Alain Brunet

Vendredi 31 octobre 2014 | Mise en ligne à 9h53 | Commenter Commentaires (10)

Cyrille Aimée, nouvelle élue du jazz vocal

Cyrille Aimée

Sa mère est de la République Dominicaine, son père est de France où elle a vécu le plus clair de son existence. Plus précisément elle a grandi près de Samois sur Seine, là même où vécut le grand guitariste Django Reinhardt et où se tient annuellement le plus grand festival de jazz manouche qui porte le nom du génie disparu. La jeune fille eu tôt d’éprouver une grande fascination pour les gens du voyage, leur style de vie, leur musique. Oiginaires du Rajasthan, en Inde, les descendants du peuple rom ont marqué l’Europe de l’Est de leurs formidables musiques avant de créer leur propre version du jazz. Depuis les années 20, le jazz manouche compte une population grandissante de guitaristes virtuoses.

Sur ce patrimoine, Cyrille Aimée a fondé son art vocal. En France, elle fut finaliste de la Star Academy qu’elle a désertée, refusant d’interpréter les morceaux imposés de l’ultime étape. En Suisse, elle a remporté la compétition vocale du Festival de jazz de Montreux. Aux États-Unis, elle a remporté la Sarah Vaughan Vocal Competition. À New York, elle a été recrutée par l’archi-connu compositeur de Broadway Stephen Sondheim, afin de chanter dans une production d’envergure à laquelle a participé l’actrice Bernadette Peters. De par le monde, elle a tourné aux côtés du guitariste Diego Figueiredo. Son album It’s A Good Day est sorti cet été, l’effet est boeuf chez les chroniqueurs jazzophiles. Cyrille Aimée y chante aux côtés des guitaristes Adrien Moignard, Michael Valeanu et Guilherme Monteiro. La section rythmique est constituée du contrebassiste Sam Anning et du batteur Rajiv Jayaweera.

Cyrille Aimée n’a pas une voix d’exception. Un tantinet nasillarde, puissance relativement moyenne… Or l’expressivité de cette chanteuse éclipse ces considérations. La grande qualité du phrasé, le rythme de l’élocution, les nuances de l’interprétation, le chien de cette irrésistible trentenaire et son approche plus rétro que nuovo auront tôt fait de la propulser au firmament du jazz vocal, si ce n’est pas déjà chose faite. L’été dernier, elle a chanté incognito sur une scène extérieure du FIJM, la meringue a gonflé depuis lors. Il y a fort à parier que les deux sets de Cyrille Aimée, ce vendredi à l’Upstairs, seront présentés à guichets fermés. Qu’en sera-t-il samedi au Petit Champlain, dans le cadre du Festival international de jazz de Québec ?

LIENS UTILES

Upstairs, informations

Festival international de jazz de Québec


Cyrille Aimée, site officiel

Écoute intégrale de l’album It’s A Good Day sur Deezer

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Lundi 27 octobre 2014 | Mise en ligne à 10h20 | Commenter Commentaires (56)

Dimanche de l’ADISQ: retour sur le (gros) Gala.

alex-nevsky-tient-felix-album. crédit Olivier Jean jpg

Eh bien voilà. J’ai assisté au party de famille télévisé dimanche soir (et gazouillé à souhait), je retiens ici les catégories qui, je crois, intéressent (peut-être) les lecteurs/trices et participants/tes de ce blogue. À votre tour de vous prononcer. Pour un compte-rendu complet de la soirée, lisez le texte de mon collègue Alain De Repentigny. Pour plus de précisions concernant les résultats et mises en nomination, voici le site officiel de l’ADISQ.

Album de l’année : Pop
Alex Nevsky, Himalaya mon amour
Interprète de l’année
Alex Nevsky
Chanson populaire de l’année
Alex Nevsky, On leur a fait croire

De la bonne pop, bien écrite, bien jouée, bien réalisée, comportant les mélodies nécessaires aux succès de masse. Pop connectée à son époque, on n’en doute pas un instant. Au cours de la dernière année, Nevsky a ainsi prouvé son talent de hitmaker pour la FM commerciale. Dans le contexte d’un Québec sempiternellement retardataire en musique pop, il n’y a certes pas(papapapas) lieu de se plaindre… sans se rouler par terre – en ce qui me concerne.


Album de l’année : Serge Fiori

Le plus facile à prévoir. Les sections boomers des médias en ont fait toute une meringue l’hiver dernier. Encore une fois, réjouissons-nous du retour d’un artiste très doué à l’époque, et qui aurait pu faire beaucoup plus. Impossible de juger si l’instabilité psychologique est la seule raison de ce si long silence. Plus facile de juger cet album bien fait, sincère, typique de Fiori… et qu’on aurait pu lancer à une autre époque. Inutile d’ajouter que je ne suis pas sur le derrière.

