Deux choses m’agacent dans ce clip, dont l’objet (s’opposer aux compressions du gouvernement conservateur dans la culture) est tout à fait légitime.
Primo, l’identité des responsables.
Ainsi donc, producteur, scripteur et réalisateur du clip mettant en scène Benoît Brière, Stéphane Rousseau, Michel Rivard et sa complainte du «fuck» ont voulu conserver l’anonymat.
On peut déduire que Brière, Rousseau et Rivard ont moins à craindre du gouvernement fédéral que leurs collègues. Forcément, les artisans responsables de ce clip sont beaucoup plus impliqués dans l’industrie du cinéma, dont le gouvernement fédéral finance une partie cruciale des opérations. Le scripteur, le réalisateur et le producteur de ce clip devront continuer à demander des subventions au gouvernement fédéral, et ce pour de longues années à venir. On imagine qu’ils craignent les représailles… qu’il serait facile de dénoncer s’ils en subissaient. Alors pourquoi mettre ses culottes… jusqu’aux cuisses ?
Quoi qu’ils en pensent, l’identité des responsables sera tôt ou tard dévoilée, si ce n’est pas déjà le cas. Des rumeurs fondées circulent depuis jeudi, c’est-à-dire depuis le début de la propagation virale de ce clip – plus de 300 000 visionnements dimanche ! Voyez ce billet en ce sens.
Secundo, la confusion dans le contenu:
À mon sens, il y a une confusion importante dans le script de ce clip, pourtant très bien joué et tout aussi bien réalisé. Michel Rivard y fait face à des fonctionnaires réactionnaires et unilingues, assez poches en français pour confondre phoque et fuck. Tout de même ! On a l’impression de se retrouver avant la Révolution tranquille ! Cette caricature ne tient pas la route, parce qu’elle n’est pas représentative de la réalité d’aujourd’hui. Qu’on soit ou non souverainiste, il faut bien mal connaître le ministère du Patrimoine canadien et les organismes qu’il finance pour les dépeindre aussi grossièrement.
Les coupures dans la culture, en fait, n’ont pas de saveur linguistique; elles s’appliquent également aux francos comme aux anglos, sans compter les artistes des Premières Nations.










kosmokrmr
22 septembre 2008
15h12
Bon billet
A mon avis ne pas signer de peur de represailles ou car peut-etre que les producteurs recoivent deja la plus grosse part des subventions attribue a leur industrie respective. ( Robert,Arcand etc…) et la balloune pourrait avoir un effet boomerang
mikhail_boulgakov
22 septembre 2008
15h41
Bien vu, M. Brunet.
Le système de subventions directement accordées aux créateurs est de toute façon basé sur une immense tartufferie : les ‘créateurs’ (je mets entre guillemets, puisque normalement un vrai ‘créateur’ n’a pas besoin de subvention pour créer, il créé malgré lui, malgré tout) pratiquent de fait l’autocensure depuis longtemps. Personne n’ira soumettre un opéra hommage à Adrien Arcand, ou album hip-hop à la sauce ‘cop-killer’.
Alors ça donne, sur le long terme, ce que ça donne : une culture mièvre, consensuelle, non imaginative. Ça finit par donner un incroyable ‘dumbing-down’ du niveau culturel général, où on crie au génie en écoutant Isabelle Boulay. Après on s’étonne que les British ont donné au monde la Révolution punk : ici, ça risque pas…
Je fais la nuance avec les subventions aux créateurs et aux producteurs (ça ne devrait pas exister), et les subventions dans le ‘béton’; c’est-à-dire, des lieux de diffusion, tels des théâtres, Radio-Canada, etc. Que l’État construise une salle, soit. Qu’elle subventionne une radio publique, soit. Il se trouvera bien un dramaturge pour s’en servir, un musicien pour remplir les ondes.
On oublie parfois que Claude Jutra a fait son premier film sur sa carte de crédit, et Marcel Ferron était médecin… Il s’en est fait en maudit, de la culture au Québec, avant ce système institutionnalisé ! Et même souvent, c’était bien meilleur que ce qui a suivi.
Il y a encore des milliers de créateurs au Québec qui sont leurs propres mécènes, qui triment dur, et cette montée de lait des ’soviétiques’ bébé gâtés ne les fait pas rire du tout…
daniellabonte
22 septembre 2008
19h40
Je déteste la culture subventionnée : demander la permission pour faire un film c’est totalement immoral. Je n’aime pas ce système qui crée la dépendance. On est pas libres de créer ce qu’on veut, comme on le veut, ou si peu.
