Alain Brunet

Mardi 28 juillet 2015 | Mise en ligne à 17h01 | Commenter Commentaires (130)

Wilco, Star Wars… rutilant !

Wilco Star Wars

Voilà un enregistrement qui alimentera plusieurs discussions le reste de l’été: Star Wars, neuvième album studio de Wilco.

Une fois de plus, on se rend à l’évidence : Jeff Tweedy demeure l’un des meilleurs frontmen, auteurs et compositeurs de ce continent. Qui plus est, il a le génie de transcender le rock de guitares en lui conférant des ornements inspirés de musiques bruitistes, atonales ou harmoniquement supérieure aux référents exploités par la chanson rock. L’équilibre atteint entre forme chanson et exploration sonore est tout simplement remarquable.

Sur ses chansons s’inspirant de la longue lignée country folk, de la chanson anglo-américaine dite à texte, du Velvet Underground, du protopunk, du rock expérimental, aussi des Beatles (sa voix n’est pas sans rappeler Lennon) ou même de XTC, il laisse ses musiciens déverser d’autres fluides. Autres notes, autres sons, autres timbres.

Voilà où Wilco nous mène depuis plus de 20 ans, mais surtout depuis 2004, soit l’année où Nels Cline en est devenu le principal soliste à la guitare et que Mikael Jorgenson a commencé à y remplir les fonctions de claviériste et d’électroacousticien.

En associant des musiciens de tradition folk rock à d’autres issus de sphères expérimentales, Tweedy a constitué un des plus grands groupes américains de notre ère. Ainsi, on trouve autour de lui (chant, guitares, basse, harmonica), John Stirratt ( basse et chant), Glenn Kotche (batterie, percussions), Mikael Jorgensen (claviers, synthés, échantillonneur, effets multiples), Pat Sansone (claviers, guitares, percussions), Nels Cline (guitare solo, lap steel).

Et que dire de son guitar hero, lui-même concepteur de premier plan. Les assidus du Festival international de musique actuelle de Victoriaville ont encore frais en mémoire le spectacle foudroyant du Nels Cline Singers Unlimited en édition spéciale, présenté ce printemps – Marc Ribot (guitare électrique), Zeena Parkins (harpe électrique) et Brian Marsella (claviers) se joindront aux membres réguliers du quartette constitué de Scott Amendola (batterie, percussion), Trevor Dunn (basse électrique, contrebasse), Cyro Baptista (percussion)m Nels Cline (guitares et effets multiples). Et je me mords encore les doigts d’avoir raté le duo de Cline avec l’excellent guitariste Julian Lage au Gesù, pendant le FIJM.

Chose certaine, je ne raterai pas le prochain concert de Wilco, prévu le lundi 21 septembre au Métropolis.

LIENS UTILES

Wilco, site officiel

Wilco, profil wiki

Metacrtitic: moyenne de 84% fondée sur 23 recensions

Lire les commentaires (130)  |  Commenter cet article

 

Dimanche 26 juillet 2015 | Mise en ligne à 15h29 | Commenter Commentaires (59)

Vince Staples, encore un sur la vague d’excellence hip hop

vince-staples-summertime-06-artwork

Cet été, le plus gros succès d’estime de la mouvance hip hop se nomme Vince Staples, 22 ans, de Long Beach (Los Angeles).

Sous étiquette Def Jam, il sort Summertime’06, son premier album après avoir lancé depuis 2011 quatre mixtapes et un maxi très applaudi l’an dernier, Hell Can Wait.

Sa marmotte intérieure et sa conscience sociale s’expriment éloquemment dans la très lourde ballade Summertime, chanson centrale de cet opus (qui n’a rien à voir avec le classique de Gershwin), un bijou de réalisation et de beatmaking (No I.D.m DJ Dahi, Clams Casino, Brian Kidd, Christian Rich), comme le sont plusieurs des 20 titres de cet album double qu’on n’attendait pas. Enfin pas ce résultat exceptionnel. Ainsi donc, une autre recrue se joint à cette cohorte d’artistes excellents qui ne cessent d’émerger depuis le début de cette décennie, avons-nous besoin de les nommer.

Les environnements sonores peuvent être souvent minimalistes, technoïdes ou même industriels… Le rythme est immanquablement relevé par des percussions viriles, mais aussi fluides.

D’une étonnante souplesse malgré ses passages les plus sombres, cet album laisse aussi fleurir des mélodies très convaincantes à travers les gravats.

Il y a lieu d’être impressionné par le flow du MC et les compléments vocaux ses invités – les copines Jhené Aiko Efuru Chilombo, Kilo Kish, Snoh Aalegra, Desi Mo, les copains Daley, Joey Fatts, Haneef Talib , GeNNo & eeeeeeee, A$ton Matthews.

Le plus beau de tout ça, c’est que cet album se démarque complètement des Run The Jewels, de Joey Bada$$ ou de Kendrick Lamar, autres grands crus des derniers mois. Décidément, les dieux de la musique se sont posés sur la planète hip hop. Et ils y restent bien garés.

LIENS UTILES

Écoute intégrale de l’album Summertime’06 sur Deezer

Vince Staples, site officiel

Summertime’ 06, profil wiki

Metacritic: moyenne de 83% sur 23 critiques recensées

Lire les commentaires (59)  |  Commenter cet article

 

Samedi 25 juillet 2015 | Mise en ligne à 18h51 | Commenter Un commentaire

MEG Montréal 2015

MEG Montréal est le plus ancien des festivals montréalais de musique électronique, mais il demeure relativement confidentiel, à l’exception de son fameux MEG Boat, croisière nocturne prisée par les nuitards estivaux et prévue ce samedi – on vous suggère d’y découvrir Darius, qui excelle dans la soul / house et dont le maxi Helios est l’un des plus inspiré du label Roche Musique des derniers mois - écoutez sur Soundcloud.

