Yves Boisvert

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    Yves Boisvert est chroniqueur à La Presse depuis 2000, après avoir été chroniqueur judiciaire pendant 10 ans.
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    Mercredi 18 avril 2012 | Mise en ligne à 15h14 | Commenter Commentaires (20)

    Comment une élection municipale se passe dans la vraie vie

    Une ville quelque part (aucun rapport avec ce texte) Photo La Presse

    Une ville quelque part (aucun rapport avec ce texte) Photo La Presse

    Je me plagie moi-même aujourd’hui, ça me semble pertinent.

    Je republie un texte de 2009, où un organisateur d’élections m’a déniaisé question financement politique et élections clé en main…

    Ça s’appelait “Ma campagne à la mairie”. Et ça allait comme suit:


    Nous avions rendez-vous dans un Tim Hortons, mais ça ne veut pas dire que c’est un conservateur. Je l’appellerai Bill, parce que ça fait organisateur d’élections, et puis ça fait argent comptant. Il en a organisé, des élections, Bill. Fédéral, provincial, municipal, référendums…

    Bill trouve que les journalistes n’ont aucune idée de ce que «faire de la politique» veut dire. Il a décidé de me déniaiser. «On va organiser ta campagne électorale à la mairie, tu vas voir!

    - Je vais voir quoi?

    - Tu vas voir que c’est im-pos-sible de faire une campagne avec les règles actuelles. O.K., tu veux être maire dans une ville de 30 000 électeurs, disons.»

    Le site du DGE me dit que j’ai le droit de dépenser 5400$ plus 42 cents par électeur pour la première tranche de 20 000 et 72 cents par électeur pour les 10 000 suivants.

    On peut donc dépenser 21 000$ pour ma campagne à la mairie.

    Si je récolte au moins 15% des votes, la Ville rembourse la moitié de mes dépenses.

    «Le problème, c’est que toi, tu connais rien à la politique. T’es propriétaire d’un Jean Coutu, impliqué dans le hockey mineur et tes chums de la chambre de commerce te convainquent de te présenter, parce que le maire est là depuis 147 ans. T’es un maudit bon gars, mais tu connais pas la loi, ni rien. Il te faut un organisateur.

    «Tu m’appelles. On est au mois de juin, mettons. Moi, je te trouve ben correct, mais j’ai une vraie job dans la vie. Alors je viendrai pas travailler deux mois pour toi gratis, O.K.? On va dire que je te coûte 1000$ par semaine, pis crois-moi, c’est pas cher pour du 23 heures par jour, huit jours par semaine. Ça me prend une adjointe: 500$ par semaine, une aubaine. On travaille au moins sept semaines. Juste là, tu viens de dépenser 10 500$. T’as pas de local encore…

    - J’ai de la place dans le sous-sol…

    - On a besoin d’un local. Disons que tu négocies fort, tu t’en sors à 1200$, chauffage et électricité compris. Bell va venir t’installer le téléphone; 2000$. À ce prix-là, t’as pas 15 téléphones, O.K. Ça nous prend un ordinateur ou deux. On a un deal, deux ordis pour 1500$. On est rendus à 15 200$ pis t’as pas commencé ton porte-à-porte. Tu me suis?

    - Euh… Y était-tu si mauvais que ça, le vieux maire?

    - Là, ça te prend des pancartes. Sais-tu combien ça coûte, des pancartes?

    - Pas de pancartes: c’est de la vieille politique!

    - Oui, mais les autres en ont, des pancartes. Toi, t’es moins connu. Si t’en mets pas, le Clairon va écrire que t’es absent, que ta campagne est au ralenti, etc.

    - Maudits journalistes.

    - Je le sais que ton cousin prend des bonnes photos, mais il te faut un portrait professionnel. Combien tu penses que ça coûte? Tu veux 250 pancartes; ça va te coûter au moins 10 000$, pis à ce prix-là, ça comprend pas les attaches en plastique! Et faut quelqu’un pour les installer.

    - Des bénévoles!

    - Oublie ça, y en a plus des bénévoles. Sauf ta famille, deux trois amis. Mais ce monde-là travaille. Pis même ton beau-frère, y va t’arriver avec une facture de gaz à un moment donné.

