Alain Brunet

Alain Brunet - Auteur
  • Alain Brunet

    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Jeudi 19 novembre 2009 | Mise en ligne à 20h12 | Commenter Commentaires (146)

    Lang Lang… pourquoi bang bang ?

      lang4.jpg

    “Lang Lang a joué sa demi-heure de Prokofiev avec la technique étincelante que l’on sait. À cet égard, je lui donne 10 sur 10. Mais il manquait à ses deux Allegros la force écrasante d’une Argerich, par exemple, et les variations du mouvement lent central glissaient souvent dans le maniérisme. Ici et là, Prokofiev indique un absolu: «delicatissimo». Lang Lang parvient à en rajouter.

    Dans sa critique de Lang Lang jouant le Concerto pour piano et orchestre no 3, en do majeur, op. 26 (1917-21) de Prokofiev, Claude Gingras  reproche le maniérisme extrême du pianiste chinois, sans compter les libertés qu’il se permet en ajoutant des effets non prescrits par la partition. Mon collègue est loin d’être le seul critique à voir les choses ainsi.

    Mardi, rapporte-t-il par ailleurs, Lang Lang avait joué en rappel  l’Étude op. 25 no 1 de Chopin, “complètement défigurée par des rubatos à n’en plus finir”.

    Mercredi, le pianiste a choisi pour rappel l’Étude Op.10 No.3 en mi majeur du même Chopin. Certains accents de son interprétation, j’imagine, ont été aussi jugés extravangants voire déplacés par moult connaisseurs.

    J’ai assisté au concert de mercredi à la Wilfrid.  Lorsque Lang Lang a mis la pédale au fond dans les deux Allegros de Prokofiev, je n’ai pas pensé à Martha Argerich ou autres comparatifs. Je me suis plutôt retrouvé au fond de mon fauteuil, éberlué par cette technique hallucinante. 10/10 à n’en point douter.

    Quant aux excès d’extraversion du musicien, j’admets avoir agacé parfois, mais aussi amusé ou même touché. En fait, je commence à peine à en comprendre les motivations conscientes ou inconscientes, puisque j’achève la lecture du Piano absolu (éd. JC Lattès), autobiographie de Lang Lang parue l’an dernier.

    Qu’est-ce qui pousse donc Lang Lang à se trémousser, frétiller,  se démener comme un Liberace dans sa piscine en forme de piano ?

    Il faut se rendre compte d’où provient ce supravirtuose dont le statut de pop star attire un public profane – oui oui, ça applaudit entre les mouvements…

    Je ne suis pas psy, je réalise néanmoins ce qu’a traversé le jeune homme dans un pays où s’exercent 25 millions de pianistes. Deux parents qui n’ont pu réaliser leur rêve de devenir musiciens et qui ont tout misé sur leur fils unique. Un père autoritaire et complètement obsédé par la réussite de l’enfant, au point de quitter son emploi à Shenyang afin que Lang Lang puisse étudier au conservatoire de Pékin.

    Il faut lire cette scène bouleversante où le paternel, devenu fou furieux après qu’une prof ait statué que son génie de fils n’avait pas le talent pour mener des études supérieures en interprétation, suggère au petit de se suicider et d’ainsi éviter la honte de rentrer bredouille dans son bled.  Bien pire que les pères capotés de Mary Pierce ou Stefi Graf ! Par la suite, raconte fiston,  papa a eu honte d’avoir ainsi disjoncté…

    Comme on le sait, Lang Lang a triomphé de l’adversité. Paradoxal, néanmoins. S’il n’avait pas eu un père aussi autoritaire et déterminé à ce qu’il devienne le plus grand pianiste de Chine, Lang Lang serait-il la superstar qu’il est ? Enfin… Appliquées par des parents qu se projettent dans leur progéniture, ces méthodes restent répréhensibles en ce qui me concerne.

    Libéré de ce carcan psychologique et de cette pression de réussir, le célébrissime pianiste en a sûrement gardé quelques séquelles entre les oreilles.  J’ose croire que ces extravagances pianistiques, bien qu’elles soient loin de faire l’unanimité dans le milieu classique, symbolisent pour lui l’assomption de sa célébrité et, bien plus encore, le bras d’honneur qu’il tend à toutes les crispations auxquelles il a été soumis durant la plus grande partie de son existence.

    En terminant, un petit jeu : comparons Lang Lang à Martha Argerich sur le même terrain. Tant qu’à y être !


    • sans compter les libertés qu’il se permet en ajoutant des effets non prescrits par la partition.
      …………….
      Quand un pianiste classique se permet de petites libertés hors de la partition, est-ce qu’il fait un pas vers le jazz, art de l’improvisation?
      .
      Est-ce que ces effets non prescrits sont une manière de masquer un manque de profondeur ou d’émotion?

    • @atchoum

      Poser la question…

    • @ atchoum
      C’est peut-être pour ces raisons que Herbie Hancock a voulu collaborer avec lui récemment (le jazz et la tendance de Lang à sortir du texte, pas le manque de profondeur, évidemment!).

      Lang Lang faisait partie de la liste Times des 100 personnes les plus influentes en 2009 et c’est le même Hancock qui a écrit le texte à son propos. D’ailleurs, un extrait de ce texte présente une version un peu enjolivée de la réalité de cet enfant prodige qui semble avoir été victime de nombreux abus.

      “Lang, 26, has been playing the piano since he was 2 or 3 years old, and apparently he got turned on to it watching Tom and Jerry cartoons in China. ” Hum, hum, pas sûr que c’est exactement comme ça que tout s’est passé.

    • Y’a aucune comparaison tant qu’à moi.

      (Je tiens à mentionner que je ne viens pas du milieu du classique, mais bien de celui du pop, mais j’ai quand même fait bcp de contrats avec des musiciens classiques).

      Lang Lang ”interprète”, il joue avec du chien, il pioche, il donne un show, il joue bcp plus rapidement, et avec bcp plus de nuances.

      Par exemple, dans un même motif, Lang peut alterner entre la puissance et la délicatesse. Je trouve que Martha Argerich, très très compétente, a tendance à tomber dans le ”motif, doux, motif fort”. Je la trouve très académique dans son jeu, et je trouve qu’elle a un time de personne qui a jouée juste du classique dans vie. Très inégal.

      Lang Lang lui, a carrément une attitude et un feel pop/jazz. Il groove bcp plus. Bravo, et tant mieux si il fait carrément des relectures à sa façon.

    • @martin_2008

      Merci de nous le rappeler. On peut d’ailleurs apprendre plus de détails sur le site officiel du pianiste, comme vous les avez sûrement déjà débusqués: http://www.langlang.com/us/press/lang-lang-cnns-connector-first-chinese-online-chat

    • Glen Gould y allait aussi d’effets non prescrits par les partitions, dont l’accompagnement vocal. Ce n’est pas le genre de choses qui de dérangent.

      Les sparages inutiles peuvent par contre taper sur les nerfs, je suis d’accord et c’est la même chose en jazz.

      Pour ce qui est des tousseux, alors là aussi je ne peux qu’être d’accord avec Gingras! Même si son niveau de tolérance aux rhumes me semble assez faible.

    • @notsosilentpete

      Vos remarques sont très intéressantes. Personnellement, je reste un peu perplexe… Avant d’ouvrir les vannes de l’interprétation classique, y a-t-il lieu de réfléchir ?

      En fait, je suis d’accord pour qu’on se permette plus de liberté dans l’interprétation de la partition… au-delà des consignes prescrites par le compositeur ? Si on répond par l’affirmative, jusqu’où peut-on aller ? Jusqu’à s’approprier l’oeuvre à la manière des jazzmen ?

      Autre question: si on se permet tant de liberté, que penser de ce que fait Lang Lang de cette liberté ? En d’autres termes, a-t-il du goût, au-delà de son angle d’attaque ?

    • @ notsosilencepete

      Oui, intéressant commentaire parce que je pense le contraire de ce que vous dites, mais je ne l’aurais pas exprimé différemment!

      Je pourrais en effet utiliser exactement les mêmes mots que vous et montrer à quel point l’interprétation d’Argerich est d’une élégance folle alors que celle de Lang Lang me semble tout simplement vulgaire…

    • Comme Pete, je suis un ‘pop’ qui a touché au classique par la bande, en pur dilettante.

      J’ai fait un peu de Bach (badinerie en si mineur, sans l’harmonie, juste la partition de flûte) comme ‘picking exercise’ un certain temps, mais il n’y a que deux pièces classiques que j’ai jamais jouées in extenso à la guitare : la cantate 147 de Bach (je crois que c’est la plus belle partition de tous les temps) et le prélude n° 4 en mi mineur (opus 28) de Chopin (après l’avoir entendu dans ‘Cinq Pièces Faciles’ avec Jack Nicholson), et qu’on trouve aussi comme trame de ‘Jane B’ de Gainsbourg.

      Bref, où je veux en venir avec ça c’est que la pièce de Chopin, véritable chef d’oeuvre impressionniste main gauche avec 40 ans d’avance, avec une main droite qui fout à peu près rien, m’a été enseigné par une Polonaise qui me tapait sur les doigts dès que j’avais le malheur de jouer ça rubato… Parce que on a envie de se la jouet Bizet en entendant ça, mais c’est carrément déplacé. Je peux encore voir son dégoût physique dès que ça devenait dégoulinant de sentiment… Du Chopin, c’est la chaleur sous la glace. FAUT que ça reste frette… Un peu clinique. C’est du slave, pas du latin.

      Je m’imagine très bien la tête de Gingras…

    • En théâtre, les grands textes classiques, Shakespeare et cie, ne sont que rarement présentés en version intégrale. On sort de la “partition” allègrement.

      Les artistes classiques devraient avoir cette liberté… et même “jusqu’à s’approprier l’oeuvre” comme le font les jazzmen. S’il y a un public pour cela, et on dirait qu’il y en a un, alors soit. Une partition, ce n’est pas la bible ou le coran! Les puristes n’ont qu’à rester chez eux.

      Pour ce qui est du goût de Lang Lang et de ses rubatos à n’en plus finir, je n’étais pas là alors c’est difficile de juger. Du ce que j’ai entendu de Lang, je peux dire que son piochage me paraît un peu trop extrême à mon goût. Pour le “trémoussage”, je n’ai qu’une chose à dire à ceux que ça dérange: fermez-vous les yeux, vous êtes là pour écouter!

      Cela dit, je trouve qu’il a tous les droits de piocher et de donner un show s’il le veut.

    • @martin

      En musique classique, les musiciens ont une (relative) très grande liberté d’interprétation. Une partition ne peut pas tout dire. C’est un road-map vers une oeuvre qui doit être réinventée à chaque fois. Il y a des dizaines de façon de jouer une partition classique : dynamique, phrasé, intonnation, etc.

      Ce dont il est question ici, c’est le bon ou le mauvais goût, bref, les limites de cette affaire-là. La badinerie de Bach en rock ou en celtique, ou même la 5e de Bétove en disco, c’est sympa, mais guère plus.

    • “un road-map vers une oeuvre qui doit être réinventée à chaque fois” ?
      C’est pour ça que Claude Gingras se présente au concert avec la partition et tappe sur les doigts de ceux qui ne la suivent pas à la lettre?
      Je me souviens, il était aller voir AC/DC au forum avec une partition (? des tablatures). Il avait dit que le tempo n’était pas respecté.

    • Dans les deux vidéos, j’aime écouter les deux.

      Je n’aime pas tout comme Monsieur Gingras quand le public applaudit après chaque mouvement. Cela ne veut pas dire que je saurais applaudir aux bons moments mais quand j’allais voir les étudiants, je suivais les autres tout simplement en étant patient.

