Alain Brunet

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  • Alain Brunet

    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Samedi 26 septembre 2009 | Mise en ligne à 19h16 | Commenter Commentaires (28)

    Blogue à l’opéra

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    Il se trouve tant de fans finis de musique tous azimuts, et même de grands amateurs de musique classique… rébarbatifs à l’opéra. Je dois avouer candidement que j’ai longtemps fait partie de ce contingent encore majoritaire.  Maintenant ? Je ne sais trop. J’aime de plus en plus le chant lyrique, sans croire pour autant que la formation rigoureuse à laquelle les chanteurs classiques s’astreignent les mène assurément à la quintessence de l’organe vocal.

    Enfin, j’entends le chant suprême.

    Les choix esthétiques qu’on alimente depuis des siècles pour en affirmer la suprématie méritent amplement le maintien et l’émancipation de cette tradition… dont les défenseurs doivent admettre l’existence d’autres grandes maîtrises de la voix. D’autres grandes traditions.

    Quant à l’opéra, c’est-à-dire la mise en scène de chanteurs aguerris dans un contexte théâtral, je ne peux dire que cette multi-disciplinarité me fait vibrer très fort de manière générale.Mais… il faut parfois ébranler ses perceptions, il faut se botter le derrière. On peut avoir des surprises.

    Ce samedi 26 septembre, qu’en fut-il ?Ç’aurait bien pu se produire cette année, mais je n’étais pas à la Wilfrid ni par hasard ni de ma propre initiative. Pour l’ouverture de sa saison 30e anniversaire, l’Opéra de Montréal a eu l’idée d’inviter des blogueurs à s’exprimer en temps réel à l’entracte, sans le prérequis de la connaissance profonde du corpus. J’espère bien ! Ma culture opératique est on ne peut plus rudimentaire, pour ne pas dire nulle.

    Ainsi donc, on arrive sur place, et les blogueurs (Cyberpresse, L’Actualité, Espace classique, etc.) disposent d’un espace pour s’exprimer à l’entracte.  Nous avons chacun une table au dessus de laquelle notre portrait est affiché. Personne ne pourra nous manquer !  Bon coup de promo pour l’Opéra de Montréal.

    Pour ce qui est de la fonction réelle des blogueurs, c’est autre chose. Un peu plus d’une vingtaine de minutes pour exprimer des impressions en temps réel. Plus tôt cette semaine, j’avais fait la même demande que l’on fait de plus en plus (Festival international de jazz de Montréal, FrancoFolies et autres concerts hors festivals.

    Pour bloguer en direct, en ce qui me concerne, ça se fait en direct, bien assis dans la dernière rangée du parterre de manière à ce que l’écran ne dérange pas les détenteurs de billets. Quant au clapotis du clavier, il faut toujours faire gaffe dans les moments calmes d’un concert. Or, si on est attentif et professionnel, cet irritant peut toujours être évité.

    Et si les blogueurs travaillent pendant la représentation, ils peuvent alors être plus réceptifs aux spectateurs qui viennent leur adresser la parole à l’entracte. Malheureusement, cette fois, il y avait tant à faire en quelques minutes qu’il était à peu près impossible d’être attentifs aux pauvres mélomanes qui voulaient échanger quelques impressions.

    À l’ODM, d’ailleurs, on acceptera qu’il est possible d’y parvenir – c’est du moins ce qu’on m’a dit à la fin de cette première expérience où l’accès des blogueurs dans la salle (pendant la représentation) était proscrit.

    À ce premier programme de l’Opéra de Montréal : Pagliacci de Ruggero Leoncavallo (1857-1919) et Gianni Schicchi de Giacomo Puccini (1858-1924). Deux vrais classiques créés à la grande époque de l’opéra italien, c’est-à-dire  l’aube de la modernité. Bon, retournons à l’événement tel que vécu en direct. Vingt minutes et des broutilles pour se prononcer sur Pagliacci en ouverture de la 30e saison. Allons-y vite, mais il faudra repasser un bon coup de varlope sur ce texte au retour à la maison – ce que vous lisez, donc, est aussi le résultat d’une autre séance d’écriture après la représentation.

    Alors… ne me demandez surtout pas de comparer la performance technique des interprètes à d’autres qui ont campé les mêmes personnages. Je laisse ça à Claude G et les autres vrais spécialistes de la discipline. Ils ont pour la plupart été très positifs dans leur évaluation, d’ailleurs.

    De prime abord, j’ai la nette impression que les chanteurs font leur boulot avec la passion et la compétence que requiert la trame narrative:  le ténor Marc Hervieux (Canio) en cocu brutal qui culmine en bourreau,  la soprano Marie-Josée Lord (Nedda) en infidèle qui s’assume, le baryton-basse Étienne Dupuis (Silvio) en amant romantique,  le baryton Gregory Dahl (Tonio) en colosse épais et revenchard, le ténor Pascal Charbonneau  (Beppe) en Arlecchino, amoureux de Colombine…

    Cette tragédie sur l’infidélité est traitée à la méditerranéenne, avec éclat, extravagance, avec le sang chaud de la latinité. La mise en scène nous ramène en Italie méridionale au tournant du siècle précédent. Dans un environnement machiste où l’infidélité féminine se conclut régulièrement en crime d’honneur. La vision la plus machistes qu’on puisse imaginer de l’acte d’infidélité.  De nos jours, un tel comportement fait partie des faits divers les plus scabreux… mais il existe toujours, force est d’admettre.

    La mise en scène (Alain Gauthier) et la scénographie respectent l’esprit de l’époque, sauf au début et à la fin du programme à l’intérieur duquel le décor ingénieux est un liant dont certains éléments servent aux deux opéras. On y évoque l’Italie méridionale au tournant siècle précédent.  Reconstitution fidèle, respect de l’oeuvre originelle, pas de remise en contexte de l’histoire. Un choix qui se défend.

