
Paula Radcliffe ce printemps à Vienne (photo AFP)
La femme qui a fait la meilleure performance historique au marathon, Paula Radcliffe, ne participera pas à l’épreuve dimanche..
La nouvelle, scoopée dans le Mail ce matin, a été confirmée par la Fédération britannique d’athlétisme, qui a émis un communiqué.
Blessure au pied.
On savait qu’elle était blessée, déjà début juillet on disait qu’elle tentait de se remettre, mais qu’elle serait quand même des jeux dans son pays…
“Paula se blesse toutes les deux semaines, il ne faut pas s’en faire avec ça”, disait son coach.
Mais cette blessure pendant les semaines où elle devait rouler le plus de kilomètres l’a finalement écartée. Et elle n’a toujours pas guéri.
Personne ne s’attendait vraiment à ce qu’elle gagne, malgré son record de 2003 (2h15:25, un record qui lui fut enlevé parce que couru avec des hommes qui lui ont servi de “lapins”, mais qui lui fut redonné ensuite par l’IAAF, qui a décidé d’appliquer la règle uniquement pour le futur).
En 2004, à Athènes, on la voyait favorite; elle a dû déclarer forfait pour cause de blessure. Les ennuis se sont multipliés au fil des ans (fracture d’un orteil, puis de la tête du fémur, et j’en passe).
Elle a décroché le titre mondial de la distance au championnat du monde de 2005 –et de nombreux grands marathons: Londres, Chicago, New York.
Mais les Olympiques… Non. Pékin l’a vue arriver en 23e place.
Londres serait sa dernière chance, mais ses dernières performances ne laissaient plus penser qu’elle tiendrait tête aux meilleures.
En avril, à Vienne, dans un événement un peu particulier, elle a couru un demi-marathon “contre” le grand Haile Gebreselassie. Il est parti sept minutes 52 secondes après elle, ce qui est l’écart entre leur record personnel sur la distance.
Dès le 16e km, il l’a rattrapée. Lui qui est retraité (pas même qualifié pour l’Éthiopie, avec un “pauvre” temps de 2h08 à Tokyo) a couru en une heure. Elle en 1h12. Très décent, 1h12… Mais elle qui courait en 1h06…
Elle était “incapable d’expliquer” sa performance. Il était clair plus que jamais qu’elle ne courrait pas dans le top 10 devant ses compatriotes.
Mais tout de même, dans les rues de Londres, c’eut été un chant du cygne digne de cette extraordinaire championne de 38 ans.
Elle y rêvait, elle y avait mis plus d’énergie que jamais. Mais “je n’ai pas une sorte de boulot qui vous permet de travailler même quand le corps de refuse de suivre”. Cette “amère défaite” de Pékin ne sera donc pas vengée.
Ce n’est peut-être qu’une demi-surprise. Mais c’est une totale déception –un des moments que j’attendais ici à Londres.