Album de l’année/ Folk:
Patrice Michaud, Le feu de chaque jour

Très bel album… et je préfère celui de Philippe B, au sommet de son art. Michaud est moins intéressant musicalement, plus convenu, sa plume est cependant aiguisée à souhait. Une chanson est faite de fréquences sonores et de mots. Pour qu’une chanson à texte l’emporte, il faut que le texte soit exceptionnel. Alors?

Album de l’année / Auteur et/ou compositeur:
Philippe B : Ornithologie, La nuit

Le bon choix. Avec deux albums consécutifs de cette qualité, on peut affirmer sans ambages que Philippe B est au sommet de son art. Il fallait le récompenser cette année. Klô Pelgag, Émile Proulx-Cloutier, Jimmy Hunt et David Marin ont de belles années devant eux pour remporter ce Félix très important.

Groupe de l’année:
Les Soeurs Boulay

Je me permets ici de faire les rabat-joie. Que les frangines gagnent dans cette catégorie traduit bien la pauvreté des propositions. On a bien observé la nette supériorité de la formation montréalaise Half Moon Run, un groupe pourtant normal, sans angle exceptionnel, offrant une pop assez convenue (néanmoins intense), pop de beaux gosses aux prétentions indies. Dans le contexte de l’ADISQ, les mecs avaient l’air de messies venus du ciel. Si l’ADISQ est contrainte de sélectionner Jean-François Breau et Marie-Ève Janvier dans cette catégorie, c’est qu’il y a un très sérieux problème de band franco ! Ou bien le Québec consensuel n’est pas encore capable de reconnaître l’existence de Forêt, Mauves, Hôtel Morphée et autres Jésus les Filles. Petit Québec…

Révélation de l’année : Klô Pelgag

M’est d’avis Chloé Pelletier-Gagnon était le choix le plus crédible. Bien sûr, le Québec consensuel émet ses réserves habituelles – on préfère bien sûr Valérie Carpentier, beaucoup mieux connue du grand public pour les raisons qu’on sait. Quant au public plus enclin à la chanson à texte de tradition keb, eh bien, il devra patienter avant l’éclosion d’Émile Proulx-Cloutier… qui n’est pas encore du niveau de nos meilleurs paroliers et qui devra se forger une culture musicale plus étoffée, bien au-delà de sa formation théâtrale.

En somme, l’industrie locale de la musique demeure dans la variété et la chanson d’auteur-compositeur-interprète lorsqu’elle s’adresse au grand public québécois francophone. Généralement, les cultures rock, hip hop, électro ou world sont occultées au gala dominical (et que dire des musiques sérieuses, classiques ou jazz) , d’où cette incapacité navrante de l’ADISQ à faire gagner de vrais groupes rock, à faire monter les oeufs en neige sauf lorsqu’on sort de la bonne chanson ou de la variète. Encore faut-il rappeler en substance ce que l’animateur du gala a fait observer (à la blague) aux artistes de La Voix: « Deux millions de personnes qui vous regardent, c’est énorme. Six millions qui ne vous regardent pas, c’est tellement beaucoup plus ! » Sans que Louis-José le veuille (on le présume), son raisonnement peut aussi s’appliquer au gala de l’ADISQ…

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Samedi 25 octobre 2014 | Mise en ligne à 15h40 | Commenter Commentaires (22)

La semaine de l’ADISQ: on discute sur l’Autre Gala

felix trophees

Eh oui, nous revoilà au party de famille de la chanson keb et ses amis.

D’abord L’Autre Gala, prix et commentaires

Album de l’année – Alternatif: Maladie d’amour, Jimmy Hunt

Les autres sélectionnés: Antoine Corriveau, David Giguère, Keith Kouna et Klô Pelgag pour une catégorie digne des années 80. Alternatif !!! On se croirait au temps de The Cure. Cela dit, Maladie d’Amour est mon choix, bien que la sélection soit relevée.

Album de l’année – Choix de la critique: Maladie d’amour, Jimmy Hunt

Je n’ai pas voté, on ne me demande plus d’être jury de quoi que ce soit à l’ADISQ depuis que je critique plus durement l’association. De bonne guerre… et je continue de croire qu’un Polaris québécois, c’est-à-dire un vrai prix de la profession, est nécessaire. Cela étant je me range du côté ce ce choix: je préfère personnellement Maladie d’amour aux albums de Serge Fiori, Dead Obies, Alex Nevsky et Klô Pelgag. Mais bon, ce choix demeure discutable bien que je n’arrêterais certes pas mon choix sur le Fiori – un album très correct, sincère, riche harmoniquement, avec des textes plus clairs qu’à l’époque mais sans qualités poétiques exceptionnelles… et qui aurait pu sortir en 1992, 1996, 1998, 2002, 2004… Tant mieux si les boomers s’en délectent, tant mieux si SF a vaincu ses démons et repris du service.