    Plus d’un siècle après sa création, la musique et le chant de Pagliacci tiennent la route. Les grands airs, les orchestrations bien en phase avec cette période très importante de la musique écrite de tradition européenne. C’est beau.

    La trame narrative ? Bof.  Je ne suis pas certain que cela ait aussi bien vieilli. Ou encore qu’on puisse la présenter dans cette forme. Le texte me semble banal (si je m’en tiens aux traductions projetées en temps réel), il ne me semble pas transcender cette histoire d’un acteur de commedia dell’arte qui liquide sa femme infidèle et son amant devant public, au terme d’un vaudeville dont le propos est justement de se moquer des cocus… C’était peut-être un excellent concept de dramaturgie à l’époque, je ne suis pas certain que cela puisse nous habiter en 2009.

    Personnellement, je préférerais une actualisation de l’oeuvre dans sa théâtralité qu’une telle visite au musée. Mais bon, il se trouvera une pléthore de spécialistes pour affirmer le contraire avec des arguments et une connaissance qui débordent largement l’énoncé de mes petites réflexions spontanées.

    Ne reste qu’à se détendre à l’écoute de Gianni Schicchi, une comédie opératique de Puccini créée en 1918 et qui porte sur l’appât du gain et la mesquinerie. Ainsi, des héritiers d’un mourant parviennent à le remplacer par un imposteur, Gianni Schicchi – incarné par le baryton Gregory Dahl. Ce dernier leur réserve quelques surprises… Voilà un portrait du genre humain on ne peut plus italien ! Dans les notes de programme, Alain Gauthier souligne le caractère indissociable deux oeuvres au ton diamétralement opposé de prime abord. D’accord avec lui.Et on applaudit la jeune soprano Marianne Fiset (Lauretta) et l’alto Marie-Nicole Lemieux (Zita). Deux grandes voix d’ici à n’en point douter.

    En bref, la porte de l’opéra reste ouverte.


    • Un des meilleurs production de l’opera de Montreal. Si vous etes affectionado de l’art lyrique, alors courez vous procurer un bilet. Si vous etes juste amateur, ben… vous pouvez marcher lentement vers le billeterie pour votre chum/blonde, votre soeur, votre frere, vos parents, votre tante, votre oncle… votre voisin, mais n’oubliez surtout pas un billet pour vous! :mrgreen: BRAVO ODM!!! Bonne saison!

    • Je n’ai pas encore assisté cette année à la représentation de ces deux opéras par l’OdM. Étant moi-même chanteuse classique et souvent auditrice à l’OdM, je suis assez d’accord avec vous; je préfére souvent des mises en scène plus modernes et audacieuses, des lecture “revisitées” comme on dit souvent. Malheureusement, ces lectures et adaptations modernes sont quelquefois faites par des metteurs en scène au goût douteux, ou pas assez expérimentés, ce qui peut rendre l’oeuvre caricaturale lorsque hors contexte. Il semble qu’on ne puisse pas tous avoir le génie de Robert Lepage (son Barbe-Bleu, voilà enfin une mise en scène qui m’avait contentée !). Je me permets de souligner que vous employez à tort l’épithète “opératique” qui est un anglicisme pas du tout admis en français à ma connaissance. Le terme “lyrique” que vous employez d’autre part est tout à fait juste pour qualifier l’art vocal, sinon, on peut employer l’expression “ma culture en ce qui concerne l’opéra” ou bien “un opéra bouffe” ou une “comédie dans le genre de l’opéra “, un “opéra humoristique”, une “comédie lyrique version scénique”etc.
      En ce qui concerne la technique vocale classique, je peux vous assurer que, lorsque bien enseignée et pratiquée, cela vous développe une voix, en étendue, en souplesse et en volume, mais tout en la protégeant ! Le chanteur classique est amené à laisser évoluer et vivre sa voix propre , à ne rien forcer, à développer souplesse et support, et à chanter sans micro même par-dessus un orchestre complet ! Donc, oui, pour moi et bien d’autres, c’est l’art vocal à son meilleur et c’est passionnant!

    • Le problème avec l’opéra -un genre musical que j’aime avec discernement- c’est que l’on continue de vendre ce genre comme étant systématiquement de la grrrrande musique alors que plusieurs opéras il faut bien le dire -et en particulier ceux relevant du bel canto- sont d’une niaiserie consommée. Tant au niveau du livret que de la musique. Je ne suis pas sûr que l’on convertira qui que se soit à l’opéra en 2009 avec Gianni Schicchi…
      Un Don Giovanni dans une bonne production, L’affaire Makropoulos, Wozzeck ou Porgy and Bess ont pas mal plus de chance de toucher quelqu’un qui ne vient du classique parce que les histoires sont intelligentes, la musique est “directe” et non pas une série d’airs grandiloquents à l’orchestration bonbon et surtout, on parvient cette forme d’art “total” dont parlait Wagner…
      On ne peut que déplorer la frilosité de l’Opéra de Montréal où Wagner, par exemple, est toujours persona non grata (pourquoi?). À quand Parsifal? À quand du Britten? Du Monteverdi? Du Rameau? Du Janacek? Pourquoi pas un opéra moins connu de Mozart plutôt que toujours les mêmes?
      Il y a autre chose que Puccini et Verdi…

      Il est incroyable de constater à quel point l’Opéra de Montréal s’est laissé damer le pion par la Canadian Opera Company à Toronto…

    • @jaypee2 Parce que…faire une relecture d’un opéra de Wagner vous attire les foudres des durs et purs ( voir la façon dont l’audace de Katharina Wagner a été huée avec sa présentation des Maitres-chanteurs de cette année à Bayreuth) et que pour aimer Wagner, il faut vraiment comprendre la musique. J’ai moi-même passé plus d’un an et demi et lire des dizaines et dizaines de livres sur Wagner, de Wagner, des correspondances de Wagner etc…Le personnage me fascinait et me fascine toujours mais j’ai jamais réussi à aimer sa musique. J’aurais bien voulu mais mon oreille d’ignare ne parvenait pas à ramasser l’information. Puccini et Verdi, c’est comme vous dites du bonbon , ou de la guimauve et c’est davantage grand public. Peut-être que l’Opéra de MOntréal s’est donné la noble mission de démocratiser l’Opéra???. À Bayreuth on peut se permettre des spectacles de 6 heures 1/2 ou même de 16 heures mais bon faut prendre des vacances pour y assister :-) Wagner, je crois, plaît à une élite musicale, pas à la plèbe, comme moi, qui a plus de facilité à comprendre la musique qui rentre dans le coeur et dans le ventre mais…. du génie, c’est à n’en point douter.