Poètes vos papiers disait Ferré ! IcI, tout est analysé et scruté à la loupe par une batterie de fonctionnaires. Quelle différence avec le système féodal ? Féodal ou fédéral, c’est pas mal égal !
vlbtjkce
22 septembre 2008
20h32
le bon mr à oublie les petits hommes vert avec ça
carbone-14
22 septembre 2008
23h55
Homer n’est pas du tout subventionné et je le trouve beaucop plus drôle personnellement en personne.
antoinepierpont
23 septembre 2008
07h16
petit billet facile… et inconsistant
facile: il ressemble au commentaire que Josée Verner a fait au sujet de ce clip… qu’elle disait ne pas avoir vu par ailleurs
elle a dit je ne commente pas les clips dont ne connaît pas les auteurs… que je sache les publicités des partis politiques n’indiquent pas les noms des scripteurs , des réalisateurs , etc….
inconsistant: vous donnez vous-même l’explication du pourquoi ces gens ont intérêt à ce que leur nom ne soit pas connu… la “black list”, Monsieur Brunet…. pensez-vous que lorsque certains de leurs projets seront présentés à Téléfilm canada ou Patrimoine Canada il a quelque chance que ce soit d’être retenu… ?????
-”"”"Les coupures dans la culture, en fait, n’ont pas de saveur linguistique”"”"”
1- avez-vous pris la liste des 14 projets et examiné qui en était les bénéficiaires pour affirmer une telle chose ?
2- la censure en cours Monsieur Brunet (celle du pojet de loi sur le cinéma par exemple, projet laissé temporairement sur les tablettes le temps de l’élection) a une saveur culturelle (et forcément linguistique)… la morale évangéliste est beaucoup plus forte et beaucoup plus acceptée dans le Canada anglophone (ex: en Alberta entre autres où l Reform-Conservateur Party emportera tous les comtés) qu’au QUébec francophone… donc oui aucun doute les projets québécois et francophones dans ce cadre seront plus touchés.
dans le cinéma par exemple, Téléfilm Canada a fixé un plafond de subvention aux films en français (2,5 millions $) alors qu’aux films en anglais il n’y a pas de plafond…. si je suivais votre raisonnement, je conclurais que cette mesure est raciste (?), puisque vous affirmez qu’il n’y a aucune différence entre la façon dont les coupures touchent l’une et l’autre communauté… ce qui est faux lorsqu’on examine les faits
Alain Brunet
23 septembre 2008
08h39
@ antoinepierpont
Nous ne discutons pas ici du rapatriement des compétences québécoises en matière de culture, un sujet différent. Je dis simplement que les coupures dans leur ensemble touchent autant les anglos que les francos. Que l’on considère injuste la manière dont le système fédéral dessert les artistes francophones est une chose, les coupures actuelles en sont une autre. C’est ici ce dont il est question.
Maintenant, que la ministre du Patrimoine canadien reprenne à son compte cet argument de l’anonymat (énoncé par plein d’observateurs qui n’ont rien de conservateur ou même rien de profondément fédéraliste), c’est… de la politique. Que vous l’associiez à mes arguments, alors à je laisse le soin aux lecteurs (et à vous-même) de qualifier votre logique.
En terminant, la «black list». Avec le tapage qu’a produit ce clip, croyez-vous vraiment que les journalistes et, surtout, l’ensemble de la communauté des créateurs en cinéma, laisseraient couler ses artisans. Nous ne sommes quand même pas sous un régime stalinien ou maoïste ! Stratégiquement, le gouvernement conservateur se tirerait dans le pied en punissant ainsi l’auteur, le producteur et le réalisateur de ce clip.
magie-45
23 septembre 2008
10h24
Si un artiste quelconque a besoin de subventions pour survivre, il devrait sérieusement se poser des questions, peut-être qu’il ne plaît pas assez(qu’il ne pogne pas ) alors soit qu’il continue sans se plaindre et fasse contre fortune bon coeur ou qu’il débarasse.
bobof
23 septembre 2008
10h40
Hitler. Son parti condamne l’art dégénéré.
Harper. Son parti condamne l’art dégénéré.
