Eliane Elias
Diana Krall
Pendant que je faisais mes impôts, je me suis amusé à comparer le jazz pop 2009, déclin sur deux nouveaux albums. Oui, je sais, les amateurs d’indie et de jazz sérieux diront que c’est bon pour les cabinets de dentistes. Enfin… les cabinets de dentistes des années 70 et 80. En 2009, on semble y préférer Rythme FM et Cité Rock Détente, ne me demandez surtout pas de commenter… Vraiment pas envie de m’excuser pour demander pardon…
La bossa nova mêlée au répertoire jazz pop (fondé sur le Great American Songbook) est une valeur sûre qui dépasse largement le statut de pop subliminale dont l’objet est de favoriser la consommation dans les grandes surfaces : cordes, anches et cuivres à l’appui, cette façon de produire la musique est devenu un classique en soi, que Diana Krall a bellement relancé pour ainsi devenir la chanteuse de jazz au plus vaste rayonnement sur terre.
Celles et ceux pour qui le hasard n’existe pas verront un signe dans la sortie quasi simultanée de cet album de
Sur la pochette de Bossa Nova Stories, Eliane Elias n’hésite pas à montrer ses jambes, son sillon mammaire et porter une robe de soirée. Noire, longue, élégante, assurément sexy… comme Diana Krall sur la pochette de son nouvel album… et qui n’a jamais reculé. devant une contre-plongée sur ses pattes ! Sur le disque qu’Elias a elle-même arrangé pour grand orchestre (la direction est assurée par Rob Mathes), elle reprend une formule étrangement comparable à celle préconisée par Krall.
On sait que Verve (Universal) produit l’interprète nord-américaine, de loin la plus populaire sur sur le territoire rassurant de la bossa nova/ jazz/pop. Blue Note (EMI) réplique ainsi par le travail aux visées pop d’une jazzwoman brésilienne, mélange gagnant d’évidences bossa (
Et que penser de celle à qui Blue Note aimerait grignoter quelques parts de marché ?
Le graphisme de la pochette de Quiet Nights, signé Diana Krall est supérieur à celui des Bossa Nova Stories d’Eliane Elias. Les photos sont aussi sexy, mais plus subtiles. Les moyens de production sont considérables, comme à l’habitude : arrangements de Claus Ogerman, coréalisation de Mme Krall et de son fidèle collaborateur, Tommy LiPuma, enregistrement aux mythiques studios Capitol de Los Angeles… Les cordes sont soyeuses et léchées, nettement plus californiennes que cariocas – une sensibilité brésilienne qu’Eliane Elias, d’ailleurs, a su conserver aux studios Avatar de New York.
D’emblée, je crois que les Nord-Américains préféreront ce type d’emballage que Madame Krall nous sert depuis des lustres (le combientième album similaire ?), bien que le corpus soit comparable à celui d’Eliane Elias. Ainsi,
Lequel traitement faut-il préférer ? Match nul en ce qui me concerne. Les deux formules sont archi-connues et n’amènent strictement rien de neuf sous le soleil. Ce qui n’est pas un désagrément en soi.
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