Alain Brunet

Archive du 14 janvier 2009

Mercredi 14 janvier 2009 | Mise en ligne à 18h46 | Commenter Commentaires (11)

Khaled et Gaza

 khaled.jpg

Ainsi donc, la grande star du raï serait prête à  prendre les armes pour combattre l’offensive  militaire israélienne à Gaza.

Mettons qu’il s’est «peinturé dans le coin», le Khaled !

Je lui ai parlé maintes fois depuis la montée en flèche du raï algérien à la fin des annes 80. Comme tant d’autres, j’ai applaudi sa voix phénoménale, son attitude rock… et souvent déploré son manque de vision artistique et le ton un peu givré de ses réparties en interview. Vision politique, maintenant ? Jusqu’à  ce jour, Khaled ne m’a jamais semblé particulièrement engagé, bien qu’il se soit montré plutôt humaniste au cours de sa carrière, notamment en1996 alors qu’il interprétait Aïcha, une chanson créée par Jean-Jacques Goldman dont on sait l’identité franco-juive.

J’aimerais bien savoir ce que pense Goldman de cette phrase incendiaire de son interprète d’alors :  «Les pays arabes doivent cesser de livrer du pétrole et du gaz aux Juifs et aux Américains et rompre leurs relations diplomatiques», a déclaré Khaled jeudi dernier au quotidien arabophone Ennahar, repris par AFP.

Quoi qu’on pense de sa crédibilité à commenter ce conflit majeur, la moutarde est montée au nez du fameux chanteur, bien assez pour qu’il tienne des propos aussi vindicatifs voire belliqueux. De la part d’un modèle aussi  important pour la culture populaire maghrébine et arabe en général, est-ce souhaitable ?

Chose certaine, Khaled a été légitimement échaudé par cette tragédie israélo-palestinienne comme tout le monde arabe l’est actuellement (et que dire du monde juif ainsi que du reste des hommes de bonne volonté sur cette petite planète), il participe ainsi à la polarisation du débat… À la résolution du conflit ? Quel est le rôle des artistes dans de telles catastrophes  ?

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Mercredi 14 janvier 2009 | Mise en ligne à 11h35 | Commenter Commentaires (8)

L’OSM, le Sacre et la Wilfrid

nagano-lesacre.jpg

En cette période arctique, le Sacre du printemps devrait revigorer les mélomanes. Ces derniers ont rempli la Wilfrid mardi, on imagine qu’ils feront de même ce soir. Comme prévu, une majorité absolue de spectateurs s’est montrée plus que satisfaite dans cette métropole de l’ovation.

J’ai aussi assisté à ce concert… qui ne m’a pas semblé mémorable.  Ayant passé le plus clair de mon existence à chroniquer des musiques fortes en décibels,  je m’étonne une fois de plus de cette décharge orchestrale trop ténue à mon sens, pourtant déclenchée par 110 musiciens. Piètre acoustique ? Orchestre un tantinet anémique ? Direction d’orchestre trop peu vivifiante pour une telle oeuvre ? La corbeille de la Wilfrid est censée être le meilleur «poste d’écoute» de cette salle franchement décevante pour tous styles de musique mais… ce n’était franchement pas assez fort pour le Sacre du printemps, une des oeuvres-clés d’Igor Stravinski.

En deuxième partie de programme, les voix du baryton Christian Geraher et du ténor Stuart Skelton n’ont pas non plus irradié l’espace avec cette interprétation de Das Lied von der Erde, signée Gustav Mahler.

En somme, je n’ai pas été renversé quoique relativement satisfait par la performance de l’OSM et la direction de Kent Nagano.

Alors lisons l’expert de la maison pour étoffer nos impressions… et je vous préviens ne pas avoir lu avant de me faire une tête sur l’événement classique de la semaine !

Voici le coeur de la critique de Claude Gingras, visiblement mi-figue mi-raisin : «L’ensemble de l’exécution est solide et quelques petites fautes ne sont rien. Le problème, c’est l’absence de conception chez Nagano: ce n’est jamais brutal, ce n’est jamais raffiné. Car le Sacre peut être ou ceci, ou cela. »

Je n’ai pas la grande expertise de mon collègue qui a entendu autant de versions du Sacre du Printemps que j’en ai entendues de Round’ Midnight, je crois qu’il est cette fois très juste dans sa critique. «Absence de conception», cela est certes un ton à la Gingras mais qui résume bien cet entre-deux qui ne sied pas au Sacre du printemps, une oeuvre puissante qui exige à mon humble avis plus de tonus voire une plus grande impétuosité dans l’interprétation.

En terminant, je pose les questions suivantes:

La personnalité de Nagano convient-elle à ce type d’oeuvre ? Le maestro a-t-il assez réfléchi au concept à travers son agenda hyper chargé ? Ou encore…. mon point de vue, Claude Gingras à l’appui, se résume-t-il à  une simple question de goût ?

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