Ainsi donc, la grande star du raï serait prête à prendre les armes pour combattre l’offensive militaire israélienne à Gaza.
Mettons qu’il s’est «peinturé dans le coin», le Khaled !
Je lui ai parlé maintes fois depuis la montée en flèche du raï algérien à la fin des annes 80. Comme tant d’autres, j’ai applaudi sa voix phénoménale, son attitude rock… et souvent déploré son manque de vision artistique et le ton un peu givré de ses réparties en interview. Vision politique, maintenant ? Jusqu’à ce jour, Khaled ne m’a jamais semblé particulièrement engagé, bien qu’il se soit montré plutôt humaniste au cours de sa carrière, notamment en1996 alors qu’il interprétait Aïcha, une chanson créée par Jean-Jacques Goldman dont on sait l’identité franco-juive.
J’aimerais bien savoir ce que pense Goldman de cette phrase incendiaire de son interprète d’alors : «Les pays arabes doivent cesser de livrer du pétrole et du gaz aux Juifs et aux Américains et rompre leurs relations diplomatiques», a déclaré Khaled jeudi dernier au quotidien arabophone Ennahar, repris par AFP.
Quoi qu’on pense de sa crédibilité à commenter ce conflit majeur, la moutarde est montée au nez du fameux chanteur, bien assez pour qu’il tienne des propos aussi vindicatifs voire belliqueux. De la part d’un modèle aussi important pour la culture populaire maghrébine et arabe en général, est-ce souhaitable ?
Chose certaine, Khaled a été légitimement échaudé par cette tragédie israélo-palestinienne comme tout le monde arabe l’est actuellement (et que dire du monde juif ainsi que du reste des hommes de bonne volonté sur cette petite planète), il participe ainsi à la polarisation du débat… À la résolution du conflit ? Quel est le rôle des artistes dans de telles catastrophes ?
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