Alain Brunet

Vendredi 30 janvier 2015 | Mise en ligne à 15h14 | Commenter Aucun commentaire

3e week-end à l’Igloofest: Joey Anderson, Cassy, Tiga

Majoritairement, les participants aux happenings de musique électronique ne savent pas devant qui ils se trouvent lorsqu’ils se trémoussent à qui mieux mieux sur le plancher de danse. Des connaisseurs ont invité les nuitards à se joindre au troupeau, ou encore achètent-ils «l’expérience» sans se formaliser du contenu en autant que ça fait boum boum. La vie est ainsi faite !!! Enfin… c’est ainsi lorsque la danse l’emporte sur l’écoute.

À l’Igloofest, en tout cas, c’est patent. Dommage ? Oui et non…. car la bonne musique finit par trouver son chemin dans les caboches intelligentes et les esprits ouverts. À l’orée d’un troisième week-end au Vieux-Port, quelques informations ne feront tout de même pas de tort ! Après consultation de l’équipe de programmation (Michel Quintal et Marie-Laure Saidani), voici trois incontournables pour les trois jours du troisième week-en. La météo n’annonce pas les froids sibériens d’il y a deux semaines mais les soirs de samedi et dimanche seront froids comme ils le sont généralement à ce temps-ci de l’année. Voyons voir ICI comment on doit se vêtir !

VENDREDI 30 JANVIER

JOEY ANDERSON –Scène Vidéotron Mobile – 21h30

Pour la première fois à Montréal, affirme-t-on à Igloofest ! Originaire de Hoboken, New Jersey, Joey Anderson a fondé son label Inimeg Recordings au début de 2011 afin de diffuser ses propres productions.Il a fait DJ partout dans le monde entier. Ce pionnier de la house underground a collaboré avec des artistes de renom tels DJ Qu, Jus-ED et Levon Vincent. Ses racines sont profondément ancrées dans la scène house underground de New York où il avait fait ses débuts comme danseur. Le respecté Resident Advisor a encensé son dernier opus, After Forever, paru en avril 2014 sous étiquette Dekmantel.. Avec raison, d’ailleurs. Il s’en passe des affaires dans cet opus ! Ce qui réduisent la house à du boum boum enjolivé de fleurettes synthétiques ont intérêt à se laisser porter par de telles propositons. On peut d’ailleurs écouter intégralement cet album sur Deezer en cliquant ICI.

SAMEDI 31 JANVIER

CASSY – Scène Sapporo – 20h30

DJ résidente au Panorama Bar du Berghain à Berlin ainsi qu’au Rex à Paris, native d’Angleterre d’une maman caribéenne et d’un papa autrichien, Cassy (Catherine Britton) sillonne les routes house et techno et tire son épingle du jeu. Elle aime caler des patterns rythmiques afro-antillais aux pulsations binaires de sa musique très propice à la danse. Cela dit, on l’associe davantage aux courants berlinois de l’électro qu’à ceux des tropiques. En studio, elle a collaboré notamment avec Steve Bug, Ricardo Villalobos et Luciano, pour ne nommer que les plus célèbres. On peut entendre une grande diversité de productions signées Cassy sur plusieurs labels dont Playhouse, Perlon, Ostgut Ton et Cocoon. Qui plus est, la dame est à la barre de son label homonyme.
Pour écouter Cassy sur Deezer, on clique ICI. Ou encore sur SoundCloud en cliquant ICI. À découvrir également samedi: Relish House Mafia, Scène Vidéotron Mobile , 21h30, clin d’oeil EDM façon Alix Ouellet, Antoine Leblanc-Michel et un certain Quintalus… On raconte que leur set au Piknic Electronik a été un franc succès l’été dernier.

DIMANCHE 1ER FÉVRIER

TIGA – Scène Sapporo – 21h45

Ceux qui n’on rien à cirer du SuperBowl pourraient accepter le rendez-vous fixé par ce grand nom de la scène montréalaise. Son profil Wiki et autres sources biographiques telle le Resident Advisor nous rappellent qu’en 1993, Tiga (James Sontag) fut de l’aventure Solstice, soit le tout premier rave d’envergure à Montréal . Fondateur et proprio du SONA, de la boutique DNA records et du labelTURBO Recordings, il est un modèle d’entrepreneurship pour la planète électro, bien au-delà de Montréal. On peut écouter son récent Bugatti sur Deezer en cliquant ICI.. Ou encore un long extrait de ses Montreal Mix Sessions sur SoundCloud en cliquant ICI. Intrinsèquement lié au mouvement des corps, Tiga transcende les fondements house et techno sur lesquels il construit depuis plus de deux décennies.

