Alain Brunet

Mardi 26 mai 2015 | Mise en ligne à 17h29 | Commenter Aucun commentaire

Chanteuses et musiciennes de MTL: Aurélia O’Leary

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Née au Québec, Aurélia O’Leary a grandi en France, y a vécu jusqu’au démarrage de sa carrière. Son profil biographique nous indique qu’elle a fait des “télévisions majeures” telle Taratata, qu’elle a remporté le concours du petit festival de Jazz de Crest (Drôme, Rhone-Alpes), qu’elle a déjà chanté en première partie d’Henri Salvador, que la FNAC l’a sélectionnée dans sa série «agitateurs de nouveaux talents». Jeune professionnelle, elle a joint la communauté jazzistique de Paris, travaillant aux côtés de très bons musiciens – Moreno, Louis Winsberg, Pierre de Bethman, Thierry Arpino, Stéphane Huchard, Marc Berthoumieux, Pierre-Alain Goualch. Avec ce dernier, elle enregistrera un album électro-jazz autour de ses compositions.

Aurélia vint s’installer au Québec vers la fin des années 2000. Depuis son arrivée, elle y a enregistré trois albums: Allume (étiquette Tyskell, 2009), Plus dans ma tête (étiquette Artic, 2013) et le tout frais sans titre (Artic), lancé ce mardi au Quai des Brumes.

Je connais l’existence d’Aurélia O’Leary depuis son arrivée. Je me souviens l’avoir d’abord croisée à la garderie fréquentée par ma petite dernière (2007 ou 2008 ?) , elle y donnait alors une activité d’initiation à la musique. Elle m’avait alors appris qu’elle chantait professionnellement et… pour aucune raison en fait, je n’ai jamais écrit à son sujet. J’imagine que sa musique ne m’a pas accroché dans l’énorme pile des productions locales qui me sont soumises presque quotidiennement…

Cette fois, l’occasion est belle puisque j’écris sur les chanteuses et musiciennes d’ici depuis quelques jours, d’autant plus qu’Aurélia a une très belle voix de contralto dont les nuances expriment un vécu certain. Lorsqu’elles survivent assez longtemps sur les voies parallèles, les chanteuses de jazz peuvent éclore tardivement avec une expression bonifiée. Visiblement, c’est le cas de cette Aurélia qui bourlingue depuis un moment déjèa et dont les inflexions sont assez typées, assez maîtrisées, pour que l’on puisse parler d’une vraie personnalité artistique. À l’évidence, elle a son truc.

Plusieurs années ont été nécessaires pour y parvenir car les choix d’interprétations archi-prévisibles de cet album laisseraient normalement son chroniqueur dans l’indifférence: Love For Sale (Cole Porter), Come Together (The Beatles), God Bless The Child (Billie Holiday), Caravan (Duke Ellington/Juan Tizol), My Favorite Things (Richard Rodgers & Oscar Hammerstein), Since I Fell For You (Buddy Johnson), My Funny Valentine (Richard Rodgers & Lorenz Hart), Angel Eyes (Matt Denis & Earl Brent), Cry Me A River (Arthur Hamilton). Depuis les années 50, tous les cocktail lounge et lobbys d’hôtels de l’univers connu ont été baignés pour ne pas dire inondés par ces standards. Pourquoi en remettre une couche ? Or, ici, la singularité de leur interprétation, tant par la chanteuse que par les sidemen qui l’entourent, mène à recommander l’écoute et l’achat de cet opus.

D’excellents musiciens ont été mis à contribution: le pianiste Paul Shrofel, le contrebassiste Morgan Moore, le batteur Philippe Melanson, sans compter une participation remarquée du saxophoniste Al McLean. Cet album d’Aurelia O’Leary a été enregistré et mixé par Glen Robinson au Studio Multisons.

LIENS UTILES


Aurélia O’Leary lance son album ce mardi 26 mai, 18h30, au Quai des Brumes

Aurelia O’Leary, écoute intégrale et /ou achat du nouvel album d’Aurélia O’Leary sur Bandcamp

Aurélia O’Leary, site officiel

Page Facebook d’Aurélia O’Leary

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Lundi 25 mai 2015 | Mise en ligne à 8h25 | Commenter Commentaires (14)

Chanteuses et musiciennes de MTL: Malika Tirolien

Malika Tirolen Sur la voie ensoleillée

L’album Sur La Voie Ensoleillée est né l’an dernier, dans une niche créole jazzy-soul… de Montréal. Je profite de cette mini-série sur les chanteuses et musiciennes de Montréal afin combler ce retard (un autre… tant de matière!) car Malika Tirolien mérite toute notre attention.

