Alain Brunet

Mercredi 19 juin 2013 | Mise en ligne à 13h20 | Commenter Commentaires (4)

Lean Left: free rock, free jazz

Lean left

Le meilleur de deux mondes : deux piliers de la formation avant-punk The Ex à la rencontre de deux improvisateurs d’enfer. Le saxophoniste américain Ken Vandermark, le batteur norvégien Paal Nilssen-Love, les guitaristes Andy Moor et Terrie Ex.

Free rock et free jazz ? L’idée qu’on se fait du free n’est plus exactement ce qu’elle était, Lean Left en fait la tonitruante démonstration.

Ainsi, depuis les années 80, une branche plus radicale (et… plus cultivée) du rock s’est mise à l’improvisation libre en plus de créer des chansons. À l’instar de Thurston Moore et plusieurs autres artilleurs, les guitaristes hollandais de The Ex pratiquent le free depuis de nombreuses années. Leur vocabulaire n’est pas tant axé sur une articulation mélodique complexe que sur une recherche texturale, ce qui n’empêche en rien de maintenir l’esprit rock dans l’expression.

Cette approche sied parfaitement aux meilleurs batteurs free comme le fabuleux Paal Nilssen Love, ainsi qu’aux saxophonistes de pointe comme Ken Vandermark, maître d’oeuvre d’une série de concerts présentés cette année aux Suoni Per Il Popolo. Ces musiciens sont à Montréal depuis quelques jours, Nilssen-Love et Ex jouaient hier soir à la Casa del Popolo, Vandermark s’y est aussi produit avec Paul Lytton et Nate Wooley.

La rencontre au sommet a lieu ce mercredi à la Sala Rossa: Lean Left est un quartette en bonne et due forme, s’est produit maintes fois en public. En témoigne un enregistrement au Café Oto de Londres, réalisé en septembre 2011 et lancé sous étiquette Unsounds.

Place à l’expérience montréalaise de juin 2013.

Liens utiles

Lean Left, profil du label Unsounds

Paal Nilssen Love, site officiel

The Ex, site officiel

Ken Vandermark, site officiel

Lire les commentaires (4)  |  Commenter cet article

 

Mardi 18 juin 2013 | Mise en ligne à 19h24 | Commenter Commentaires (4)

Tous ensemble pour Alaclair

alaclair

Les boys d’Alaclair Ensemble frayent dans la grande ville, mais on peut encore dire que le 418 fait pif et paf dans le 514. Lundi soir, en tout cas, la scène La Presse des Francos de Montréal était très fréquentée par les férus de hip hop «post-rigodon» aux origines de Québec-ville.

Vu la sonorisation bancale, les nombreux fans venus au rendez-vous n’ont pas goûté les subtilités du nouvel opus d’Alaclair (Les maigres blancs de l’Amérique du Noir), mais en on certes ressenti l’énergie festive. Les 19 titres de cette étonnante production comportent une pléthore de références allumées de la hip hop culture. Les textes sont souvent givrés (ou emboucanés, c’est selon), les jeux de mots ne sont pas toujours bien ficelés mais… ces histoires ont leur lot de bon flashs et remarques pertinentes formulées dans un dialecte somme toute exotique.

Au programme des Francos, apparition de Ze Queen sur scène, sa liquidation rapide et presque clinique, ses obsèques symboliques… Morts de rire ! Et puis c’est un feu roulant de hip hop franco-franglo jusqu’aux reprises pissantes du Temps des cathédraaaaaales et du thème du Roi Lion, sans compter la brève et non moins spectactulaire résurrection de Watatatow destiné à tous nos gamins devenus grands (avec en prime la visite honorable de Ruddy Eloi !) , ainsi qu’un retour aux sources hip hop avec évocation directe de la Sugar Hill Gang.

Hirsute et très sympa.

Ça risque de l’être encore davantage le 25 juillet prochain; à la Sala Rossa, le programme sera partagé avec Dead Obies et Cargo Culte.

Liens utiles

Alaclair Ensemble, site officiel

Sala Rossa

ÉCOUTE INTÉGRALE DE MAIGRES BLANCS D’AMÉRIQUE DU NORD SUR BANDCAMP

Lire les commentaires (4)  |  Commenter cet article

 

Lundi 17 juin 2013 | Mise en ligne à 17h28 | Commenter Commentaires (31)

Kanye West: Yeezus

kanye-west-yeezus

Harmonies d’hécatombe, mélodies de tragédie, cris de détresse, sirènes d’alarme, cadavres pendus aux arbres… la table est dressée pour ces décadents surdimensionnés, mis en scène dans Yeezus.

À 36 ans, Kanye West refuse de se calmer le pompon. Préfère évoquer l’arrogance de blacks privilégiés, mâles fortunés, mecs embourbés dans la luxure et le narcissisme, calés dans leurs fauteuils VIP pendant que bataillent copines et ex-copines, impitoyables avec leurs semblables. A monster about to come live again, dit la chanson.

À l’évidence, Kanye West refuse la fadeur potentielle de sa propre représentation et choisit de provoquer de plus belle, c’est-à-dire en campant un personnage qui peut se prendre carrément pour un dieu. Du coup, il laisse planer une certaine ambiguité sur la possible dérive de sa propre psyché, ce qui est en soit fort intéressant. Autocritique ? Autoréférentiel ? Cathartique ? Un personnage pop de cette stature, abonné à la une des magazines de mode et de potins, leader des goûts de masse, pourrait devenir lisse et poli. Assumer son statut, incarner un modèle de plus en plus bcbg. Choisir le divertissement familial avec attitude, comme le font les Stones et U2.

Il n’en est rien.

Ont entre autres participé à cette production (sous étiquette Roc-A-Fella / Def Jam) Rick Rubin, No ID, Thomas Bangalter de Daft Punk, Justin Vernon (Bon Iver), RZA, Hudson Mohawke de TNGHT, Frank Ocean, James Blake, Skrillex, Kind Cudi, Pusha T, King L… Judicieux échantillonnages en prime: la pièce Blood on the Leaves est construite sur une reprise de Strange Fruit par Nina Simone – classique de Billie Holiday évoquant les lynchages racistes ayant jadis fait rage dans le Deep South.

Épines, nids de poule, surfaces graveleuses, barbelés électrifiés se trouvent sur chacune des pistes de ce tonitruant Yeezus. Rugueuse électro, fréquences industrielles, hip hop minimaliste, soul crue et musclée, dancehall sans ornements, quasi synth punk, voix rudement trafiquées. Le ton est dur, les thèmes sont durs, la dureté est ressentie du début à la fin. Ça ne rigole pas chez Kanye West, du moins dans le contexte de ce sixième album solo.

On peut néanmoins contempler voire admirer cette palette de sons, même si complètement différente de celles qui l’ont rendu célèbre.

Liens utiles

Kanye West, site officiel


Kanye West, profil Wiki


Yeezus, profil Wiki

Metacritic: moyenne de 84% fondée sur 12 critiques

Lire les commentaires (31)  |  Commenter cet article

 

publicité

  • Twitter

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    juin 2013
    L Ma Me J V S D
    « mai    
     12
    3456789
    10111213141516
    17181920212223
    24252627282930
  • Archives

  • publicité