    • @ norvegequebec
      Hmmm… pas d’accord avec ce que vous dites au sujet de Wagner. Oui, il faut un “entraînement” mais je ne vois pas pourquoi, alors que Seattle -surnommée la Bayreuth d’Amérique- réussit à avoir du succès avec ses opéras de Wagner, Montréal ne pourrait pas. Qu’est-ce que les Montréalais n’ont pas que les Seattlois (!) ont ?
      Surtout, entre présenter un Wagner de temps en temps et pas du tout (vite, à part Le Vaisseau fantôme, nommez-moi UN opéra de Wagner présenté à l’ODM depuis 20 ans, et je ne parle pas de l’OSM ici), il y a un juste milieu.
      Surtout, je n’ai rien contre Verdi (Othello, Falstaff sont des chefs d’oeuvre) ou Puccini (Turandot…) mais il n’y a pas que l’opéra italien et La flûte enchantée. Et quid de Richard Strauss?
      Surtout, je le répète, pourquoi le Canadian Opera Company réussit à présenter un Ring de Wagner mis en scène par des Canadiens et pas Montréal? Pourquoi c’est le MET qui demande à Robert Lepage de mettre en scène Wagner et pas l’OdM?
      Je ne parle nécessairement d’une relecture d’un opéra de Wagner, mais simplement d’une… lecture, straight et bien faite! Pas besoin de mettre des nazis partout ou de faire se dérouler l’action sur Neptune… Un opéra comme Les maîtres-chanteurs justement -à part l’épineuse question de la longueur!- est un opéra “facile” avec une belle histoire et de la belle musique. Des airs et des choeurs.
      Enfin, je ne parle pas que de Wagner -qui probablement aurait comme effet de détourner le novice à jamais de l’opéra!- mais d’une approche de l’opéra qui soit un peu plus profonde que “des beaux airs qui nous font pleurer à la fin” et “des beaux costumes”.

      Il est surprenant quand on sait comment les Montréalais sont ouverts quand il s’agit de théâtre ou de danse contemporaine (dont Montréal est un phare) de voir une programmation si, désolé!, provinciale… à moins que ca ne soit les décideurs qui sous-estiment le goût des mélomanes…

    • @jaypee Les Montréalais n’ont rien de moins que les Seattlois. Vous avez raison. De plus, comme il faut environ 10 ans pour avoir un billet à Bayreuth, j’imagine qu’il n’y aurait aucun problème à remplir la salle un certain temps.
      En ce qui me concerne, même avec les beaux costumes et la musique qui fait pleurer à la fin…( j’aime votre humour) l’opéra ne me fait pas vraiment vibrer, vous l’aurez sans doute compris.. Par contre, je suis sensible à votre argumentation et je souhaite que les ‘décideurs’ aient l”oreille tendue et entendent vos propos de mélomane.

    • @jaypee et norvegequebec

      Merci à vous deux pour cet échange instructif et d’autant plus intéressant !

    • Les “Seattlois” ont sûrement plus d’argent…Et ici, on n’est pas très populeux comparé à nos voisins du sud. De plus, il est reconnu que Montréal regorge de bons spectacles de tous genres et que cela divise la clientèle possible au point de mettre certaines institutions en péril (compétition).
      L’opéra de Mtl essaie d’assainir ses finances et ne veut malheureusement pas prendre de risques. Aussi, ils ont emputé la saison2005-2006 de Oedipus Rex de Stravinsky , avec mise en scène de François Girard (film Le violon rouge). Je trouve que c’était là se tirer une épine dans le pied !. C’est justement ces ouvres plus rares et moins “bonbon” comme vous dites qui attirent les plus jeunes et aident à renouveler l’auditoire de l’OdM. Leur marketing laisse sûrement à désirer… Personnellement, j’en ai marre de leur pub de face de clown mal maquillé… Remâché des années précedentes, en plus mal remâché.
      Je suis de votre avis que présenter des oeuvres moins jouées ou d’écriture plus moderne, mises en scène par de réels artistes, attirerait une clientèle de touristes pour Montréal, et aussi une clientèle plus jeune. De plus, ça aiderait à abattre des préjugés sur cet art.
      Il rest equ’un opéra n’est pas fait que pour être vu, ni que pour présenter des traits orchestraux intéressants. C’est pour moi une des expressions artistiques humaines les plus intimes et profondes, car c’est le corps de l’interprète qui en est l’instrument. Le chant, c’est l’âme mise à nu.

    • @ zebrinne

      Justement, je ne suis pas convaincu qu’on attirera des jeunes en 2009 avecI Pagliacci ou Tosca ou qu’on renouvelera l’auditoire avec des oeuvres que l’on connaît par coeur et qui, c’est une opinion personnelle (donc débattable!), sont d’une esthétique qui n’a plus tellement de lien avec la société actuelle. Je ne dis pas qu’il faut bannir l’opéra italien, simplement d’éviter de se limiter qu’à ça. Je viens de voir “Death in Venice” de Benjamin Britten -certainement pas un opéra “facile” – et l’intensité de l’oeuvre, la qualité de la production et le talent des musiciens présents a rendu ma soirée -à mon goût- mille fois plus émouvante que toutes les morts de Mimi, Tosca, Cio-Cio San et de Violetta mises ensemble!!! Et la “difficulté” (relative) de l’oeuvre a été complètement transcendée au point de toucher tout le monde dans la salle.

