Alain Brunet

Archive du 26 janvier 2009

Lundi 26 janvier 2009 | Mise en ligne à 20h11 | Commenter Commentaires (4)

Mara : maturité de femme et d’artiste

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Mara Tremblay en costume d’Ève (©Valérie Jodoin-Keaton/Audiogram)

Deux enfants et 39 ans plus tard, le «backstory» du nouvel album de Mara Tremblay nous indique qu’elle a le sentiment d’avoir atteint sa maturité de femme au cours de la gestation d’un enregistrement solide et audacieux, album qui la maintiendra assurément dans le peloton de tête de notre pop de création : Tu m’intimides, lancé sur Audiogram.

Processus au cours duquel l’artiste montréalaise a perdu maman et grand-maman, ce qui justifie une ode céleste à la génitrice victime d’un cancer – D’un côté ou de l’autre, sans compter les évocations dans Sous les projectiles et Plexus solaire. Autre changement majeur dans la vie de Mara : un nouvel amoureux en la personne d’Antoine Gratton qui lui a fait les arrangements de cordes et bien plus encore – ce qu’elle laisse entendre entres autres dans La Presse, interviewée par Alexandre Vigneault.

A l’écoute de cet album plein de rebondissements, on la sent libre, sensuelle, audacieuse, capable d’un vaste registre d’expression. On comprendra l’esprit de cette pochette en costume d’Ève qui fait assurément jaser, à tel point qu’une rumeur de censure chez Wal-Mart a dû être démentie par le détaillant, rapporte le site Branchez-vous – qui prend sa source au Journal de Montréal.  La démarche de Mara est un peu comparable à celle de Martha Wainwright, qui s’est découvert un sex appeal provocateur sur la pochette de son dernier album. Avec quelques pelures en moins, il va sans dire…

Musicienne depuis l’école primaire (Le Plateau), Mara Tremblay n’a cessé de progresser, surtout au plan musical. La musique a toujours dominé les mots, bien que la Mara ait certes le sens de la parole, ce qui est observable sur ce quatrième album studio.

Cette fois, le déséquilibre entre mots et notes est moins patent; mieux écrits, plus achevés, plus soignés, les textes de la musicienne (violoniste et chanteuse) viennent du coeur et du plexus. Ces rimes se fondent dans une impressionnante variété de propositions: country-folk de cabane, pop psychédélique, harmonisations contemporaines (certains choeurs et les cordes de Gratton, notamment), rock progressif, facture résolument indie.

Il faut aussi donner crédit à Olivier Langevin (Galaxie 500, Fred Fortin) et au coréalisateur Pierre Girard, qui donnent beaucoup de panache à cette production. Visiblement, Mara Tremblay sait s’entourer d’excellents musiciens : Dan Thouin, François Lafontaine (Karkwa), Guido del Fabbro (Pierre Lapointe), Mélanie Auclair etc.

rEn ce qui me cncerne, ien, absolument rien de racoleur, n’est repérable sur Tu m’intimides. 
Le nu de la pochette ne passera certes pas inaperçu mais n’inspire aucun opportunisme en ce qui me concerne. On a plutôt l’impression d’une image intemporelle, à la fois sobre et provocatrice.

Voilà, en tout cas, une pop de création qui n’a strictement rien à envier à l’international. Dix ans après avoir lancé son premier album solo,  Mara Tremblay maîtrise son art pop comme peu de femmes québécoises le maîtrisent.

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