Alain Brunet

Archive du 4 juillet 2009

Samedi 4 juillet 2009 | Mise en ligne à 22h03 | Commenter Commentaires (11)

Joshua, Joyce, Brian, Miles from… Montréal

Ainsi donc, nous sommes déjà au second tiers du 30e FIJM.


Joshua Redman, Aaron Parks, Eric Harland, Matt Penman

Le second volet de la série Invitation démarre au Gesù avec Joshua Redman, Aaron Parks,Eric Harland, Matt Penman. Par le nouveau quartette du second artiste en résidence à la série Invitation. Dès les premières secondes, on ressent la jeunessse de l’ensemble. Le début de l’aventure. On pourra bientôt en évaluer la soudure, ce oumffh qui fait la différence entre les grands concerts de jazz et les concerts corrects qui se perdent dans la mémoire différée. Faisons confiance…
Assez rapidement, le dyamisme de Redman semble fédérer les forces en place, on commence à saisir pourquoi le leader fonde beaucoup d’espoir dans ce quartette. Oui, les morceaux du puzzle s’assemblent, les individualités émergent. Aaron Parks nous en apprend davantage que la veille sur la sensibilité et la délicatesse de son jeu, son attaque très proche des pianistes classiques, son étoffe harmonique, son sens mélodique, bref son univers instrumental qu’il estime être un prolongement de sa voix. Ajoutons à Parks et son motivé leader une section rythmique plus qu’impeccable : Eric Harland, un des plus grands batteurs de l’heure, et Matt Penman, superbe contrebassiste que je peux inscrire dans une veine comparable à celle de Larry Grenadier.
On atteindra des sommets avec un des meilleurs extraits de l’album Invisible Cinema, gracieuseté d’Aaron Parks, superbe composition vraisemblablement conçue pour quatre instruments. Voilà qui annonce le meilleur pour ce quartette.


Jazz samba : Joyce dépasse les attentes

L’immense réputation de Joyce Moreno était donc fondée. Ses albums n’étaient pas une vue de l’esprit, loin de là. Au Club Soda, nous avons effectivement devant nous un monument de musique brésilienne. La voix de Joyce Moreno en impose, plus puissante sur scène que je ne l’aurais imaginée à la lueur de ses nombreux albums.

Même si profondément ancré dans la culture brasileira, ce cadre est vraiment jazzistique, au-delà de l’argument bossa : piano très très jazz (Helio Alves), impeccable guitare rythmique très riche en harmonies (jouée par madame), solide contrebasse (Joge Helder) et batterie résolument jazz-samba (Tutti Moreno, son mari).

La vraie affaire.

Joyce nous sert quelques-uns de ses classiques à peu près inconnus en terre québécoise – par exemple Essa Mulher (qu’Elis Regina avait popularisé). Comme le font systématiquement tous les auteurs-compositeurs brésiliens, elle reprend des classiques du répertoire: Desafinado, Samba Da Una Nota, O Morro NaoTem Vez, des musiques de Dori Caymmi, Johnny Alf et même une évocation toute personnelle de James Joyce, son célébrissime homonyme.

Rassasié, dites-vous ? J’en fais le serment, j’irai au Brésil.

Miles from… Montréal

Après être sorti déçu de ces 45 minutes à l’écoute du saxophoniste Kenny Garrett  au théâtre  jean-Duceppe (manque flagrant de rigueur sur le plan conceptuel, jams inachevés pour artilleurs jazz-funk, errances gospel, tape-à-l’oeil instrumental, crowd pleasing ad nauseam,  j’en passe), j’entre au théâtre Maisonneuve, pas sûr sûr de mon coup.
Pour être franc, la rencontre de la musique classique indienne et celle de Miles Davis me semble inégale sur l’album double Miles from India, dont le buzz a néanmoins rempli la place à capacité.

Sur disque, certains arrangements m’ont semblé discutables, combinaisons inachevées, pour ne pas dire mal intégrées. D’autres, en revanche, ont été réussies et bien amalgamées par le réalisateur Bob Belden.

Sur scène ?  Ça s’annonce meilleur, malgré les carences d’intelligibilité inhérentes à une telle tribu débarquée sur scène. Dès le départ, on reprend des éléments des mythiques sessions électriques du fameux trompettiste.  Il faut dire que la tribu composite qui se présente devant nous a de quoi impressionner. Trois batteries, deux claviers, deux saxes, une basse,  six instrumentistes indiens.  Pas des deux de pique conviés au pique-nique. Que des musiciens excellents, capables de grandes performances individuelles et d’interactions probantes. On en déduit que la matière des années 50 sera servie dans un contexte qui ressemble davantage au Miles des années 70, avec en prime ces compléments fabuleux de musique indienne – mandoline, sitar, percussions de mains, flûte, etc.  On repassere in A Silent Way, All Blues, So WhatFlamenco Sketches, enfin la matière de Miles from India.. On retiendra de nombreux solos et échanges inspirés, signés Rudresh Mahantapa (sax alto), Bill Evans (ténor), U.Shrinivas (mandoline électrique), j’en passe.

En somme ? Plus musclé, plus fervent, plus collectif… mais rien à voir avec le Miles d’avant les sessions électriques.


Brian Blade + Fellowship Band: John Cowherd, piano, Melvin Butler et Myron Walden, saxophones, Chris Thomas, contrebasse.

Fellowship Band est le nom très juste qu’a donné Brian Blade à cet ensemble qu’il a fondé il y a dix ans et dont il a sorti trois albums depuis. Idéal pour une fin de virée, dans le cadre intimiste du Gesù.

Lyrique, convivial, consonnant, épuré, raffiné. Cette musique émeut et conduit parfois au recueillement, une impression qui s’accroit lorsque la clarinette basse est accompagnée par un harmonium. Les structures de ces compositions sont imaginées comme des chansons qu’on entonne, déconstruites comme des chansons qui deviennent prétextes à extrapolation jazzistique. Pas étonnant qu’on ait conclu sur une évocation de Daniel Lanois.

On comprendra pourquoi Brian Blade, ce grand maître de la batterie,  est un batteur si proche de la mélodie et de l’harmonie, bien au-delà de l’argument rythmique.

Rien de tel avant d’aller dormir.

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Samedi 4 juillet 2009 | Mise en ligne à 11h30 | Commenter Commentaires (2)

Bassistes femmes: au-delà de Tal et Esperanza

Puisque la thématique basse au féminin est dans l’air voici un petit survol audiovisuel. Vous verrez ce qui pousse sur la planète jazz (et plus encore) terrain éminemment fertile. On vous a amplement causé de Tal Wilkenfeld et d’Esperanza Spalding, voici d’autres femmes très doués qui valent le détour.


Esperanza Spalding

Tal Wilkenfeld

Bassida

Rhonda Smith (originaire de Montréal)

Alana, Duchess of funk

Van Hunt

Kristin Korb

Miriam Sullivan


Nik West

Zap Mama, la bassiste du groupe

Gail Ann Dorsey


Karla Willis

Amanda Ruzza

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