Yves Boisvert

Archive du 6 novembre 2012

Mardi 6 novembre 2012 | Mise en ligne à 9h16 | Commenter Commentaires (38)

Gérald Tremblay n’est pas Gilles Vaillancourt

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La grande différence entre Gérald Tremblay et Gilles Vaillancourt, c’est que si le maire de Laval ne démissionne pas, ce sera peut-être la police qui le sortira de l’hôtel de ville.

Gérald Tremblay n’est soupçonné d’aucun acte criminel. Aucune enquête (connue du moins) ne le vise personnellement. Et ce dont il aurait eu connaissance, du moins ce dont il aurait dû avoir connaissance, c’est une série d’infractions aux lois électorales commises par son parti.

Mais d’aller dire, comme j’ai entendu ce matin, que c’est “la commission Charbonneau” qui a eu sa tête, comme si on y laissait dire n’importe quoi à tort et à travers, est assez… exagéré.

Ce qu’on entend à la commission Charbonneau depuis un mois confirme (en pire) ce qui a fait la manchette en 2008 et 2009, et failli sortir Gérald Tremblay de la mairie à l’époque: Il y a de la corruption institutionnalisée à Montréal, la mafia s’est emparée des travaux publics, des gens au parti du maire étaient acoquiné avec des tricheurs et des bandits et le maire s’est entouré des mauvaises personnes
à répétition.

Pas qu’il ait participé le moindrement à ces malversations.

C’est vrai qu’on a trahi sa confiance, comme il disait hier.

Mais il y a un mot qu’il ne pouvait pas prononcer hier: vigilant.

Gérald Tremblay n’a pas été vigilant. S’il l’avait été, il ne se serait pas contenté des réponses vite faites qu’on lui servait quand, dit-il, il “posait des questions”.

Non, Gérald Tremblay n’est pas Gilles Vaillancourt. Oui, il y a une certaine injustice à voir que lui a démissionné tandis que le maire Marcotte de Mascouche, accusé au criminel, se contente d’aller se pointer au conseil une fois aux trois mois pour toucher son chèque. Et que Gilles Vaillancourt, perquisitionné de partout, est encore là.

Mais s’il a dû démissionner, c’est que Gérald Tremblay a failli à une des tâches que la loi lui impose: surveiller son administration.

Pour cela, il aurait fallu, c’est vrai, une énergie considérable que ses prédécesseurs n’ont pas eue. C’est un peu contraire à son tempérament conciliant et optimiste.

Et sans doute une ville fusionnée de force comme Montréal avait-elle besoin d’un maire conciliant pour s’inventer.

Mais à la fin, le revers ce tempérament agréable, c’est qu’il a manqué cruellement à Gérald Tremblay de cette qualité: du leadership –qui inclut le courage de déplaire.

On ne peut pas tout avoir.

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