Décrire Conrad Black comme un “criminel britannique”, comme l’a fait hier Thomas Mulcair, est une excellente manière d’attirer l’attention.
(Le chef du NPD reprochait au gouvernement conservateur un traitement de faveur pour Conrad Black, qui sera libéré de prison cette semaine, et qui obtiendra le droit de résider au Canada un an.)
Très punché, du Mulcair classique… Mais c’est évidemment un peu trop facile.
Je ne suis pas de ceux qui minimisent la fraude de Conrad Black, ou qui disent qu’il devrait faire l’objet d’une sorte de clémence vu ses états de service –entrepreneur, historien, etc.
Malgré une victoire partielle en Cour suprême, Conrad Black a bel et bien fraudé sa compagnie et ses actionnaires, il s’est cru autorisé à prendre les fonds de la société, a détruit des documents et selon les normes américaines, il s’en est relativement bien tiré avec quelques années de prison.
Mais il les a purgées.
Et il serait ridicule de le considérer comme un dangereux criminel, ou comme le font les Américains, d’expulser tout non-citoyen avec un casier judiciaire.
C’est de sa faute s’il n’est plus citoyen canadien, bien entendu.
Jean Chrétien avait ressorti une vieille loi pour l’empêcher de devenir “Lord” en tant que citoyen canadien; Black a renoncé à son statut de citoyen pour assouvir sa vanité et devenir baron de Crossharbour… Le voici donc Anglais.
Mais il est né au Québec, a fait ses affaires au Canada, y a une maison depuis toujours à Toronto.
Il serait donc mesquin de le considérer comme n’importe quel étranger. La même mesquinerie qu’on reproche souvent avec raison aux conservateurs.
Alors qu’on le laisse venir ici, qui est quand même chez lui.