      L’annulation d’Oedipus Rex -pas l’oeuvre la plus sexy de Stravinsky mais certainement un effort louable de se sortir du carcan “Flûte enchantée – La Bohème – Les pêcheurs de perles”- est justement un exemple probant de cet abandon de l’OdM de faire quelque chose d’autre.

      Je continue de penser qu’on a plus de chance de convertir un jeune ou un novice avec une oeuvre “in your face” comme Wozzeck, Elektra ou même Carmen qu’avec le sentimentalisme du bel canto. Mais c’est une opinion personnelle.

      Quant à Seattle vs. Montréal, je crois qu’au point de vue de la population, c’est à peu près kif-kif… Et à voir le prix des billets pour les shows rock et pop, je ne suis pas si sûr que l’argent soit un facteur… Depuis un an, les concerts qui m’ont coûté le plus cher sont ceux de Bruce Springsteen et de Leonard Cohen, pas l’opéra… En fait, j’ai vu le Ring de Wagner au complet (4 soirs de 5 heures en moyenne) pour le même prix que mon seul concert de Cohen!

    • Bonjour, je le sais pas pour convertir les jeunes. Et l’Opéra je trouve quand même que c’est assez dispendieux, ils offrent bien des forfaits pour les 18-30 ans et des rabais pour les 17 ans et moins…

      Pour les plus petits budgets, je suggérerais l’Opéra de McGill, par exemple :

      http://www.music.mcgill.ca/~cp/pdf_files/09-10/ENG/Opera.McGill.ENG.pdf

      Je ne suis pas allé encore, moi j’allais voir il y a quelques années, les représentations gratuites .

      J’en ai regardé un peu à la télé aussi ou écouté à la radio, j’étais plus dans ce mood là il y a disons plus de 4 ans.

      J’aimerais bien y aller tout de même une fois à l’Opéra de Montréal. Quelqu’un vient juste d’écrire que l’argent n’est pas un facteur… Mais c’est une question d’offre et de demande. Moi j’y vais pas voir les artistes internationaux dont les billets sont en vente et tous vendus des mois d’avance…

      En haut de 45$ ? C’est trop cher pour moi. Bon mais pour vivre une expérience d’un soir, on peut faire une exception.

    • @ tous

      Je tiens à faire remarquer que la critique est très positive à l’endroit du premier programme de cette 30e saison de l’ODM. Doit-on faire acte d’humilité et admettre que le public présent, les connaisseurs et la critique ont raison de tripper si fort ? Ou encore souligner l’étanchéité de la bulle opéra par rapport aux autres mondes de la musique ?

    • À Jaypee2, juste par simple curiosité… est-ce à Vienne que vous auriez vu le “Death in Venice”?

      Je pense qu’il n’est pas vraiment utile de comparer la situation entre différentes villes. Ne vaudrait-il pas mieux s’interroger sur des solutions qui permettraient peut-être à long terme d’enrichir la vie culturelle québécoise? Je crois que l’administration de l’OdM n’est vraiment pas l’élément principal à blamer, mais plutôt l’incapacité de Montréal à supporter plus qu’UN réel orchestre. Il faut se render à l’évidence, qu’avec 4 production par année, (5 si on compte la comédie musicale qui nous a été offerte en décembre), l’OdM est un organisme d’un poid infime dans la balance culturelle de Montréal. L’orchestre symphonique draine à lui seul la grande majorité du public et des ressources monétaires qui permettraient à l’OdM de produire plus et mieux. Si je suis bien informé, un opera est tellement cher à produire, que le coût reel pour une telle enterprise est bien au-delà du simple prix d’un billet. On m’a déjà dit que sans subvention publique, une place pour l’opéra de Paris coûterait environ 400 euros… voilà le reel coût des productions présentées dans les grands centres comme Paris… Le simple fait de dépasser les 3h entraîne ( temps supplémentaire ) des coûts additionnels qui dépassent probablement la capacité de l’organisme! Voilà sûrement pourquoi les 2h de temps supplémentaire requis par une telle enterprise est quasi impensable.

      Pour ce qui est de Seattle… je crois qu’il faut regarder plus du côté de l’argent que de la population. Je ne pense pas que l’économie de la Californie puisse se comparer à celle du Québec(La Californie à elle seule pourrait être dans le G8!?!).

      Voilà pour moi, l’état des choses. La société québecoise est loin d’offrir une éducation qui permettent aux gens d’être initié très tôt à ce genre d’oeuvres. Notre education donne priorité à autre chose, pour le meilleur ou pour le pire. Et quand je parle d’éducation, je ne parle pas seulement de celle de l’école mais de celle des parents. Si l’on pouvait amener seulement une génération à l’opéra… là serait à long terme le terreau duquel plus de productions intéressantes pourraient naître.

      En attendant, je crois qu’il ne faut pas sous-estimer le genre opera, et surtout ne pas lui prêter des aspirations qu’il n’a pas… L’opéra, avant le 20e siècle, est un art du divertissement… il faut mettre la rationnalité de côté, et essayer d’embarquer dans ces histoires invraisemblables. Je crois que si nous, amateurs d’opéra, sommes incapable de retrouver ce plaisir, je ne vois pas dans quelle mesure l’opéra à un avenir. Toute musique a de la valeure, mais il ne faut pas chercher R. Strauss chez Verdi… et vice versa! C’est la beauté de l’art, de tout pour tous les goûts!!!