Alain Brunet
23 septembre 2008
10h55
@magie-45
Question: comment croyez-vous que l’art, celui qui franchit l’épreuve du temps, a émergé au cours des derniers siècles ? En trouvant tout de suite son public ?
Réponse: Aucunement. L’art a toujours été subventionné (par les rois, puis par les gouvernements), c’est ainsi que les chercheurs en culture ont survécu jusqu’à ce jour. La plupart d’entre eux, dois-je vous le rappeler, ne tirent que de très maigres revenus du fruit de leur découverte… même lorsqu’ils obtiennent des bourses. La majorité ABSOLUE des artistes, en fait, ne tirent que des pinottes de leur création – en incluant les subventions. Et, faut-il le rappeler, l’art pointu et novateur, lorsqu’il est réussi, fait avancer la culture populaire. Madonna et Björk, par exemple, ne cessent de puiser dans les découvertes d’artistes d’avant-garde, souvent subventionnés.
Autre question à magie-45: la recherche scientifique et le sport d’élite forment des centaines d’individus doués qui, majoritairement, n’auront aucun impact réel au bout du compte. Devrait-on alors éliminer le financement dans le sport d’élite et la recherche scientifique, sachant qu’une découverte ou une grande performance émerge de centaines de tentatives ratées ?
mikhail_boulgakov
23 septembre 2008
11h12
@AB
Et l’auto-mécénat ?! Berlioz était fonctionnaire… Shumman instituteur. Incompris de leur temps (même des mécènes), ils auront grandement influencé leur art. De nombreux écrivains étaient médecin (Ferron, Boulgakov), Diplomate (Gary, Châteaubriand)…
Y’a pas que les subventions dans la vie. Y’a aussi des authentiques créateurs qui se prennent en main sans aller quêter.
L’art de pointe (forcément jamais payant) émerge ainsi de façon autonome, sans système à la soviétique, où il faut demander la permission pour faire un film !
Radiohead aurait déjà apparemment cité Godspeed comme influence. Et la gang de Constellation a jamais reçu une cenne de subvention de personne.
Alain Brunet
23 septembre 2008
13h47
@mikhail
Je vous l’accorde, la contrainte a toujours été une source d’inspiration…. parmi d’autres. Mais chercher et créer dans des conditions décentes ne conduit pas non plus à la paresse, la médiocrité ou quelque cercle d’admiration mutuelle comme vous le laissez entendre. Cela peut se produire, mais cela ne devient pas une généralité lorsque les artistes sont soutenus.
Qui plus est, en cette ère où la création des contenus devient un moteur de l’économie de l’avenir, on ne peut plus envisager être fonctionnaire et créer ses symphonies le soir avant d’aller dormir. Parlez-en à Philip Glass, qui fut chauffeur de taxi avant de pouvoir se permettre de créer à temps plein. Demandez-lui son avis sur la précarité économique des créateurs. Et n’allez pas me dire que son oeuvre était plus «hot» avant qu’elle ne lui permette de gagner sa vie.
Ne sommes-nous pas plutôt à l’aube de la formation d’une classe moyenne de créateurs avec un système de rémunération décent ? Bien sûr, ce n’est pas prévu pour les quatre prochaines années….
antoinepierpont
23 septembre 2008
15h16
En aucun cas je n’ai parlé de rapatrier quoi que ce soit
Le Canada c’est le Canada, M. Brunet. Savez-vous que Gilles Vigneault après le référendum de 1980 n’a plus eu aucun contrat au Québec durant 2 ans, tous ses amis propriétaires de salles, ou producteurs l’ont laissé tombé. il est parti en Europe et a trouvé du boulot en France, Suiise Belgique… plus personne ne voulait l’engager… il a quitté pour l’Europe et y a travaillé. Il s’était trop associé au OUI… je vous ferai grâce des 10 années précédentes ( des détails tel que les listes de membres du Parti Québécois volés par la GRC….ils en avaient probablement besoin pour envoyer des cartes d’anniversaires aux membres du PQ)… et bien entendu ce n’était pas Harper qui était au pouvoir… Relisez M. Brunet ce que Harper a écrit sur le QUébec quant il était au Reform… vous allez être édifié, attendez qu’il soit majoritaire….
