Yves Boisvert

Archive, mai 2012

Mardi 15 mai 2012 | Mise en ligne à 9h54 | Commenter Commentaires (243)

Qu’est-ce qu’on négocie?

Le campus de l'Université de Montréal

Le campus de l'Université de Montréal

Je ne vous apprendrai rien: les lecteurs sont superbement divisés sur le conflit étudiant.

Ceux qui ne sont pas d’accord avec moi me réfèrent à plusieurs points de vue de groupes ou d’intellectuels qui défendent la gratuité universitaire.

C’est une option, évidemment.

Mais pour que cela se fasse, il faut réaménager un très grand nombre de choses, de la fiscalité du Québec jusqu’au financement des universités, et même à son mode de fonctionnement.

Je ne dis pas que ça ne se fait pas.

Je dis que c’est un modèle social et politique différent. Et que cela ne peut pas s’obtenir par la négociation entre un gouvernement et trois leaders étudiants.

C’est en vérité un programme politique dont il est question. Cela se choisit par des élections.

Les leaders étudiants ne réclament d’ailleurs pas cette gratuité en ce moment.

Et le gouvernement, après avoir accepté un étalement, ne reculera pas sur la hausse des droits.

Alors quel est le véritable espace de négociation?

Tout semble tourner autour d’une possible réduction des frais afférents, fondée sur des économies éventuelles dans la gestion des universités.

Mais malgré la mauvaise gestion ici, les dérapages là, il n’y a pas assez d’argent à trouver dans les administrations universitaires pour faire quelque gain substantiel que ce soit.

Et il n’y aura pas de cogestion des universités avec les étudiants.

Alors, bien franchement, ce matin, je ne sais pas comment tout ceci pourrait finir ce soir par une série de poignées de main entre la nouvelle ministre et les trois leaders.

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Lundi 7 mai 2012 | Mise en ligne à 11h19 | Commenter Commentaires (150)

La casse et les étudiants

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Depuis le début du conflit étudiant, il est question de casse et de casseurs.

Il y a des étudiants dans le lot, mais pour le noyau dur, les casseurs ne sont pas des étudiants et n’appartiennent pas au mouvement.

Ce sont différents groupes, les mêmes qu’on a vus au Sommet de Québec, ou dans les manifs contre la brutalité policière.

Ce sont eux qui arrivent avec des balles de billard pour provoquer les policiers –et blesser des gens au passage.

Les deux jeunes manifestants gravement blessés l’ont peut-être été par des projectiles lancés par ces casseurs –les balles en caoutchouc sont peu susceptibles de faire ce genre de blessures, mais on verra ce que les enquêtes diront.

Le but des casseurs est précisément de provoquer une réaction policière et de créer une répression qui elle-même entraînera une contre-réaction, etc.

Pourquoi les policiers ne les ont-ils pas arrêtés avant? Pourquoi n’a-t-on pas “filtré” les manifestants?

Question facile… Facile à répondre:

Parce que les policiers n’ont pas le droit constitutionnel de faire des fouilles préventives.

Il faut des motifs pour fouiller quelqu’un.

Arriver dans un lieu public pour manifester est un droit fondamental qui ne peut pas être soumis au tamisage policier.

N’allez donc pas blâmer “les étudiants” pour ces manifs qui dégénèrent, ni les policiers. Pensez-vous que la SQ allait laisser ses agents se faire attaquer, laisser les barrières se faire pousser et tout le monde s’inviter là où le gouvernement se réunissait?

Il faut en finir avec l’angélisme. Les syndicats ont depuis longtemps leurs services d’ordre, mais les organisations étudiantes n’ont pas ces moyens-là.

Quoi alors?

L’idée de réglementer le port du masque dans les manifestations, quand on a des motifs de craindre une émeute, fait son chemin.

Quand on voit se multiplier les détournements de manifestations par les casseurs, il est temps d’y réfléchir.

Tout le monde y gagnerait, les manifestants pacifiques en premier.

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Samedi 5 mai 2012 | Mise en ligne à 9h45 | Commenter Commentaires (118)

Les dommages collatéraux de la grève

Le campus de l'Université de Moncton

Le campus de l'Université de Moncton

On rapporte 11% de plus d’inscription de Québécois à l’Université d’Ottawa, selon l’article de Gabrielle Duchaine dans La Presse ce matin.

L’université de Moncton n’a pas de chiffres encore, mais on y rapporte aussi plusieurs demandes d’inscription et d’information d’étudiants québécois.

Pourquoi?

Parce que… le conflit, bien sûr.

Plusieurs sont en passe de perdre leur session, et s’ils ne la perdent pas, ils perdront de précieuses semaines.

Pas vraiment le goût de revivre ça…

Les départements et facultés où il y a eu des perturbations subiront les contre-coups de cette grève.

Quand on pense aux sommes que les universités dépensent pour s’arracher les clientèles étudiantes, n’allez pas penser que les universités sont indifférentes à la réputation qui sera désormais accolée aux universités en général, mais surtout à certaines facultés en particulier.

Plusieurs étudiants, et parmi les meilleurs, ceux que les universités veulent attirer en premier, prennent des notes. Et voteront avec leurs pieds.

Ils ne partiront pas nécessairement du Québec, mais cela risque d’avoir un impact sérieux sur les choix qu’ils feront.

Et si seulement quelques centaines préfèrent l’Ontario ou le Nouveau-Brunswick à cause de cette grève, c’est en soi un dommage collatéral pour l’université québécoise. Un dommage durable.

Voilà un des tristes impacts de ce conflit.

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