      Pour les gens qui toussent je crois qu’il faut avoir une certaine tolérance quand même, j’ai souvent entendu des concerts à la radio et il y avait des gens toussant… Les gens peuvent quand même faire un effort… Pour ce qui est de sortir de la salle, je pense que cela dérangerait bien plus que quelques petits toussements sauf que là je ne peux pas savoir l’ampleur que cela prenait… S’ils étaient nombreux, imaginez les sortir…

      Pour le récital de dimanche, je vois le prix des billets, 92,56$ au parterre, 78,45$ corbeille et 45,15$ balcon… Je trouve cela trop cher… Sauf que si on aime vraiment et qu’on se prépare d’avance, un petit cochon cela se casse et des fonds de tiroir cela se gratte…

      Je ne suis pas un puriste, puriste mais un traditionaliste assez pour le classique et l’opéra quoique jusqu’à un certain point. Les étudiants que je voyais à McGill ne respectaient pas ce qu’on dit de faire à des enfants quand ils suivent des cours de piano… Genre tenez-vous le dos droit… J’en ai vu des très courbés…

    • Oui, un road-map.

      C’est n’est pas tout de dire ‘Rodrigue, as-tu du coeur’. Encore faut-il le dire avec métier ! Il y a un million de façon de dire ça, avant de dire ‘Eille, Rod, man, t’as-tu-du coeur, chose ?’

      Bien sûr qu’il faut jouer les bonnes notes, encore qu’il y a des libertés avec les motifs, la basse continue, etc.

      Mais il y a un million de façon de jouer ‘les bonnes notes’ !

    • Pour l’interprétation des partitions, il y a du vrai là-dedans je me souviens d’une émission à la télé qui était animée par Gregory Charles et avec des jeunes chefs d’Orchestre ou en devenir…

      Selon le chef, la partition était jouée de manière différente, il y a une interprétation…

      Mais malgré cela ils restaient dans la partition même si leur lecture était différente.

      Moi je ne crois pas être capable de lire une partition et de suivre en même temps. Avoir le programme par contre, cela me serait utile.

    • “En fait, je suis d’accord pour qu’on se permette plus de liberté dans l’interprétation de la partition… au-delà des consignes prescrites par le compositeur ? Si on répond par l’affirmative, jusqu’où peut-on aller ? Jusqu’à s’approprier l’oeuvre à la manière des jazzmen ?”

      Jusqu’où? Bien des guitar heros tels Yngwie, Vinnie Moore, Stuart Hamm (bass hero?) se sont réappropriées une pièce, on a entendu aussi des pièces comme Difficult to Cure de Rainbow intégrer la guitare de Blackmore à la 9e Symphonie de Beethoven… les amateurs s’en sont-ils offusqués? Je crois que la question ne se pose que pour la relecture de l’oeuvre classique par les musiciens dits classiques.

      Et pour les gens qui toussent… j’ai déjà vu le tenor tousser et ensuite se râcler la gorge quand il pouvait pendant l’interprétation du Requiem de Verdi: ça c’est gênant!!

    • Pour moi lire Claude Gingras est un véritable plaisir, j’aime son mordant disons, son ton. J’aime beaucoup. Même si je ne sais pas s’il a tort ou raison.

      Dans ce temps là, je compare avec Christophe Huss du journal Le Devoir et quand les deux disent des choses qui se ressemblent… Ils doivent bien avoir leurs raisons.

      Ici je ne vois pas d’accrocs majeurs au bon goût dans ce qu’il fait, pour le concert je n’y étais pas… Nous l’avions pas vu aussi l’an dernier à la télé ? Ce peut être à la caméra que je reprocherais de trop filmer son visage et les expressions… Pas obligé de faire des gros plans ou pour quelqu’un dans la salle de le regarder…

    • “C’est pour ça que Claude Gingras se présente au concert avec la partition et tappe sur les doigts de ceux qui ne la suivent pas à la lettre?
      Je me souviens, il était aller voir AC/DC au forum avec une partition (? des tablatures). Il avait dit que le tempo n’était pas respecté.”

      Ça ressemble à ce quelqu’un ici disait sur un concert récent de King Crimson où les fans sortaient en maudit parce que la guitare du disque était pas respectée à la note près. Critère de la musique classique que l’on retrouve aussi dans le prog. Je me demande: n’est-ce pas contradictoire avec la tradition africaine de la musique d’où découle le jazz, le blues et le rock. D’une part, une tradition idéaliste où il faut acquérir, en disciplinant le corps (séparé de l’esprit), une technique impersonnelle pour rencontrer un Idéal néo-platonicien et éternel, et d’autre part, une tradition immanentiste où il faut retrouver la singularité du moment en inscrivant la musique dans le corps, l’esprit comme idée du corps. On a un peut la même opposition entre danse classique et moderne.

      Cela dit, aucune tradition n’est meilleure, comme aucune civilisation n’est supérieure à un autre, et ce n’est que des pôles – plusieurs positions intermédiaires sont possibles.

    • Je n’ai pas d’idées arrêtées sur le sujet et certainement qu’il y a mille nuances à faire. Par contre, ce dont je suis sûr, c’est que chaque tradition a des critères internes et il ne sert à rien de juger l’une avec les critères de l’autre (comme apporter des partitions à AC/DC, idée particulièrement burlesque).

    • SVP, évitons maintenant de personnaliser le débat. Oui, on sait qui pense quoi, mais ce n’est pas l’objet de cet envoi. Le spectre des perceptions est vaste, les critiques et les mélomanes sont en droit de les exprimer. Il vaut mieux discuter des critères pour ce qu’ils sont.

    • Le paradoxe c’est qu’un band comme AC/DC joue ses shows… Comme du papier à musique. Comme Metallica, etc, c’est à la mesure près, et souvent des solos à la note. Le hard-rock est un genre hyper conventionné, d’ailleurs c’est pas pour rien que leurs guitar-hero sont souvent proche d’un style voulu néo-baroque. Écoutez l’été de Vivaldi et One de Metallica à la suite : même maudite affaire…

      Oui, le rock, blues, jazz, vient de la tradition ’singularité’ du moment typiquement africaine (tradition orale). Mais dans ‘prog’, y’a la notion de ‘autre chose’. Donc c’est pas contradictoire. Alors c’est un cadre rock avec des ‘mouvements’, des ‘partitions’. C’est pas pour rien que c’est essentiellement européen comme genre. Des groupes comme Focus, pour PFM, sont vraiment dans ce moule-là.

      Les cadences classiques se retrouvent dans les solii rock ‘prog’. Oui, quand on va voir un show de Floyd, on s’attend aux solos classiques joués à la note près. Parce qu’ils ont été écrits tels. On en apprécie alors l’interprétation, comme quand on va voir l’OSM.

    • Alain, “burlesque” n’est pas une insulte, loin s’en faut. J’imagine que M. Gingras a fait ce qu’on lui a demandé, juger AC/DC selon ses propres critères, mais il y a une inadéquation proprement burlesque, comme Bugs Bunny qui se sert d’un canon pour tuer une mouche. C’était probablement le but du rédacteur en chef, le contraste.

      Par ailleurs j’imagine que quelqu’un capable d’écrire que Marc Labrèche a eu “des déhanchements d’une vulgarité impardonnable à son âge” est également capable d’en prendre.

      Oui, Boulga, le métal et le prog sont vraiment des musiques “blanches”. D’ailleurs, quand on écoute du speed metal, ça s’entend.

    • Oui, il y a quelque chose de l’ordre de l’oralité versus le codifié. Très juste.

    • Astyanax, fausse alerte: le pénultième et l’antépénultième numéro des Inrocks sont en kiosque. On ne sera pas obligés de se convertir à Guitar Player…

    • Je ne lis pas les magazines dédiés à la peinture (voire au cinéma) mais je suis persuadé qu’on y parle ’boutique’ un minimum. Tel pigment pour réaliser telle couleur, telle pellicule pour obtenir tel rendu, les types de pinceaux, les ouvertures de diaphragme, etc.

      Guitar Player, Electronic Musician, Sound on Sound, etc. parlent de ‘pâte sonique’ en masse; après tout, un ampli à lampe ou à transistor, tel préamp de micro, c’est l’équivalent en sons de tel ou tel violet sur une toile, en cinéma de tel ou tel éclairage.

      Les Inrocks sont radicalement déconnectés de la pâte sonique même. La raison est simple : le premier venu peut commenter une image, c’est tangible. Or pour les sons, c’est autre chose. Ça demande une plus grande capacité d’abstraction. Alors puisqu’on y arrive pas, on parle de mode.

    • C’est vrai, l’équipement a un rôle plus important qu’on croit en musique. Imaginons Hendrix qui aurait décidé de jouer avec une Les Paul plutôt qu’une Strat, Les Beatles avec des amplis Marshall (?!) plutôt que des Vox, J.Page avec une strat plutôt qu’une Les Paul, et ainsi de suite.
      On aurait de la difficulté à reconnaître l’oeuvre de chacun. Donc oui aux articles sur tel ampli Orange ou Dr. Z + pourquoi pas quelques notions musicales en plus. Et oui aux mags sur la mode et les “buzz”. C’est complémentaire et c’est bien de lire les deux.

      Ceci étant dit: Lang Lang joue probablement sur un Steinway. Et ceux qui peuvent faire la différence entre un Steinway et un Yamaha de même catégorie ne sont pas légion en ce bas monde.

    • Les Beatles dans des stacks Marshall ! Quelle ‘image’ saugrenue. Sinon, pour l’anecdote, Led Zep I à IV a été enregistré sur Telecaster. Les Les Paul, c’était pour la frime sur scène.

      Bah, reconnaître un Steinway d’un Yamaha sur en enregistrement de répertoire, pour un vrai pianiste, ça doit être comme reconnaître une Strat d’une Tele dans un mix rock non ? Je pose la question, pcq côté pianos, je suis un néophyte total.

    • Je savais que pour Led Zep I, c’était la telecaster.
      Mais Whole Lotta Love sur une tele? J’ai de la misère à y croire…

    • @Alain

      Pour ce qui est des critères, c’est super relatif. Si Gingras pensait aller voir une performance proprette de Lang Lang, et bien c’est clair qu’il allait le planter. Si il s’était dit qu’il y allait pour voir une prestation, un show, alors p-e qu’il aurait analyser le tout de façon différente.

    • @martin

      En effet, la rigueur eût commandé que j’écrive ‘pour l’essentiel’.

      Tu as raison, Whole Lotta Love est effectivement Les Paul à mort. C’était sa 1958 (même année que sa Tele stock que Jeff Beck lui a donné, les pickups avaient du ‘grit’ en maudit ces années-là). Si t’en as déjà joué une vielle Tele avec du fuzz, le son ‘Dazed and Confused’ est immédiatement émulable. J’ai eu une 1962 dans les mains une fois et c’est hyper mean comme instrument, c’est pas juste pour le ‘chicken picking’ ces affaires-là.

      Le solo de Stairway c’est aussi une Telecaster, avec le ‘tone’ un peu chocké pour lui donner un ‘woman tone’ plus immédiat.

      Désolé de parler de guit’ sur un post de piano… Je m’arrête là !

    • @notsosilentpete

      Bien sûr que c’est relatif. Vous avez raison et cet envoi aborde justement la question des critères. Lang Lang est un très beau cas à ce titre et interpelle nos valeurs en musique. Par ailleurs, vous comprendrez que je ne me permets pas de commenter le reste de votre dernière intervention. Comme je le disais tantôt, je crois qu’il vaut mieux s’en tenir aux arguments qu’aux personnes qui les émettent.

    • @ Boulga

      On peut faire de la très bonne critique littéraire sans être écrivain, right?

      De même qu’on n’a pas besoin de tâter du pinceau pour écrire des choses lumineuses sur la peinture, on est d’accord?

      ALORS ON DEVRAIT POUVOIR PARLER DE MUSIQUE SANS ÊTRE MUSICIEN.

      Les Inrocks m’ont infiniment plus appris sur la musique que tu ne saurais jamais le faire avec tous tes «tones un peu chockés», tes «préamps de micro» ou tes «pickups» qui ont du «grit».

      Me comprendras-tu mieux si je te disais que la gastronomie me fait surtout tripper quand un mets délicieux entre dans ma bouche et qu’alors m’apparaissent très secondaires la recette et les instruments qu’a nécessité sa préparation?