    - Si j’ai bien compté, on est à 25 200$, pas d’attaches en plastique, pas de gaz…

    - Attends! Y faut que tu t’annonces dans le Clairon! Les autres le font. C’est un journal pas trop cher, on va dire 800$ pour chaque numéro pendant quatre semaines. As-tu des dépliants pour ton porte-à-porte? Au fait, ça te prend un gars de communication. Même s’il fait ses communiqués de chez lui, faut le payer.

    «Puis les bénévoles, même les vrais, ça mange! Juste pour le jour du vote, il t’en faut dans ton local, ou chez eux à téléphoner; il t’en faut aux bureaux de vote; ça fait facilement 25, 30, 40 personnes. T’es chanceux, le municipal, c’est le dimanche, ta famille va pouvoir t’aider. Mais ils vont travailler 15 heures, faut bien que tu les fasses manger. Ça te prend 50, 100 repas!

    - Oui, mais je veux respecter la loi, moi!

    - Ben oui. T’es honnête. Sais-tu que 99,9% des politiciens que j’ai rencontrés dans ma vie sont honnêtes? Mais à un moment donné, t’es atteint du syndrome du candidat, tu veux pas arriver dernier quand tu vois que tous les autres dépensent comme des fous.

    - Alors on fait quoi?

    - Je t’ai pas parlé du débat à la chambre de commerce un mercredi midi. T’es mieux d’acheter une couple de tables si tu veux avoir des applaudissements, parce que la journaliste du Clairon va le dire, si t’es tout seul!

    - O.K., ça va faire! Je retourne chez Jean Coutu!

    - À part ça, même l’argent déclaré, penses-tu que les citoyens vont t’en donner assez? Oublie ça! Mais disons que t’as été capable d’aller chercher 21 000$. Là, à deux semaines du vote, ça fait longtemps que t’as plus de gaz! C’est là que l’argent arrive. Cash. Des firmes, des gens qui veulent t’aider. C’est moi qui m’occupe de ça, inquiète-toi pas, je te tiens loin des détails. Pis va pas penser que je suis croche. On n’est pas des bandits, les organisateurs. J’ai des convictions, je crois en la chose publique. Mais irais-tu travailler gratuitement pendant deux mois comme un malade pour faire élire quelqu’un? As-tu demandé à ta femme ce qu’elle en penserait? Je n’ai jamais eu ou voulu de faveur après une élection. Je déclare mes revenus (sauf ceux des campagnes…). Mais je ne peux tout simplement pas te faire élire sans argent. Et là, on parle d’une campagne à petit budget. Mais déjà, tu es 50% au-dessus de la limite.

    - Mais après…

    - Après, les payeurs s’attendent à avoir des contrats, ou au moins une chance d’en avoir. Ils vont dire: oublie-moi pas. Des ingénieurs dans tel projet, des avocats en relations de travail, le gars de communication. Ça peut être de très bonnes firmes qui travaillent super bien, au fait.

    - Et la loi?

    - Si je la respecte à la lettre, t’es fait. Je maquille les dépenses par du faux bénévolat. J’en cache d’autres.

    - Et ensuite?

    - Ça dépend. Ça peut être correct ou ça peut déraper. C’est pas le maire le problème, généralement, c’est l’entourage. C’est ceux qui l’ont emmené là. Et, oui, il y en a qui arrangent les appels d’offres. Ça ouvre la porte aux dépassements de coûts et aux magouilles. Moi, que des bouts de route du Québec coûtent 35% plus cher qu’en Ontario, je trouve ça grave. Mais au moins, y peuvent-tu les faire comme du monde?

    - La solution?

    - Rendre les règles plus réalistes pour qu’il y ait une meilleure concurrence politique. Le système actuel part de bonnes intentions, mais dans les faits, il rend les politiciens vulnérables. Et au municipal plus que n’importe où.

    «Mais tout ça, c’est possible parce que les gens ne s’y intéressent pas. Et c’est ça qui me fait peur, moi: la désertion de la démocratie. La solution passe par l’implication des gens.

    - Mais Bill, est-ce que j’ai des chances, au moins?

    - Je le dis toujours aux candidats: c’est toi le meilleur!»


