Alain Brunet

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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Lundi 30 mars 2009 | Mise en ligne à 17h25 | Commenter Commentaires (21)

    Les Junos n’intéressent pas les Quebs… What’s new ?

    junoawards2009.jpg

    Le public québécois francophone ne trippe pas fort sur les Junos… que Le Soleil a pourtant couverts, dimanche soir à Vancouver. Et que vous pouvez visionner en cliquant sur ce lien.

    Pourquoi donc ? Parce que.

    Pourquoi faire tout un plat des Grammys américains et ignorer les Junos canadiens ? Pourquoi diffuse-t-on les Jutra le soir des Junos ou vice versa ? Pourquoi, au fait, ignorer les Victoires de la musique en février ? Pourquoi faut-il que Bashung meure pour qu’on en visionne des extraits à TV5, deux semaines plus tard ?

    Trop souvent, je me dis que le Québec est une île… qui m’inquiète en cette ère de l’ouverture à l’Autre, en cette ère de mondialisation culturelle, en cette ère où l’on ne peut plus se suffire à soi-même si l’on désire faire partie du “concert des nations”, formule souvent utilisée par les souverainistes.

    Qu’on me comprenne bien, je suis très fier du fait français en Amérique, je crois ferme à son autonomie, son maintien , son émanciption, mais… Je trouve honteux qu’on ne fasse pas une place importante aux meilleurs bands indies anglophones de Montréal au gala de l’ADISQ. Je trouve aussi poche qu’il n’y ait pas un très bon numéro de production francophone aux Junos – au-delà de Céline Dion SVP ! Je trouve vraiment pas fort qu’on ne s’intéresse pas à nos voisins immédiats ou à nos cousins francophones d’ailleurs, à mon sens une condition devenue essentielle à la survie du français sur cette petite planète.

    Mais revenons aux Junos de dimanche.

    From Montréal , Simple Plan et son soliste au bras gauche full tatouage ont beau y figurer parmi les stars invitées à s’y produire, Sam Roberts a beau y remporter la statuette de l’artiste de l’année, Ariane Moffatt a beau y remporter (hors d’ondes) la statuette du meilleur album francophone,  Elvis Costello et son épouse (canadienne) Diana Krall ont beau y remettre le Juno au meilleur groupe canadien (Nickelback… mon Dieu que c’est ennuyeux), nos Lost Fingers et la petite Nikki Yanofsky ont beau y être en nomination, nos Stills ont beau y remporter (hors d’ondes) une paire de trophées (révélation et album alternatif), les Québécois francophones continuent d’ignorer cette cérémonie, sauf exceptions.

    Pas terribles les Junos, j’en conviens, mais ni pires ni meilleurs que nos Félix si consensuels, toujours enlisés à l’extrême centre de la québécitude.

    What’s new?


    • le ROC écoute-t-il le gala de l’adisq ?

      il faut arrêter de se surprendre que le québec ne suive pas des cérémonies sans intérêt avec des artistes dont on se fout… si on les connaît d’abord ! je veux dire, l’obscur chanteur de l’année français, qu’a-t-on à en faire. n’êtes-vous pas là, les critiques, pour nous aiguiller, de toute façon ?

      le groupe de l’année, c’est nickelback. pourquoi on devrait s’émouvoir que ce groupe minable,vous le dites vous-même, gagne un prix ?

      quant au débat anglais/français : l’adisq devrait être pour les francophones et les junos pour les anglo. simple comme ça. mais non, il faut être politically correct… d’un côté comme de l’autre.

      on vit dans un pays bipolaire, dans tous les sens du terme.

    • @angelus
      Arrêter de se surprendre? Une fois en 25 ans de carrière, ce n’est pas abuser si je puis me permettre. Bipolaire le “pays” ? “Simple comme ça” ? Je n’en suis pas du tout certain… Pas à Montréal et sa périphérie, en tout cas. Et quand vous parlez de “l’obscur chanteur de l’année français”, vous illustrez exactement cette fermeture et ce repli que je ne me permettrai pas de qualifier.

    • Le québécois-vancouverois que je suis, à préféré écouté les Junos que les Jutras hier soir. Et un peu plus tard j’ai écouté pour la première fois Star Académie. Et j’ai compris pourquoi je ne pense pas revenir au Québec bientôt. Ce n’est plus une île mais un village. Ca devenait un gala de voisins. Le village passe à la télé.

      Il faut continuer à s’ouvrir sur le monde, regardez ailleur, s’exporter, être curieux… quitter son île, physiquement ou intellectuellement…. pas regarder l’intersection ou je suis né.

