Alain Brunet

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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Jeudi 26 février 2009 | Mise en ligne à 22h30 | Commenter Commentaires (3)

    Dark Was The Night: la compile de l’heure

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    Depuis une vingtaine d’années, on connaît Red Hot, prestigieuse série de compilations de musique dont l’objet est de contribuer financièrement à  la recherche et l’information sur le sida. Voici la nouvelle cuvée, à mon sens à la hauteur des standards de qualité atteints par cette collection jusqu’à  maintenant. Qui plus est, elle comporte Lenin, inédite d’Arcade Fire – sur laquelle je vais me pencher dans un envoi subséquent.

    Comportant 31 chansons réparties sur deux CD, la sélection de Dark Was The Night y est très solide, elle réunit un corpus représentatif de la nouvelle mouvance indie anglo-mondiale. Voilà  une excellente entrée en matière pour qui veut  se mettre au parfum de ce qui se fait de très bon chez les moins de 35 ans – sauf exception.

    À part une minorité de titres moyens (jamais médiocres), le premier CD  de cette paire comporte des exemples probants de cette nouvelle pop indie, déclinée dans quelques genres.

    On dresse la table avec les Dirty Projectors avec le vétéran David Byrne, qui jouit d’une grande crédibilié auprès de cette génération 20-35.

    The Books et Jose Gonzales nous montrent une nouvelle piste au cyberfolk.

    Feist se produit à deux reprises:  Train Song (Vashti Bunyan) reprise avec Ben Gibbard (Death Cab for Cutie), puis avec Grizzly Bear via un folk-pop plutôt sobre, pour ne pas dire sans surprises  – par rapport à ce qu’on connaît de Feist et de cette formation américaine.

    Bon Iver y va d’une autre construction forestière en poussant encore loin les surimpressions vocales, traiements synthétiques et fortes pulsations.

    The National nous offre un folk garni de très beaux arangements.

    Célèbre pour ses adapatations sérieuses de la culture populaire, le Kronos Quartet interprètela chanson titre, créée à l’origine par l’ancêtre Blind Willie Johnson – dont vous pouvez redécouvrir l’enregistrement originel de Dark Was The Night à la fin de ce texte.

    On aboutit à la quinzième chanson, fresque ambitieuse et réussie, signée Sufjan Stevens, un hyperactif qui sait vraiment organiser en différents mouvements orchestraux une pléthore d’instruments acoustiques, analogiques, numériques. Touffu, néanmoins impressionnant.

    Le second CD est plus up-tempo, rock, funk, pop plus costaude.

    Spoon ouvre les hostilités avec Well Allright, pas mal.

    Arcade Fire fait Lenin, avec une intro rock très vintage, pour ensuite emprunter un pont qui lui ressemble davantage, suivi d’un chorus très Talking Head.

    Sharon Jones nous balance un R&B non sans rappeler la facture de Dinah Washington.

    Buck 65 reprend du service (il est très occupé à animer l’excellent drive home de CBC Radio 2) avec un remix réalisé de concert avec Sufjan Stevens.

    Bon, je ne vous ferai quand même pas 31 descriptions ! Il y a encore Yo La Tengo, Cat Power, Blode Redhead, Kevin Drew, The New Pornographers, j’en passe…

    Je vous laisse sur ces échantillons et vous indique que plusieurs médias causent de cette compile, certes la compile de l’heure.

    Entertainment Weekly ne se peut plus.

    Pitchfork est très élogieux : 8,6 /10

    A.V. Club fait l’exercice de comparer Dark Was the Night à  la compilation No Alternative, lancée en 1993.

    Le New York Times est un peu plus tiède…


    • Je n’ai pas écouté cette compilation, mais ça ne devrait tarder, vu que j’ai une connection haute vitesse…

      Mais je connais bien Blind Willie Johnson et sa chanson Dark Was The Night, Cold was the ground. Véritable bijou des débuts du blues, cette chanson a eu une énorme influence et on la retrouve parmi les oeuvres musicales envoyées sur la sonde Voyager. On peut aussi en retrouver une version complètement crackpot de Marc Ribot sur la bande sonore de The Soul of a Man, ce documentaire plus ou moins réussi de Win Wenders. Par contre, pour ceux qui s’intéressent au blues, cette bande sonore est probablement une des meilleures compilations du genre que j’aie entendues…

    • Wow ! Je viens de terminer l’écoute du 1er disque : magnifique ! Qelle belle compilation !

      Mais qu’est-il arrivé à Sufjan Stevens ? A-t-il subi une métamorphose ?
      Je trouve sa pièce intéressante mais un peu pompeuse… J’étais agréablement surpris durant les premières minutes (on aurait dit que Thom York rôdait dans le studio) mais j’ai décroché par la suite; agréable tout de même…

      Pour ce qui est du reste, du vrai bonbon; je me dirige à l’instant vers le disque no.2…

    • Merci infiniment, Alain, de m’avoir permis de découvrir cet album concept qui était passé sous mon radar. J’adore cette sorte de réappropriation du folk dans la stylistique de la nouvelle génération des créateurs alternatifs, même avec des pulsations soutenues et des sons de synthèse, on y sent le tissage initial. Ça remet en place les valeurs fondamentales de cet art si bien nommé en anglais: songwriting (je trouve que le côté artisan est plus clair que dans les périphrases francophones comme écriture de chansons). Et que dire de cette incroyable relecture que fait le Kronos Quartet (qui ne vieillit jamais) d’un blues rustique. Géniale…

      Merci encore.

      Marc Desjardins

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