Alain Brunet

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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Vendredi 10 avril 2009 | Mise en ligne à 13h14 | Commenter Commentaires (3)

    Loi française morte-née ? Pas sûr…

    En novembre 2007, les filiales françaises des multinationales de la musique, les producteurs de cinéma et même les fournisseurs d’accès internet de l’hexaone estimaient avoir tout mis en place pour en finir avec le viol de la propriété intellectuelle… tel qu’on l’a connu jusqu’à la révolution numérique.

    On se souvient d’un discours triomphaliste du président Sarkozy, annonçant ni plus ni moins la mort du piratage généralisé sur l’internet.

    Souvenez-vous aussi que, pendant que l’industrie de la musique reprenait espoir de contrôler elle-même le flux de ses productions, la totalité des observateurs aguerris de l’internet n’y croyaient que dalle, pour reprendre une expression typique chez les cousins.

    Souvenez-vous de l’interview que j’avais réalisée en avril 2008 avec ze big boss de l’organisme éventuellement chargé d’appliquer cette “riposte graduée”. Au bout d’une dizaine de minutes, il m’avait avoué que la loi avait pour objet principal de “donner un peu d’oxygène” aux industries culturelles avant que les modèles d’affaires puissent voir le jour dans un environnement numérique.

    Un an et demi après son annonce, donc, la loi éprouve de graves problèmes à l’accouchement. Pourra-t-on réanimer le bébé ?

    Le texte de la Création et Internet (aussi appelé loi Hadopi), qui pourrait (théoriquement) conduire à exclure de la Toile les internautes déviants qui partagent et diffusent les contenus (musique, films, jeux, séries télé, etc.) protégés par le droit d’auteur, a ainsi été rejeté in extremis par toutes les factions politiques à gauche du gouvernement Sarkozy. Le ralliement aurait donc porté fruit. Jusqu’à quand ? À ce que je sache, le gouvernement de l’UMP est majoritaire, non ?

    Que se serait-il passé, au fait, si l’Hadopi  avait été adoptée jeudi à l’Assemblée nationale française ? Et puisque Sarko, un président qui n’aime pas perdre (alors là, pas du tout) rappellera ses députés à l’ordre, que se passera-t-il ? Qu’adviendra-t-il  de l’Hadopi si on en réanime le foetus, si on le sauve dans l’incubateur?

    On perdra deux, trois, quatre ans pour se rendre à l’évidence: inapplicable sauf pour réprimer de rares internautes qui paieront pour des centaines de milliers qui ne se feront JAMAIS prendre. Parfaitement impossible de contrôler un flux aussi considérable de contenus numérisés.

    D’autres pays auront alors tenté de faire de même qu’en France… et se seront cassé les dents un peu plus tard. Les studios d’Hollywood, par exemple, semblent vraiment séduits par ce concept de répression en trois étapes, dont l’ultime est la suspension de la connexion internet.

    Le phare, que voulait devenir l’État français en matière de respect de la propriété intellectuelle, s’est donc éteint. Provisoirement… Prédisons néanmoins l’échec de l’Hadopi à moyen terme. Que faire alors pour rémunérer les contenus, puisqu’il faudra bien les rémunérer un jour ?

    De toute évidence, il faudra passer par un autre chemin que celui des mesures contraignantes.

    Pour en savoir plus long:

    Notre texte sur Cyberpresse, signé Philippe Renaud.


    • Le problème avec l’Hadopi et toutes les mesures dites “graduelles”, c’est qu’elles prennent en compte que l’usager est coupable automatiquement s’il est soupçonné.

      De plus, les technologies de repérage des pirates ne sont pas au point. Une étude de l’université de Washington a démontré ces failles. On peut y lire que, à la suite de leur recherche, une de leur imprimante IP, un rooter sans fil et un ordinateur personnel “clean” ont reçu des plaintes pour piratage. Leur conclusion: les techniques de repérage des pirates ne sont pas efficaces.

      Le pire, c’est qu’il n’y a pas de recours pour compenser les usagers innocents qui seront déconnectés de leur hébergeur Internet après avoir été faussement accusés. Ceux-ci devront continuer de payer l’internet sans y avoir accès et tenter d’aller en cours pour démontrer qu’ils sont innocents.

      Il y a un autre problème majeur avec cette loi. Sous l’Hadopi, l’industrie de la musique et des films devient désormais juge et plaignant en même temps. Il devient donc extrêmement difficile d’exclure les “preuves” obtenues avec des technologies pas trop efficaces.

      L’Industrie devra s’adapter plus rapidement car ces lois ne feront jamais fermer les sites de partage. Il y en a trop et même en admettant qu’on les attrape tous, on fait quoi? On met 200 millions de personne dans des prisons déjà surchargées de criminels ? Les méthodes contraignantes n’ont pas réussi avec la drogue, on est encore plus loin de réussir avec le piratage.

    • C’est étonnant d’entendre des gens comme Soderbergh dire qu’ils sont d’accord avec une telle loi. C’est comme si les gens ne réfléchissaient pas.
      On parle ici d’espionner les allées et venues des gens. C’est malsain.
      À mes yeux il s’agit d’un crime qui égale le piratage, ou peut-être pire.
      Arrêter de faire de la musique ou des films, cela règlera votre problème.

    • J’ai un peu de misère avec les mesures anti-piratage, je crois que c’est tout simplement l’évolution technologique et que les artistes , musique, films etc… auront a être plus créatifs pour aller chercher le soi-disant manque à gagner. Car j’aimerais bien si vous pouviez seulement nous dire comme exemple: je pirate un CD d’un artiste québécois (déjà une premiere LOL), de combien est la perte de l’artiste sur le CD , comparativement au distributeurs, producteur, etc…
      Je crois que les plus grands perdants financièrement ne sont pas les artistes comme les maisons de production. Alors vive NIN, Radiohead et tous les autres qui mettent leur produits disponibles et vivent avec leurs spectacles, ce qui est le but d’un artiste. La scène.

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