Yves Boisvert

Archive, mars 2013

Mardi 26 mars 2013 | Mise en ligne à 10h08 | Commenter Commentaires (102)

L’Homme de Calder et l’immobilisme montréalais

L'Homme de Calder (photo Société du parc Jean-Drapeau)

L'Homme de Calder (photo Société du parc Jean-Drapeau)

Les connaisseurs nous disent que l’Homme, immense sculpture d’Alexander Calder faite pour l’Expo 67, est peut-être l’oeuvre d’art public la plus importante à Montréal.

Le hic, c’est qu’elle est dans l’île Sainte-Hélène. Le site était le centre du monde en 1967, mais depuis, c’est loin d’être le coeur du Montréal touristique.

Je dis “le hic”, et on aura compris que je trouve l’idée plutôt bonne de déménager cette sculpture dans un endroit visité et visible de Montréal. Pour bien des gens, dont mon collègue François Cardinal à l’éditorial, ce n’est pas un hic du tout: cette sculpture a été conçue pour cet endroit.

Appelons ça un désaccord raisonnable.

De toute manière, le conseil municipal a clos le débat la semaine dernière: la sculpture restera où elle est depuis 46 ans.

La conseillère Élaine Ayotte, naguère favorable au déménagement, nous dit sans rire qu’on pourrait organiser des navettes pour aller visiter l’oeuvre! Voilà qui est organique, simple et écologique, non?

Le plus comique de l’affaire est que la ville a formé un comité sur l’art public, composé de quelques uns des meilleurs experts en ville. Le comité était en train d’étudier la question, avec de toute évidence un penchant favorable pour le déménagement, maintes fois répété par son président Alexandre Taillefer.

Le comité n’a pas eu le temps de compléter son travail, le conseil municipal a réglé le cas. Vram. Fini. On n’en parle plus.

Les mêmes amoureux fous de la consultation ne veulent rien savoir des consultations… quand leurs idées risquent d’être contestées. Ah, les beaux démocrates que ça nous fera s’ils prennent le pouvoir…

Message de Projet Montréal: que le comité se penche sur le mécénat, et qu’il s’arrange pour faire atterrir à Montréal des nouvelles oeuvres, inédites, contemporaines, qui marqueront le 375e et inspireront les générations futures…

Bonne idée.

Mais l’un n’empêche pas l’autre. L’idée du comité était d’inaugurer une oeuvre majeure d’art public par année. Et l’Homme, en pleine ville, était dans le lot. Je sais bien que le lieu n’avait pas été déterminé encore, que bien des discussions auraient eu lieu… mais peut-on au moins laisser le comité parler?

Non, ta gueule comité.

Et le clou, remarquez le ton méprisant employé par François William Croteau, maire Projet Montréal de Rosemont-Petite-Patrie, dans son blogue :

“Montréal ne doit pas être considérée comme le salon privé de quelques mécènes, collectionneurs ou gens d’affaires déplaçant une œuvre d’art public au gré de leur volonté comme on déplace un tableau de la cuisine au boudoir.”

Wow…

On voit bien que ça vise directement Alexandre Taillefer et quelques autres, des gens qui effectivement ont mis une partie de leur fortune et de leur temps pour la promotion des arts à Montréal.

Merci beaucoup pour la reconnaissance!

Et c’est à ces mêmes mécènes qu’on ira brailler pour financer l’art public demain.

Lâchez pas, vous êtes en bonne voie: tout doit rester tel qu’il est.

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Lundi 25 mars 2013 | Mise en ligne à 16h42 | Commenter Commentaires (66)

À quand des excuses de Dessau?

L'ex-vp de la firme Dessau, lors de son passage à la ceic (photo La Presse)

L'ex-vp de la firme Dessau, lors de son passage à la ceic (photo La Presse)

Il fallait quand même avoir tout un front pour aller avouer en commission d’enquête qu’on a commis des actes criminels à répétition et continuer à occuper sa fonction de vice-président d’une grande multinationale du génie-conseil comme si de rien n’était…

Rosaire Sauriol, qui a avoué plusieurs pratiques illégales la semaine dernière, n’avait plus vraiment le choix: il a “offert sa démission” et Dessau, fondée notamment par son père, l’a acceptée hier.

Dessau n’avait pas tellement le choix, au fait.

Non mais ces gens-là se prennent pour qui?

Je n’irai pas dire que je ne suis pas d’accord après ce que j’ai écrit la semaine dernière.

Mais songez que cette même firme qui jurait en 2009, puis même en 2011, n’avoir “jamais au grand jamais” violé la moindre loi, n’a toujours pas présenté ses excuses.

Non seulement pour ces mensonges professionnels exprimés par le président lui-même, Jean-Pierre Sauriol. Mais surtout pour ces années de pratiques frauduleuses aux dépens des citoyens.

Mais non, voyez plutôt ce qu’ils disent:

“Depuis 2009, Dessau a agi sur plusieurs fronts afin de corriger une situation qui était pour l’entreprise et notre industrie inacceptable, notamment en modifiant ses pratiques d’affaires et en renforçant, avec l’aide d’experts externes, plusieurs aspects de son code d’éthique.

“Parallèlement, l’entreprise a continué, grâce au talent de ses employés, à répondre aux besoins de ses clients avec de hauts standards de qualité, tout en poursuivant son développement à l’extérieur du Québec et du Canada.”

C’est pas beau ça?

Ils ont corrigé “une situation”.

Quelle situation svp? On a l’impression qu’ils ont combattu un incendie de forêt ou que leur sous-sol a été inondé.

Une situation!

Un système criminel, oui.

Ils viennent de sacrifier le Rosaire. Mais ils ne nous ont rien dit encore.

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