    • Hier soir j’ai suivi les Junos à temps perdu entre ces derniers et les Jutras.
      J’ai bien aimé la performance de The Stills et je me suis ennuyé sur le reste!
      À certain moments, j’avais l’impression de regarder les Grammys version p’tit budget!
      Trop souvent le Canada essaie de ressembler aux Américains et c’est pour cette raison que le Québec à un malaise à s’associer avec les Junos.
      Il ne faut se le cacher, le reste du Canada est le petit cousin de nos voisins du sud et ça se sentait à plein nez hier soir au Junos!
      Le Québec est différent dans sa culture, ses valeurs et sa créativité.
      Cela en fait une place unique dans le développement de sa musique et ne sent pas le besoin de devoir aller voir ce qui se fait ailleurs pour valider si ce qu’il fait est bon!
      Je ne parle pas d’une fermeture du reste du monde et se dire qu’ils sont les meilleurs mais plutôt d’essayer de se démarquer dans la qualité du produit et non essayer d’imiter les autres!
      Le rayonnement des artistes Québécois hors Québec, et je ne parle pas du reste du Canada, en est la preuve que le Québec à du talent.
      Donner le trophée du groupe de l’année à Nickelback est la preuve que l’industrie préfère aller avec ce qui se vend au détriment de la qualité et c’est le même problème avec les Grammys!
      Toutes ces soirées m’emmerde à mourir mais je persiste à les regarder pour pourvoir être mieux placé pour juger que de baser mes arguments sur ce que les autres en pensent!

    • J’ai regardé en partie les Junos, justement pour Simple Plan, Sam Roberts, Ariane Moffatt, Lost Fingers, l’époustouflante Nikki Yanofsky, Elvis Costello et Diana Krall que j’adore voir ensemble -quel couple!

      Je me faisais la même réflexion intérieure à savoir qu’il ne devait pas y avoir beaucoup de Québécois à l’écoute. Vrai que la soirée télévisuelle nous demandait de nous diviser en trois. Avec la zapette et un mini poste-télé à côté du grand, on y arrivait.

      Je pense comme vous qu’une grande partie du Québec vit comme dans une île, fermée à tout ce qui se passe ailleurs, sans en mesurer les conséquences à long terme. Cette société vivra en parallèle du “concert des nations” et on nous regardera (étudiera) comme des australopithèques.

      Mais nous, nous serons morts, mon frè-è-re.

    • bien gentil de me répondre.

      là où je trouve votre argument de “fermeture” faible, c’est que vous sous-entendez qu’un gala comme les junos “devrait” intéresser les québécois. c’est un gala anglophone, fait par et pour les anglos. et je le dis sans mépris, je le précise. son pendant, l’adisq, est la même chose, pour les francophones.

      bipolaire, donc, oui. deux langues, deux cultures, deux pôles. simple, il me semble. est-ce que vous écoutez les Echo allemands ? Ou les Grammy Latinos ? Vous considérez-vous fermé, pour autant ?

      en plus, les galas, par défaut, c’est loin d’être un grand moment de télé, malgré ce que les diffuseurs veulent nous faire croire.

      en partant de ces principes, il est suprenant… que vous soyez surpris.

      quant à l’obscur chanteur français, ben je me dis que s’il est bon, avant longtemps j’en entendrai parler et je pourrai célébrer son talent avec tout le monde. pas besoin de me taper les victoires.

    • pourquoi faut-il toujours, par ailleurs, que ce soit les québécois qui s’ouvrent ? verra-t-on jamais un critique du Monde ou de Libération faire la morale aux français, parce qu’ils n’ont pas vu l’adisq cette année ?

    • Pour ma part, je n’ai pas d’intérêt pour les galas, peu importe leur provenance.

      Mon hypothèse pour le manque d’intérêt de notre peuple, pas compliqué pas de veudettes à la Céline ou de truc du genre pour attirer les téléphages, en plus Star Ac joue en même temps .

      De plus si j’étais méchant je dirais que la plupart des francophones ne savent même pas à quelle chaîne se synthoniser pour capter CBC ou CTV.

    • Je ne crois pas au racisme des francophones versus les anglophones. A mon avis, les Juno Awards sont un gala de deuxieme ordre pour la musique anglophone en Amérique du nord. Le “vrai” gala est celui des Grammys, les “meilleurs” (vedettes???) canadiens y prennent part de toutes facons.
      Je ne suis surement pas le seul a penser comme cela puisque les ratings des Junos sont envrion les memes que celui de l’Adisq (environ 1 million-1-1/4 million) pour une population anglophone 3 fois plus nombreuse.

    • J’appuie à 100 % le propos ‘Village d’Astérix’, mais je ferais quand même une nuance.

      La plupart des cultures sont autophages : le prog hongrois intéresse les Hongrois, la pop japonaise intéresse les Japonais, etc. Le Québec n’y échappe pas.

