Alain Brunet

Samedi 23 mai 2015 | Mise en ligne à 11h30 | Commenter Un commentaire

Chanteuses et musiciennes de MTL: Blanche Baillargeon

blanche baillargeon paysages_couverture

Je connaissais peu Blanche Baillargeon, je viens d’en apprendre davantage sur la musicienne et chanteuse après l’écoute de Paysages du jour tranquille un album qui porte très bien son titre.

Je la savais bassiste, contrebassiste, musicalement éduquée, douée, fille de la cinéaste et comédienne Paule Baillargeon et de Luc Courchesne, sommité québécoise de l’art interactif. Je la sais maintenant compositrice et leader d’ensemble.

J’avais déjà entendu son travail au sein de l’ensemble jazz manouche Christine Tassan et les Imposteures, dont j’aurais dû parler à plus d’une reprise et… ce que je n’ai jamais fait par pur hasard. Description sommaire, donc: voilà un solide formation de musiciennes férues de jazz gitan, interprètes et improvisatrices compétentes qui ne s’inscrivent pas pour autant parmi les pointures d’un genre très exigeant sur le plan technique.

Hormis le jazz de Django ? Blanche Baillargeon fait dans la musique de chambre jazzo-brésilienne, force est d’observer à l’écoute de cet album ambitieux. Nous voilà donc au Brésil des années 60 et 70, nous voilà sur des terres voisines que labourent Egberto Gismonti, Chico Buarque, Gilberto Gil, Caetano Veloso et autres Arto Lindsay. Mais aussi sur les pâturages d’un jazz lyrique et calme qui rappelle parfois les relectures d’hymnes résistants du Charlie Haden Liberation Orchestra.

Ainsi donc, les tropiques imaginaires de Blanche Baillargeon fleurissent avec les cristaux de glace, soit en Amérique francophone et montréalaise.

Clarinette, trompette, bugle, cor, contrebasse, violon, violoncelle, alto, piano, guitare, voix solo, chant choral. Arrangements feutrés, brises vocales, jeux d’anches ouatées, tempos généralement lents, «cette mélancolie qui frappe doucement à la porte »… Tout est désormais possible dans notre monde où le virtuel est préféré au réel – et pour cause ! Musicienne émergente des années 2010, Blanche Baillargeon est femme, jeune maman, québécoise, francophone et… son imaginaire musical témoigne de genres dont l’âge d’or remonte aux années 60, 70 et 80. Voilà une autre illustration de la cohabitation des époques musicales en 2015. Pourquoi pas ?

Ce qu’elle en fait est un bel exercice de douceur, jardin de volupté que l’on suppose en phase avec sa personnalité musicale.

LIENS UTILES

Blanche Baillargeon, site officiel


Écoute intégrale de l’album Paysages du jour tranquille

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Vendredi 22 mai 2015 | Mise en ligne à 14h57 | Commenter Commentaires (2)

Hot Chip / Why Make Sense… synthpop idéale !

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Penchons-nous sur Why Make Sense, sixième album de la formation Hot Chip sous étiquette Domino. Championne anglaise de la synthpop et de l’indietronica, porte les vertus rafraîchissantes du divertissement mais aussi de la pop intelligente.

Sans prétendre à quoi que ce soit, ce groupe chapeauté par le chanteur et parolier Alexis Taylor arrive encore à infiltrer du sens (ou du non sens comme le suggère l’album et l’époque dans laquelle il s’inscrit) à ses mélodies pop. Malgré sa propension à l’électro, la facture Hot Chip reste sensuelle et organique, étoffée harmoniquement et mélodiquement, mâtinée de soul, R&B, house, disco ou hip hop.

L’humanité y rejaillit dans tous les sédiments de claviers, motifs guitaristiques et sons de synthèse au programme. On aime cette tension entre la substance et le groove de la proposition instrumentale et la voix. La proposition vocale du soliste et de ses acolytes reste généralement douce, aérienne, habitée, pendant que les chrorus, ponts et riffs s’impriment dans le cerveau et que les vers se tortillent dans les oreilles.

Voilà qui fait le pont entre le grand public de la pop et les mélomanes plus exigeants: la capacité de faire des chansons que chacun fredonne, des mélodies dont on se souvient et qui marquent un épisode de l’existence.

Ainsi, la facture Hot Chip reste pertinente pour un nouveau cycle qui s’amorce. Voilà assurément un des très bons albums pop de ma liste 2015.

LIENS UTILES

Écoute intégrale de Why Make Sense sur Deezer

Hot Chip, site officiel

Hot Chip, profil wiki

Metacritic: moyenne de 81% sur 25 textes recensés

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Jeudi 21 mai 2015 | Mise en ligne à 17h34 | Commenter Commentaires (5)

Retour de Faith No More: Sol Invictus

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Sol Invictus, «soleil invaincu» est une divinité romaine de l’Antiquité, un cri de ralliement des armées de César avant de passer à l’attaque… et aussi le titre d’un nouvel album signé Faith No More sous étiquette Reclamation, enregistrement aux sons baraqués, aux vertus «hypnotiques et gothiques» pour reprendre les dires des principaux intéressés.

Ajoutons une certaine théâtralité et une variété de climats au-delà de la référence métal, par exemple cet usage atypique du piano, de la guitare acoustique et autres sonorités, somme toute, assez douces pour une formation qui peut aussi opter pour la corrosion extrême. De 1989 à 1998, ce groupe fut l’initiateur d’un mélange très particulier de heavy métal, funk et rock alternatif. Puis son excellent chanteur, Mike Patton, a opté pour des approches plus expérimentales (Mr Bungle, Fantômas, John Zorn, etc.) et voilà le quintette californien de retour en studio après 17 ans d’hibernation. Ce qu’elle est loin l’époque où FNM partageait le même programme que Voivod et Soundgarden… Étiez-vous là au Spectrum ?

Revenir ainsi à une approche plus simple malgré le caractère atypique de ses ingrédients, est-il souhaitable ? Chose certaine, cet album est loin d’être vilain, sans annoncer un grand cycle créatif pour autant. Nous verrons bien s’il s’agit d’une opération caisse de retraite ou d’une véritable aventure artistique ou encore… les deux ! Choisir la résurgence de Faith No More implique nécessairement des liens esthétiques avec la période antérieure du groupe et aussi avec la personnalité musicale de chacun de ses membres – Mike Bordin, batterie, Roddy Bottum, claviers et voix, John Hudson, guitare, Mike Patton, chant, Billy Gould, chant et réalisation.

Qu’en dites-vous ?

LIENS UTILES

Faith No More, site officiel

Faith No More, profil wiki

Écoute intégrale de l’album Sol Invictus sur Deezer

Metacritic: moyenne de 79 % fondée sur 21 critiques

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