Bien sûr, notre couverture des FrancoFolies est différente de celle du Festival de jazz, vaisseau amiral des festivals montrélais. Vu que nous sommes au terme d’un marathon festivalier depuis le début de juin (Mutek-Suoni-Jazz-Nuits d’Afrique-Osheaga-MEG-Francos), nous sommes plus nombreux à couvrir moins de matière chacun.
Je suis néanmoins sorti chaque soir depuis le début des Francos, sauf un samedi passé à Osheaga, et la nuit de dimanche à lundi sur le Meg-Boat. Boum-boum à profusion, néanmoins supertrip nocturne sur le Saint-Laurent. Au retour, vers 3h du mat, ça flashait fort lorsque le bateau est passé sous le pont Jacques-Cartier et qu’on a fait gimper le volume.
Alors, que dire du reste ?
* Tout a été dit sur Coeur de pirate. On suggère d’ailleurs à notre ami Ghost de nous faire parvenir sa thèse sur la belle-et-jeune-blonde-Québécoise-qui-fait-dans-la-pop. Il va finir par publier, je vous dis ! Blague à part, Ghost, vos remarques sur la question sont très appréciées.
* Ai trouvé sympathique et prometteur le mariage PayzPlay et Artist of The Year.
* Ai aimé le Français Spleen et son groupe funky-groove, pour le peu que j’en ai vu.
* Ai trouvé belles les pousses de Movèzerbe, même si encore frêles, même si ça pousse un peu croche.
* Étais content d’avoir flairé Roi Poisson l’an dernier. Bien que prometteur, le groupe était encore très échevelé lorsque je l’avais vu sur scène, fin 2008, dans ce même Cabaret Juste pour rire. Je suis tenté de conclure à une progression fulgurante mais je préfère modérer mes transports. En tout cas, ça torche vraiment, ce Roi Poisson. C’est totalement keb dans l’expression, en plus de balancer une pop assez singulière (prog, rock indie jazz, néo kitsch, blues, psychédélisme, gamineries, etc.) qui a un potentiel de masse. C’est joué solidement, ça peut délirer comme ça peut faire de très solides démonstrations de musicianship.
* N’ai pas du tout trippé sur Nouvelle Vague. Pas été convaincu par l’enthousiasme palpable sur le parterre. Groupe assez moyen, en somme, paire de chanteuses moins que moyennes. Concept charmant pour le studio… qui se dégonfle sur scène, le tout précédé d’une Patère Rose à laquelle je n’ai pas non plus accroché malgré de nobles intentions… et qui m’a ramené parfois à Cégeps en spectacle.
* Ai contemplé Juliette Greco, que je contemplais pour la énième fois et dont je savais que ce serait plus ou moins similaire aux fois précédentes. So what ? C’est déjà très honorable pour une octogénaire aussi monumentale que de donner un récital avec une telle précision, une telle grâce. Ben oui, je pourrais m’étendre sur mes bémols, je préfère m’en tenir à la contemplation de Greco, inatteignable tant et aussi longtemps qu’elle nous offrira de telles soirées.
* Ai trouvé très correcte la prestation de Khaled, crooner assumé du raï moderne, LA voix de l’Algérie pop. Et que dire de ce ciel qui s’est éclairci comme par magie – ce qui a ausi sauvé la croisière du MEG.
* Ai fait du rattrapage en assistant au spectacle de Martin Léon. Son jardin est parfois clairsemé, mais on finit par apprécier l’espace entre les plantes. Bel aménagement poétique, l’intelligence du coeur, une tête remplie de questions impossibles à résoudre, un joli sens de l’absurde, bon humour en prime. De surcroît un accompagnement solide et raffiné, avec notamment l’excellent Rick Haworth et sa forêt de guitare, ou encore la violoncelliste et choriste Mélanie Auclair. Bonne tête, celle de Martin Léon.
* Ai été très touché par l’impact massif du spectacle en extérieur Poussières d’étoiles, un événement populaire (et pas très singulier) à la mémoire de Dédé Fortin, célébré par ses ex-collègues avec l’appui de quelques stars locales: Sébastien Plante (?), Paul Piché (?), Marc Déry… Lorsque ce dernier a annoncé le dévoilement de La Comète, une chanson inédite de Dédé avec la voix de Dédé et l’accompagnement en direct de ses Colocs, l’atmosphère était chargée au-dessus de cette foule considérable, peut-être la plus considérable de toutes les FrancoFolies 2009. C’était touchant de voir ces dizaines de milliers de gens fredonner les paroles. On réalisait à quel point l’oeuvre de Dédé a marqué notre imaginaire collectif. Pour les bonnes raisons.
* Ai trouvé Daby Touré, fils d’un des Touré Kunda, un peu redondant par rapport à ce que j’ai entendu de lui jusqu’à maintenant. Cela étant, je ne cesse de me réjouir qu’un Africain de l’Ouest (transplanté à Paris) puisse monter un vrai power trio, capable d’hybrider des grooves mieux connus en Occident tout en conservant une vraie saveur africaine.
* Ai trouvé Martha Wainwright mal préparée pour son récital en français au Théâtre Maisonneuve. D’entrée de jeu , le choix de Piaf (ses chansons connues et moins connues) comme principal élément du corpus ne m’a pas plu particulièrement, vu le caractère vachement redondant de l’exercice. La salade était mixte, il faut dire en revanche. De Richard Desjardins à maman Kate et tante Anna (présentes comme prévu), la salade était néanmoins constituée d’aliments un peu disparates. On a beau trouver charmante cette grande spontanéité du clan McGarrigle, il y a quand même des limites. Voilà un récital qui manquait cruellement de soins.