Alain Brunet

Archive, octobre 2008

Mercredi 29 octobre 2008 | Mise en ligne à 19h45 | Commenter Commentaires (12)

Le disque québécois rattrapé par son destin

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Selon les analyses statistiques rendues publiques en septembre par l’Observatoire de la culture et des communications du Québec et repris par l’ADISQ ce mois-ci , c’est-a dire en pleine période de gala,  les ventes de CD poursuivent leur déclin dans le marché québécois.

« Au cours des sept premiers mois de 2008, rapporte l’ADISQ, les ventes d’enregistrements sonores sur CD ont reculé de 15% par rapport à la même période l’an dernier, cumulant ainsi quatre années de baisses consécutives. Les ventes de musique numérique ont pour leur part augmenté de 60%, mais cette croissance n’est toutefois pas suffisante pour compenser la baisse des ventes sur supports traditionnels. Rappelons que la part du numérique dans le marché total de la musique, au Québec, n’était évaluée qu’à 1,6% en 2007. »

On observera en outre que ce recul québécois de 15% est moindre que celui des grands marchés.

« Ailleurs dans le monde, fait-on également observer sur le site de l’ADISQ, les ventes de musique sur supports traditionnels poursuivent également leur descente. Selon les derniers chiffres du Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP)  portant sur le premier semestre de 2008, les ventes mondiales de musique sur supports physiques (CD et DVD) ont chuté de 12% par rapport à la même période l’an dernier. Les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont vu leurs ventes « physiques » décroître de 25%, 18% et 10% respectivement au cours de cette période.  Cette diminution serait de l’ordre de 20% pour le Canada, selon les chiffres rapportés par le SNEP.»

Depuis la mort annoncée du CD physique, c’est-à-dire au tournant de cette décennie, le marché québécois a été protégé par ses propres consommateurs, qui ont consciemment freiné leur transition dans l’univers numérique lorsqu’il a été question de télécharger les produits québécois. Ce n’est plus tout à fait le cas.

On aura beau dire que le CD connaît une fin plus douce au Québec que dans les grands marchés du monde, ces statistiques récentes indiquent néanmoins qu’il sera rattrapé par son destin.

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Mardi 28 octobre 2008 | Mise en ligne à 14h37 | Commenter Commentaires (20)

L’Autre Gala de l’ADISQ: liste commentée des gagnants !

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L’Autre Gala de l’ADISQ, celui destiné aux catégories plus marginales, a été présenté lundi soir.  Que penser des résultats ? Je vous propose une lecture commentée.

Album de l’année – alternatif :  Le volume du vent, Karkwa

Commentaire: Est-il navrant de constater qu’un album aussi fédérateur que Karkwa doit être considéré comme alternatif, en 2008 ? Remarquez, je suis très favorable Karkwa, un des rares bands qui puissent rallier beaucoup de monde avec des compositions et une dégaine des plus singulières.

Album de l’année – anglophone: 70s, de Sylvain Cossette

Commentaire: Y a-t-il lieu de s’étonner d’un tel choix dans« l’île» du Québec, apparemment isolée du reste du monde sur cette terre… alors que des milliers d’albums anglos, dont plusieurs excellents créés par nos vrais anglo-québécois, percent l’imaginaire ?

Album de l’année – classique / orchestre et grand ensemble: Handel – Water Music, Les Violons du Roy, Bernard Labadie

Commentaire : Cet album est superbe, la critique s’est d’ailleurs montrée très positive à son endroit.

Album de l’année – classique soliste et petit ensemble: Un conte de fées, Angèle Dubeau & La Pietà

Commentaire: Aucun sur la pertinence de cette sélection, mais une question demeure : pourquoi Analekta, le label sur lequel enregistre Angèle Dubeau, domine autant les Félix  classiques de l’ADISQ, bon an mal an ?

Album de l’année – classique vocal :  Âme, corps et désir, Karen Young

Commentaire : Excellent choix pour un disque rigoureux, inspiré et qui ne manque pas d’audace dans les réformes de l’ars nova, aux origines de la polyphonie.

Album de l’année – country:  Quand le country dit bonjour… Volume 2
Artistes variés.

Commentaire: Aucun… et vive le country pour ceux qui l’aiment.

Album de l’année – folk contemporain : Au Grand Théâtre de Québec
Les Cowboys Fringants.

Commentaire :  Folk contemporain ???!!  Et comment se fait-il que le Tam-Tam  de Sylvie Paquette, qui a signé le meilleur album de filles au Québec en 2008 (et le meilleur spectacle de filles), n’ait pas remporté un Félix dans cette modeste catégorie ? Encore là, le volume des ventes (et non du vent) éclipse tout argument qualitatif. Poche.