      Pour ce qui est du prix… Oui, l’opéra ça coûte cher… alors à nous de s’interroger si le jeu en vaut la chandelle. Pour moi, il n’y a pas meilleur antidote pour arrêter le temps l’espace de 3 ou 5 heures, arrêter la vie ultra technologique…

    • @ dominicus1945
      Oui, c’est à Vienne.
      Mais je ne compare pas Montréal et Vienne. Je voulais simplement dire qu’une oeuvre forte, même éloignée du goût du public (Britten à Vienne, c’est comme… Wagner à Montréal!!!), touchera le public. Et je ne suis même pas un fan de Britten!
      Pour ce qui est de la sensibilisation du public, je trouve que l’approche viennoise (et new-yorkaise, en passant) est la meilleure: non pas de la musique plus “facile” mais plutôt des conditions faciles. Un billet debout à l’Opéra de Vienne coûte moins de 5 dollars. Au parterre, cela correspond à la vingtième rangée. Imaginez-vous à Wilfrid Pelletier, 20e rangée, à voir Placido Domingo, Anna Netrebko, Bryn Terfel et cie. Voilà une manière de se gagner un public. Je l’ai fait pendant plusieurs années -3, 4 fois par semaine parce que c’est tout ce que j’avais les moyens de me payer (à l’époque, c’était 2 dollars…)- et maintenant, je me paye des billets assis. Justement parce que j’ai été sensibilisé… et que j’ai vu de tout, du moche, du génial, du difficile et du facile…

      Je suis d’accord avec votre argumentation que toute musique “a de la valeur” et je ne me prive pas de voir les Arcade Fire, Nick Cave, Lou Reed, les Stones, Dylan quand ils passent par Vienne, en plus du jazz et du classique. Simplement, je me demande pourquoi l’OdM est si frileux. Encore une fois: nommez-moi UN opéra de Wagner présenté à Montréal au cours des 20 dernières années (à part le Vaisseau fantôme, qui est le moins “wagnérien” des opéras de Wagner…). Pourquoi cette frilosité?
      La ville qui a produit Marie Chouinard a t’elle peur d’une musique composée il y a 150 ans?!? Pourquoi?

      En passant, Seattle, ce n’est pas en Californie. D’où mon exemple justement… Je ne comparerais pas Montréal et Los Angeles… Mais Seattle me semblait probant… Mais j’aurais pu prendre Toronto… Ou Houston, pourtant situé en plein Texas (six opéras: L’elixir d’amour de Donizetti, Tosca de Puccini, Lohengrin de Wagner, The Turn of the Screw de Britten, la Dame de Pique de Tchaikovski et Xerxes de Haendel.). Si l’OdM avait une telle programmation, j’applaudirais des deux mains.

      @ Alain
      La critique peut être bonne compte tenu des circonstances. Il reste que c’est une programmation EXTRÊMEMENT frileuse indigne de la ville qui a déjà accueilli une exposition universelle. Ceci dit, l’opéra n’a pas à être ouvert aux autres formes musicales : reproche-t-on au rap de ne pas s’intéresser à la musique classique?Les fusions entre genres trop différents ont rarement donné quelque chose de bon: y a t’il quelque chose de pire qu’un chanteur de pop qui chante du classique ou des standards de jazz? ou de classique qui chante du jazz ou de la pop?
      L’opéra doit cependant s’ouvrir au nouvelles formes de théâtre et de l’art multi-média.

    • Ce blogue est vraiment intéressant…

      Voici quelques commentaires:

      * Je suis d’accord avec Jaypee, idéalement, l’OdM devrait présenter quelques oeuvres moins ”conventionnelles” chaque saison. Je préfère Wagner, R. Strauss et Berlioz à certains operas italiens. Par contre, les opéra de Puccini et Verdi m’ont fait découvrir ce merveilleux ”monde” et je crois qu’ils doivent aussi être présentés régulièrement afin de continuer le recrutement…..

      * Pour dominicus, il existe maintenant des options moins dispendieuses pour voir des opéras. Cette année encore 9 opéras seront présentés en direct du Met de N-Y en HD dans plusieurs cinémas de la région. Pour environ $ 25 on peut voir en direct de très bons chanteurs dans de superbes productions – l’an dernier La damnation de Faust, Tristan et Iseult, et quelq / valaient vraiment le prix d’entrée.

    • Désolé pour l’erreur géographique!! J’étais convaincu que Seattle était en Californie… hum…! Sans commentaire! C’est très drôle parce que j’habite aussi à Vienne depuis 4 mois maintenant et je profite aussi de ces places debout. Quelle merveille de pouvoir voir tant d’opéra! Je n’ai que 24 ans, alors je ne peux pas vraiment juger l’OdM sur la durée! Je suis moi-même musicien, et je sais que la principale contrainte derrière ce genre de problème… est l’argent. On ne s’en sort pas. Mais en gros OUI… je suis d’accord que la programmation pourrait être plus originale. J’adore être avocat du diable voilà tout…

      Pour ce qui est du prix, je crois au contraire que le prix de notre billet est bien en dessous de la valeur réelle de ce qui nous est présenté…

    • @ sb4004
      C’est vrai j’oubliais: ces opéras présentés live dans des conditions parfaites dans des salles de cinéma. Voilà une initiative géniale. Je suis sûr que d’autres maisons d’opéras à travers le monde vont suivre. Ce sont des idées trucs pareilles qui vont gagner un nouveau public: non pas en “démocratisant” le produit (il l’est déjà de toute façon), mais en démocratisant les conditions d’écoute sans toucher à la qualité.

      @ dominicus1945
      Quand je suis arrivé à Vienne il y a 16 ans, j’avais l’impression d’avoir été placé dans un magasin de bonbons…
      Et, oui, les places coûtent à l’état beaucoup plus que ce que nous payons. Au Theater an der Wien par exemple, il semble que chaque place coûte près de 400 euros à l’état. Ce qui confirme ce que vous disiez à propos de l’Opéra de Paris.
      En passant, je serai à Lohengrin dimanche au Staatsoper.