    • Excellente démonstration! C’est identique à tous les niveaux, c’est évident. Les lois et règlements sont ainsi faits réellement par les financiers via les “politichiens” qu’ils tiennent bien en laisse et bien serrés, s’assurant que les règlements votés sont bien ceux qui feront en sorte qu’ils pourront faire plus d’argent à même les finances publiques et qu’ils auront les coudées encore plus franche en relations de travail.

      Pourquoi en serait-il différent à Québec, à Ottawa ou à Saint-Clinclin, je vous le demande? Ceux des politiciens qui se targuent d’être parfaitement propres sont soit des menteurs, soit des inconscients ou soit des idiots qui croient vraiment ce qu’ils disent… Pas fort!

      F Heroux

    • “…c’est toi le meilleur!…”

      J’ai fait presque toutes les élections depuis 1976 et je peux te dire que ton scénario présentée ici est très rèel.

      Toutefois, celui-ci ne représente pas la frange syndicaliste qui participe aussi aux élections.

      À cet effet, j’en ai vu de gens dans les centrales syndicales s’activer aux frais de l’État pour le PQ, le Bloc et dernièrement le NPD.

      La réthorique de ton histoire est la même sauf que les intérêts sont différents pour le syndicats.

      Eux, ils en ont du cash et c’est pratiquement impossible de voir leurs comptes.

      Au Québec, la FTQ et la CSN ont compris cette complexité qui entoure les élections qui n’est certainement pas en symbiose avec les lois.

      Louis Richard

    • Merci M Boisvert. Je me souvenais de cette chronique. C’est bien beau dénoncer la corruption, mais si on ne change pas les règles qui la favorisent comme cela est bien démontré dans votre chronique de 2009, alors le problème ne se réglera jamais.

      André Ruest

    • Bonjour Yves Boisvert

      Oui, oui: je me souviens avoir lu ça et j’avais trouvé le texte très bon. Vous avez bien fait de le “recycler”…

      Sachant ce que coûtent vraiment les campagnes électorales ne serait-il pas temps de revoir les lois sur le financement des partis politiques et des élections? La loi avait été faites avec de bonnes intentions… et des lunettes roses.

      Qui croit vraiment que les citoyens peuvent à eux seuls financer les partis et les campagnes électorales? Cela suppose un degré d’engagement politique exceptionnel et des revenus suffisants. Je ne pense pas que ce soit le cas pour la majorité des électeurs dont un bon pourcentage ne va même pas voter…

      La solution serait-elle d’augmenter les fonds publics servant en partie à un tel financement? Avec l’état des finances publiques ce serait difficilement justifiable. Il y a peut-être une autre option.

      Pourquoi ne pas permettre un certain financement par les entreprises? En autant que ce serait encadré et transparent.

      Ce serait à mon avis plus facile de vérifier si ce financement sert à s’offrir des contrats gouvernementaux: si ce type de financement était permis, nous saurions qui, parmi les soumissionnaires ont contribué combien, à qui et quand.

      Si les soumissions étaient alors accordées uniquement ou principalement sur la base des contributions politiques cela se verrait immédiatement.

      Mieux: du fait que cela serait facile à constater les décideurs politiques se garderaient “une petite gène”. Non?


      C. LaFrenière

    • “Rendre les règles plus réalistes pour qu’il y ait une meilleure concurrence politique. Le système actuel part de bonnes intentions, mais dans les faits, il rend les politiciens vulnérables. Et au municipal plus que n’importe où.”

      Je me demande ce que vous en pensez ? Dans le cas ou il serait possible de dépenser sans compte, est-ce qu’on serait mieux servit en bout de ligne ? J’en doute…

    • je ne peut accepter cette argumentaire ce n,est valable que lorsque des personnes d,égales forces sont en compétition. Mais lorsque nous avons un vrai leader qui inspire la population, l,argent , l,armée, la police,et les médias ne peut vaincre ces personnes .Mais ils sont rares et la plupart ne vont pas en politique .Je pense à Gandhi, Mandela, Aung San Suu Kyi, Levesque, Churchil, De Gaulle, Trudeau , Drapeau. Bon ok chacun ne fait l,unanimité mais il n,ont pas eu besoin de l,argent pour ce faire accepter.

    • C’est pas votre collègue Lagacé qui a déjà “chroniqué” sur le sujet des coûts d’une élection? Ou en interview télé aux Francs Tireurs? La mémoire me fait défaut…

      Sans doute. Lui et Vincent et bien d’autres… Y.B.

