Depuis la semaine dernière, on tente de se mettre une nouveauté 2009 sous la dent et c’est Animal Collective qui gagne la canne à pommeau d’or, pour employer une métaphore portuaire.
Pour les bonnes raisons, le groupe de Baltimore est le premier sur la planète pop à avoir éveillé en 2009 un grand intérêt au sein de la presse spécialisée.
Depuis la semaine dernière, les chroniqueurs spécialisés en font leur (seul) chou gras, vu le peu de matière à l’aube de la nouvelle année : Le Soleil, Zmemusic, Pitchfork, The Guardian, Libération, etc. Merryweather Post Pavillon, dont le titre fait référence à un amphithéâtre du Maryland (lieu de résidence du groupe) dédié à la musique classique, est effectivement un très bon album où la mélodie pop fait bon ménage avec la vision.
J’écoute cet album depuis une semaine déjà. Lancé sur le label Domino, voilà à mon sens un enregistrement dont le hype est parfaitement justifié.
Panda Bear et ses comparses, il faut dire, n’en sont pas à leurs premiers bidouillages. Ce neuvième album créé en autant d’années témoigne d’un langage incontestablement maîtrisé.
Comme on le constate depuis une mèche, tout groupe pop ou rock d’aujourd’hui est forcément référentiel, Animal Collective ne fait pas exception à la règle. Or c’est dans le jeu des références que ça se passe, c’est aussi à travers les possibilités qu’offrent des instrumentations plus considérables que jamais. Animal Collective a parfaitement saisi les enjeux de la nouvelle pop culture en ce sens.
Guitares, claviers, percussions, échantillons, bidules électroniques, percussions, voix, autant d’outils pour Noah Lennox (Panda Bear), Josh Dibb (Deakin), Brian Weitz (Geologist), David Portner (Avey Tare). Surgissent de cette animalerie des références aux Beach Boys, aux Moody Blues et autres vieux groupes plus pointus comme Gentle Giant. On y apprécie les choeurs de facture clairement contemporaine, on y contemple les ornements technoïdes, on s’y laisse prendre par les cycles harmoniques et judicieux procédés de déphasage rythmiques puisés dans le bassin des musiques savantes occidentales, qu’elles fussent instrumentales ou électroacoustiques.
Voilà tout un bestiaire au service de la mélodie et de la voix, qui nous ramène invariablement à une pop culture telle qu’on l’imagine dans ses déclinaisons les plus allumées.
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