figure emblématique

 fred-pellerin-silence.jpg

Au terme de 2009, quel autre artiste incarne à ce point le nous québécois ? Qui d’autre que Fred Pellerin, dont l’album de chansons Silence vient de franchir en deux semaines la barre des 80 000 exemplaires vendus ?

Je parle ici du nous d’expression française, de race blanche, de culture judéo-chrétienne, mais aussi  moderne, laïque, ouverte.  Au-delà de ce nous, Fred Pellerin fascine plusieurs publics à travers la francophonie. Oui, il touche l’universel, bien que son art demeure très circonscrit sur le plan identitaire.Je n’en ai glissé mot à la sortie (encore récente) de cet album qui semble faire l’unanimité. Enfin presque, et c’ est d’ailleurs ce que nous allons voir à la suite de cet envoi.

J’avais écouté cet album où le fameux conteur a entrepris d’interpréter de très belles chansons écrites par d’autres, auxquelles il en a ajouté trois de son cru - Les Marie, L’Alouette et Silence. Les autres textes réunissent des chansons récentes et des classiques de notre québécitude: Au commencement du monde et Tenir debout, signées David Portelance , Lè-bas de Manu Trudel et Renée Houle, Le petit garçon (La petite fille) de Jean-Loup Dabadie et Jacques Datin, Mille après mille de Gérald “Gerry”Joly,  puis Douleur de Félix Leclerc, Mommy de Marc Gélinas et Gilles Richer (Pauline Julien l’avait pop-larisée), Quand vous mourrez de nos amours de Gilles Vigneault.

Fred Pellerin est un rural qui s’assume. Très doué pour la parole, il a su transcender la langue familière de sa région et de son patelin auquel il maintient des attaches profondes – Saint-Élie-de-Caxton, un village qui fait désormais l’objet de pélerinages comme on en fait à Natashquan ! Bien sûr, je blague, mais les signes ne mentent pas: 80 000 exemplaires d’un album aussi proche du folk, ça confirme l’adoption d’une nouvelle figure emblématique chez le grand public keb. Est-il étonnant, d’ailleurs, que Fred Pellerin reprenne Vigneault, Leclerc ou même Marc Gélinas ?

J’ai adoré son dernier spectacle de conteur. Son rapport entre le patrimoine, la ruralité, la poésie et même le fantastique,  l’autorité qu’il impose sur scène, la dégaine absolument unique de ses récits, tout mène à conclure qu’il  réunit toutes les qualités d’une icône nationale.

Cela étant, ce succès instantané ce Silence n’aurait pu être possible si Fred Pellerin n’avait pas la réputation qui le précède. Il n’est pas vilain chanteur du tout, remarquez. Il chante juste, il a même un timbre qui le démarque d’emblée, il n’a pas un filet de voix. Il gratte bien la guitare , le banjo et la mandoline. Chansonnier très correct, somme toute. Étonnant ?Non. Exceptionnel ? Non. Identitaire ? Absolument. Fédérateur ? D’autant plus. Générationnel ? Peut-être. Le Québec francophone de souche n’a-t-il pas besoin de plus jeunes griots comme Fred Pellerin pour en nourrir l’imaginaire ? On ne peut plus.

La réalisation de Silence est minimaliste: soutien de la basse,  pistes de violoncelle,  harmonica. petits ornements électros, cordes bien grattées. Normalement, il faut dire, des albums de cette facture n’atteignent jamais ces scores de ventes, aussi valables ces albums soient-ils.

Prenons donc ce succès fulgurant comme une tape dans le dos de la chanson québécoise francophone… Et un complément d’orchestre pour Fred Pellerin.

Lire les commentaires (81)  |  Commenter cet article






publicité

  • Twitter

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    février 2014
    L Ma Me J V S D
    « jan    
     12
    3456789
    10111213141516
    17181920212223
    2425262728  
  • Archives

  • publicité