Mon profil éclectique (suivre le rock indie, le jazz, la world, etc.) me joue parfois des tours, tant et si bien que j’ai découvert Bon Iver au temps des Fêtes, alors que je préparais mes sélections pour l’émission Desautels. Voilà le plus gros morceau qui m’ait échappé en 2008.
Lorsque j’ai constaté la position de tête qu’avait pris un certain Bon Iver sur plusieurs Top 50 de ce monde (#1 au palmarès de The Guardian, notamment), je me suis téléchargé l’album… très difficile à trouver dans les magasins de disques et peu connu des distributeurs avec qui je fais normalement affaire – je n’ai obtenu l’exemplaire physique que vendredi, au terme de moult recherches. Soyez assurés que la major Universal Music aura tôt fait de remplir les magasins dans un avenir proche !
Dès la première écoute de For Emma Forever Ago, j’ai frémi comme ce fut le cas à la première écoute de Funeral d’Arcade Fire ou de The Seldom Seen Kid d’Elbow.
Bon Iver, c’est-à-dire Justin Vernon, provient du Midwest américain où l’on se les gèle autant qu’ici… et où il est permis de se laisser pousser la barbe sans velléités religieuses tout en consumant une peine d’amour dans l’isolement forestier. Cet album fabuleux a ainsi été créé… for Emma forever ago, pour en reprendre le titre. Si cette dernière avait su que la détresse de son ex engendrerait un des plus grands succès d’estime sur terre en 2008, que se serait-il produit ?!!
Terré dans le shack du paternel dans le nord du Wisconsin (lisez l’interview sur AV Club) , cet illustre inconnu a créé un univers d’une profondeur exceptionnelle : voix de fausset d’un soliste habité par les grands esprits de la musique, harmonies vocales haut perchées sur des mélodies poignantes pour la plupart, (non sans rappeler le son indie de Montréal, je pense notamment aux voix célestes de Besnard Lakes et certains accents d’Arcade Fire), arrangements de cuivres à l’occasion, petits bruits échantillonnés et fréquences de synthèse survolant des accords placidement grattés sur des cordes acoustiques, pointes de minimalisme américain.
Somptueux, émotif et brillant du début à la fin.
N’hésitez pas à télécharger cet album exceptionnel, celui d’une voix bénie par la tristesse.
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