Yves Boisvert

Mercredi 2 mai 2012 | Mise en ligne à 10h19 | Commenter Commentaires (27)

Conrad Black résident temporaire…

Le "criminel britannique" Conrad Black...

Décrire Conrad Black comme un “criminel britannique”, comme l’a fait hier Thomas Mulcair, est une excellente manière d’attirer l’attention.

(Le chef du NPD reprochait au gouvernement conservateur un traitement de faveur pour Conrad Black, qui sera libéré de prison cette semaine, et qui obtiendra le droit de résider au Canada un an.)

Très punché, du Mulcair classique… Mais c’est évidemment un peu trop facile.

Je ne suis pas de ceux qui minimisent la fraude de Conrad Black, ou qui disent qu’il devrait faire l’objet d’une sorte de clémence vu ses états de service –entrepreneur, historien, etc.

Malgré une victoire partielle en Cour suprême, Conrad Black a bel et bien fraudé sa compagnie et ses actionnaires, il s’est cru autorisé à prendre les fonds de la société, a détruit des documents et selon les normes américaines, il s’en est relativement bien tiré avec quelques années de prison.

Mais il les a purgées.

Et il serait ridicule de le considérer comme un dangereux criminel, ou comme le font les Américains, d’expulser tout non-citoyen avec un casier judiciaire.

C’est de sa faute s’il n’est plus citoyen canadien, bien entendu.

Jean Chrétien avait ressorti une vieille loi pour l’empêcher de devenir “Lord” en tant que citoyen canadien; Black a renoncé à son statut de citoyen pour assouvir sa vanité et devenir baron de Crossharbour… Le voici donc Anglais.

Mais il est né au Québec, a fait ses affaires au Canada, y a une maison depuis toujours à Toronto.

Il serait donc mesquin de le considérer comme n’importe quel étranger. La même mesquinerie qu’on reproche souvent avec raison aux conservateurs.

Alors qu’on le laisse venir ici, qui est quand même chez lui.

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Léo Bureau-Blouin et Martine Desjardins (Photo La Presse)

Léo Bureau-Blouin et Martine Desjardins (Photo La Presse)

C’est très sympathique, l’idée des associations étudiantes de dire aux recteurs comment gérer les universités.

C’est un peu baveux, évidemment, mais c’est dans l’ordre des choses.

Sauf qu’on ne règlera rien ainsi.

Pensez-vous que le gouvernement dira: ah, quelle bonne idée, on n’y avait pas pensé! On va gérer les universités selon votre programme!

Ce que cette contre-proposition signifie, c’est que ces associations étudiantes refusent tout compromis qui ferait payer un cent aux étudiants.

Ce n’est pas ce qu’on appelle un compromis…

Quelle somme acceptent-ils que les étudiants paient en plus?

Zéro.

Pas un kopek.

Si on ne cède rien soi-même, on ne concède rien.

En même temps, on voit que diverses associations usent de stratagèmes légalistes pour empêcher des votes pour renouveler leurs mandats de grève –la règle des deux tiers!

Belle mentalité.

En fait, j’ai l’impression qu’ils sont coincés. Ils ne savent plus comment reculer. Pas de plan B. Pas de position de repli. Que le refus net montrable à la télé.

La session est à toutes fins utiles foutue.

Et quiconque a lu le texte de ma collègue Stéphanie Grammond aura bien de la difficulté à prétendre que les propositions du gouvernement sont une terrible injustice.

Ce n’est tout simplement pas vrai.

L’accès pour les moins nantis est AMÉLIORÉ.

Et pour les autres, c’est une contribution supplémentaire étalée dans le temps qui n’a rien d’effrayant.

Il serait temps que des votes libres soient pris, pour tester l’appui des étudiants à ce refus net de tout compromis.

S’ils usent encore de ruses pour empêcher des votes, c’est qu’ils ont de la démocratie une conception qu’ils devraient haïr: l’autocratie.

Cette grève, malgré ses allures de mini-carnaval nocturne montréalais, est à bout de souffle et à court d’arguments.

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Vendredi 27 avril 2012 | Mise en ligne à 14h21 | Commenter Commentaires (23)

Un message clair à la GRC: collaborez à la commission!

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La Cour supérieure a tranché: la GRC devra collaborer avec la Commission Charbonneau sur la corruption dans l’industrie de la construction.

La décision de la juge Guylaine Beaugé est tellement claire, tellement sans équivoque, qu’on se demande comment la Gendarmerie Royale du Canada pourrait encore prétendre le contraire.

En fait, cette obstination ressemble déjà à de la mauvaise foi –ou de la mauvaise conscience.

La commission ne veut pas enquêter sur la police fédérale et son fonctionnement (ce qui serait inconstitutionnel pour une commission provinciale).

Elle veut simplement obtenir certains documents issus de l’enquête Colisée sur la mafia montréalaise.

Une enquête énorme mais dont la commission ne demanderait que quelques morceaux sur un certain nombre d’individus liés à la construction.

On sait en effet que cette enquête portant sur le trafic de stupéfiants a fait ressortir la présence du crime organisé dans la construction. Cela n’avait pas grand intérêt pour la police à l’époque, mais devient très intéressant dans le cadre de la commission d’enquête.

Il n’y a pas lieu d’en appeler, sans quoi on se demandera quels sont les réels motifs de la GRC.

A-t-elle peur qu’on découvre quelques gaffes de sa part?

Car il n’est pas question ici de dévoiler des sources confidentielles ou de menacer des enquêtes en cours. Seulement de trouver des informations et des témoins sur les sujets d’intérêt pour la commission.

Il est temps que la GRC collabore de bonne foi et pleinement à cette commission capitale.

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