Je vais simplement répondre par des extraits de la chronique de Geneviève Lefebvre dans le Jde Mtl et de Québec d’aujourd’HUI. Voici ce qu’elle écrit sur l’anonymat: Les dessous de l’anonymat
“”"-ceux qui déchirent leur chemise sur la question de l’anonymat…”c’est de la bouillie pour les chats,,, Pour le simple citoyen comme pour la personnalité publique l’anonymat est parfois la seule façon d’exprimer une vérité sans en payer le prix. “”"” Elle continue en écrivant qu’en Espagne et en Irlande du Nord, en Italie les journalistes qui couvrent les organisations criminelles et séparatistes écrivent sous anonymat… et qu’au Journal de Montréal une récente série d’article sur les motards a été signée par l’ensemble de la rédaction afin d’éviter les représailles individualisées, elle continue en soulignant qu’en France des journalistes ont perdu leur emploi pour des raisons politiques, que 5 journalistes de TF1 ont produit une émission sous anonymat pour les mêmes raisons,,, elle rappelle McCarthy aux USA
Elle souligne que l’anonymat amplifie la crédibilité car l’auteur n’est plus baillonné par son patron, son entreprise , par la ligne du parti… l’auteur ne se soumet plus à l’autocensure… bravo Mme Lefebvre pour votre chronique à lire absolument par tous ceux qui déchirent leur chemise…
mikhail_boulgakov
23 septembre 2008
16h08
Je ne peux m’empêcher de faire un corollaire.
” Mais chercher et créer dans des conditions décentes ne conduit pas non plus à la paresse, la médiocrité ou quelque cercle d’admiration mutuelle comme vous le laissez entendre.”
Mettons-nous d’accord sur une prémisse : le Québec, comme de nombreuses petites nations isolées (Finlande, Hongrie, par exemple), est culturellement autophage : 98 % des contenus culturels créés ici le sont strictement pour consommation locale. Les Danny Bédar, les téléséries de TVA, etc. etc., ça n’intéresse rigoureusement personne à 3km des frontières du Québec. Pourquoi ? C’est médiocre, tout simplement.
Or, si on reste dans le giron musical, c’est souvent ça qui est subventionné.
Ce qui a vraiment percé dans le reste du monde (Cohen, Mashmakhan, Voivod, Beau-Marks, Céline, les Jaguars, Simple Plan, Gino Soccio, Deadbeat, Godspeed, et on en passe et on en passe) n’a pas été subventionné…
La subvention tue la créativité, presque par définition, puisqu’elle présuppose un moulage. Et non; nous ne sommes pas à l’aube de la création d’une ‘classe moyenne de créateurs’. Nous sommes à l’aube du chaos culturel, de la cacophonie de l’infosphère, de laquelle émergeront des Beatles encore plus gros que les Beatles, parce que les gens auront encore plus besoin de repères et de se faire dire ce qui est bon (ils en sont incapables tout seuls).
Et n’allez pas dire à un Paul Ohl qu’on ne peut être fonctionnaire de jour et créateur mondialement reconnu de soir…
Alain Brunet
23 septembre 2008
17h01
@Mikhail
Décidément vous aimez avoir raison ! Je vous comprends, moi aussi ! :)
Blague à part, je veux pas m’éterniser dans ce débat mais je crois sincèrement qu’émergera du «chaos culturel» dont vous parlez (toute cette mouvance de création bénévole ou semi-professionnelle sur l’internet, entre autres) une classe entière de créateurs rémunérés pour leurs efforts. Pourquoi ? Parce que le secteur des contenus est crucial pour notre avenir économique à l’ère numérique, également crucial pour la santé de notre société et pour son rayonnement à l’étrange. Parce qu’il sera un des rares secteurs à pouvoir créer beaucoup d’emplois sur le long terme, le secteur de la création sera appelé à croître, contrairement à ce qu’indique la tendance (conservatrice) actuelle. Les revenus des créateurs de contenus seront multiples, et devront compter notamment sur le soutien important de l’État. Les exemples que vous apportez sont pour la plupart des exemples de culture populaire et non de recherche pointue, même lorque vous évoquez Godspeed. Que faites-vous alors des écrivains québécois, des artistes visuels, du Cirque du soleil (eh oui, amplement subventionné au début de l’aventure), des Karwa, Bélanger, Thério, Paquette et autres artistes de qualité, dont les labels sont TOUS subventionnés ? Et que dire des films d’auteurs, les seuls qui puissent finir par sortir de nos frontières et nous donner une crédibilité à l’échelle internationale, genre CRAZY ? Invariablement, le marché devrait embarquer à court terme, dites-vous ? Allons donc. Votre point de vue sur la sclérose assurée et absolue de la création a les allures d’un dogme, en ce qui me concerne. Parfois, effectivement, vous avez raison: on abuse du système (idem pour l’assurance-chômage ou le BS)… ce qui ne signifie pas que l’on doive s’en remettre aux forces du marché parce qu’on a trouvé des pommes pourries dans le panier.