    • ..À propos de la Loi sur le financement dit «populaire» des partis politiques, il y a une question qui ne cesse de me tarauder et elle porte sur ce fameux maximum de 3 000$ de contribution.

      Il me semble que dès l’origine, la Loi portait en elle-même le vice qui allait entrainer ce que nous déplorons aujourd’hui.

      En effet, le maximum de contribution autorisé en 1977 était de 3 000$. Or, à la même époque le salaire minimum était de 3,15$ l’heure et le salaire industriel moyen était de 245$ par semaine.
      Seuls les premiers 400$ de contribution donnaient lieu à un crédit d’impôt de 75% soit, 300$.

      Quiconque versait le montant maximum permis devait donc débourser 2 700$ nets. Mais qui donc avait les moyens de débourser l’équivalent de 11 semaines de salaire industriel brut et 25 semaines de salaire minimum brut?

      Pour comparer avec les chiffres d’aujourd’hui, selon le calculateur d’inflation de la Banque du Canada, les 3 000$ de 1977 équivalent à 11 200$ de 2012.

      On voit bien que l’invitation à «farfiner» avec la loi était bel et bien là dès son adoption. Pourquoi alors a-t-on presque «sacralisé» cette loi? Et, au fait, pourquoi a-t-on simplement permis un tel montant? Et après toutes ces années, on a corrigé la faute originelle et ramené le montant maximum à mille dollars, ce qui correspond à 265$ de 1977, un peu plus qu’une semaine de salaire industriel moyen de l’époque, ce qui est pas mal plus raisonnable. Mais la question demeure: Pourquoi 3 000$ ( 11 200$ de 2012) en 1977?

      Depuis, la loi québécoise a baissé ce maximum à 1000$. Y.B.

    • ..@YB: Vous me dites: «Depuis, la loi québécoise a baissé ce maximum à 1000$. Y.B.»

      Mais bien sûr. Je l’avais écrit à la 4e ligne de mon dernier paragraphe. (…on a corrigé la faute originelle et ramené le montant maximum à mille dollars)
      Mais cette baisse vient à peine d’être votée, dans la foulée de tout ce «fling flang« qui entoure le sujet. Et cela a presque dû être fait aux «forceps». Ce qui ne change rien au fait que cette loi si «parfaite» portait en elle, et dès sa conception, le vice qui allait entraîner ce que l’on sait. Pourquoi?
      JFC

    • ce qu il faut alors se demander c’est qui a alors intérêt à ce que ces règles ne changent pas.

    • J’ai fait plusieurs campagnes électorales (gagné 6 perdu 3). Ce que ton gars dit est vrai mais il beurre épais. Il y a possibilité de respecter la loi. C’est plutôt facile au provincial et au fédéral. C’est plus difficile au municipal mais c’est faisable.

      Tout d’abord, des bénévoles c’est de plus en plus rare mais ça existe encore. Si t’en rassemble aucun pour ta campagne, lâches la politique t’as le charisme d’une chaise. Pour ton premier 10 500 $ (salaire de l’organisateur, de l’adjointe et du gars de comm) je sais que ça ce fait, mais ça ne s’est jamais fait dans aucunes des 9 campagnes électorales auxquelles j’ai participé. C’est des bénévoles qui faisaient ça et au mieux, il y avait des remboursement de dépenses et des avantages sociaux (repas fourni). Évidemment ces bénévoles là, des gens compétents qui travaillent en débile gratuitement pour toi, ils sont rare et très précieux. Mais avec eux tu ne dépasses pas .

      Le problème vient du financement politique. On a un financement populaire mais les gens ne donnent pas. Essai seulement de vendre une carte de membre à un sympathisant :

      - tu veut une carte de membre c’est X $ ?
      - Ça donne quoi ?
      - Rien
      - Euh… non !

      Donc imagine le faire financer…. Les politiciens ont besoin d’argent et les requins ont flairé la bonne affaire. Le système est hypocrite : le financement est populaire mais la population ne donne pas ou pas assez. Pour que la politique soit plus propre il faut rendre les politiciens moins dépendants des dons politiques. C’est aussi simple que ça. Le financement publique est la meilleure solution.