Album de l’année – Anglophone: Reflektor, Arcade Fire,

Contre Céline Dion, Pascale Picard, Florence K et Ian Kelly, le choix est indiscutable.

Artiste québécois de l’année s’étant le plus illustré hors Québec: Arcade Fire

C’est idem: Half Moon Run (notre boys band à saveur indie…), Céline Dion, Pierre Lapointe, Half Moon Run, Lisa LeBlanc, Karim Ouellet ne peuvent rivaliser avec Arcade Fire.

Album de l’année – Bande sonore originale: Le Chant de Sainte Carmen de la Main, Artistes variés

Aucun commentaire… je n’ai rien écouté sauf la BO de Coeur de Pirate -Child of Light.

Album de l’année – Classique/orchestre et grand ensemble: Blanc, Angèle Dubeau & La Pietà

Angèle Dubeau ? Ben voyons !Tout le monde sait que La Pietà est bien meilleur que Les Violons du Roy et l’OSM…

Album de l’année – Classique/soliste et petit ensemble: Scènes d’enfants, Daniel Clarke Bouchard

Elle est bien bonne celle-là. Il y a peut-être lieu de douter que ce kid star soit un enfant-prodige et… je me méfie de ces phénomènes récurrents. Beaucoup plus proche du showbiz que de la musique classique ou du jazz. Est-il besoin de rappeler que les enfants prodiges n’ont pas tous de grandes carrières.

Album de l’année – Classique/vocal: Lettres de Madame Roy à sa fille Gabrielle, Marie-Nicole Lemieux, Orchestre symphonique de Trois-Rivières, Jacques Lacombe

Rien à redire, je n’ai pas tout écouté.

Album de l’année – Country: Je reviens de très loin, Georges Hamel

Georges Hamel nous a quittés cette année, on imagine que ce Félix posthume a une saveur d’un Félix pour l’ensemble de son oeuvre. Délicat à contester, Annie Blanchard, Les Chercheurs d’or, Canailles et Miracles.

Album de l’année – Hip-Hop: Rue des saules, Koriass

Ici, j’ai du mal à piger. À peu près tout le monde s’entend pour choisir les Dead Obies dont c’était l’année sans contredit. Koriass, Radio Radio, Sir Pathetik et Webster ont tous sorti de bons albums, mais pas aussi solides que l’opus de DO. Pourquoi donc Koriass ? Qui a voté ? Voilà un cafouillage typique de l’industrie québécoise de la musique…

Album de l’année – Instrumental: Missing Time, Pawa Up First

Je vote aussi pour Pawa Up First, contre lequel les autres me semblent inférieurs cette année – Martin Lizotte, MG3, Maz et Michel Corriveau.

Album de l’année – Jazz création: Chercher l’équilibre, Trio Jérôme Beaulieu

J’aime bien Jérôme Beaulieu mais il m’apparaît clair que l’album de Christine Jensen (Habitat) lui soit clairement supérieur. Quant aux opus de Thomas Carbou, Alain Caron et Yves Léveillé, ils sont tous différents et de bon niveau.

Album de l’année – Jazz interprétation: Noël, Julie Lamontagne

L’album de Noël de Julie Lamontagne n’avait pas vraiment de rivaux dans cette sélection très ordinaire.

Album de l’année – Jeunesse: Arthur L’aventurier en Afrique, Arthur L’aventurier

Pas de commentaires…

Album de l’année – Meilleur vendeur: Serge Fiori, Serge Fiori

Évidemment ! Qui achète encore des disques au Québec ? Les boomers.

Album de l’année – Musique électronique: Bellevue, Misteur Valaire

Cette sélection est une joke, du gros n’importe quoi. Aucunement représentative de notre réalité électro. Tant mieux pour Misteur, qui me semble plus proche de la pop que de l’électro mais bon. L’ADISQ a encore l’air fou…

Album de l’année – Musiques du monde: Adouna, Karim Diouf

L’an dernier, on a cru que la victoire de Boogat inaugurait une nouvelle ère dans cette catégorie, nous revoilà en marche-arrière. Mais bon, l’album de Karim Diouf est quand même bien fait… et représentatif d’une esthétique africaine devenue vintage.

Album de l’année – Réinterprétation: La symphonie rapaillée, Artistes variés

Rien à redire…

Album de l’année – Rock: Jour de nuit, Éric Lapointe

Rien à dire…

Album de l’année – Traditionnel: Ce monde ici-bas, De Temps Antan

Zéro à dire… Je ne connais pas tous les albums sélectionnés.

Spectacle de l’année – Autres langues: Patrick Watson Symphonique, Patrick Watson

J’y étais et je corrobore. Le meilleur concert de pop (indie) symphonique auquel j’ai assisté.

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