      La différence c’est que les ‘petites cultures’ ont un rayonnement modeste faut de moyens. Les ‘grosses cultures’ sont aussi narcissiques que les petites sinon plus, mais elles débordent à cause de leurs moyens de diffusion autrement plus étendus. En d’autres termes : si les Beatles avaient été formés à Zakopane, avec le même talent et tout, seuls les Polonais en auraient entendu parler. On peut même pousser la logique à dire que bien des pays ont leurs ‘Beatles’ (exemple, les Os Mutantes au Brésil) mais que personne en saura jamais rien.

      Résultat : la planète entière s’intéresse à Led Zep, et seul le Québec s’intéresse à Offenbach. La planète connaît Brel, seul le Québec s’intéresse à Jean-Pierre Ferland. Qui est plus ‘ouvert’, au juste ? Le British qui connaît pas Offenbach, ou le Québécois qui connaît Led Zep ? Il se trouvera toujours des amateurs d’obscuro ou des complétistes pour tripper sur le métal finlandais sur étiquette locale, mais c’est 0,1 % de la population.

      Ajoutez l’élément ‘braquage’ du mauvais mariage qu’est le Canada – Québec, et ça donne un intérêt zéro pour le conjoint honni.

      Le corollaire est que les bands issus de ‘petites cultures’ qui deviennent mondiaux que si et seulement si ils sont récupérés par les moyens de diffusion des ‘grosses’. Abba, Céline Dion, Manu Dibango, etc. Jeff Stinco (Simple Plan) est même le premier guitariste québécois à avoir sa publicité ‘full page’ dans Guitar Player ! Il est compétent, honnête, mais on pourrait nommer séance tenante 50 guitaristes qui pourraient lui donner des leçons privées.

      Sur une note plus positive, il reste que le Québec est l’un des rares endroits au monde où quelqu’un possédant 1,000 disques et plus en aura une proportion égale d’Américains, de Français, de British, avec du ‘local’ pour compléter. Cabrel, Dassin, Genesis, Metallica, etc. ont statut de culte au Québec, à l’égal des Harmonium et autres.

      Enfin, il est fondamentalement injuste de reprocher à l’ADISQ l’absence des Anglos. La scène indie de Montréal n’en a rien à cirer de payer 1,500 $ pour recenser un album (250 $ via la SOPREF) parce que de toute façon, elle cultive un certain mépris pour les Félix, et même, un coup parti, pour toute petite statuette qui viendrait la même dans un moule ‘industrie’. Bref, ils sont pas membres, ils ont pas envie d’être membres, alors le gala de l’industrie qu’est l’ADISQ ne peut rien y faire.

    • @Mikhail
      J’ai longtemps pensé comme vous, je ne suis plus exactement là. L’internet, les voyages abordables pour la classe moyenne, l’éducation accrue des gens ordinaires sont autant de facteurs qui exigent aux populations du monde de s’ouvrir à l’autre, si ce n’est que le voisin immédiat – les USA, les Amériques, le “Rest of Canada” et la francophonie dans le cas qui nous occupe. D’autant plus que les grandes villes d’Occident sont devenues des concentrés de la planète, raison de plus pour alimenter cette curiosité de la différence. En fait, je crois que la dynamique blockbuster anglo-américain vs les petites cultures n’est plus ce qu’elle a été depuis les années 20, c’est-à-dire le début de la domination culturelle américaine renforcée après la Seconde Guerre mondiale avec le Plan Marshall en Europe.
      Quand je trouve honteux que l’ADISQ n’ait pas un seul numéro de production indie rock anglo de Montréal ou que les Junos ne soient pas capables d’accorder une toute petite portion de leurs célébrations à la pop d’expression française, loin de moi l’idée d’exiger un gala bilingue ! Rien qu’une fenêtre, me semble que c’est un minimum de décence.

    • @ Alain Brunet

      Bonjour, collègue!

      À titre de précision, c’est le diffuseur CTV, et non la CARAS, qui s’objecte à la présence francophone au cours de «son» gala.

    • indie rock anglo de montréal…… comme s’il y avait que Montréal qui produisait de la bonne musique indie au QC…..
      il y en a plus, certes, mais il y en a ailleurs aussi.
      La fermeture du QC au reste du monde tel que M. Brunet le décrit, commence déjà entre la métropole en ruine et les autres régions du Qc. Imaginez maintenant le regard porté au reste de la planète.

    • @kathleen lavoie
      Merci de l’info, Kathleen ! Well, cela n’excuse pas CARAS d’accepter de telles conditions. Il me semble que l’organisme canadien (qui a la responsabilité d’organiser le gala des Junos) pourrait mettre ses culottes et obtenir assez facilement gain de cause, plutôt que de se réfugier derrière la décision de CTV.
      @tous
      Il faut rappeler que Kathleen Lavoie, passionnée de rock et de pop culture, a couvert les Junos pour Le Soleil, dimanche dernier. Bienvenue dans ce blogue!