      Mais au final ton gars est croche. Il se convainc qu’il ne l’est pas parce que l’être humain est un champion pour se trouver des justifications. Il se dit que tout le monde le fait et qu’il n’a pas le choix. C’est pas lui c’est la loi qui est croche…. Tant mieux si ça l’aide à dormir.

    • C’est de plus en plus évident, il n’y a qu’une solution qui nous éviterait la collusion, la corruption et les dépassements de coûts qui y sont associés, c’est le financement public des partis politiques associé à un plafonnement des dépenses électorales et une interdiction des foutues pancartes électorales qui polluent notre environnement visuel.

    • J’avais trouvé la chronique savoureuse la permière fois et je la trouve toujours aussi savoureuse aujourd’hui.
      J’ai trois interrogations suite à cette relecture dans le contexte actuel:
      -Toutes proportions gardées, pour le provincial ou le fédéral, combien “Bill” devrait-il accumuler pour qu’un candidat soit en mesure de passer à travers une campagne complète?
      -Comment se fait-il qu’au municipal on voit de plus en plus de maires et de conseillers élus par acclamation, sans aucune opposition, à plusieurs reprises?
      -Pourquoi les taux de participation aux élections sont-ils si bas, peu importe le palier de gouvernement?

      J’ai quelques réponses dans ma tête, mais elles ont plus trait à un problème d’ordre moral que vit la société actuelle plutôt qu’à quoi que ce soit d’autre.

      C’est peut-être là qu’on devrait regarder pour essayer de commencer à trouver des solutions!

    • Dans une petite ville près de chez nous, toujours la même “gang”, le maire et les conseillers, amis qui prennent la relève de ceux qui prennent leurs retraites ou décèdent.

      Bon Dieu que les citoyens aimeraient voir du changement. Ils sont soit réélus sans opposition la plupart du temps ou font face à un petit groupe de braves sans aucun moyen de faire campagne.

      Aucune opposition à l’horizon. Désespérant, non! On ne peut qu’espérer qu’ils soient honnêtes!

    • Un complément pertinent…
      Fraudes dans les municipalités, vous êtes dans le caca jusqu’au coup avec ce genre d’individu qui est par surcroit le maire (aussi ses complices à la ville, le bureau des ingénieurs, les entrepreneurs véreux et autres, tout ce beau monde sont au courant de toutes les manigances (voir l’excellent texte précité).
      Qui paye et qui va payer? Ben oui, c’est vous les payeurs de taxes….
      Ces ineffable personnages réfutent toutes les allégations même les plus évidentes et contractuelles (faut le faire). Ils sont prêts à vous poursuivre.
      Ces personnages, hommes sans dignité ont été démocratiquement élus, cela veut dire très difficile à déloger, ils sont très au courant de la ¨game¨et les avocats de la municipalité aussi. À propos qui signe les chèques qui rassurent la facture?
      Pourquoi cette merde?
      Parce que le Ministère des Affaires Municipales, la FQM, l’UMQ et les commissions des même groupes sont des organisations de traînent les pieds, amorphes, pas vite et ils étirent les plaintes jusqu’à l’élection suivante. VOUS SAISISSEZ?…Y a tellement de plaintes contre les élus, c’est contraignant pour eux de faire le travail d’enquêtes et en plus c’est gênant, c’est leurs propres créations, les municipalités qui sont pourries à l’os.
      À noter qu’il y a un bureau d’avocats d’attitrer dans chacune des municipalités (primordiale et nécessaire), entre autre pour protéger les élus contre des poursuites si ceux-ci se faisaient pincer à faire de la magouille en fonction. Tous ces frais de poursuites aux frais des contribuables et les factures de coutume très, très salées, bien entendu….
      Les poursuites contre les citoyens, ces derniers doivent payés de leurs poches pour se défendre versus les élus corrompus…
      Les affaires municipales c’est un cancer généralisé mais très, très payant pour les magouilleurs et les bureaux d’avocats…
      A j’oubliai : (petite expérience en politique)
      Le droit de vote ça existe, le saviez-vous?
      Ça ne vous intéresse pas, vous ne croyez pas en la politique?
      Soyez sans crainte, dormez sur vos deux oreilles, la politique va s’occuper de vous à vos frais…
      Tu es honnête, énergique au travail, progressif, courageux, vaillant, ferme, vigilant, etc., et vous vous présentez, bienvenue abord…
      Ceux-là, il y en a plusieurs, pas long feu dans l’administration municipale, la raison «ils vont gâter la sauce».
      Vous ne me croyez pas? Ben là! Osez, essayez-vous, mais ne changez pas…voilà le problème…