mikhail_boulgakov
23 septembre 2008
17h23
@AB
J’aime bien ‘m’obstiner’ pas tant pour avoir raison que pour faire évoluer mon propre point de vue. La classe moyenne de la création arrivera si les compagnies de câble finissent effectivement par payer leur cut à la SOCAN… C’est la redevance universelle qui nous sortira de ce pétrin.
Le cinéma est un autre sujet : c’est un art industriel, on peut rien faire en bas de 5 chiffres, voire 6.
La poésie est l’antithèse. Entre les deux, la musique. Il y a moyen de produire des choses de qualité aujourd’hui pour 10,000 dollars. Or, 10,000 $, ça peut s’autofinancer quand on est débrouillard, quitte à ‘toffer’ son day-job pendant quelques années. Philipp Glass l’a fait, effectivement. Mark Knopfler aussi. Le gars des Wampas… Richard Desjardins a fait tu m’aimes-tu tout seul. Comme quoi…
Je ne dis pas que le marché est la réponse à tout. Je répète qu’il faut que l’État investisse dans le ‘béton’ (théâtres, salles, lieux de répétition – comme en France – radio publiques, etc.). Mais subventionner directement les créateurs est très pervers.
Combien de disques ont vendu au Texas, en Birmanie, à Londres, à Sao Paulo, Karwa, Bélanger, Thério, Paquette ? Aucun. Ça fait partie de la culture autophage, fut-elle de qualité. Personellement, ces disques ne m’intéressent pas. Ils ont un immense déficit de personnalité au plan de la production, du fait, justement, qu’ils sont le produit de maisons subventionnées à l’os, et qui ne font plus d’efforts pour offrir un produit intriguant et moins formatté. J’en écoute 10 secondes et je décroche.
Alain Brunet
23 septembre 2008
17h52
@Mikhail
On s’en reparlera dans quelques années… Je garde la conviction profonde que la culture subventionnée est essentielle à l’émergence des artistes de qualité, même si elle produit également des ratés. Ceux qui vous ennuient , d’ailleurs, sont à mon sens des artistes de fort niveau (vous n’aimez pas Karkwa et vous me parlez de Gino Soccio ?!!!), j’ajoute Desjardins, Ducharme et plusieurs autres grands artistes qui ont dû compter sur le soutien de l’État pour émerger et pour durer, ainsi que pour hausser le niveau culturel sur notre propre territoire. Ce qui n’empêche en rien de se botter le derrière (créatif) lorsque souffle un vent fort de conservatisme, n’est-ce pas?
mikhail_boulgakov
24 septembre 2008
08h28
Juste une nuance :
Je crois que Karkwa et cie sont des gens très créatifs, très allumés, et très talentueux, mais leur produit est gâché par une maison de disque subventionnée qui lisse leurs aspérités. Désolé, mais Audiogram, Tacca, et cie, ça sonne exactement pareil, c’est exaspérant. D’ailleurs Malajube ont le mérite de sortir quelque peu de ce moule, ce qui leur a valu des mentions chez Pitchfork et les Inrocks, ce que les Marie-Jo Thériault de ce monde n’auront jamais.
Un parfait exemple de talent gâché par le socialisme ambiant… C’est quand même étonnant que le chantre du libéralisme à tout crin (les USA), du conservatisme à la Harper, quoi, soient le moteur no1 de la culture du XXe siècle…
(Gino Soccio s’inscrivait dans une mouvance euro-disco (du IDM avant-l’heure) vraiment trippante, avec Santa Esmeralda, Cerone, etc. C’est dans ce qui s’est fait de mieux au Québec fin ‘70. Dancer s’est vendu partout dans le monde. Allez dans n’importe quel club ‘branché’ de la rue St-Laurent, mettez S-Beat et ça passera dans le beurre – faut le faire après 30 ans ! –, ce qui n’est certainement pas le cas de Karkwa, qui est daté avant l’heure. Et Soccio est l’ancêtre direct de Bran Van !)