    • @astyanax

      Ben voyons, astyanax, c’t'ivident, ça. Pas besoin de crier…

      Les Inrocks t’ont appris une tonne d’affaires sur les personalités, les tendances, les bons et les mauvais albums, etc, les liens, etc. Mais sur la musique comme telle, forcément très peu.

      Quand les Inrocks demandent à Karkwa ce qui inspire leur ’son froid’ ils répondent ‘les épinettes’ (dixit) parce qu’ils savent que c’est ce genre de réponse qu’ils veulent entendre… C’est évidemment n’importe quoi comme réponse. Moi je m’attends à un peu plus… Mais personne demande ça dans la francité. Notre rapport à la musique est très diffus. Dans le monde anglo saxon, le rapport à la musique est plus pointu, ce qui explique, du reste, leur position dominante.

      Mais j’aime bien les Inrocks, quand ça traîne chez des amis je lis en cachette pendant la game…

    • Je ne criais pas, j’insistais.

    • Le soliste n’a pas sa partition devant lui alors que les musiciens de l’orchestre oui.

      Je remarque une chose pour ma part, pour avoir vu disons sur le web des orchestres plus grands accompagnés des chanteurs pop et des petits orchestres.

      Je me dis que c’est aux musiciens à s’adapter au chanteur. Et dans les cas de solistes comme Lang Lang ce devrait peut-être aussi le cas. Alors quand je vois le chef d’orchestre le dos complètement tourné du soliste et toutes les mimiques de Lang Lang je me dis que c’est peut-être aussi pour orienter les musiciens.

      Avec des petits ensembles, le leader qui joue en même temps ne tourne pas le dos au chanteur.

      Avec un soliste comme Lang Lang je me demande si les chefs d’orchestre pourraient pas avoir une meilleure communication sur scène qu’on voit dans le vidéo. Un genre de transfert de pouvoir, le boss c’est le soliste alors le chef devrait le suivre quoiqu’il le fait peut-être un peu à l’oreille ou ils se sont entendus dès le départ sur sa lecture de la partition qui sera jouée mais l’inspiration du moment elle ?

      Moi les étudiants en piano dans leur jeu avaient leur partition devant eux et même une personne était attitrée pour tourner leurs pages…

    • Boulga, de un, tu confonds les revues de critiques avec les revues de musiciens, comme tu confonds critique et analyse musicologique. Si les critiques (français, mais les anglo-saxons également) ne parlent pas “cuisine” technique, c’est que ça s’adresse aux mélomanes non-musiciens. C’est la même chose dans tous les arts: les Cahiers ne parlent jamais de focales ou de spotlight, etc.; Baudelaire ou Diderot ne parlaient pas de pigments ou de points de perspective, c’était pourtant les plus grands critiques. La technique intervient parfois pour expliquer une révolution formelle mais c’est rare. Les critiques parlent généralement d’émotion esthétique, des concepts, du style et du goût, dans les mots de monsieur-madame-tout-le-monde, pas dans un jargon de techniciens cérébraux.

      De deux, le rock influence la mode, mais le rock même a peu à voir avec la mode (sauf exception comme Madonna). Le rock est une question de style (une façon d’être au monde singulière), ce qui n’est pas la mode (les tendances saisonnières).

      De trois, “dixit” mon cul, oui! C’est incroyable comment ta mémoire déforme les choses quand tu as un point à prouver. Voici la réponse de Karkwa:

      “- Comment définirais-tu l’influence du climat québécois ?
      - J’aurais du mal à l’expliquer, mais j’écoute pas mal de groupes scandinaves, en ce moment, des groupes suédois ou finlandais, et je trouve qu’il y a des ressemblances, des points communs avec ce que l’on fait. Difficile à décrire, mais un côté froid, dans le bon sens du terme, un côté polaire et glacial, qui se retrouve dans des choses très planantes, dans des sonorités particulières. Dans l’utilisation de certains instruments, de la voix. Difficile à décrire, mais c’est quelque chose que je sens clairement.”

    • J’irais même plus loin que Ghost:

      Le gars de Karkwa aurait répondu «les épinettes» à la question que je l’aurais trouvé autrement plus intéressant que s’il avait répondu tel effet de guitare ou de synthétiseur…

    • Ce que cherche Karkwa en parlant de “côté froid” c’est un percept (polaire, glacial) lié à un affect (”je sens clairement”). Chose autrement plus complexe qu’un effet de guitare ou un accord.

      Par ailleurs, la nordicité se définit en opposition à la culture médittéranéenne.

    • Au cinéma, les revues qui parlent de cuisine sont American Cinematographer (revue de directeurs-photo) et les revues d’effets spéciaux. Les Cahiers parlent de forme et d’éthique du regard, non de technique (je me demande même si j’ai lu un numéro de lentille dans cette revue).

    • J’y pense, on aurait dû envoyer une type de Bang Bang critiquer Lang Lang…

    • J’imagine qu’en Chine il doit déjà y avoir des enfants pianistes qui s’appellent Lang Lang Lang, comme il y a un groupe qui s’appelle Duran Duran Duran (véridique)…

      (hey, c’est vendredi!)

    • Si un pianiste classique a la virtuosité pour jouer le jazz, est-ce qu’il a assez d’imagination pour improviser?
      .
      Est-ce qu’improviser pour un musicien classique c’est l’équivalent de jeter dans le vide? Est-ce que certains perdent tous leurs moyens?
      .
      Est-ce qu’un Keith Jarret ou un Robert Glasper pourrait jouer de la musique classique? Est-ce que suivre une partition est un exercice trop contraignant? Trop exigeant?
      .
      On commence à dire que le jazz accoustique est arrivé à sa forme classique. Les musiciens sortent des écoles. On les reconnaît difficilement leur identité aux sons qu’ils produisent. Mais ils sont tous des virtuoses au sens où ils jouent vite et ont une vaste culture de leur espace musical. Mais est-ce que ces deux mondes se parlent? Est-ce qu’ils ont quelque chose à s’apprendre? Est-ce qu’il reste quelque chose à tirer du blues après quasiment 100 ans d’exploitation?

    • Keith Jarret qui joue Bach:
      http://www.youtube.com/watch?v=pxNLXSOi82k

      Il a aussi enregistré les variations Goldberg.

      Lang Lang qui fait du K.Jarrett? Non.
      Du R.Glasper? Encore moins…

    • “Si un pianiste classique a la virtuosité pour jouer le jazz, est-ce qu’il a assez d’imagination pour improviser?”

      L’art et le cerveau humain sont ainsi faits qu’en général quand on pousse dans une direction, on perd des facultés dans d’autres directions.

    • @atchoum

      La virtuosité classique consiste à maîtriser les consignes et l’esprit d’une partition avec une certaine latitude dans l’interprétation. Le degré de perfection à atteindre ne pose pas le même défi que la virtuosité jazzistique. Particulièrement au piano, instrument central dans la musique classique comme dans le jazz.

      Alors ? Non, je ne crois pas que Keith Jarrett puisse jouer Prokofiev aussi bien que Lang Lang, Martha Argerich, Louis Lortie ou Marc-André Hamelin. Par contre, ces derniers ne pourraient ateindre la virtuosité de Keith Jarrett, Mulgrew Miller ou Herbie Hancock en improvisant des oeuvres de haut niveau. Il faut aussi souligner que la musique classique cultive la virtuosité technique depuis plusieurs siècles alors que le jazz est devenu centenaire au tournant du millénaire – et une musique “savante” à partir des années 40, soit avec l’arrivée du bebop. Il faut donc s’attendre à l’émergence de jazzmen supravirtuoses qui iront encore plus loin que les grands d’aujourd’hui.

    • Pour Lang Lang je lui vois plusieurs aspirations mais à le regarder je ne le sens pas nécessairement jazz… Peut-être que des gens de la musique contemporaine ou expérimentale pourraient par contre éventuellement l’approcher.

      Ce que je sens aussi c’est un désir de communication et de communion avec les musiciens. Je vois aussi un critique de Claude Gingras pour Lang lang en trio avec des Russes…

      http://www.cyberpresse.ca/arts/musique/200911/14/01-921721-lang-lang-chez-les-russes.php

      Pour le chef invité, Andrew Litton, Gingras dit qu’il l’a suivi à la seconde ? Moi, j’aurais peut-être aimé cela le voir avec Nagano. Mais nous l’avons vu l’an dernier en partie sur le web… pour moi et d’autres à la télé… Je ne me sens pas vraiment dans l’atmosphère à l’ordinateur et j’aimais pas nécessairement les caméras.

    • Je me dis qu’un François Bourassa doit être bien capable de jouer du classique pour sa part et assez bien.

      Pour des artistes maîtrisant aussi bien le classique que le jazz, bien c’est votre suggestion d’album avec Wynton Marsalis aussi qui me fait penser à ce nom. Trompettiste. ici.

    • Un autre nom me vient en tête, Larry Goldings car on m’a mis sur la piste de vidéos humoristiques de lui sur Youtube.

      Puis comme on mentionne Oscar Peterson dans ses influences, lui aussi il devait maîtriser le classique. Les musiciens font probablement un choix dans la grande majorité des cas de s’orienter vers le jazz ou le classique.

    • @lecteur_curieux

      Les jazzmen d’aujourd’hui peuvent jouer la musique classique à un haut niveau. François Bourassa n’y fait pas exception, quoique l’homme se démarque davantage dans un jeu fondé sur ses idées de compositeur-improvisateur. Et non dans la haute voltige technique. Il n’en demeure pas moins un très bon instrumentiste.

      Quant à Wynton Marsalis, c’est vrai qu’il excelle dans la musique classique. Or le répertoire classique de la trompette (surtout baroque) est considérablement plus restreint que celui du piano. C’est pourquoi, je crois, on ne trouve pas encore de superpianistes aussi forts en interprétation classique qu’en improvisation et vice versa. Ça finira bien par se produire un jour.

    • “C’est pourquoi, je crois, on ne trouve pas encore de superpianistes aussi forts en interprétation classique qu’en improvisation et vice versa. Ça finira bien par se produire un jour.”

      J’en doute fort. Et est-ce vraiment souhaitable?

    • @ghost

      Les deux principaux univers virtuoses développés en Occident sont la musique classique et le jazz moderne/contemporain. De plus en plus, les musiciens de haut niveau s’intéressent à ces deux mondes, quel que soit leur champ d’expertise. Marc-André Hamelin, par exemple, peut jouer des pièces d’esprit jazz, bien qu’écrites. Keith Jarrett, lui, enregistre parfois des oeuvres classiques. Des premiers prix de conservatoire en musique classique décident de devenir jazzmen. Dans dix, vingt ou trente ans, les barrières entre musique improvisée et musique écrite seront encore plus fragiles. Bien sûr, il se trouvera toujours des gardiens de la tradition, mais je crois que la tendance à long terme est la fusion des musiques de haut niveau – et je ne parle pas d’homogénéisation. J’inclus également les musiques classiques indienne, arabe, turque, perse, dont les niveaux de virtuosité ne cessent de grimper.

    • http://www.cyberpresse.ca/photos-et-videos/audios-et-videos/?mediaid=599391#go

      Je sais qu’il ne faut pas personnaliser le débat. Mais quand même, ce petit reportage de cyberpresse sur Claude Gingras, ou plutôt sur sa collection de disques, mérite d’être vu. À 11 sec., je crois même qu’il s’agit d’une photo de la fameuse fois où on l’a envoyé au Forum pour ac/dc.

      À noter que dans ce reportage où on apprend qu’il a environ 150 000 disques, il écoute ses cd sur un discman, avec des petits écouteurs Sony à 15$! Comme il le dit lui-même, ‘l’être humain n’est-il pas lui-même une contradiction vivante?”

      Tout un personnage; respect comme dirait l’autre.