Le MEG pourrait toutefois connaître une nouvelle phase de croissance dans ses éditions avenir, on ne vous en dit pas davantage. Pour l’instant, ce festival demeure un tremplin enviable pour nombre d’artistes locaux et internationaux, surtout issus de la francophonie électro. Après consultation de son équipe de programmation, voici six découvertes à faire (ou faites cette semaine) au MEG, du 23 juillet au 1er août.

Doldrums (Montréal)

Le 23 juillet, à la Sala Rossa

doldrums

Doldrums, c’est Airick Woodhead, artiste originaire de Toronto établi à Montréal depuis 2011. Paru chez Sub Pop au printemps, son album The Air Conditioned Nightmare s’avère un mélange nourrissant de dream pop, synth pop, synth punk, techno, rock, industriel, pop tout court. Sa voix de prépubère est le liant de chansons construites sur de très solides charpentes synthétiques. Mélodies et accroches sont pour la plupart chargées d’arrangements méticuleusement conçus, de progressions harmoniques témoignant d’une vraie connaissance de la composition et de la facture d’un artiste en développement. Inconnu? Si c’est le cas, il ne le sera plus très bientôt.

Fakear (France)

Le 24 juillet, au Belmont

Fakear

Électro et mélodie, voilà les mots-clés pour décrire le travail de Fakear (fausse oreille ou fakir?). Depuis 2013, ses maxis nous ouvrent les oreilles à une pop instrumentale proche de la forme chanson (indie ou trip hop), mais aussi à des musiques non occidentales dont certaines d’Asie méridionale et d’Afrique centrale. Originaire de Caen, Fakear est un diplômé de musicologie qui s’est ensuite inscrit à l’université de la nuit afin d’y multiplier les cycles de création. Ce qui semble lui réussir, puisqu’il est invité dans tous les festivals majeurs de France et qu’il a remporté l’an dernier le Prix du public Deezer ADAMI chez les cousins.

Robert Robert (Montréal)

Le 24 juillet, au Belmont

robert robert 2

Arthur Gaumont-Marchand s’intéresse aux musiques de culture électronique depuis 2007. Il s’est lancé en 2013, a enregistré plusieurs pistes dont celles de l’album Pastel sous étiquette Silvertag. Hip-hop, R&B/soul, jazz, krautrock et indie-pop traversent son électro, une approche plus afro que ne le laisse deviner la couleur de sa peau. Comme divers excellents réalisateurs de la période actuelle, il s’abreuve à plusieurs époques, ne repousse pas la forme chanson ou la mélodie, fait usage d’outils analogiques (synthés modulaires) et technologies numériques, cherche à offrir des compositions richement ornées et implique des collègues prometteurs – Malo, Oflym, Coriande, Rollie, Félix Noé, etc.

Darius (France)

Le 25 juillet, sur le pont du MEG Boat

Darius

Terence N’Guyen de son vrai nom, Darius est la figure dominante d’une nouvelle variété de house en pleine émergence dans l’Hexagone. Il est l’un des artistes phares de Roche Musique, l’un des labels qui réactualisent la French touch en réunissant de jeunes réalisateurs très inspirés – Cherokee, Cézaire, Crayon, Dabeull, Entek, FKJ, Jordan Lee, Kartell, etc. Biberonnés au funk, au disco et à la soul, ses enregistrements impliquent des claviers aux textures recherchées, au-dessus desquels survolent des chanteurs de talent tel Wayne Snow (sur le maxi Helios). Pour se faire une tête, il faut aussi écouter ses EP Maliblue, Romanceet Velour, sans compter ses remix pas piqués des vers – Bondax, The Magician, Jessie Ware, Flight Facilities, etc.

Psychorigid (La Réunion), Madeskimo (Nunavut), Sylvia Cloutier (Nunavik)

Le 30 juillet, sur la place des Festivals

madeskimo-photo-robert-geoffrion-1024x680

L’océan Indien et les eaux de l’Arctique partageront le même sel dans ce programme présenté en plein air. Psychorigid cherche à créer une ambiance «tropicale décalée», inspirée de la Jamaïque, de l’Angola, de l’Afrique du Sud, du Mozambique, de l’Inde, de l’Amérique latine et de sa culture créole de l’île de la Réunion. Le Montréalais originaire d’Iqaluit Madeskimo est créateur de techno polaire, artiste multimédia aussi éduqué en anthropologie et en sociologie. Pour compléter le programme, une artiste de Kuujjuaq, au Nunavik: Sylvia Cloutier, artiste multidisciplinaire pour qui la composition et le chant de gorge sont des pratiques indissociables.

Tomas Furey (Montréal)

Le 1er août, au Divan Orange

Tomas Furey

Tomas Furey a étudié le piano classique à Paris et la composition électroactoustique au Conservatoire de musique de Montréal. Maman Carole et papa Lewis ont certainement mis la pression pour que fiston soit bien éduqué musicalement avant de se lancer dans la vie, histoire de passer le moins de temps possible à subir l’étiquette «le fils de». Ainsi, le jeune homme compose déjà pour la danse contemporaine et le cinéma et lancera en septembre son premier maxi de musique électro. Il y chante, y joue les claviers, y laisse échapper quelques airs de famille tout en s’en détachant. Clairement à l’ère numérique!

Un commentaire  |  Commenter cet article

 

publicité

  • Twitter

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    décembre 2011
    L Ma Me J V S D
    « nov   jan »
     1234
    567891011
    12131415161718
    19202122232425
    262728293031  
  • Archives

  • publicité