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Jeudi 29 janvier 2015 | Mise en ligne à 14h22 | Commenter Commentaires (5)

Natalie Prass: bijoux de folk-pop orchestrale

Natalie Prass album

L’organe vocal de Natalie Prass est prédisposé aux hautes fréquences. Voix cristalline, toujours juste, quelques pointes de puissance ont tôt fait de désamorcer cette impression première de fragilité. Née à Cleveland, elle a migré à Nashville après des séjours prolongés à Virginia Beach et à Boston où elle a mis au point son truc. Berklee College of Music, université de la vie dans les clubs de stations balnéaires, Music City. Au Tennessee, elle a imaginé les chansons de ce premier album qui, j’en suis certain, fera beaucoup de millage cette année.

L’album homonyme de Natalie Prass a été réalisé par le très doué Matthew E White, résidant de Virginia Beach, fondateur du label indépendant Spacebomb Records et à qui l’on doit l’excellent album Big Inner – lancé en 2012. Homme de studio, arrangeur multi-référentiel, musicien polyvalent, cet homme inspiré a contribué à ciseler ces bijoux de folk orchestral que porte l’auteure-compositrice-interprète américaine.

Les ingrédients folk, soul, R&B, gospel, country, blues, jazz, Broadway, pop classique ou musique classique de cette superbe introduction chansonnière sont mis en relief par des arrangements fins, variés et élégants. La tension entre ce discours orchestral et cette voix sensuelle produit un effet bœuf entre les oreilles ! On craque pour ce folk de chambre serti de cordes, cuivres et bois comme on a déjà craqué pour les chansons orchestrées de Joana Newsom, Sharon Van Etten ou Laura Marling – pour ne citer que ces exemples.

LIENS UTILES


Écoute intégrale de l’album de Natalie Prass sur DEEZER

Site officiel

Profil biographique

Profil Spacebomb Records

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Mercredi 28 janvier 2015 | Mise en ligne à 17h04 | Commenter Commentaires (11)

B4.DA.$$: résurgence du boom bap ?

Joey_Badass_B4.Da.$$

B4.DA.$$ = Before The Money, album de Joey Bada$$, de Brooklyn, qu’on a pu voir sur scène au dernier Osheaga.

Le jeune homme a eu 20 ans le 20 janvier, jour du lancement de son album… qui ne fait pas l’unanimité.

Les détracteurs de Joey Bada$$ lui reprochent son passéisme boom bap, un sous-genre hip hop en vogue dans les années 90. Souvenez-vous: Mos Def, Fugees, A Tribe Called Quest, Digable Planets, Pharcyde, Jurassic Five, Gang Starr, Buckshot Lefonque ou The Roots étaient alors associés à une mouvance musicale ouverte au jazz, au funk et au R&B à forte teneur instrumentale. Puis… ces sources sonores ont été occultées par les beatmakers en vogue, passés à autre chose au tournant du millénaire.

Quinze ans plus tard, jazz fusion et funk jazz reviennent en force dans la musique électronique côté label Brainfeeder (Flying Lotus et sa famille élargie) mais ce retour demeure discutable pour une bonne portion de la communauté hip hop. Parmi les réalisateurs de ce B4.DA.$$, on compte d’ailleurs The Roots, DJ Premier (Gang Starr et Buckshot) et un beat de feu J Dilla sorti des boules à mites, ce qui ajoute à la suspicion.

La question pouvait être déjà posée à la sortie de son mixtape Summer Knights, en julillet 2013: Joey Bada$$ est-il vraiment scotché sur une autre époque ? Un peu pas mal. Plusieurs de ces 17 chansons rappellent effectivement cette mouvance des années 90- dont je fus un fan fervent. Cela étant, d’autres réalisateurs (ASTR, Chuck Strangers, Freddy Joachin, Kirk Knight ou Samiyan) confèrent à cet album un son plus actuel… sans que l’on puisse conclure à une transition achevée.

N’empêche… puisque le hip hop souffre régulièrement de carences en substance musicale, cet influx de boom bap finira bien par produire quelque chose d’intéressant. Déjà, cet album témoigne d’une profondeur clairement supérieure à la moyenne.

LIENS UTILES

Site officiel du collectif ProEra

Profil Joey Bada$$ sur ProEra

b4.DA.$$, profil wiki

Metacritic: moyenne de 74% fondée sur 18 recensions

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