Bon, une journée s’est écoulée après ma critique en direct de Coeur de Pirate. Voici quelques menus ajouts, avant de lancer une série de billets sur les Francos et Osheaga.
Ouin…
Pour le marché québécois, Coeur de Pirate appartient aux phénomènes insoupçonnés. Plus que générationnel, pouvait-on observer à l’Astral. Beaucoup de jeunes adultes, mais aussi des fans d’âge mûr. Pour la France, cependant, il n’y a rien d’insoupçonné… Qu’elle l’aie prévu ou non, la pulpeuse petite dame adhère parfaitement aux critères d’une pop parfaitement intégrée chez les cousins.
Sur scène, cependant, Coeur de Pirate a beaucoup de croûtes à manger. Il faudra déployer beaucoup d’efforts avant de combler l’écart entre la scène et le buzz de son premier album. C’est vraiment mince, mais ce n’est pas poche.
Ça demeure de la pop bien élevée, de bonne qualité, en phase avec son époque (malgré les éléments référentiels), des mots d’amour généralement bien tournés dans un français qui peut traverser l’Atlantique. Aujourd’hui, un journaliste parisien invité au MEG m’a fait bien rire. Il croyait que Coeur de Pirate était on ne peut plus Française. Il fut très étonné lorsque je lui ai appris qu’elle était de Montréal !
Et puis il y a tout ce qui se greffe désormais autour du phénomène (plus de45 000 albums vendus au Québec, 40 000 autres en Europe francophone), le personnage à la fois candide et sexy, cette histoire de nudité sur le Net qui travaille pour elle finalement (hors du contrôle de l’ayant droit… qu’en pensez-vous ?), ce filet de voix dans le nez et tous ces S qui chuintent, cette dégaine des hauteurs montréalaises (où se trouvent des repaires de pirates, c’est connu) et des bonnes écoles, cette sincérité tout de même.
Un frame up ? Une fabrication ? Non. Sensibilité légèrement rebelle? Créativité bcbg ? Me semble que oui.
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