Album de l’année – hip-hop:  Gatineau, Gatineau

Commentaire: Gatineau est vraiment super, une des révélations québécoises de 2008 en ce qui me concerne,  mais la présence de Séba en tant que rapper ne rend pas Gatineau vraiment hip hop, en ce qui me concerne. Où sont passés les vrais groupes hip hop ?

Album de l’année – jazz création : Second Time Around, Oliver Jones.

Commentaire: Les ventes de disques et la réputation d’Oliver Jones ne font pas de son disque le meilleur  album de jazz original pour autant. Vraiment pas. À mon sens, les albums de Matthieu Bélanger, François Bourassa et Rémi Bolduc, tous finalistes dans cette catégorie, lui sont NETTEMENT supérieurs.

Après vérification, on constate que le vote des jurys spécialisés compte pour 60% de la note finale d’un artiste mis en nomination. Si, par exemple, les jurés ne déterminent pas un grand gagnant par une majorité forte, celui qui termine premier par une majorité relativement faible peut être détrôné par le meilleur vendeur de sa catégorie, puisque les ventes de disques comptent pour 40% du résultat final. Voilà qui  pourrait expliquer nombre de résultats étranges dans les catégories spécialisées. 

Album de l’année – jazz interprétation : Bruno Pelletier et le Gros Zorchestre, Bruno Pelletier.

Commentaire: Encore là, le facteur ventes de disques et la popularité de Bruno Pelletier (comme chanteur de variétés)  mène difficilement à un verdict crédible aux oreilles des jazzophiles. Les autres en lice pour cette catégorie ? Voyez voir avant de juger…

Album de l’année – musique électronique ou Techno: Fancy Footwork, Chromeo

Commentaire: Aucun… sauf que je  préfère Ghislain Poirier, Les Amis du Pakistan et  Mister Valaire.

Album de l’année – musiques du monde: Il Tempo, Michaël

Commentaire: Si tous les CD de musiques du monde produits au Québec étaient en lice à l’ADISQ, le verdict serait tout autre. Le problème, c’est que des dizaines d’artistes et formations de notre scène world ne sont pas inscrits à cette noble association…

Album de l’année – traditionnel : Fred et Nicolas Pellerin

Commentaire: Ben coudon ! Avec tout le respect qu’on doit à Fred Pellerin, où sont donc passés les vrais musiciens qui font dans le trad ? Encore là, la popularité de notre Fred national l’emporte sur une sélection crédible.

Artiste québécois s’étant le plus illustré hors Québec: Isabelle Boulay

Commentaire: Pleinement mérité !

Artiste de la francophonie s’étant le plus illustré au Québec: Grand Corps Malade

Commentaire : Ce grand Fabien de Saint-Denis n’est certes pas la plus grande plume de la francophonie, mais il a le mérite d’avoir donné l’envie des mots à des centaines de milliers de jeunes qui n’en avaient rien à branler.

Je vous épargne les autres catégories qui ne s’adressent pas vraiment aux fans de musique, et j’attends vos commentaires !

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Lundi 27 octobre 2008 | Mise en ligne à 9h20 | Commenter Commentaires (7)

Byrne/Eno à 320kbps sans DRM

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Pochette de Everything That Happens Will Happen Today

Très attendu par ses fans, David Byrne s’amène jeudi prochain au Métropolis. Brian Eno, qui a créé Everything that Happens Will Happen Today, n’a pas pris part à cette tournée. En revanche, l’album prévu en magasin et sur iTunes le 25 novembre prochain est déjà en ligne: on peut le télécharger à 320kbps, sans que les fichiers soient pourvus de DRM. Je l’ai fait, la qualité est très acceptable vu le taux de transfert de données.

Je me doute évidemment que les audiophiles purs et durs ne se satisferont pas de ces fichiers téléchargés à 320kbps, pour la somme de 8,99 $ US. Ces standards de prix et d’intelligibilité ont été déterminés par le tandem Byrne/Eno, on imagine bien que ces standards sont transitoires comme ils l’ont été pour Radiohead et Nine Inch Nails. En tout cas, on observe que taux dominant du transfert des données, soit 128kbps, s’approche de son déclin inéluctable.
Dans un avenir relativement proche, on dépassera la qualité des CD, clament plusieurs spécialistes. L’an dernier j’avais interviewé l’inventeur du format de compression MP3, le chercheur allemand Karlheinz Brandenburg, qui me disait travailler déjà sur des formats de compression prévus pour une diffusion immersive – 5.1, etc.

Tout va très vite, c’est le moins qu’on puisse dire.

Et vous ? Comptez-vous vous procurer le nouveau Byrne/Eno en ligne ou en magasin ? Sur iTunes ? Sur le site officiel de Byrne/Eno ? Via des torrents non autorisés ?

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