    • “Libéré de ce carcan psychologique et de cette pression de réussir, le célébrissime pianiste en a sûrement gardé quelques séquelles entre les oreilles.”
      Probablement, mais à 27 ans, et même avec ce statut de super star, il me semble essentiellement tourné vers l’idée d’aller à la rencontre de l’autre.
      Il semble que sa motivation profonde soit de communiquer l’ idée que la musique peut aider à rapprocher les gens qui pensent de façon diamétralement opposée.
      Dans une entrevue accordée à la télé américaine, en septembre dernier, il parlait de son mentor Daniel Barenboim, qu’il admire entre autres parce qu’il unit juifs et arabes dans ses projets et ce, dans un effort conscient pour faire tomber les barrières.
      À son instar, il aimerait se servir de son influence et de son amour pour la musique afin d’inciter les jeunes à s’ouvrir à de nouvelles dimensions dans leurs vies.
      Je me demande donc..si ce n’est pas cette vision de la vie et de la musique qui fait qu’il se donne la permission de transgresser les règles et qu’il vit très bien avec l’idée qu’on le lui reproche??
      Personnellement, ça me plaît beaucoup.
      Le lien est celui de l’émission en question http://video.pbs.org/video/1325680571/

    • @norvegequebec

      En fait, la motivation de la transgression est un processus complexe. Plus complexe que la simple catharsis au terme des entraînements spartiates imposés par un père autoritaire, obsédé voire névrosé obsessionnel.

      Vous avez parfaitement raison de souligner que d’autres facteurs ont modelé la vision de Lang Lang devenu adulte.

      Il ne se formalise pas qu’on applaudisse entre les mouvements ou qu’on toussote en cette période de sainte vaccination – au fait, la Norvège a été le théâtre de nouvelles mutations grippales? Lang Lang ne se formalise pas non plus qu’une portion importante de son public ne soit pas mélomane. Cette transgression des règles, réprouvée par une portion importante de l’intelligentsia classique, est aussi motivée par son désir sincère de fédérer les publics du monde à travers la musique d’interprétation classique.

    • C’est dans un sens rafraichissant de voir Un virtuose entrainer de nouveaux fans aux classiques.Mais ce seras toujours la même chose dans cette musique écrite et immuables pour les purs et durs,on ne joue pas en dehors de la partition..j’ai un fils virtuose de la Guitare ,le classique l’emmerde parce que trop guindé et strict,alors il fait du du technical death metal…

    • @mr.noise

      “Mais ce seras toujours la même chose dans cette musique écrite et immuable pour les purs et durs,on ne joue pas en dehors de la partition.”

      Pas tout à fait d’accord. L’interprétation de la musique écrite est peut-être une pratique “guindée” mais elle ne cesse de changer, contrairement à ce que vous dites. Qui plus est, le répertoire de la musique écrite ne cesse d’être enrichi par de nouvelles compositions. Quant au caractère “strict et guindé” de la musique classique, il faut voir… Pour n’importe quelle pratique virtuose, une très grande discipline est essentielle à la réussite. Atteindre la virtuosité, quel que soit le genre musical, exige un mode de vie assez strict, du moins jusqu’à l’atteinte de la virtuosité. On ne peut y échapper ! Quant au ” technical death metal”, il peut mener à la virtuosité rock, mais dans un champ musical relativement restreint sur les plans harmoniques, rythmiques, orchestraux. Je comprends néanmoins le choix de votre fils: les variantes de métal sont les formes les plus virtuoses de l’expression rock.

    • ces libertés avec la partition, ça rappelle celles de Klaus Nomi avec Purcell (Cold Song)…
      Mozart lui-même explosait les siennes
      quelle musique se doit d’être coulée dans le bronze ? la militaire peut-être ? la rituelle ? pas sûr, même le shömyö a bougé sous influence occidentale.

    • MC Anger!!! Les amis, voici de la grande visite.

      Entre ici, MC Anger…

    • Il me semble que les géants utilisent le style musical qui a cours et leur forte personnalité les transcende en brisant les cadres. On parle de Mozart, Beethoven, Bach, mais on dit rarement qu’il sont classique, romantique ou baroque (en espérant ne pas me tromper). Même chose, peut-être dans le jazz. Mingus avait les deux pieds plantés dans le blues et sa forme d’expression frisait le free jazz avant que le terme ne soit utilisé (Live at Antibes). On parle de Coltrane, Jarrett avant de les identifier à un style.
      .
      Je ne suis pas musicien. Je ne connais donc pas les termes exacts. Mais je me demandais si un compositeur jazz peut s’inspirer des compositeurs dits classiques? Qu’est-ce qui différencie les deux univers au niveau des deux écritures? Parce que, de toute façon, au bout du compte, on en revient à exprimer des sentiments….
      .
      On dit l’écriture de Bach très riche. Je serais curieux d’entendre Les Fugues au piano ou au saxo…

    • Tout ça me fait penser à l’album Primal Light paru en 1997 par Uri Caine, pianiste jazz qui a repris Mahler à sa façon (mélangeant jazz classique, rock, musique contemporaine et électronique, influences juives à la Zorn et plus encore). Le résultat est plus que sympathique, c’est un excellent album de musique dont l’inspiration de base est un compositeur classique de premier plan.

      Ou encore à l’excellent Gershwin’s World de H.Hancock (s’y trouve: Gershwin évidemment, Debussy, Stevie Wonder et Joni Mitchell).

      Je crois que les artistes jazz qui se sont aventurés vers le classique ont offert jusqu’à maintenant les résultats les plus concluants. C’est vrai que plusieurs d’entre eux ont eu une formation classique avant de se diriger vers le jazz. Je crois que le parcours inverse est plus rare.

    • Merci ghost. Quel bel accueil !
      A mon tour de traverser l’Atlantique… me voici à l’heure de Québec. Pas évident de prendre le train en marche, je vais tenter de me mettre au diapason (c’est le cas de le dire)

    • Alain, c’est très intéressant. Je ne connais à peu près pas ces univers, mais j’ai cru lire que par le passé les pianistes classiques improvisaient. N’a-t-on pas justement, au vingtième siècle, sacrifier l’improvisation au profit de la supravirtuosité. N’y a-t-il pas quelque chose d’antithétique? Et puis, ce n’est probablement qu’un préjugé, mais dans cette pratique des enfants qu’on élèvent à la spartiate et des partitions qu’on doit suivre à coup de règle, n’y a-t-il pas quelque chose de mortifère – comme dans le sport de au niveau et la danse classique – qui jure avec la pulsion de vie que l’on retrouve dans l’âme africaine du jazz?

    • MC Anger, chez nous c’est chez vous, comme on dit ici.

    • Merde, j’écris au son: sport de haut niveau*

    • c’est vrai qu’il faut maîtriser parfaitement un instrument pour pouvoir ensuite développer un langage personnel, mais l’apprentissage par cœur n’est bon que pour les génies, ceux qui ont une capacité de stockage infinie. Répéter inlassablement les mêmes choses rend stupide, médiocre et soumis à l’autorité. C’est ce qui se passe avec l’enseignement de la musique dite “classique” dans la plupart de nos conservatoires municipaux (du moins en France) : on joue sans savoir comment la musique est construite, on est incapable de changer une virgule, alors qu’à la Renaissance, par exemple, on improvisait des structures harmoniques.

    • À peine une trentaine de personnes ont répondu à l’appel de la Presse d’établir une listes des oeuvres classiques préférées des lecteurs. Quelle misère!

      Peut-être n’est-il pas trop tard pour dresser la mienne? Et puis, quoi de mieux qu’un top 10 pour faire lever un blogue?..

      1- Concerto pour piano #23 – Mozart (paraît que Staline était lui aussi obsédé par ce concerto)

      2- La Passion selon Saint-Matthieu – Bach

      3- Symphonie #3 – Mahler

      4- Cosi Fan Tutte – Mozart

      5- Sonate pour piano D959 – Schubert

      6- L’Offrande musicale – Bach

      7- Tristan und Isolde – Wagner

      8- Le Sacre du printemps – Stravinsky

      9- Quatuor pour la fin du temps – Messiaen

      10- Pelléas et Mélisandre – Debussy

    • Joker!

    • Bienvenue à toi MC Anger!

      On s’est déjà brièvement croisés sur un autre blogue (celui où tu as rencontré Ghost…), mais je m’y manifestais sous un autre pseudo…

    • @ astyanax : merci ! ça fait plaisir cet accueil.

      ma liste, dur de choisir, je vais me limiter au baroque (dans baroque il y a rock !), mais ça bouge !

      Suites pour violoncelles – Bach (1717)

      Nisi dominus – Vivaldi (1713)

      La passion selon St Jean – Bach (1723)

      Cosi fan tutte – Mozart (1790)

      La flûte enchantée – Mozart (1791)

      Castor et Pollux – Rameau (1737)

      Athys – Lully (17ème)

      Orphée et Euridice – Glück (1762)

      Cantate mambra Jesu nostri – Buxtehude (1680)

      Stabat mater – Pergolesi (1736)

      en option : Lieder ein ferhunde geceler – Malher (mais ça ferait désordre)

    • @ Alain Brunet

      je viens de lire la critique de votre collègue Claude Gingras, je suis d’accord avec lui, ces applaudissements entre les mouvements, c’est ridicule et pénible, autant pour le public que pour les interprètes, et si Lang Lang a déjà la grosse tête, ça a dû participer à le booster un max.

    • Ma liste (sans ordre précis)

      Le sacre du printemps (Stravinsky)
      9e symphonie de Mahler
      Quintette pour clarinette (Brahms)
      Cosi fan tutte (Mozart)
      Platée (Rameau)
      Les Maîtres-chanteurs de Nuremberg (Wagner)
      Parsifal (Wagner)
      Des Canyons aux Étoiles (Olivier Messiaen)
      Miroirs (Maurice Ravel)
      Le premier livre de Préludes de Debussy
      Quatuor op. 131 (Beethoven)
      Porgy and Bess (Gershwin)
      Lecons de Ténèbres (Couperin)
      Passion selon Saint-Jean (Bach)
      Les Impromptus (mettons qu’on prend les 8 ensemble) de Schubert
      Davidsbuendlertaenze de Schumann
      3 pièces pour orchestre op. 6 (Alban Berg)
      Concerto pour violon (Bartok)
      Pétroushka (Stravinsky)
      Le couronnement de Poppée (Monteverdi)
      Concerto pour clarinette (Mozart)
      Songe d’une nuit d’été (Mendelssohn)
      Les Saisons (Haydn)
      Les Contes d’Hoffmann (Offenbach)
      Le voyage d’hiver (Schubert)

      Mettons que ma sélection d’oeuvres classiques pour l’île déserte ressemblerait à ca!

    • @MC Anger

      Effectivement, plusieurs mélomanes et critiques chevronnés voient les choses ainsi.

    • Mc, je me souviens d’une projection de Week-end de Godard à la Cinémathèque française où on s’était fait agonir d’injures à la fin parce que on avait ri, alors que c’est très clairement un film burlesque absolument comique.

      Pour ce qui est des concerts classiques, je ne sais pas, est-ce vraiment un crime 10 secondes d’applaudissement?

    • Pour moi les applaudissements entre chaque mouvement ce que cela peut enlever ?

      Mais de l’intériorité. Qu’une personne dise un bravo à l’occasion et qu’on l’entende au mauvais moment, je trouve même cela amusant.

      Même en le vivant par une écoute radio, j’aime cette retenue pour ensuite à la fin y avoir cette explosion. Il y a un cérémonial dans le classique et celui ci aide le spectateur à mieux apprécier l’oeuvre.

      Cela change l’ambiance pas mal, je dirais.

    • Je crois que l’industrie de la musique classique réussit à faire vivre à la fois des artistes plus traditionnels et des artistes qui décoiffent.

      Lang Lang, c’est pas ma tasse de thé, j’avoue… En découvrant une oeuvre classique, je préfère toujours plonger d’abord dans les versions classiques… Mais il arrive parfois qu’on se lasse d’une oeuvre et il est tout à fait rafraîchissant de découvrir de nouvelles interprétations.