    • Le MAM = Le Ministère des Affaires Municipales, l’Honorable Laurent Lessard, ex- maire de Thedford les Mines…
      La FQM = La Fédération des municipalités du QC, (voir le président)…
      L’UMQ = L’Union des municipalités du Qc, (voir le président)…
      Les préfets de comtés = Le président de chacune des entités régionales, c’est le maire d’une municipalité de cette région choisi par ses pairs/maires de cette même région…
      Tous les organismes précités ont comme membres les élus municipaux…
      J’arrête…
      Dites-moi, comment appeler cette soupe?

    • “Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie; le suffrage par choix est de celle de l’aristocratie.” (Montesquieu, “De l’esprit des lois”)

    • Bravo, vous aviez tout juste.

      Permettez-moi aussi de recycler une solution à ce problème que je proposais à Monsieur Lagacé récemment.

      Je me permets de commenter ce sujet qui est d’actualité depuis trop longtemps.
      À mon avis, il faut favoriser l’élection démocratique par les citoyens de ceux qui ont le meilleur programme politique et non de ceux qui ont des moyens disproportionnés par rapport aux autres candidats, surtout quand ces moyens viennent de lobbying ou d’organisations intéressées, voire illicites.

      Il faut une campagne d’idées et non de moyens.

      Voici ma proposition de solution. Par exemple, un financement égal pour chaque candidat à une élection. Les candidats aux postes de premiers ministres recevraient un financement égal entre eux quel que soit leur parti, mais ils recevraient plus que les candidats aux postes de député qui eux recevraient plus que les candidats à un poste de conseiller municipal. Le principe de dépenses égales pour chacun des candidats devrait être respecté afin que chaque candidat ait une chance égale de se faire valoir et ce serait aux électeurs de décider lequel a les meilleures idées et non celui qui a les meilleurs appuis financiers. Même principe pour les candidats à une mairie ou à l’intérieur d’un parti.

      Cette méthode obligerait une forme de test pour éviter que n’importe qui se présente comme candidat. Cela pourrait être par exemple que pour être admissible à ce financement de campagne, le postulant doit avoir un appui écrit de 1% de l’électorat de son comté, de son district ou de son parti sans limite cette fois, de financement pour obtenir ce 1%. Seuls ces candidats seraient admissibles au financement électoral égalitaire décrit ci-haut.

      Ce financement pourrait venir des Directeur des élections qui alloueraient un budget de quelques centaines de millions divisé en parts égales entre les candidats à chaque élection générale nationale ou provinciale à même un fonds public et un fonds rassemblant les contributions électorales (déductibles) des citoyens et autres groupes promulguant la démocratie. Ce serait la seule forme de financement électoral admissible. Quelques centaines de millions de dollars tous les quatre ans, c’est peu payé pour sauver la démocratie et épurer nos représentants politiques de leurs influences mafieuses dont les retours d’ascenseurs nous coûtent plus de cent fois plus cher. La construction d’un viaduc ou l’asphaltage d’une route qui durent 20 ans au lieu de 40 ou 5 ans au lieu de 20 coûte à elles seules des centaines de millions.

      Se présenter comme candidat aux élections dans notre système politique actuel, ça coûte très cher; surtout parce que tes opposants sont eux-mêmes financés (presque obligatoirement c’est un cercle vicieux) par des intérêts privés, la plupart du temps reliés à une organisation licite ou illicite qui s’attend à un retour d’ascenseur. Que ce soit pour être conseiller municipal, député ou candidat à la chefferie d’un parti. La proportion du financement qui vient des électeurs est faible par rapport à celle du financement qui vient de groupes intéressés.

      Pourtant, là comme ailleurs l’argent est le nerf de la guerre et une bonne partie du vote vient de la force de ta campagne par rapport à celle de tes opposants que tu aies des idées ou pas.

