Yves Boisvert

Archive du 24 avril 2012

L'entraîneur français d'équitation Christophe Clément s'adresse à ses athlètes uniquement en français.

L'entraîneur français d'équitation Christophe Clément s'adresse à ses athlètes uniquement en français.

Bon.

On est tous d’accord.

Non, ce n’est pas vrai, on n’est pas tous d’accord.

Mais tout ce qui s’exprime dans les médias francophones a l’air de l’être: notre prochain entraîneur doit être francophone ou parler français.

Vous avez remarqué?

J’ai dit “notre entraîneur”.

Or, j’ai été retranché tellement vite que je n’ai pas même pu me présenter au camp d’entraînement.

Ce n’est donc pas, d’un point de vue sportif, de “mon” entraîneur qu’il s’agit.

Mais comme le Canadien est une équipe nationale (jusqu’au déménagement d’une autre à Québec), c’est un peu de “notre” entraîneur qu’on parle, pas vrai?

Bon.

On est tous d’accord.

(OK, vous le direz tantôt que vous n’êtes pas d’accord).

Donc, comme je disais, tout ce qui s’exprime, éructe ou finasse dans les médias francophones le dit: ça nous prend un francophone comme entraîneur, et même comme directeur général, ou disons un bilingue.

Je suis parfaitement d’accord.

MAIS.

Tous les amoureux-fous du français qui ne peuvent pas supporter l’idée d’un entraîneur anglo ont une obligation désormais.

Laquelle?

Faut causer français, les copains…

Plus de “coach”, plus de “puck”, de “cross-check”, de “one-timer”, de “goaler”, de “net”, de “GM” (general manager), de “goon”, de “comme on dit en anglais”, comme si ce qui allait suivre allait être tellement plus pertinent, mieux dit, mieux ramassé, plus fin…

Toute cette paresse linguistique, toute cette anglophilie… “cheap”…

C’est fini tout ça, messieurs-dames.

Faut être à la hauteur linguistique de nos exigences politiques.

Deal?

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Michael Ignatieff un certain soir de mai 2011 (photo PC)

Michael Ignatieff un certain soir de mai 2011 (photo PC)

On a déjà commencé à déboulonner l’argumentaire étonnant de Michael Ignatieff au sujet de la peut-être inévitable indépendance du Québec dans une entrevue à la BBC.

Certains notent que l’option a rarement été aussi stagnante dans les sondages.

D’autres rappellent qu’il n’y a eu aucune dévolution massive ni même partielle de pouvoirs au Québec depuis le référendum de 1995, sauf la reconnaissance purement symbolique et non constitutionnelle de la nation québécoise –en partie grâce à lui d’ailleurs.

Ce qui m’intéresse surtout ici c’est sa vision du Canada.

Le passage-clé : “The problem here is we don’t have anything to say to each other anymore. There’s a kind of contract of mutual indifference, which is very striking for someone of my generation.”

À la querelle incessante, a succédé l’indifférence mutuelle entre le Québec et le reste du Canada.

Ignatieff représente une certaine idée du Canada, un Canada idéalisé dans lequel les différences et les tensions sont un enrichissement mutuel.

Dans ce Canada aux idées larges, à la Trudeau, les citoyens le moindrement éclairés sont bilingues, s’intéressent les uns aux autres et finissent par partager une expérience nationale commune.

Dans ce Canada-là, il y a un nationalisme canadien unique, qui recouvre diverses appartenances régionales et ethniques…

Michael Ignatieff est de cette génération et de cette élite libérale de Toronto (Bob Rae, Graham Fraser et d’autres en sont de parfaits représentants) qui a tenté de vivre le rêve de Trudeau (langues officielles, multiculturalisme, défense des minorités, etc.)… et qui le voit s’évanouir.

Le pouvoir à Ottawa ces jours-ci ne cultive pas cette idée du Canada –qui n’a jamais existé, mais qu’on présentait comme une exigence enivrante naguère, contre le nationalisme québécois et la vision

On y est plutôt agacé par le bilinguisme officiel, ses coûts et ses exigences et toutes ces simagrées qui ne veulent rien dire dans les provinces de l’Ouest.

Ajoutez à cela le démantèlement lent d’une série d’institutions qui représentaient cette idée, la montée des régionalismes (Terre-Neuve, l’Alberta), l’indifférence totale suscitée par le nationalisme québécois (il ne provoque même plus de colère) et vous avez un Canada dans lequel les Michael Ignatieff ne se reconnaissent probablement pas tout à fait.

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