Alain Brunet

Archive du 12 janvier 2009

Lundi 12 janvier 2009 | Mise en ligne à 17h07 | Commenter Commentaires (15)

Animal Collective, pop et vision

 animal-c.bmp

Depuis la semaine dernière, on tente de se mettre une nouveauté 2009 sous la dent et c’est Animal Collective qui gagne la canne à pommeau d’or,  pour employer une métaphore portuaire.

Pour les bonnes raisons, le groupe de Baltimore est le premier sur la planète pop à avoir éveillé en 2009 un grand intérêt au sein de la presse spécialisée.

Depuis la semaine dernière, les chroniqueurs spécialisés en font leur (seul) chou gras, vu le peu de matière  à l’aube de la nouvelle année :  Le Soleil, Zmemusic, Pitchfork, The Guardian, Libération, etc.  Merryweather Post Pavillon, dont le titre fait référence à un amphithéâtre du Maryland (lieu de résidence du groupe) dédié à la musique classique, est effectivement un très bon album où la mélodie pop fait bon ménage avec la vision.

J’écoute cet album depuis une semaine déjà.  Lancé sur le label Domino, voilà à mon sens un enregistrement dont le hype est parfaitement justifié.

Panda Bear et ses comparses, il faut dire,  n’en sont pas à leurs premiers bidouillages. Ce neuvième album créé en autant d’années témoigne d’un langage incontestablement maîtrisé.

Comme on le constate depuis une mèche, tout groupe pop ou rock d’aujourd’hui est forcément référentiel, Animal Collective ne fait pas exception à la règle.  Or c’est dans le jeu des références que ça se passe, c’est aussi à travers les possibilités qu’offrent des instrumentations plus considérables que jamais. Animal Collective a parfaitement saisi les enjeux de la nouvelle pop culture en ce sens.

Guitares, claviers, percussions, échantillons, bidules électroniques, percussions, voix, autant d’outils pour Noah Lennox (Panda Bear), Josh Dibb (Deakin), Brian Weitz (Geologist), David Portner (Avey Tare). Surgissent de cette animalerie des références aux Beach Boys, aux Moody Blues et autres vieux groupes plus pointus comme Gentle Giant. On y apprécie les choeurs de facture clairement contemporaine, on y contemple les ornements technoïdes, on s’y laisse prendre par les cycles harmoniques et judicieux procédés de déphasage rythmiques puisés dans le bassin des musiques savantes occidentales,  qu’elles fussent instrumentales ou électroacoustiques.

Voilà tout un bestiaire au service de la mélodie et de la voix,  qui nous ramène invariablement à une pop culture telle qu’on l’imagine dans ses déclinaisons les plus allumées.

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Lundi 12 janvier 2009 | Mise en ligne à 10h32 | Commenter Commentaires (10)

Notes sur Deerhunter et ses contemporains

deerhunter.jpg

Autre effort de rattrapage : Microcastle / Weird Era Continued,  troisième album de Deerhunter, from Atlanta, CD double sorti à la fin octobre. N’ayez crainte, je ne m’éterniserai pas sur ce qui m’a échappé, je vous en cause parce que c’est arrivé à plein d’autres amateurs de musique qui ne se limitent pas au rock indie pour se tenir à jour. Et qui, fort possiblement, ne connaissent pas l’existence de Deerhunter.

En aménageant mon nouvel aquarium de 29 gallons, je me suis tapé Microcastle au moins trois fois.  Je n’ai pas été renversé (…) mais j’ai bien aimé. Et je comprends pourquoi ce band américain fascine tant les jeunes mélomanes tout en récoltant d’excellentes critiques sur la planète rock en 2008 – moyenne générale de 81 sur Metacritic.

Les grooves hypnotiques de ce quintette américain (from Atlanta) mènent à des transes douces et introspectives, quoique scotchée à la culture rock. Ces expériences authentiques, auxquelles nous convient les guitares, les instruments électroniques et les sédiments de voix dominées par Bradford Cox, proviennent du grenier de l’édifice et hantent les pièces principales. De bons esprits à n’en point douter.

À la fin des années 90, je me souviens avoir été vraiment las des bands strictement fondés sur l’intrumentation classique du rock, à tel point que j’avais acquis la ferme conviction que le rock avait atteint sa forme classique et qu’il ne pouvait être autrement que référentiel, muséologique. Je n’avais pas tout à fait raison puisque l’esprit et l’attitude rock occupent une large place de notre imaginaire en 2009… et y débusquent même d’autres avenues.

Depuis le début de cette décennie, j’ai vu et et entendu la plupart des groupes importants, j’applaudis l’éclectisme de la vague actuelle, dont les éléments les plus créatifs explorent toutes les lutheries, bien au-delà de l’incontournable triangle guitare-basse-batterie.

Entre les harmonies vocales paroxystiques des Fleet Foxes, le post-folk hautement inspiré de Bon Iver, le post-glam-prog-psychédélique-indie de MGMT, les fresques très pointues de Deerhunter qui fait dans l’art rock et les ambiances post-punk, il y a des différences énormes.

Qui s’en plaindra ?

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