      Pour terminer, une lsite de mes 10 oeuvres classique préférées…

      1 – 3e Concerto brandebourgeois de Bach
      2 – 9e symphonie de Beethoven
      3 – 5e concerto pour piano de Beethoven
      4 – 31e sonate pour piano de Beethoven
      5 – 14e sonate pour piano ‘Clair de Lune’ de Beethoven
      6 – 5e concerto pour violon de Mozart
      7 – L’art de la fugue de Bach
      8 – 5e sonate pour violon ‘Printemps’ de Beethoven
      9 – Cantate BWV 82 de Bach
      10 – Choral BWV 639 de Bach

    • @ghost

      “… mais j’ai cru lire que par le passé les pianistes classiques improvisaient. N’a-t-on pas justement, au vingtième siècle, sacrifié l’improvisation au profit de la supravirtuosité ? ”

      Effectivement, l’improvisation a déjà existé dans la musique européenne dite sérieuse, si ce n’est dans le processus de composition. La partition a pris le dessus depuis belle lurette ! Or, l’improvisaton à un haut niveau de virtuosité a vraiment fait son entrée au XXe siècle, avec le jazz moderne et contemporain. Même la musique contemporaine de souche européenne lui fait une petite place. Vous savez ce que je pense des perspectives d’avenir…

    • Ghost, manifester sa joie pendant un film c’est différent. D’abord ça ne dérange que le public, et le cinéma n’est pas la messe, ni l’opéra ni tout concert d’ailleurs. Par contre au théâtre, au ballet ou lors de pièces de chambre c’est autre chose. Des applaudissements mal à propos pendant Roméo et Juliette, qui a priori n’est pas une comédie musicale, – bon là j’ignore si c’était le ballet qui était donné, ou que la partie musicale, mais ça revient au même, la partition reste une oeuvre profondément inspirée avec une transcription au piano plutôt complexe, demandant autant de concentration de la part des danseurs que des interprètes, et donc exige un minimum d’attention de la part du public.
      je suis donc d’accord avec ce lecteur curieux, le tonnerre d’applaudissements à la fin est la juste récompense de cette tension/concentration et des efforts suscités.
      Pour te donner un élément de comparaison : t’imagines-tu applaudir à la fin de chaque scène de Phèdre ?

    • Toujours sur les applaudissements vous pouvez trouver plusieurs éléments intéressants dans un article de 2002 de la revue ”La Scena Musicale”, une revue intéressante que je remassais lors de mes visites à McGill :

      http://www.scena.org/lsm/sm8-1/Initiation-fr.html

    • Oups! Ramasser, bien sûr… Et non remasser…

      Je ne suis pas un lecteur régulier mais c’est quelque chose d’intéressant…

      http://www.scena.org/index-fr.asp

      J’écoute maintenant plus de jazz que de classique, ce sont les radios publiques de Radio-Canada qui orientent un peu ces choix là…

      Avant à la Chaîne Culturelle, la CBC Radio 2 et j’ajoutais parfois la Vermont Public Radio, on y écoutait beaucoup de classique. Et si je voulais autre chose, j’allais vers CIBL ou parfois CISM.

      Bon dimanche.

    • D’accord avec MC Anger pour les applaudissements.

      Mais je rajouterais aussi ceci: ne pas applaudir entre les mouvements est une question de politesse. Et comme toutes les formes de politesse, c’est un peu vide de sens, mais c’est nécessaire.

      Ceci dit, applaudir n’est pas un crime non plus…

    • Merci MC, je comprends mieux avec ton explication. Vu mon inculture de la chose, j’avais l’impression que c’était plus un décorum vide de sens pour imposer une “distinction”, comme les gens qui trouvent aujourd’hui vulgaires que les films muets ne soient pas présentés dans le silence absolu alors qu’il y avait musique, bruitage, bonimenteur et le public qui parlait à l’époque de leur sortie.

      C’est drôle parce qu’il va y avoir une finale de football américain au stade olympique cet après-midi, avec un large public qui ne va que rarement au match, et il a fort à parier que les gens vont crier et applaudir quand les Alouettes de Montréal seront à l’attaque, ce qui va la déconcentrer.

      Sinon, question concentration, qu’est-ce qu’on fait si Lang Lang, ça le dérange pas et même lui fait plaisir?

    • “Vous savez ce que je pense des perspectives d’avenir…”

      Merci M. Brunet pour ces explications.

      Pour ce qui est du mélange des grandes traditions, ça me fait penser à un titre… charmant d’un livre sur la musique québécoise: Destination Ragou. En espérant que cette cuisine fusion sera goûteuse et ragoutante…

    • Et que dire des applaudissements après chaque solo dans un concert de jazz???
      Personnellement je ne suis plus capable, même Victo en est contaminé………

    • Merci lecteur_curieux pour ton article sur les applaudissements. Il semble que les Québécois soient des Latins… Le petit guide qui décrit comment applaudir en arquant sa paume, etc., pour avoir le bon timbre, m’a fait mourir de rire, comme tout esprit de sérieux. Peut-être devrait-on l’apprendre aux enfants très jeunes, à coup de règle sur les paumes, histoire de former des virtuoses de l’applaudimètre…

      Par contre, l’idée de l’importance du silence dans une composition, je trouve ça important. C’est Godard qui disait que le silence après une pièce de Mozart, c’est toujours du Mozart.

    • «Il semble que les Québécois soient des Latins..»

      Y crois-tu vraiment? Personnellement, j’en doute beaucoup…

      «C’est Godard qui disait que le silence après une pièce de Mozart, c’est toujours du Mozart.»

      J’étais dans la salle lors du tout premier concert que Kent Nagano, invité par Charles Dutoit, a donné avec l’OSM. Une symphonie de Mahler était au programme (quelqu’un se souvient laquelle?) Le silence qui en a suivi l’exécution m’était apparu anormalement long, genre 15 bonnes secondes. L’atmosphère de la salle était littéralement suspendue autour d’une émotion imprécise et confuse qui n’a trouvé sa forme qu’au moment où le tonnerre d’applaudissements a commencé à se faire entendre. C’était parfaitement bouleversant. Il fallait être là, comme on dit, mais je garde de ce long silence l’un de mes plus beaux souvenirs de concert.

    • Des Latins refoulés, protestantisés, mais oui, il suffit de gratter un peu. Ça jure un peu avec la croyance post-moderne comme quoi tout est du construit mais oui, j’en suis convaincu. Pour moi la construction vient de ce qu’on en fait.

    • Je précise que ce n’est pas une donné de nature mais de culture.

    • @ghost

      Pour l’article, c’est comme je disais il y a des éléments très intéressants pour d’autres bien on peut trouver que cela ressemble plus à de l’étiquette.

      Comme dans toute chose il faut en prendre et en laisser.

      Et comment dire encore ? Des gens peuvent croire que le public habituel de l’OSM n’est pas assez décontracté alors que le nouveau public lui bien est perçu comme manquant de culture et d’éducation. Mais vous voyez des musiciens et des chefs dans l’article qui savent s’adapter en fonction de tous les types de public. Un public cela varie d’un concert à l’autre et d’un soir à l’autre, ce n’est jamais exacetement le même.

    • Une donnée de culture, disais-je. En fait, comme une langue est une façon singulière, irréductible de voir le monde, nous serons des Latins nordiques tant que nous parlerons Français et qu’il neigera l’hiver au Québec… Il paraît que l’on peut craindre pour les deux.

    • Patrick Eudeline, dans Rock & Folk, parle des chanteuses de blues/folk/jazz (Peyroux, Krall, Gardot, Jones, …) qui, selon lui, “rehaussent le niveau, confrontent l’époque à une musique savante et organique, ouvrent la porte vers les racines”. Il dit surtout du bien de Madeleine Peyroux et… Térez Montcalm!

      Un peu le nez dans le rétroviseur, mais il est vrai que les filles assurent plus que les Bublé et cie.

    • 100% d’accord avec l’article auquel renvoie lecteur curieux. En trois mots, et pour paraphraser Godard, disons que oui, le silence entre 2 mouvements est bel et bien de la musique.
      Et pour répondre à Astyanax, c’est davantage une question d’écoute que de politesse vide et inutile quand elle ne renvoie qu’aux bonnes manières, je suis d’accord, et bien sûr que non, applaudir à contretemps n’est pas un crime. Une mère qui dévore son enfant de baisers au lieu d’être attentive à ses paroles n’est pas non plus une criminelle… Je prends cet exemple parce que les rapports qu’entretient le public avec les artistes relèvent de cette intimité affective. Attention, je ne parle pas du rapport à l’oeuvre, mais bel et bien aux musiciens, et interprètes en général. On peut éprouver un total respect, devant une oeuvre, appelez ça comme vous voudrez, admiration, transcendance, sublimation. Avec l’interprète il se crée un rapport d’un autre ordre, plus physique, sensible et sensuel, émotif, ombilical, qui peut déclencher des débordements glandulaires – crise de larmes, envie d’embrasser, d’étreindre – qui se récupèrent la plupart du temps dans le cadre d’applaudissements spontanés et sincères, qu’on peut aussi, avec l’expérience, contrôler avec délice quand on est saisi par la magie (comme en amour)
      Là où ça devient pénible, c’est quand les bravos deviennent obligés parce qu’on sait qu’on a devant soi the big star qu’il faut encenser, honorer, parce qu’on est connaisseur, et bla bla bla, et du coup c’est l’œuvre qui en pâtit, silences, pauses, soupirs, compris.
      De là à prétendre que Lang Lang s’en trouve flatté, qu’en savons-nous ? C’est très subtil ce jeu d’échange entre public et interprète. Après tout c’est peut-être une rock-star (comme Mozart), ou un rebelle qui éclate les conventions, une forme de “bras d’honneur”, comme dit Alain Brunet ; et les acclamations du public ne feraient que le conforter dans ses extras.

      Ps Jboulais : a contrario, concernant les solos de jazz, c’est lorsqu’ils ne sont pas applaudis qu’il y a du souci à se faire !

    • «…il est vrai que les filles assurent plus que les Bublé et cie.»

      Ça ne fait aucun doute.

      N’empêche, grimperas-tu dans les rideaux, Ghost, si je te disais que le commentaire d’Eudeline est indigne de tout ce que ce journaliste incarne?

      Le meilleur moyen de me faire avouer tout ce que tu voudras, et dans les moindres détails, consiste à me soumettre à plus d’une minute de la voix de Térez. Succès garanti…

    • @MC Anger

      Le “problème” des applaudissements entre les mouvements d’une oeuvre classique renvoit aux notions d’élitisme et de populisme. D’un côté, il y a le décorum des connaisseurs, la notion du silence absolu au service de l’oeuvre absolue. De l’autre, il y a le plaisir de manifester candidement son contentement sans connaître les règles de bienséance propres au concert classique.

      Dans le monde du jazz, les applaudissements sont permis à la suite d’un solo virtuose, d’une improvisation collective des plus ferventes, d’un groove plus relevé que d’ordinaire. En musique classique, on ne doit applaudir qu’à à la fin de l’oeuvre. Qui est vulgaire et qui ne l’est pas ? Pourquoi la concentration des jazzmen n’est-elle pas ébranlée par les applaudissements ? Pourquoi celle des musiciens classiques le serait ? Parce que le jazz est plus facile d’exécution ? Bien sûr que non. L’emporte plutôt cette culture du recueillement qui s’est développée dans le monde classique au fil des siècles. Le sentiment de représenter LA musique la plus évoluée sur terre (ce qui est de moins en moins évident, pas évident du tout en ce qui me concerne) aide certainement à appuyer cette valeur du silence dans les règles de décorum en musique classique occidentale.

      Or, il appert que Lang Lang attire un public beaucoup plus vaste que celui de la musique classique. Admiratif à l’endroit du pianiste chinois comme les profanes l’ont été naguère à l’endroit de Nadia Comaneci en gymnastique. Plus bruyant entre les mouvements, prêt à ovationner généreusement la vedette… et, possiblement, ouvert à aller plus loin dans l’apprentissage.

      Bien sûr, une portion importante (majoritaire, soyons réalistes) de ce nouveau public n’ira pas plus loin et aura au moins vécu une expérience musicale de haut niveau. La célébrité acquise par Lang Lang, l’admiration qu’il suscite après avoir traversé autant d’épreuves, font certes partie de la perception lorsque pianiste se produit devant ses nouveaux fans, bien au-delà de sa stricte performance, mais… On est quand même loin, très loin d’André Rieu !!!