    • @ jaypee2 et aussi @ tous

      Lorsque je dis que l’opéra est cher, je veux dire que c’est cher à produire. Et l’argent, c’est plus difficile à amasser quant on est 7,000,000 de population au Québec plutôt que 220,000,0000 comme aux USA! L’OSM prend une énorme part du gâteau des subventions, c’est aussi correct. Cependant, les institutions culturelles sont lourdes pour un petit “état “jeune comme le Québec. Et en ce qui concerne Toronto, elle a souvent une plus grosse part du gâteau même si les créateurs les plus prolifiques et génials de notre pays sont souvent québécois…
      Pour ce qui est du spectateur, il y a souvent des billets très abordables, là n’est pas la question.
      L’opéra, même conventionnel, est un genre musical à protéger, car c’est une manifestation de la culture humaine. On peut se régaler de sushis, d’insectes frits au miel ou même de cervelle crue de singe vivant (j’espère que c’est maintenant interdit…), ça n’empêche pas qu’un bon roastbeef, ou une blanquette de veau, un St-Honoré ou simplement un tabouleh millénaire, à l’occasion, c’est bon ! Il y a de la place pour tous les goûts, et malheureusement, je ne crois pas que “les jeunes” dont je ne fais plus partie, soient tous enchantés par Wozzeck. J’en connais beaucoup que ça rebuterait et qui préfèrent encore des situations romantico avec des sentiments faciles. Personnellement, les sentiments amoureux, ça n’est pas ce que je trouve le plus intéressant à l’opéra…
      Cependant , je peux voir un opéra comme un témoin d’une époque qui me renseigne sur un tas de trucs , de la même façon que je contemplerais un Renoir au musée alors que, bon, ça n’est pas ma tasse de thé car je préfère encore là le contemporain et surtout l’abstrait.
      Je vois que nous parlons entre musiciens, et, vous semblez tous bien plus versés que moi en littérature de l’opéra (je préfère la mélodie, le Lied et la musique sacrée, ou des trucs moins conformes comme les Gurrelieder de Schoenberg). Cependant, n’oublions pas que la plupart des spectateurs aiment à être divertis et ne cherchent pas comme nous à faire des découvertes stylistiques.
      En tant que chanteuse, je reviens aussi à mon idée première: LE CHANT. Je réalise qu’aucun de vous, sauf peut-être Alain Brunet, n’en faites mention. Je peux vous assurer que beaucoup d’amateurs d’opéra y vont pour entendre des voix célèbres, ou encore découvrir de nouvelles voix. La voix, c’est comme vos empreintes digitales: aucune n’est pareille ! Et c’est fascinant ! Il faut donc admettre que les spectateurs ont des attentes et des optiques différentes de nous vis-à-vis d’une oeuvre. Et les institutions savent bien ce qui se vend bien!
      Quant à la culture musicale générale des québécois, eh bien le fait que Dominicus et beaucoup de jeunes puisse étudier à l’étranger démontre bien l’évolution de nos moyens et l’ouverture du Québec sur le monde. Pour un jeune peuple de 400 ans, descendant souvent de fermiers et coureurs des bois, on se débrouille bien ! On a maintenant plusieurs écoles primaires et secondaires publiques offrant “option musique”, ce qui n’existait pas “dans mon temps”. Les conservatoires sont dans plusieurs régions et il y a une multitude d’écoles privées en musique, petites ou grandes, et aussi de camps musicaux d’été subventionnés par l’état. Par exemple, l’école de musique Vincent d’indy (privée) compte plus de 400 professeurs affiliés à travers la province.
      Il est vrai que Radio-Can a délaissé le support aux arts en général en coupant toute émission plus spécialisée. Pendant ce temps, Coaillier se cultive et son poste prend du jalon. Au contraire de ce que vous pensez, je crois que de plus en plus de gens ont accès à l’écoute de musique classique ou contemporaine “sérieuse”, ne serait que, à leur insu, à travers la bande sonore d’un film. Il faut admettre qu’ils ont le droit de ne pas en être des fans et de préférer mettre leur argent pour écouter de la pop ou autre.
      L’opéra n’est qu’un des genres du chant classique et baroque, et, quel qu’il soit, c’est un témoin et une manifestation de la créativité humaine qui a droit de tribune.
      Et pourquoi ne parle-t-on pas des opéras rock ou populaires, c’en est aussi ? Et l’opérette est aussi un genre en recrudescence. Et là, pour les sujets bonbons ou à l’eau de rose… Oui, oui, je vous jure qu’il y a un public piur ça ! Ça change de la grisaille de la politique ! Il y a des doctorats qui se font actuellement sur ce sujet. De la même manière qu’on a ressorti les oeuvres de Bach, et qu’aujourd’hui on ressort un tas de baroques oubliés, l’opérette regagnera peut-être ses galons !

    • @zebrinne wow! quelle sortie! vous avez un point de vue articulé et intéressant. Oui l’opéra est cher à produire surtout si on parle de Wagner où il y a parfois beaucoup beaucoup de monde sur la scène et qui exige des talents hors du commun. La soprano norvégienne Kirsten Flagsted disait que pour chanter Wagner, il fallait surtout une bonne paire de souliers… mais on peut se permettre un tel sens de l’humour quand on a une telle voix!
      Je ne sais pas ce que vous pensez de son affirmation mais le chant, lorsque rendu à un tel niveau de performance est certainement un exercice physique considérable…
      @jaypee2 Bon Lohengrin!, cet opéra qui a révélé Wagner a Louis 2. Cet opéra a été le ” in your face” de Ludwig 2, pour reprendre votre expression!!! L’amour at first sight… Enfin, je ne sais pas ce qui serait advenu de l’oeuvre de Wagner sans ce formidable mécène, qui était, disons le, à des années lumière d’un gouvernement conservateur…

