
L'entraîneur français d'équitation Christophe Clément s'adresse à ses athlètes uniquement en français.
Bon.
On est tous d’accord.
Non, ce n’est pas vrai, on n’est pas tous d’accord.
Mais tout ce qui s’exprime dans les médias francophones a l’air de l’être: notre prochain entraîneur doit être francophone ou parler français.
Vous avez remarqué?
J’ai dit “notre entraîneur”.
Or, j’ai été retranché tellement vite que je n’ai pas même pu me présenter au camp d’entraînement.
Ce n’est donc pas, d’un point de vue sportif, de “mon” entraîneur qu’il s’agit.
Mais comme le Canadien est une équipe nationale (jusqu’au déménagement d’une autre à Québec), c’est un peu de “notre” entraîneur qu’on parle, pas vrai?
Bon.
On est tous d’accord.
(OK, vous le direz tantôt que vous n’êtes pas d’accord).
Donc, comme je disais, tout ce qui s’exprime, éructe ou finasse dans les médias francophones le dit: ça nous prend un francophone comme entraîneur, et même comme directeur général, ou disons un bilingue.
Je suis parfaitement d’accord.
MAIS.
Tous les amoureux-fous du français qui ne peuvent pas supporter l’idée d’un entraîneur anglo ont une obligation désormais.
Laquelle?
Faut causer français, les copains…
Plus de “coach”, plus de “puck”, de “cross-check”, de “one-timer”, de “goaler”, de “net”, de “GM” (general manager), de “goon”, de “comme on dit en anglais”, comme si ce qui allait suivre allait être tellement plus pertinent, mieux dit, mieux ramassé, plus fin…
Toute cette paresse linguistique, toute cette anglophilie… “cheap”…
C’est fini tout ça, messieurs-dames.
Faut être à la hauteur linguistique de nos exigences politiques.
Deal?
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