      Traiter ces nouveaux publics de ploucs ou de vulgaires, selon moi, ne fait que polariser les tendances entre connaisseurs et profanes. L’objectif de la grande culture est-il d’élever le niveau général ou de maintenir la proportion très minoritaire des happy few? À peine plus de 5% des amateurs de musique aiment la musique classique, et je ne parle pas de musique contemporaine…

      Lorsque de nouveaux amateurs se présentent au rendez-vous de la musique classique, comment les accueillir ?

      Quelle sera la conséqence de l’effet Lang Lang sur les grands publics ?

    • Je viens de lire la critique de Monsieur Gingras sur sa semaine Lang Lang “En fait, il y a peu de différence entre ce que j’ai entendu hier et ce que je vis quotidiennement dans l’autobus 24 de Saint-Denis à Papineau.”
      Ouch!!! ne fait pas dans le «delicatissimo» lui non plus…

    • @Alain Brunet

      Je crois plutôt que c’est moi qui ai écrit quelque chose dans ce sens mais ce n’est pas ma pensée… Je ne suis pas pour cette polarisation entre les publics, je suis plus pour l’ouverture mais cela reste à voir pour moi concert par concert si je préfère ou pas.

      Je suis ouvert aux deux.

      Si j’ai dit cela c’est pour NOMMER les préjugés que je crois qui ont encore lieu de nos jours… Pas chez tout le monde… Et c’est peut-être un préjugé et je peux exagéré…

      Je crois, par contre, qu’il faut les nommer si on veut mieux les combattre… Je suis pour ma part ouvert à tous les types de publics si je me rends sur place, je vais m’adapter et je peux aussi être un spectateur très démonstratif dans plusieurs types de concert.

      Nommons, nommons, nommons… Pour certains les habitués de la musique classique sont vus comme plutôt coincés, snobs ou même une bande de constipés si vous voulez… Alors qu’eux-mêmes se voient autrement bien sûr comme des connaisseurs.

      Alors que pour certains habitués le nouveau public est vu comme manquant d’éducation, inculte et ignare. J’exagère, j’exagère, j’exagère…

      Les préjugés sont là des deux côtés… Et en les mentionnant, même avec exagération cela peut aider à les combattre…

    • Pour élever le niveau général, je crois à des gestes pour se rapproche et à faire de l’éducation et de la vulgarisation…

      Je sais qu’Alain Lefèvre va en faire lui dans les écoles. Je crois à cela…

      Pour élever le niveau général, je trouve aussi qu’il faudrait faire confiance aux publics qui sont prêts à découvrir…

      Prenons une station de radio comme Espace Musique et ajoutons la CBC Radio 2. Quelles sont leur part de marché respectives ?

      Et Espace Musique a fait beaucoup d’effort pour se rapprocher, maintenant il y place à la chanson et même de la variété de qualité ou de la très grand public mais pas si souvent…

      Est-ce parce que le grand public n’est pas assez curieux ? En partie mais c’est aussi parce qu’on ne fait pas ces choix là chez des patrons, par exemple pour être la radio du bureau.

      Si une station comme Rock Détente faisait jouer plus de Diana Krall plutôt que juste de la variété et même quand c’est Bublé s’ils faisaient jouer les morceaux que des gens voient comme BCBG et seulement pastiche du genre… Déjà on éléverait le niveau…

      Le niveau monte ou descend… Mais avec l’internet de plus en plus de gens font des découvertes, peut-être pas dans le classique…

      Sous certains aspects à regarder la télévision ou écouter la radio on peut penser que le niveau de culture descend mais en grattant plus, on pourrait aussi penser qu’il grimpe. La culture devient de plus en plus individualisée et fragmentée… Il y a plusieurs cultures…

      ————————————————————————————————–

      Et l’article de la Scena Musicale parlait de plusieurs cultures dans différents pays.

      Moi pour les manifestations je pourrais vous parler de baseball. Les gens se souviennent de Pascual Perez lors de son séjour avec les Expos de Montréal ? Et de ses petits pas de danses et multiples facéties ? Pour ma part, j’adorais cela. Ce qui n’était pas le cas de tous ses adversaires très blancs et nord-américains de culture.

    • @lecteur

      Merci, Lecteur, de votre intervention. Depuis que j’exerce ce métier, je m’applique à encourager les profanes à découvrir la meilleure musique tous genres confondus… et à décourager les mélomanes à mépriser les profanes… parce que les mélomanes ont souvent du mal à identifier ce qui se crée de mieux dans les musiques dites populaires. Et je le fais non sans difficultés : il m’arrive souvent de passer pour un élitiste auprès des professionnels de la musique (et des médias de masse) et d’un populiste auprès de certains puristes ! Alors que je réprouve les deux attitudes, un peu comme vous le faites.

    • Je vois cela aussi comme de la politique ou la force du nombre…

      Si les connaisseurs (je parle du public habituel) pendant le concert de Lang Lang avaient été plus nombreux dans la salle. Est-ce que cela aurait changer le déroulement ?

      Quel est le taux d’occupation de la salle habituel et pendant ce concert il était de combien ?

      Et même s’ils sont pas nombreux les gens du Classique peouvent faire de l’éducation populaire , un des hics c’est que celle-ci se retrouve dans une revue comme la Scena Musicale, une revue que je trouvais à la faculté de musique de l’Université McGill. On s’adresse tout de même déjà à des initiés.

      Pendant un concert, j’étais quand même allé féliciter un baryton et je lui demandais et croyais que cela faisait plusieurs années qu’il chantait, ce n’était pas le cas. Cela ne faisait que peu d’années je m’en souviens plus mais auparavant il avait été musicien dans des types d’orchestre cors et clairons que l’on voit…

      Et aussi je parlais dans un autre commentaire de se tenir le dos bien droit et tout… Ah oui ? Les étudiants de haut niveau rendu à l’université ne font pas cela du tout pour plusieurs.

    • Pour la vulgarisation et l’éducation, je préfère ce que fait un Alain Lefèvre mais je respecte un Jean-Pierre Coallier, je ne suis pas auditeur pour autant mais je respecte ce qu’il fait et qu’il a réussit à avoir sa niche et rentabiliser cela.

      Comme j’aimais aussi que pendant la fin des années 80 à Ad Lib, il recevait oui les gens très variétés mais aussi pas mal souvent selon mon souvenir une Karen Young, Marie-Andrée Ostiguy également ou encore une Lucie Gascon.

      Alors pourquoi une Valérie Milot ne pourrait pas être reçue de nos jours dans des émissions populaires et variété ? Un peu de harpe à Tout le Monde en parle cela ne ferait pas de tort.

    • @ Aain Brunet

      je ne pense pas avoir dit cela, ou alors je me suis mal exprimée… Loin de moi l’idée de cliver les genres musicaux.

    • @mc.anger

      “…ces applaudissements entre les mouvements, c’est ridicule et pénible, autant pour le public que pour les interprètes…”

      Je vous ai citée, affaire classée. Cela étant, je ne vois aucun problème à exprimer spontanément un tel point de vue !

      Maintenant, je réponds à votre question sur l’influence de la musique classique sur le jazz. Elle est colossale ! Si, par exemple, vous avez envie de redécouvrir Bach en mode jazz, les meilleures expériences sont celles du pianiste français Jacques Loussier, enregistrées au tournant des années 70. Encore récemment, les Variations Goldberg ont été reprises par le pianiste Uri Caine…

      Les plus grands compositeurs de jazz ont été traversés par les musiques classiques. Bach, Purcell et autres grands du baroque mais aussi les compositeurs de la fin du 19e-début du 20e, à commencer par les impressionnistes français. Ellington était fou de Debussy, Ravel et Fauré. Gershwin correspondait carrément avec Ravel. Charlie Parker implorait Edgar Varèse de lui apprendre le langage de la musique contemporaine. Bill Evans était fou de musique classique, etc.
      Enfin, il y en a plein.

      À mon tour, je vous souhaite la bienvenue sur ce blogue ! La qualité de vos interventions ne fera qu’enrichir notre cerveau collectif.

    • “N’empêche, grimperas-tu dans les rideaux, Ghost, si je te disais que le commentaire d’Eudeline est indigne de tout ce que ce journaliste incarne?”

      Tu as lu le texte? En fait, il le dit que c’est de la musique BCBG-bobo et il les critique, mais il dit aussi que fasse à l’incompétence de leurs confrères, ces filles assurent. Il leur manque un destin, dit-il, sauf Amy Winehouse et Peyroux. Pour ma part, j’aime ces deux-là et Gardot et le reste ne me dérange pas, c’est du travail bien fait mais peu passionnant.

      Tu as tord, Eudeline est un fou des grandes chanteuses des fifties, à l’époque où la variété avait une classe absolue.

      Tu disais que Peyroux était réac. Je ne suis pas d’accord dans la mesure où les standards ont toujours été au centre de l’esthétique jazz. Peyroux m’intéresse car elle reprend Elliot Smith au lieu d’une énième reprise de Summertime. Elle choisit.

      Montcalm m’intrigue, je vais sûrement donné une chance à son dernier. Sa voix on aime ou pas, c’est viscéral. En tous les cas, elle m’intéresse plus que le tout venant.

    • D’une certaine façon, la musique classique c’est la messe: mortification et déni du corps pour élever l’âme. Et on connaît les curés, sans personnaliser le débat…

      Et bien moi, athée mécréant, je préfère les églises noires où les fidèles chantent et se shake le bouty d’une manière impardonnable pour leur âge.

      Est-ce que le jazz n’est pas devenu une messe?

    • Intéressants échanges…

      Cadré largement, la musique de répertoire est une musique plus cérébrale que tellurique. Le jazz est plus pelvien. Ça s’adresse pas tout à fait au même ‘chakra’, si vous me pardonnez un matantisme.

      Mais il y a des zones d’ombre. Un Bill Evans n’a pas le ‘booty’ d’un Jimmy Smith… C’est très élevé spirituellement, quoique un rien ’sensuel’. Du Bach avec une chorale d’enfants dans une église est une toute autre affaire. Mais un Evans est clairement inspiré par Debussy (surtout dans ses finales). Strauss était le ‘ABBA’ de son époque.

      Dès l’impressionnsime français, (Debussy, Satie et consorts) la musique de répertoire a commencé à se fondre dans quelque chose de moins cadencé et ‘tchak-à-tchak’ que le ‘classique’ classique. Un disque de Jan Garbarek doit autant au ‘jazz’ qu’aux impressionnistes.

      Puis sont arrivées les ondes Martenot, d’abord ‘classiques’, puis carrément autre chose.

      La musique est un immense magma. Bien sûr, du Johnny Cash, du Metallica, et du Marsalis c’est du ‘country’, du ‘métal’ et du ‘jazz’, mais tout s’interpénètre et s’interinfluence de façon inextricable. Et surtout le classique et le jazz… Au point que la musique de répertoire (le mot ‘classique’ est erroné)… des siècles à venir, sera le jazz du XXe.

      @ghost

      Je trouve intéressant que tu cites des revues de cinéma américaines qui parlent plus ‘cuisine’. Ça appuie mon propos.

    • Il y a autant de revues françaises qui parlent cuisine mais ils ne sont pas disponibles ici. De toute façon, c’est illisible pour les non-techniciens, comme tes Guitar Player. Et puis, ces revues, quand ils font dans la critique, sont abominables. Aucun goût.

    • «D’une certaine façon, la musique classique c’est la messe: mortification et déni du corps pour élever l’âme. Et on connaît les curés, sans personnaliser le débat…»

      QUOI!!?!??

      Dis-moi que je rêve, dis-moi que tu niaises!

