Alain Brunet

Archive du 16 avril 2009

Jeudi 16 avril 2009 | Mise en ligne à 13h04 | Commenter Commentaires (27)

YouTube symphonique… Legrand et Pelchat

Le critique du New York Times, peut-on lire ce jeudi, a été agréablement surpris par la première performance sur scène de cet orchestre symphonique monté de toutes pièces par un appel d’offres en ligne et un spectaculaire processus de sélection orchestré par le site d’hébergement YouTube.

Franchement, j’aurais bien aimé y être… mais le devoir (sans jeu de mots) m’appelait au Théâtre Maisonneuve pour y couvrir le concert de Michel Legrand et son nouvel interprète, Mario Pelchat. La joie, dites-vous ?
Blague à part, rendre compte d’un tel spectacle dans La Presse, c’est comme débarquer dans une grande réunion familiale et expliquer poliment aux convives ce qui cloche, ce qui peut être correct, ce pourquoi on ne trippe pas, ce pourquoi on s’étouffe de rire…
Pour être plus précis, les choses doivent être dites franchement sans qu’on méprise les goûts des membres de cette famille avec qui on ne partage ni les mêmes références musicales ni la même passion, encore moins le même sens critique. Et ce, sans se renier pour autant.
Bref, il est beaucoup aisé d’aller droit au but dans un tel blogue qui s’adresse aux mélomanes (de tous niveaux), ou encore dans un périodique spécialisé.
Plus facile de formuler un commentaire du genre Michel Legrand est un grand compositeur de pop classique mais un pianiste de jazz, loin, très loin des meilleurs de ce monde.
Ou encore écrire que Legrand ne cesse de s’enfarger lorsqu’il essaie de jouer vite en répétant les mêmes effets ad nauseam.
Vous rappeler que ce grand créateur chante plus mal que jamais, mais que ça finit quand même par être touchant vu son énorme capital de sympathie.
Poser une question du genre: pourquoi Monsieur Legrand essaie-t-il de faire improviser un chanteur de variétés qui n’a pas encore amorcé son cours de scat 101?
Une autre, tant qu’à y être: pourquoi Monsieur Legrand ne procède-t-il pas à une direction artistique plus serrée à l’endroit de Mario Pelchat, un bon technicien qui en beurre souvent trrrrrès épais en reprenant de si grandes chansons ?
Or, c’est beaucoup moins évident lorsqu’on s’adresse à monsieur et madame Tout-le-monde qui ne connaissent pas les bons pianistes de jazz qui ne s’enfargent pas dans les tempos rapides – on en compte au moins une dizaine à Montréal, pour ne prendre qu’un exemple local.
C’est beaucoup moins évident lorsqu’on s’adresse au grand public, pour qui la puissance ostentatoire et les épais vibratos d’un chanteur sont parmi les principaux facteurs d’éblouissement.
Couvrir de tels événements pour un grand journal familial, en somme, c’est un peu s’adresser à son oncle, sa cousine lointaine et la belle-soeur qui aime le beau Mario depuis l’adolescence. Il faut dire les choses dans le respect de ses interlocuteurs, sans éveiller les susceptibilités qui figent la communication et la confine à deux camps: le vrai monde et les snobs qui lèvent le nez sur les goûts du vrai monde.

legrand-pelchat.jpg 

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