    • @zebrinne Je suis vraiment en accord avec vous, on est sur le bon chemin au Québec! Et oui, je partage votre point de vu sur l’évolution rapide de la culture au Québec vu “d’où on viens”. Je crois que vous décrivez bien l’état des choses. Je crois par contre qu’il faut essayer de pousser les limires et améliorer les choses, et c’est ce que je voulais dire quand je disais que l’éducation au Québec ne permet pas la découverte de musique classique. Je crois que si on veut avancer il faut comme vous le faites regarder le bon côté des choses mais surtout réfléchir à la prochaine étape. Par exemple : améliorer l’enseignement général de la musique dans les écoles primaire et secondaire. J’ai moi-même reçu et découvert cette passion à l’école par hasard à 5 ans… passion qui a été cultivée par ces fameux programmes “option musique”. Mais ce fameux programme qui avait 25 ans à été détruit il y a quelques années…

      Pour en revenir à l’opéra, le chant est bien entendu au coeur de l’opéra. Le chant et l’orchestre, et pour ma part, ce serait probablement la première chose à améliorer à l’OdM. Je me demande quand l’OSM sera l’orchestre officiel de l’opéra. Voilà une chose qui pourrait, de manière réaliste améliorer les productions. Pourm moi, avant de monter un Wagner, il faudrait améliorer la qualité musicale de l’OdM.

    • @ zebrinne
      “Et pourquoi ne parle-t-on pas des opéras rock ou populaires, c’en est aussi ?”

      Bien sûr. Starmania est génial. Je ne sais pas ce que vous voulez dire par “populaire” (au sens de “connu” ou au sens stylistique?) mais, personnellement, je suis un fan de vieilles comédies musicales, celles des Gershwin, Cole Porter etc… dont les chansons ont servi et servent encore de terreau aux musiciens de jazz. Quand Miles Davis joue Porgy and Bess, c’est aussi beau -et complètement différent- de l’original. Et je n’ai que la plus grande admiration pour Carmen, les opéras de Mozart et plusieurs autres opéras “populaires” (au sens d’universellement aimés). Mais il n’y a pas que ça…

      Et vous avez raison quand vous parlez de l’importance du chant. Bien sûr, c’est pour ça qu’on y va! Et qu’on y retourne… J’ai vu certains opéras une dizaine de fois -dans la même mise en scène- justement pour entendre certains chanteurs.
      Et bien sûr, on a le droit de ne pas aimer l’opéra! Je n’ai jamais prétendu le contraire!!!
      Mais il reste que l’âge moyen du public aux concerts classiques (incluant l’opéra) ne rajeunit pas. Même à Vienne! Et comme il en coûte plus cher pour voir Madonna, je ne crois pas que le coût des billets en soit le seul responsable. Peut-être est-ce un genre vieillissant… Je ne sais pas… Mais je ne crois pas que faire chanter Placido Domingo dans un Walmart ou de faire chanter Nessun Dorma par Micheal Bolton soit une solution.
      Personnellement, je crois qu’il faut une programmation solide, une campagne de pub bien faite, des prix abordables et des initiatives visant à présenter le produit tel qu’il est, sans le diluer. Les productions du MET au cinéma sont une excellente idée (admettons-le, il est plus difficile de se familiariser avec un opéra quand il manque l’aspect visuel). Les collaborations avec des gens de théâtre (comme Lepage justement) et l’utilisation des progrès techniques sont également des moyens de garder cette forme d’expression artistique actuelle et “parlante” et non pas comme une relique issue d’une autre époque qu’on va voir dans une atmosphère vaguement funéraire. Ca doit vivre tout ça! Quand je vois certains mélomanes et certains critiques (suivez mon regard…) donner l’impression d’appartenir à une caste et à se comporter comme des grands seigneurs rien que parce qu’ils aiment la grrrrrrrande musique et qu’ils méprisent le reste, ça me fait sortir mes cd de Public Enemy et je me dis que ce sont ces gens-là qui nuisent le plus à la musique classique.

      “Cependant, n’oublions pas que la plupart des spectateurs aiment à être divertis”
      Le grand chef d’orchestre Nikolaus Harnoncourt disait dans une entrevue qu’il comprennait qu’après une journée de travail, on puisse avoir envie d’un divertissement. Mais il ajoutait que s’il avait l’impression de n’être là que pour ça, il arrêterait immédiatement de faire de la musique. Je suis d’accord avec vous… hélas!

      @ norvegequebec
      Mettons que sans Louis 2, il n’y aurait pas de Wagner. Comme quoi, ne pas avoir de problème de cash, ça contribue à la création!

      Bon! Je crois avoir assez monopolisé le crachoir!

    • @Jaypee
      Je dois partir à Montréal pour une semaine (immigration autrichienne… j’imagine que vous connaissez…), alors je ne serai pas à l’opéra dimanche! Ça m’intéresserait de rencontrer quelqu’un qui a décidé de faire sa vie ici. J’espère que nous aurons l’occasion de nous croiser lors d’une représentation! Je vous laisse mon adresse e-mail.
      dominicus1945@yahoo.com

    • @zebrinne

      D’abord, grand merci de vos opinions éclairées sur le sujet – tout comme JayPee, Dominicus1945 et les autres. Juste un détail : nous ne parlons pas entre musiciens comme vous semblez déduire. Bien au contraire ! Je crois fermement que le grand public amateur de musique peut fort bien absorber tout ce qui s’écrit sur le blogue. Un média qui se dit “de référence” doit donner un max de références à ses lecteurs. Les enjeux de l’art font partie de ces références.

    • Je suis d’accord avec M. Brunet. Je suis convaincu que le non-musicien/non-artiste peut parfaitement comprendre ces enjeux et je suis heureux que ce soit mentionné. Je crois que les artistes ont une tendance (et je m’inclus) à se fermer sur eux-même et à oublier que l’art est l’affaire de tous. Merci.