    • @ Alain Brunet : merci pour l’accueil

      @ Ghost

      déjà l’expression “musique classique” est totalement ringue
      ensuite, il faudrait sortir un peu ! Vas faire un tour à la Scala de Milan, tu verras comme c’est la messe

      ou alors Astyanax a vu juste, tu le fais exprès

    • Je vais de la provoc, disons… Désolé de te décevoir, Astyanax… En général, il y a quelque chose de la messe (recueillement, silence, impossibilité d’exprimer par le corps son contentement, habit du dimanche) qui me font penser aux messes de mon enfance. Merde, la messe et cette musique sont quand même liées historiquement. Il y a comme un malaise dans la civilisation. Ce n’est pas une musique inscrite dans le corps: je n’ai jamais vu un spectateur danser à un concert…

      Ce n’est pas un défaut, la sublimation c’est très bien. D’ailleurs, le cinéma aussi mortifie et dénie le corps (tu as déjà été au cinéma Charest?…).

    • Et arrête de crier, cher ami, ça devient une habitude…

    • Euh, avec les “curés”, je ne parlais pas de MC et toi, ni de personne ici.

    • Cette fois-ci, oui, j’ai bel et bien crié. Désolé pour tes oreilles.

      J’imagine que tu te souviens de cette scène très drôle de JOURNAL INTIME dans laquelle Nanni Moretti s’invite la nuit pour déranger le sommeil de critiques de cinéma en leur lisant des extraits de leurs textes, transformant cette petite séance de lecture en scène de torture? Eh bien, je suis sûr qu’on pourra un jour te faire souffrir de la même façon avec ce que tu viens d’écrire.

      Depuis quand faut-il «danser» pour jouir de la musique? Pas plus tard qu’il y a deux semaines, tu te moquais gentiment de Boulga qui écrivait, à quelques nuances près, la même chose!

      Je crois vraiment que tu es bluffé par tout ce qui entoure le monde la musique classique. Je déteste aussi profondément que toi l’esprit de sérieux, mais la musique classique n’est pas que ça! Et puis je ne suis jamais allé au concert en habits du dimanche! J’ai l’impression que ton idée du public des concerts classiques s’est cristalisée autour d’une séance du Lady’s Morning Musical Club des années soixante! Et d’abord, depuis quand le recueillement et le silence doivent-ils nécessairement être exclus de l’expérience musicale?

      Ce que tu dis me semble offrir une image assez réductrice de la musique. Tu sembles vouloir suggérer qu’il faut laisser l’esprit à la littérature, à la peinture ou à la philosophie alors que la musique s’occuperait du bassin et du sexe. Enfin, toute musique comporte aussi un discours, tu sait cela aussi bien que moi.

      Et puis ce que tu reproches aux concerts classiques est aussi perceptible dans les concerts de rock. Ose me dire que le concert rock n’est pas lui aussi un espace largement codifié où se réunissent spontanément de cools «élus» et où les «ploucs» mal habillés sont désignés comme tels. C’est le même maudit mécanisme de la distinction qui y opère.

      Sur ce blogue ou d’autres, tu écris souvent pour abattre des murs ridicules qui persistent à se dresser entre culture savante et culture populaire. Je crois qu’il te reste quelques bons coups de masse à donner. Pour toi-même…

    • @mc.anger
      .
      Le Modern Jazz Quartet a réalisé un album chez Atlantic dans les années 1970 intitulé Blues On Bach.
      .
      Du bonbon.

    • Astyanax, j’aime bien écrire des bêtises pour te voir défendre ta passion bec et ongles… Et merci au passage de déconstruire les murs – pas watersiens, j’espère… – en moi.

      “Est-ce que je me contredis ? Et bien, soit… je me contredis ; j’embrasse tous les possibles” Walt Whitman.

      Ce n’était pas une critique de la musique en soi (j’en écoute chez moi), mais de la culture de cette musique qui au mieux m’indiffère: esprit de sérieux, élitisme snob, hiérarchie, séparation du corps et de l’esprit, virtuosité comme fin en soi, distinction sociale, étouffement de la personnalité au nom de l’idéal, mépris envers le vulgaire (sexe ET classe sociale), conservatisme, académisme des écoles de musique, éducation spartiate des enfants proche du dressage, etc. Et quand ce milieu de la musique essaie de faire “populaire”, “cool”, “facile”, c’est pire que tout, je ne supporte pas (et cela prouve en creux ce que j’en pense).

      Enfant, j’étais chanteur soliste à la messe, je chantais Schubert. Peut-être que mon PRÉJUGÉ vient de là. C’est lié dans mon esprit.

      Pour le dire autrement, avec Benjamin, j’ai de la misère avec l’aspect cultuel de cette culture.

      “Tu sembles vouloir suggérer qu’il faut laisser l’esprit à la littérature, à la peinture ou à la philosophie alors que la musique s’occuperait du bassin et du sexe.”

      Là tu reconduis le préjugé que je combats. Pour moi le corps et l’esprit sont une même substance. La culture classique, liée à la religion chrétienne, a imposé un dualisme: le corps, cette chose vulgaire, est séparé de l’esprit qui doit s’élever. Depuis la découverte par Freud des mécanismes de la sublimation, cette vision n’est plus possible. Pour moi, l’âme vient du corps et le corps est spirituel. C’est d’ailleurs, à mon avis, la raison du succès de la musique noire au vingtième siècle: la prise en compte de la spiritualité du corps.

      Je ne dis pas qu’il faut danser une musique pour qu’elle soit valable. Je trouve que l’impossibilité d’une écoute avec le corps, en particulier lorsqu’il s’agit d’une “danse”, est un symptôme du déni du corps.

      “J’ai l’impression que ton idée du public des concerts classiques s’est cristalisée autour d’une séance du Lady’s Morning Musical Club des années soixante!”

      Tu as raison, comme toujours… À 16 ans, je suis allé voir mon premier concert. Les Marteaux sans maîtres dirigé par Pierre Boulez au Grand théâtre. Je m’attendais à un happening surréaliste et ce n’était qu’un concert pour les dames patronnesses de Montcalm qui applaudissaient avec leur “jewels”. C’était surtout l’antithèse de la culture surréaliste qui me passionnait à cette époque. Ça m’a un peu vacciné, peut-être à tord. Les quelques concerts que j’ai vus depuis ne m’ont pas détrompé. Ce n’est pas que ça, mais c’est beaucoup ça.

      J’ai un peu la même vision du jazz: la musique virtuose qui sort des écoles m’indiffèrent, je préfère quand le jazz incarnait une contre-culture, sortait des tripots et des bars mafieux de la main (en gros jusqu’au free jazz).

      Comme Rimbaud, je m’intéresse beaucoup aux ” peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires, la littérature démodée, latin d’église, livres érotiques sans orthographe, roman de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l’enfance, opéras vieux, refrains niais, rythme naïfs.”. En général, je préfère la culture mineure à la culture majeure, comme disait Deleuze: musique rock, cinéma, littérature qui se confronte à l’oralité et au social, paralittératures, les téléséries, documentaire, arts populaires. Pour moi, l’intelligence n’est pas liée au choix d’un objet, mais à la façon de traiter cet objet.

      Ta fureur vient certainement du fait que j’ai l’air de dire qu’il ne faut pas écouter cette musique savante. Je ne suis pas un relativiste: je ne dis pas que le rock c’est mieux que la musique classique. La richesse de cette dernière est indéniable et massive. Mais j’aime mieux me confronter directement aux œuvres classiques, aux compositeurs, plutôt qu’à cette culture incarnée par le concert.

      Tu parlais de la politesse nécessaire. Je suis d’accord. Mais pour moi, la politesse sert à empêcher la hiérarchie (on dit SVP pour ne pas avoir l’air de donner un ordre) et non à la reconduire (une étiquette qui sert à classer les gens).

      Mon cher Astyanax, tout le monde a ses points aveugles, ses béotismes, son hors-champ, ses murs. Capitaine! mon Capitaine! je ne demande qu’à être éduqué…

    • Et je veux bien être torturé par Nanni Moretti…

    • Tu me diras que ma vision réductrice vient d’une inconnaissance de cette musique. C’est vrai, je ne peux le nier.

    • Tu as raison: la culture hipster autour des concerts rock branchés m’assomment encore plus.

    • J’ajoute pour atténuer la consternation… que nos goûts et dégoûts ne sont pas toujours rationnels ni partageables. J’ai un ami peintre qui ne peut pas souffrir la peinture d’avant 1903… J’aime beaucoup la danse moderne, le ballet classique me fait l’effet d’un cachet pour dormir. Etc etc. Ce n’est pas des jugements de valeur ni un goût normatif.

    • Bon, je préfèrerais de beaucoup me faire engueuler à ce silence… Je sens que je vais me faire échanger au Wild si je continue.

    • Oui je dirais que vous exagérez dans vos perceptions ghost de la culture associée au Classique mais on ne force pas les gens à y aller… Moi je ne fréquente pas énormément ce milieu non plus…

      Juste à distance et mes visites passées comme j’ai mentionné.

      Pour le Classique cela prend plusieurs formes aussi. Allez demander à une Marie-Nicole Lemieux si elle a l’impression de nier l’existence de son corps en chantant.

      Pour les spectateurs ils nient l’existence de leur corps ? Je dirais probablement moins que ceux assis devant leur téléviseur sur leur sofa. Et il y a les applaudissements à la fin. Et les travailleurs au bureau alors ?

    • L’opéra c’est un peu différent, il est vrai. C’est sûr que ma perception est une généralité mais je ne crois pas être le seul à avoir ce sentiment diffus. En tous les cas je préfère infiniment écouter un disque chez moi.

      Je pense que je vais m’abonner à la saison de l’OSQ pour me faire pardonner.

    • “Pour les spectateurs ils nient l’existence de leur corps ? Je dirais probablement moins que ceux assis devant leur téléviseur sur leur sofa.”

      Excellent!

    • @ghost

      S’abonner cela n’est pas dans ma mentalité d’économe ou de petit budget. Et pour des concerts j’en ai suivi plusieurs à la radio et pour en personne je suis allé encouragé les étudiants dans des concerts gratuits.

      Mais disons quelqu’un avec un petit budget mais un peu quand même. Je préfère la diversification des expériences que les abonnements dans la culture. Un soir pour un orchestre symphonique si vous voulez, un autre à l’Opéra, un autre à la danse ou au ballet classique, un autre de la danse contemporaine, une soirée théâtre.

      Pour être que dans le classique ce sont les abonnés qui se disent les véritables connaisseurs mais dans la musique populaire nous y sommes allés à des concerts avec des abonnés de la programmation d’une salle. C’était bien différent comme ambiance et il n’y avait pas que des fans.

      C’est bien beau le concert de Lang Lang mais moi si j’avais eu à choisir je ne crois pas que c’est lui que j’aurais pris mais pourquoi ? Cela me donne le même feeling qu’au baseball dans le temps des Expos pour le match d’ouverture… Et on pourrait y énoncer d’autres préjugés… En plus d’être le public qui applaudit entre les mouvements il y a des gens qui vont là parce qu’ils sont des M’AS-TU-VU…

      Pas les journalistes qui eux se doivent de couvrir les événements…

      Cela en prend aussi pour les levées de fonds et tout… Pour moi c’est cela des hommes d’affaires finançant peuvent être là aussi mais ne sont pas toujours de réels amateurs ou font semblant de l’être… Tout cela fait partie de la game. Et il y en a des réels connaisseurs aussi.

      Mais moi je ne choisirais pas cela pour moi. Pour un journaliste par contre, il n’y aurait pas nécessairement de quoi écrire un article.

    • Je regarde l’Opéra de Québec et ils disent qu’un avantage de l’abonnement est d’avoir toujours le même fauteuil…

      http://www.operadequebec.qc.ca/francais/abonnements.htm

      Voyons quand on veut vivre diverses expériences il faut pas s’asseoir toujours au même endroit… Il faut varier les expériences… Casser les habitudes…

      Et vous savez c’est comme disons au hockey ce peut être les billets les moins chers qui vous permettent d’avoir la meilleure vision d’ensemble sur le jeu…

    • Merci de ne pas me casser du sucre sur le dos, lecteur qui porte bien son nom.

    • @ghost

      Mais je ne crois pas le faire. Par contre, vous êtes peut-être juste en train de reprendre le même verbe que j’ai employé.