D’origine guadeloupéenne, Malika Tirolien est ouverte au jazz, mais aussi au funk, au hip hop sans négliger ses sources antillaises ou ses lointaines origines africaines. Son approche vocale s’inscrit dans la longue tradition soul jazz des Jill Scott et autres Erykah Badu, sa touche créole n’est pas sans rappeler les premiers enregistrements jazzy de l’Haïtienne Émeline Michel. Montréalaise d’adoption, Malika Tirolien collabore à différentes formations; on l’a vue à l’oeuvre au sein du Kalmunity Jazz Project (Erik Hove, sax alto, Mark Haynes, basse, Jahsun, batterie), une vidéo nous la montre aux côtés de la formation new-yorkaise Snarky Puppy, c’est dire sa réputation grandissante. Elle m’a confirmé d’ailleurs qu’elle chanterait avec Snarky Puppy à l’occasion de son passage au Festival international de jazz de Montréal, soit le mardi 30 juin au Métropolis.

Cette chanteuse de puissance s’entoure de musiciens qu’on imagine très influencés par les visionnaires afro-américains de la période actuelle, on pense notamment à Robert Glasper, Mos Def, Erykah Badu, The Roots, Flying Lotus, Kendrick Lamar, enfin tout ce raffinement urban qui revigore les musiques de pointe depuis quelques années.

À Montréal, plusieurs musiciens ont pigé. Il existe une nouvelle frange de jazzwomen et jazzmen montréalais dont plusieurs sont sensibles à cette mouvance.

Le personnel de Sur la route ensoleillée est le suivant:

Les guitaristes sont Mitcheal Henry, Jordan Peters et Mark Mahoney. Les bassistes sont Mark Haynes et Neil “Bass one” Benskin. Le batteur est Jahsun. Le pianiste est Parker Shper. Les percussionnistes sont Fanswa Ladrezeau, Samuel Mazaniello et Elli Miller-Maboungou. Le saxophoniste est Erik Hove. La flûtiste est Anh Phung. Les choristes sont Fredy V, Meryem Saci, Jjanice, Emrical et Rawn Cana. Le beatboxer est X-Wam. Le claviériste est Joey Shanahan.

Parolière, compositrice, réalisatrice, chanteuse, Malika Tirolien a réalisé elle-même cet album. Dans le contexte montréalais, il s’agit d’un véritable exploit.

LIENS UTILES

MALIKA TIROLIEN SE PRODUIT CE MARDI 26 MAI À L’UPSTAIRS AVEC LE BASSISTE RÉMI-JEAN LEBLANC

Pour écouter intégralement Sur la route ensoleillée sur bandcamp


Malika Tirolien, page Facebook


Écouter Malika Tirolien sur Soundcloud

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Samedi 23 mai 2015 | Mise en ligne à 11h30 | Commenter Un commentaire

Chanteuses et musiciennes de MTL: Blanche Baillargeon

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Je connaissais peu Blanche Baillargeon, je viens d’en apprendre davantage sur la musicienne et chanteuse après l’écoute de Paysages du jour tranquille un album qui porte très bien son titre.

Je la savais bassiste, contrebassiste, musicalement éduquée, douée, fille de la cinéaste et comédienne Paule Baillargeon et de Luc Courchesne, sommité québécoise de l’art interactif. Je la sais maintenant compositrice et leader d’ensemble.

J’avais déjà entendu son travail au sein de l’ensemble jazz manouche Christine Tassan et les Imposteures, dont j’aurais dû parler à plus d’une reprise et… ce que je n’ai jamais fait par pur hasard. Description sommaire, donc: voilà un solide formation de musiciennes férues de jazz gitan, interprètes et improvisatrices compétentes qui ne s’inscrivent pas pour autant parmi les pointures d’un genre très exigeant sur le plan technique.

Hormis le jazz de Django ? Blanche Baillargeon fait dans la musique de chambre jazzo-brésilienne, force est d’observer à l’écoute de cet album ambitieux. Nous voilà donc au Brésil des années 60 et 70, nous voilà sur des terres voisines que labourent Egberto Gismonti, Chico Buarque, Gilberto Gil, Caetano Veloso et autres Arto Lindsay. Mais aussi sur les pâturages d’un jazz lyrique et calme qui rappelle parfois les relectures d’hymnes résistants du Charlie Haden Liberation Orchestra.

Ainsi donc, les tropiques imaginaires de Blanche Baillargeon fleurissent avec les cristaux de glace, soit en Amérique francophone et montréalaise.

Clarinette, trompette, bugle, cor, contrebasse, violon, violoncelle, alto, piano, guitare, voix solo, chant choral. Arrangements feutrés, brises vocales, jeux d’anches ouatées, tempos généralement lents, «cette mélancolie qui frappe doucement à la porte »… Tout est désormais possible dans notre monde où le virtuel est préféré au réel – et pour cause ! Musicienne émergente des années 2010, Blanche Baillargeon est femme, jeune maman, québécoise, francophone et… son imaginaire musical témoigne de genres dont l’âge d’or remonte aux années 60, 70 et 80. Voilà une autre illustration de la cohabitation des époques musicales en 2015. Pourquoi pas ?

Ce qu’elle en fait est un bel exercice de douceur, jardin de volupté que l’on suppose en phase avec sa personnalité musicale.

LIENS UTILES

Blanche Baillargeon, site officiel


Écoute intégrale de l’album Paysages du jour tranquille

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