    • En effet, j’ai bien appris le piano une couple d’années mais ça fait pas de moi une musicienne. On se comprend!! Pourtant je trouve ce blogue vraiment intéressant. Un vrai régal même. J’en oublie que je n’aime pas vraiment l’opéra et j’ai soudain le goût d’aller faire une saut à Vienne et me prendre une place debout à l’Opéra :-). J’apprécie la façon dont les enjeux sont nommés et l’ouverture de tous à tous les genres de musique. Je trouve que ce blogue est riche en contenu et je me dis que c’est dommage que quelques personnes ici ne soient pas dans l’entourage des grands stratèges qui décident de la promotion de l’art.

    • @Alain
      Je sais très bien que nous sommes dans La Presse et j’ai essayé de maintenir mes propos au niveau de l’appréciation purement “épidermique”. J’ai une formation en musique mais je dois admettre que la plupart des dicussions intéressantes sur la musique, je les ai eues justement avec de “simples” mélomanes. Je mets des guillemets justement parce que pour moi, quelqu’un qui ressent la musique -avec ou sans formation- a forcément un discours valide et pertinent.
      Je trouve intéressant cette discussion sur la musique classique… Preuve qu’il y a des gens intéressés et qui peuvent et veulent en discuter sans oeillères.

      Et si quelqu’un écrit que bien qu’il n’aime pas l’opéra, il a envie d’essayer ca, “live”, je me dis, wow, l’opéra a encore des jours heureux devant lui… Suffit de bien le présenter!

      “De la musique avant toute chose…”

    • @ Alain
      Mais certainement que ce blogue s’adresse à tout le monde et peut être compris de tous !Aussi, e suis désolée si j’ai pû faire croire dans mes propos quelquechose que je n’ai pas dit ! En fait, lorsque j’ai affirmé “je vois qu’on parle entre musiciens”, je constatais justement que Dominicus est étudiant en musique et que les autres interlocuteurs étaient encore plus connaissants que moi du répertoire d’opéra, donc évidemment de grands mélomanes passionnée ! Et je mettais justement une mise en garde sur nos attentes en tant que musiciens et mélomanes avertis qui sont peut-être plus pointues, et c’est normal, que les attentes d’un mélomane moins passionné et versé dans la chose.

      Je remercie @jaypee2 pour le compliment qu’il me fait, (que je suis articulée) car je craignais de passer pour ringuarde dans ce blogue. Sincèrement, TOUS les participants m’impressionnent ici beaucoup ! Vous démontrez un tel intérêt pour l’opéra et tous les arts de la scène, c’est impressionnant !Et ça me fait réaliser que je suis paresseuse de ne pas en écouter plus alors que je suis à même d’emprunter des vidéos!

      @ jaypee2
      Oui, dans ce milieu, il y a du snobisme (la grrrrande musique….) et pour être accepté dans ce milieu, il faut, dès les études, montrer patte blanche, ne jamais critiquer ou vouloir améliorer le milieu, etc. Oui, c’est conservateur, et dès l’école, côté interprétation en tous cas, on fait tout pour vous mouler à ça plutôt que de vous apprendre à être créatif et à avoir de l’initiative. Par exemple, un professeur m’a déjà dit que je n’avais pas le comportement habituel d’une chanteuse ! Comme si un chanteur n’est pas un être humain avec sa propre personnalité ! Que de préjugés et de conformisme…C’est peut-être différent pour les étudiants en composition par exemple (?) car il s’agit de création, donc automatiquement “d’actualité”…

      J’apprécie ce que fait Kent Nagano pour faire entendre l’orchestre à d’autres publics. Je ne crois pas que l’on doive sous estimé le mélange des styles (Pavarotti et Céline Dion par exemple). Même si ça ne me plaît pas moi non plus, ça ouvre des horizons à d’autres publics que celui de la musique classique en général et c’est un outil de promotion à mon avis important, non seulement pou faire connaître la musique classique, mais aussi pour aller chercher des talents qui se découvrent soudainnement intéressés par ce genre et s’essaient à prendre quelques cours.
      J’aimerais trouver une façon de faire des concerts actuels et tripatifs , avec mise en scène et effets visuels, sans que ça coûte la peau des fesses… C,est un travail à plein temps, et il faut être articulé dans plein de domaines. Bon, mais c’est un autre sujet.

      @norvegequebec
      Vous avez raison ! On devrait moins se gêner pour exprimer ce que l’on pense aux “décideurs”. Il y un mouvement je crois pour la “démocratisation de la musique” présentement à Montréal. On ne devrait pas se gêner pour écrire plus souvent à la direction de l’Opéra de Montréal ! En tant que Zébrinne, je vous y invite tous !

    • @ Alain
      J’ai enfin vu et entendu Pagliacci et Gianni Schicchi ce soir. Superbe ! Et oui, pour en revenir à un point de votre article, il y a peut-être quelque chose d’appréciable seulement par les connaisseurs, comme après tout dans tous les domaines !
      Durant les 2 représantations de ce soir, je me suis souvent demandé si je m’identifiais à ce scénario, à cet esthétique etc. Fatiguée, j’ai même failli cogné des clous pendant Pagliacci. Cependant, quelle énergie, quel drame ! Pour Hervieux, ça me paraissait comme une performance olympique. La fin était réellement touchante. Et la mise en scène assez athlétique pour M-J Lord qui se faisait jeter par terre et bousculer virilement …
      Mais dans le Gianni Schicchi, en plus, voix sublimes !
      Oui, plus on en écoute, ou plus on travaille nous-mêmes notre voix, plus l’oreille se raffine, et évidemment plus on apprécie une foule de détails, c’est comme en toute chose !
      Aussi, je me sens enrichie d’avoir eu le privilège d’assister à ces 2 représentations. Même si des trucs là-dedans semblent gnagna, même si d’autres trucs semblent démodés, déjà vus, déjà entendus… Il y a un mystère, et ce mystère c’est peut-être le sublime qui émane de tout cela.

    • Bonjour,

      J’aimerais savoir ce que vous pensez de ceci :

      http://www.youtube.com/watch?v=KK6du019_V8&feature=related

      Merci !

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