      Et je me moque de bien des choses dans certains commentaires ou je propose des choses mais au final les gens font comme ils veulent, je ne fais qu’apporter un point de vue.

      Je voulais aussi apporter un commentaire sur le fait de ne pas personnaliser les rapports mais il faut voir aussi le style. Regardez et lisez les textes de Claude Gingras, il a une parfaite mais parfaite maîtrise de son écriture et de son style. Et je me demande si des gens voient pas comme moi ou ne ressentent pas qu’il fait de l’humour aussi. Quand il parlait de Marc Labrèche , par exemple. Moi c’est ce que je ressens, cela ne veut pas dire que c’était son intention mais quel style ! Quelle concision dans les remarques. Et Vlan ! Et le piquant et tout. Je crois bien que c’est lui le meilleur journaliste pour l’écriture au journal La Presse et c’est Foglia qui suit après…

      Claude Gingras parlant de la Callas :

      http://www.cyberpresse.ca/photos-et-videos/audios-et-videos/?mediaid=599411#go

      Mais ce type de personnalité est tout le contraire de Céline Dion. Ceux qui voient des ressemblances physiques, peut-être mais du côté de la personnalité médiatique, tout le contraire, tout le contraire. Et moi je pense un peu à Katharine Hepburn. Et cela fait combien d’années de tout cela ? Et voyez Claude Gingras, il est encore amoureux de Maria Callas.

    • atchoum, merci pour le conseil, je viens d’écouter l’album sur deezer, à la première écoute c’est effectivement plein d’humour, mais pour tout vous avouer, je suis aussi bloquée avec le jazz que Ghost l’est avec la musique qu’il appelle “classique”, mais rassurez-vous, je me soigne !
      par contre j’aime quand des passionnés comme vous me font découvrir des trucs que je n’aurais pas eu l’occasion de connaître autrement, c’est d’ailleurs de cette façon que j’ai rempli ma discothèque de manière complètement éclectique avec des rayons qui contiennent des musiques et des chansons du monde entier, de toutes les époques et de genres différents, en ouvrant grand mes oreilles et en sortant de ma chapelle rock n’roll.

    • MC Anger, je ne suis pas bloqué sur ma chapelle rock, comme tu le dis, dans la mesure où j’écoute de la musique “classique” à la maison, comme j’écoute du jazz, de la musique contemporaine, de la musique world, du Tin Pan Alley, des crooners, des chansonniers, etc. Et j’aime bien les rockers qui mélangent les genres sans que ça fasse fusion machin.

      Et je fais la même chose que toi: j’ai pris en note les morceaux de Astyanax et toi pour ma prochaine visite chez le disquaire.

      Je le répète: je n’en ai pas contre la musique, en tous les cas moins que certains envers la musique pop.

      Par ailleurs, au risque de me faire tirer des roches, je suis à peu près imperméable aux dessins animées…

    • Lecteur_curieux, je trouve aussi que Gingras a tout une plume et que c’est l’un des derniers critiques dignes de ce nom au Québec.

    • je sais, Ghost, c’est de moi que je parlais… j’ai mis du temps à m’extraire de l’entresol du garage.

    • Hors sujet :
      Je te lancerai la première pierre, Ghost, mais seulement pour ton “e” superflu à “dessins animés”. Pour le reste, je tenterai bien un jour de faire ton éducation…

    • Mon cher Fred, si tu commences à corriger mes fautes d’orthographe, tu n’as pas fini, je ne me relis même pas. Pour ce qui est des dessins animés, j’essaie d’écouter les chefs-d’oeuvre, comme… Ghost in the Shell, par culture personnelle, mais mon empathie pour un personnage dessiné est proche de zéro. Ce qui, bien entendu, n’est aucunement un jugement de valeur sur le genre, juste une innappétance ou un défaut de mon disque dur.

    • @ Ghost

      «Par ailleurs, au risque de me faire tirer des roches, je suis à peu près imperméable aux dessins animés…»

      QUOI!??!!!?

      J’te niaise…

      Je ne suis pas aveugle, je vois bien moi aussi toute cette forfanterie bourgeoise qui affecte le milieu de la musique classique. L’autre soir, par exemple, notre PM lui-même, perché tout juste au-dessus de ma tête dans une corbeille de Wilfrid-Pelletier, applaudissait à tout rompre le fade SACRE DU PRINTEMPS de Zubin Metha, comme s’il était vraiment ému, comme s’il comprenait quoi que ce soit à ce monument de sauvagerie et de modernité! Si JC entendait le moindrement quelque chose à la musique, je crois que ça se saurait. Je crois que le Québec serait par ailleurs beaucoup mieux dirigé qu’il ne l’est actuellement… Il n’est pourtant pas le seul à se prêter à cette petite comédie sociale. Tous ces gens bien mis qui très visiblement s’ennuient, somnolent avant le standing ovation… Oui, tout cela est bel et bien écoeurant.

      Mais je pense qu’il faut parvenir à se détacher de tout ça et même finir par rire de ces matantes à jewels, de ces mononc’s cravatés prêts à tout pour avoir l’air de ce qu’ils ne sont pas, au prix même du ridicule le plus achevé. Pour ma part, je n’ai pas envie de laisser ces gens gâcher mon bonheur d’entendre une cantate de Bach ou une symphonie de Mahler.

      À propos de ce que tu as (admirablement) écrit sur les rapports de la musique avec le corps, j’ajouterai ceci: Bach ou Mozart avaient bien le corps qu’ils pouvaient. On ne peut pas leur faire le reproche de n’avoir pas été modernes. Si on le fait, alors faut-il aussi se débarasser d’à peu près tout ce que la culture occidentale a produit jusqu’au XXe siècle! La thèse du progrès en art est bien morte et enterrée, n’est-ce pas?

      Quant à ton désir de te faire torturer par Nanni Moretti, ce n’est certainement pas grâce à tes derniers commentaires que ça va arriver, mon cher…

    • Je viens tout juste de terminer la lecture de MÉGAPOLIS, le très beau livre de Régine Robin sur son rapport aux grandes villes. Dans le chapitre qu’elle consacre à ses errances dans Tokyo, elle fait de bons commentaires sur GHOST IN THE SHELL…

    • Astyanax, je suis soulagé! J’avais l’impression que tu avais décidé de ne plus me parler depuis mes commentaires impardonnables pour mon âge… Ça m’aurait bien embêté, je t’assure.

      Ghost in the Shell I et II sont de purs chefs-d’oeuvre, il est vrai. Mais ce que j’aime c’est justement le côté quasi documentaire en images réelles. Et la mélancolie du tout, la réflexion philosophique sur l’humanité des machines (ou plutôt l’automatisme des humains). Par contre, je m’identifie autant aux personnages animés qu’à la coleslaw qui viendra ce midi avec mon smoke meat. Un bon ami m’a dit que pour lui c’est le contraire: il s’identifie moins aux acteurs réels puisqu’il ne voit que le jeu. J’entends ça, c’est tout à fait concevable, c’est juste que ma willing suspension of disbelief opère dans l’autre sens. Comme je l’ai dit, c’est un défaut de mon disque dur (de la feuille)…

      Autre défaut: j’ai beaucoup de misère avec la musique instrumentale. C’est la voix qui me touche le plus. Le grain de la voix. C’est peut-être d’ailleurs pour cela que je préfère la musique pop: chaque fois des voix uniques avec leurs défauts et leurs limites, des grains singuliers qui traduisent le corps, ses excès, sa personnalité. Les chanteurs d’opéra me touchent autant qu’un mannequin dans un magazine ciré.

      Tu as raison: il ne faut pas faire d’anachronisme pour ce qui est de Bach. De toute façon, la sublimation ça peut être sublime… J’en ai surtout contre le fait de perpétuer ce dualisme encore aujourd’hui.

      Je suis monté à Montréal en autobus pour aller écouter Walter Boudreau et Raoul Duguay performer le In C de Terry Riley, à défaut de pouvoir m’acheter L’Infonie vol. 33 (Mantra). Et bien, il y avait des gens qui dansaient dans les allées, de la marmaille qui courait partout, Boudreau qui courait d’un bord à l’autre de l’église, le public qui allait et venait en toute liberté. C’est bordélique, c’était vivant, c’était in-car-né et je suis revenu à Québec avec le sourire.

      Bon, ma coleslaw m’attend. Miam, miam!

    • Puisqu’on parle de Ghost dans les noms ou titres… Voici le MySpace d’un groupe de France…

      http://www.myspace.com/ghostinsaturn

    • Je ne suis pas du genre à ne plus parler à quelqu’un qui n’aime pas ce que j’aime, ou vice-versa. Au contraire (presque)…

      Du smoked meat à Québec? Ah bon… Et c’est mangeable? Quelque chose me dit que c’est un peu l’équivalent de la poutine que je vais bientôt manger à… Osaka! (Temps des fêtes au Japon, j’ai hâte.)

      Je comprends assez ce que tu dis à propos de la voix humaine. J’ai des passes où je pourrais dire à peu près la même chose. En fait, je constate que j’ai mes périodes pendant lesquelles je n’écoute que du classique et d’autres que du rock ou de la pop, ces dernières étant tout de même plus longues et plus fréquentes. Il ne m’arrive pour ainsi dire jamais d’écouter les deux simultanément. C’est tout de même curieux… Mais dis donc, est-ce à dire que la vague post-rock t’a laissé de glace?

    • Bah, je voulais essayer un nouveau smoke-meat d’un resto (le Tonneau!) dont le steak est fameux (pas meilleur que le mien, mais bon, ce n’est guère possible)…

      Finalement, j’ai plutôt manger asiatique. Le sort injuste de mon riz au jasmin m’a bcp ému…

      Je ne dis pas que je suis indifférent, c’est juste que l’émotion est moins là. Pour tout dire, je préfère de beaucoup Silver Mount Zion à Godspeed You! Black Emperor.

    • Je viens d’acheter Cannabis et L’enfant assassin des mouches, les deux autres oeuvres signées du tandem Vannier-Gainsbourg. Miam, miam!

      Moi Porter, toi Cole.

    • Miam miam! pour le coleslaw, miam miam! pour Vannier-Gainsbourg: dis donc, on est affamé aujourd’hui!

      Quant à tes steaks, laisse-moi en douter un peu. Au Japon (justement), j’en ai déjà mangés qui m’ont arraché des larmes, je te jure. Du coup, mieux que ça…

    • J’arrache régulièrement des larmes à mes invités, t’inquiètes. Je me souviens d’avoir été dans un steakhouse à New York. Je me faisais justement la réflexion que mon steak était bien meilleur quand je me suis aperçu que le restaurant avait été primé meilleur steakhouse in America… Think big, stie! Bon, pour le Japon, je sais pas…

      Comme ça, une chaise à Tokyo?

    • Une chaise à Kyoto plutôt.

      Aller à Tokyo c’est comme aller à New York; c’est enivrant, c’est formidable.

      Mais Kyoto, c’est le top. Une ville p.a.r.f.a.i.t.e. Il n’y a pas mieux dans le monde entier, vraiment, je t’assure. Une chance inouïe que ma tendre en soit originaire.

    • Grosse émotion, grosse nouvelle dans ma vie, je viens de pleurer des larmes de joie après une nuit d’insomnie! Plusieurs atmosphères de moins sur les épaules (je n’en dirai pas plus). Pour une fois on va laisser de côté le mousseux cheapote, il va y avoir du champagne avant le spectacle de Jean Leloup!

      Une bonne journée à tous!

      PS: Kyoto, mouais, tu n’es jamais venu à Labaume City Inc?

    • On voudrait en savoir un peu plus, si bien qu’on sait pas trop quoi dire.

      Bravo?

      Félicitation?

      Tant mieux?

      Je me contenterai seulement de me réjouir de te voir si soulagé.

      Bon week-end l’ami Ghost!

    • Merci Astyanax! Félicitations, serait approprié. Je n’en dirais pas plus pour ne pas être hors-sujet…

    • «Je n’en dirai pas plus pour ne pas être hors-sujet…»

      Me semble…

    • C’est drôle, Astyanax, tu corriges mes fautes quand tu me cites… ;-)

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