Yves Boisvert

Archive, juin 2013

Mercredi 26 juin 2013 | Mise en ligne à 23h08 | Commenter Commentaires (49)

Que va faire Tony Accurso?

Antonio Accurso à sa sortie du QG de la SQ l'an dernier (photo La Presse)

Antonio Accurso à sa sortie du QG de la SQ l'an dernier (photo La Presse)

Oh! La nouvelle était spectaculaire.

Attention: 928 accusations contre Tony Accurso et ses sociétés pour diverses fraudes fiscales…

Ne vous laissez pas impressionner par le nombre de chefs d’accusation. Si on en ajoute un par fausse facture, ce n’est toujours qu’une seule et même fraude. On réclame pour tout ça plus de 8 millions en amendes automatiques.

Je ne minimise pas le sérieux de l’affaire: je dis seulement que le nombre d’accusation tient plus du marketing accusatoire que de la justice pénale. Ça paraît bien dans un communiqué, 928 accusations, mais ça ne veut rien dire en soi.

Quoi qu’il en soit, après le fédéral, qui a réclamé son dû pour les mêmes gestes ou à peu près, c’est le tour de Revenu Québec.

Cela s’ajoute aux accusations criminelles autrement plus sérieuses qui pèsent contre l’ancien roi de la construction pour les dossiers de Laval et de Mascouche. Fraude, pot-de-vin, corruption, complot…

Et on peut s’attendre à d’autres tuiles ici et là.

Que va faire cet homme d’affaires?

Va-t-il se défendre dans trois, quatre procès?

Va-t-il plutôt chercher un “deal”, comme il l’a fait par le passé quand il a eu des ennuis avec le fisc?

Il vient de vendre ses compagnies; il a 61 ans. Il a encore de belles années devant lui.

Si les dossiers de l’UPAC sont bien montés, si jamais il est déclaré coupable de ce dont on l’accuse, on peut sans trop risquer de se tromper parler de peines de cinq ans de pénitencier ou plus, vu les sommes en jeu, la préméditation alléguée, la durée du complot, l’abus de la confiance du public, etc.

Va-t-il vouloir passer les cinq prochaines années à se battre devant les tribunaux, avec une peine lourde à la clé en cas d’échec? Ou va-t-il tenter de tout régler, pour en finir au plus vite?

Va-t-il décider de collaborer avec la commission Charbonneau?

Si un homme au Québec peut nous expliquer la vie dans la construction, c’est bien Tony Accurso.

Autrefois, il était un des préférés du Fonds de solidarité de la FTQ.

Et pour cause!

Ce n’est pas seulement parce qu’il a entretenu des liens d’”amitié avec les présidents de la FTQ. C’est surtout parce que l’argent investi dans les compagnies d’Antonio Accurso a rapporté gros. Très gros!

Accurso n’était pas le roi de la construction pour rien. Ses firmes ont beau avoir obtenu des contrats de manière louche dans bien des cas, elles faisaient l’envie de la concurrence –enfin, une concurrence virtuelle dans bien des cas, comme on l’apprend à la commission Charbonneau.

Le voici de nouveau accusé. Encore et encore.

Sans doute n’a-t-il pas encore décidé de la suite des choses, la preuve n’étant toute divulguée.

Mais ce que décidera de faire Tony Accurso pourrait affecter le cours de bien des procès, de la commission Charbonneau, de toute une industrie… et de la politique québécoise.

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Vendredi 21 juin 2013 | Mise en ligne à 11h16 | Commenter Commentaires (42)

La liste noire

photo Patrick Sansfaçon La Presse

photo Patrick Sansfaçon La Presse

En se faisant placer sur la “liste noire” des sociétés par l’AMF, Dessau voit… 75% de son chiffre d’affaires affecté, d’après sa VP principale, Isabelle Jodoin.

C’est évidemment gigantesque pour cette firme qui est la cinquième en taille au Canada.

Mais Dessau va-t-elle vraiment se voir privée des contrats publics jusqu’en 2018?

C’est ce qui est déclaré aujourd’hui.

Mais en réalité, la Loi sur l’intégrité permet 1) de maintenir les contrats déjà accordés; et 2) de présenter une nouvelle demande sans même attendre un an.

Soyons donc assurés que Dessau fera d’autres modifications pour obtenir son autorisation de l’AMF et atterrir sur la “liste verte”.

Quand on apprend, sous la plume de ma collègue Kathleen Lévesque, que Dessau a même tenté de recruter Jacques Duchesneau , “monsieur anticorruption”, on comprend qu’aucun effort ne sera ménagé.

Tout comme les autres firmes sont présentement en train de plancher sur leur plan de nettoyage.

C’est une opération délicate pour toutes ces sociétés, c’est aussi un enjeu économique pour le Québec. Des milliers d’emplois de travailleurs honnêtes sont en jeu, toute une expertise aussi, et il ne faudrait pas que le remède tue le cheval.

Mais l’AMF du moins a lancé un message clair: deux, trois congédiements ou départs volontaires ne suffiront pas à avoir son ticket pour la liste verte.

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Jeudi 20 juin 2013 | Mise en ligne à 10h00 | Commenter Commentaires (75)

Fallait-il attendre pour arrêter Applebaum?

Michael Applebaum (photo La Presse)

Michael Applebaum (photo La Presse)

Fallait-il attendre après les élections pour arrêter Michael Applebaum, de manière à ne pas “déstabiliser” Montréal?

C’est le point de vue étonnant soutenu mardi par le chroniqueur urbain d’expérience Henry Aubin, dans sa chronique de mardi, dans The Gazette. Il se dit choqué du moment choisi par l’UPAC pour arrêter le maire de Montréal.

Ma collègue Lysiane Gagnon, dans le Globe and Mail, est du même avis et dénonce l’aspect théâtral, selon elle, de cette arrestation “humiliante”, qui a eu lieu à 6h du matin.

Voilà des commentaires proprement extraordinaires.

Est-ce que la police doit commencer à faire des calculs politiques pour préserver la réputation des villes?

Voyez-vous ça? On laisse M. Applebaum se présenter aux élections (il aurait été candidat dans NDG, de toute évidence), pour ensuite aller l’arrêter?

Oui, mais ces accusations n’ont “aucun rapport” avec son administration comme maire de Montréal par intérim: elles concernent des transactions de terrain de 2006 à 2011… Quelle urgence, donc, de l’arrêter?

Voilà un drôle de raisonnement. Si on découvre qu’un maire a commis un vol de banque il y a 10 ans, doit-on le laisser se présenter aux élections avant de l’arrêter?

C’est là qu’on reprocherait aux policiers d’être soumis au pouvoir politique: cacher le fait qu’ils ont une preuve les rendrait complices d’une opération de tromperie.

Que des journalistes plaident pour laisser les électeurs voter sans avoir toute l’information sur la probité des candidats me trouble. Tout ça au nom de l’honneur de Montréal?

En passant, je ne vois pas quelle sorte d’arrestation non humiliante on pourrait imaginer pour le maire de Montréal. Ce sera nécessairement embarrassant. M. Applebaum n’a pas été menotté. Les policiers sont allés le chercher chez lui comme ils vont chercher les suspects selon la même procédure: tôt le matin. Et ils l’ont interrogé longuement comme il se doit.

Faudrait-il donc pour les notables une procédure de privilège? Une arrestation en cachette?

Faudrait-il donc cacher au bon peuple que la police a accumulé assez de preuve pour faire accuser un politicien?

Ça, ce serait scandaleux. Ça, ce serait déshonorant.

Quand la police a sa preuve, quand l’accusation peut être déposée, on la dépose. Point.

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