Alain Brunet

Archive, novembre 2009

Lundi 30 novembre 2009 | Mise en ligne à 18h46 | Commenter Commentaires (2)

Berlin à Montréal et Québec

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Un bon tuyau en passant:

Si vous êtes à Montréal cette semaine ou à Québec le 9 décembre prochain, vous avez droit à un cours accéléré en avant-gardisme berlinois.

Berlin mur à mur est un événement sur l’avant-garde berlinois mis sur pied à l’occasion du 20ième anniversaire de la Chute du Mur. En partenariat avec l’Institut-Goethe, StéréoKultur, Suoni Per Il Popolo, l’UQAM et Antitube, la programmation de Berlin mur à mur comprend les événements suivants: 15 heures de projections de films et de vidéos,  spectacle audiovisuel, performance multimédia, conférence et rencontre avec les artistes invités. Grosso modo, on y présente des oeuvres de la scène artistique d’avant, pendant et après la Chute du mur.

Cet événement nous donne l’ocasion d’explorer l’âme créative de Berlin sur  une période de trente ans. Dans la même foulée, on risque mieux comprendre ce qui s’est vécu le 9 novembre 1989 et les conséquences artistiques sur les deux décennies qui s’ensuivirent.

Pour notre édition de samedi, mon collègue Jean-Christophe Laurence a interviewé Alexander Hacke, du groupe industriel Einstürzende Neubauten, et l’artiste Danielle de Picciotto.

Stérerokultur démarre ce soir à la Sala Rossa, dans le cadre de la portion montréalaise de  l’événement qui s’échelonne jusqu’au 7 décembre.

Voici un avant-goût probant de la création qui s’y brasse:

Berlin mur à mur – TRAILER from BLICFILM on Vimeo.

Des exemples du travail de Danielle de Picciotto:

Avec Alexander Hacke:

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Mardi 24 novembre 2009 | Mise en ligne à 18h14 | Commenter Commentaires (40)

Quasar: les saxophones qui lisent l’avenir

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Le saxophone est l’instrument profite d’un vent favorable depuis les débuts de la modernité. Surtout dans jazz ? L’instrument a aussi connu de brillantes avancées dans la musique écrite. C’est beaucoup moins connu mais… Non, détrompez-vous, le mode contemporain pour saxophones n’est pas une plongée dans l’austérité. Bien au contraire. Depuis 15 ans, Quasar en fait la preuve éclatante. Bon, ce n’est peut-être pas facile à digérer si on s’attend à écouter une section de big band, mais la variété des climats et la qualité de l’exécution ont de quoi alimenter votre curiosité. À tout le moins!

Ce quatuor montréalais de saxophones allie la grande virtuosité, la grande écritrure, la grande diversité des univers explorés. Depuis 1994, Quasar a créé une cinquantaine d’œuvres, écrites pour la plupart par des compositeurs du Québec. Ce dynamisme exceptionnel et cette priorité de la composition contemporaine d’ici a certes contribué à l’essor de la nouvelle musique québécoise “sérieuse”, et ce au-delà de nos frontières.

Si vous êtes à Montréal ce mercredi, je vous recommande ce concert 15e anniversaire prévu à 20 h, à la Chapelle Historique du Bon-Pasteur.

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Jeudi 19 novembre 2009 | Mise en ligne à 20h12 | Commenter Commentaires (146)

Lang Lang… pourquoi bang bang ?

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“Lang Lang a joué sa demi-heure de Prokofiev avec la technique étincelante que l’on sait. À cet égard, je lui donne 10 sur 10. Mais il manquait à ses deux Allegros la force écrasante d’une Argerich, par exemple, et les variations du mouvement lent central glissaient souvent dans le maniérisme. Ici et là, Prokofiev indique un absolu: «delicatissimo». Lang Lang parvient à en rajouter.

Dans sa critique de Lang Lang jouant le Concerto pour piano et orchestre no 3, en do majeur, op. 26 (1917-21) de Prokofiev, Claude Gingras  reproche le maniérisme extrême du pianiste chinois, sans compter les libertés qu’il se permet en ajoutant des effets non prescrits par la partition. Mon collègue est loin d’être le seul critique à voir les choses ainsi.

Mardi, rapporte-t-il par ailleurs, Lang Lang avait joué en rappel  l’Étude op. 25 no 1 de Chopin, “complètement défigurée par des rubatos à n’en plus finir”.

Mercredi, le pianiste a choisi pour rappel l’Étude Op.10 No.3 en mi majeur du même Chopin. Certains accents de son interprétation, j’imagine, ont été aussi jugés extravangants voire déplacés par moult connaisseurs.

J’ai assisté au concert de mercredi à la Wilfrid.  Lorsque Lang Lang a mis la pédale au fond dans les deux Allegros de Prokofiev, je n’ai pas pensé à Martha Argerich ou autres comparatifs. Je me suis plutôt retrouvé au fond de mon fauteuil, éberlué par cette technique hallucinante. 10/10 à n’en point douter.

Quant aux excès d’extraversion du musicien, j’admets avoir agacé parfois, mais aussi amusé ou même touché. En fait, je commence à peine à en comprendre les motivations conscientes ou inconscientes, puisque j’achève la lecture du Piano absolu (éd. JC Lattès), autobiographie de Lang Lang parue l’an dernier.

Qu’est-ce qui pousse donc Lang Lang à se trémousser, frétiller,  se démener comme un Liberace dans sa piscine en forme de piano ?

Il faut se rendre compte d’où provient ce supravirtuose dont le statut de pop star attire un public profane – oui oui, ça applaudit entre les mouvements…

Je ne suis pas psy, je réalise néanmoins ce qu’a traversé le jeune homme dans un pays où s’exercent 25 millions de pianistes. Deux parents qui n’ont pu réaliser leur rêve de devenir musiciens et qui ont tout misé sur leur fils unique. Un père autoritaire et complètement obsédé par la réussite de l’enfant, au point de quitter son emploi à Shenyang afin que Lang Lang puisse étudier au conservatoire de Pékin.

Il faut lire cette scène bouleversante où le paternel, devenu fou furieux après qu’une prof ait statué que son génie de fils n’avait pas le talent pour mener des études supérieures en interprétation, suggère au petit de se suicider et d’ainsi éviter la honte de rentrer bredouille dans son bled.  Bien pire que les pères capotés de Mary Pierce ou Stefi Graf ! Par la suite, raconte fiston,  papa a eu honte d’avoir ainsi disjoncté…

Comme on le sait, Lang Lang a triomphé de l’adversité. Paradoxal, néanmoins. S’il n’avait pas eu un père aussi autoritaire et déterminé à ce qu’il devienne le plus grand pianiste de Chine, Lang Lang serait-il la superstar qu’il est ? Enfin… Appliquées par des parents qu se projettent dans leur progéniture, ces méthodes restent répréhensibles en ce qui me concerne.

Libéré de ce carcan psychologique et de cette pression de réussir, le célébrissime pianiste en a sûrement gardé quelques séquelles entre les oreilles.  J’ose croire que ces extravagances pianistiques, bien qu’elles soient loin de faire l’unanimité dans le milieu classique, symbolisent pour lui l’assomption de sa célébrité et, bien plus encore, le bras d’honneur qu’il tend à toutes les crispations auxquelles il a été soumis durant la plus grande partie de son existence.

En terminant, un petit jeu : comparons Lang Lang à Martha Argerich sur le même terrain. Tant qu’à y être !

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