    • @jerome.racine
      Bien sûr, il y a de la bonne musique indie partout au Québec, là n’est pas la question ! Objectivement, il y a plus de rock indie anglo dans la région de Montréal, et ça mérite d’être souligné. Tout simplement.

    • C’est honteux que Nickelback, un des bands les plus mauvais/quétaines qui existe, soit sacré meilleur groupe. Bizarre aussi que ça vende autant, je ne connais personne qui aime ces gars totalement ridicules.

      La masse se contente souvent de très peu, malheureusement.

      Bravo aux Stills!

    • @Alain Brunet

      Merci de l’accueil!

      Tout à fait d’accord avec ton analyse, Alain. Mais que serait un gala sans télédiffusion? J’ai l’impression que la CARAS est justement prête à ce compromis parce que CTV investit beaucoup d’argent dans l’événement.

      Cela étant dit, je trouve déplorable que, pour ménager les susceptibilité des téléspectateurs anglophones, on fasse une telle entorse à la représentativité. Et je ne parle pas seulement de la musique francophone. Le country, l’urbain et l’indie sont également négligés.

      Clairement, le but du «spectacle télévisé» des Junos n’est pas d’être représentatif, mais plutôt de limiter le zapping et d’aller chercher le maximum de cotes d’écoute. Le vrai gala des Junos, c’est celui qui se tient la veille. À caméras fermées.

    • Tous disent que Nickelback est mauvais… Pourtant, c’est l’un des bands qui a vendu le plus d’albums depuis 10 ans AU MONDE. Un peu de respect SVP. N’ont rien inventé mais assez efficaces. Comme Simple Plan.

      Je partage l’avis de plusieurs qui comprennent que ce n’est pas à cause que l’on est pas intéressé aux Juno’s qu’on est fermé sur les autres.

      Aller voir ailleurs, est-ce que les Tchèques vont regarder le gala Allemand???

      Et la personne qui est à Vancouver, tant mieux pour toi, mais je trouve ton jugement complaisant «j’ai compris pourquoi je ne reviens pas»… comme si on était tous arriérés de demeurer ici.

      La société québécoise a bien ses torts mais, pour une société minoritaire, je crois qu’on a une ouverture intéressante et c’est bien de ne pas trop généraliser non plus.

    • @stpeete27
      Justement, on ne généralise pas. En Europe, les interconnexions culturelles sont plus grandes que vous ne le laissez entendre : dans le sud de la France, par exemple, on s’intéresse aux manifestations culturelles méditerranéennes ou espagnoles… les Tchèques s’intéressent plus aux Allemands que vous ne le croyez. Ici, il y a confusion à cause de la langue dominante sur ce continent. Puisque c’est l’anglais, LA langue du commerce international et LA langue de communication en Occident, on a l’impression d’une certaine uniformité. Fausse impression en ce qui me concerne.
      Conséquemment, dans le cas qui nous occupe, on dira que les Junos sont une version bon marché des Grammys. Si vous vous en tenez strictement aux budgets de production, c’est vrai. Au plan qualitatif, c’est beaucoup moins vrai. D’autant plus qu’il y a des spécificités régionales qui n’existent pas aux USA et qui rejaillissent dans la musique canadian: la musique des Maritimes, la musique de l’Ouest, celle des Prairies, celle de la région de Toronto, celle des anglos de Montréal, ce n’est ni New York, ni Nashville, ni Los Angeles.
      Cela étant, je ne dis pas que le grand public québécois doit absolument regarder les Junos, je dis simplement que les fans de musique doivent se tenir au courant ce qui se fait de bon et de très bon au Canada anglais, notre voisin immédiat. Et que dire de Montréal: The Stills et Sam Roberts vivent parmi nous, ils méritent qu’on s’intéresse à leur production artistique. Ils méritent qu’on les traite comme des concitoyens.

    • Merci pour votre réponse! En effet, l’Europe est beaucoup plus interconnectée à cause de la diversité de ses cultures et de ne pas avoir un seul gros joueur linguistique!

      Faudrait que je visite l’Europe pour mieux saisir la culture de ce continent. En attendant, je continue à lire et à rêver d’y aller….

    • Star Académie (avec ses protagonistes qui faussent cette année, tout comme lors de la dernière cuvée, d’ailleurs) et les shows du genre Junos, sont d’une platitude rare. Alors voilà pourquoi je ne les regarde pas. Si c’était bon je les regarderais, mais ça m’ennuie à mourir. Voilà.

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