      Tout ça coûte très cher pour un seul homme, ce qui a pour résultat que pour les postes exigeants une grosse campagne (donc un gros financement) comme la chefferie, ou député, la plupart du temps cet homme doit faire partie de la classe économique ‘’supérieure” et/ou être appuyé par des organisations qui ont de l’argent disponible pour ce genre d’activités (ou d’investissement). Je me refuse pourtant à croire que les bons candidats ne peuvent venir que de cette classe de biens nantis. Mais d’un autre côté, compte tenu des coûts et des difficultés inhérents à une campagne électorale (transports, publicité, hôtels, réservations de salles, le personnel non bénévole, etc), je ne crois pas qu’il faille empêcher les biens nantis de se présenter en leur imposant un régime minceur qui les découragerait de postuler. Le principe est un financement égalitaire mais équitable.

      Michel Latour
      Montréal

    • J’ai été candidat avec un budget semblable. Cet organisateur vous charrie.

      Premièrement, vous avez besoin de 10 500$, puisque vous vous ferez rembourser 15% de 21 000$. Vous et votre femme, ça fait 2000$. Reste 8500$ à trouver. 50 personnes qui donnent 140$ et recevront 105$ en retour d’impôt, ça se trouve, et on complète avec les 5-10$ qu’on ramasse à la soirée-bowling et à l’épluchette de blé d’Inde que vous ferez dans votre cour.

      Maintenant, votre budget de campagne à 21 000$:

      -OK pour 7 semaines à 1000$ pour un bon organisateur. Mais l’adjointe n’est pas nécessaire. Ça sera votre meilleur bénévole, votre fille, un jeune qui veut apprendre, etc. Total: 7000$ ;
      - 5000$ pour local, téléphones et ordis? On gruge ici et là. L’ordi personnel d’un ami loué 200$ pour le mois fera l’affaire (pas prêté gratos, c’est illégal). 4000$ OK. Total 11 000$ ;
      - Est-ce qu’on peut faire campagne avec 5000$ de pancartes plutôt que 10 000$ ? Évidemment. En incluant un dépliant qui n’erst qu’un “teasure” pour votre page Internet et votre compte Facebook, même chose pour les publicités dans le journal local, vous y allez avec 9000$. Total 20 000$.
      -Reste 1000$ pour la pizza, le gaz et les sandwiches des bénévoles.

      C’est une illusion de penser qu’avec 35 000$ vous ferez mieux qu’avec 21 000$. Pensez-vous vraiment que ce sont toujours les candidats les plus riches qui gagnent ? Non. C’est sûr qu’entre deux aspirants présidents de la Chambre de commerce, le plus riche gagnera. Mais vous pouvez gagner avec moins de fric si vous portez un réel changement auquel les gens adhérent.

      Le MÉMO l’a fait contre les cathos à la CECM, Projet Montréal l’a fait sur le Plateau et Amir aussi, fort probablement que l’ADQ l’a fait contre les libéraux à leurs débuts, le PQ l’a fait jadis, etc.

      Il faut préserver la possibilité de gagner de ceux qui ne renverront pas d’ascensceurs et qui se financeront à coup de 50$ et de 100$. Ça n’est pas à la Loi de s’ajuster aux gens qui sont habitués de rouler sur le gros fric qui se lancent en politique, mais l’inverse !

    • et un passage que je trouve bien évocateur…:

      “Qu’on lise ce que les historiens de tous les temps ont dit sur la cour des monarques; qu’on se rappelle les conversations des hommes de tous les pays sur le misérable caractère des courtisans: ce ne sont point des choses de spéculation, mais d’une triste expérience.

      L’ambition dans l’oisiveté, la bassesse dans l’orgueil, le désir de s’enrichir sans travail, l’aversion pour la vérité, la flatterie, la trahison, la perfidie, l’abandon de tous ses engagements, le mépris des devoirs du citoyen, la crainte de la vertu du prince, l’espérance de ses faiblesses, et, plus que tout cela, le ridicule perpétuel jeté sur la vertu, forment, je crois, le caractère du plus grand nombre des courtisans, marqué dans tous les lieux et dans tous les temps. Or, il est très mal aisé que la plupart des principaux d’un État soient malhonnêtes gens, et que les inférieurs soient gens de bien; que ceux-là soient trompeurs, et que ceux-ci consentent à n’être que dupes.”

      Montesquieu, “De l’esprit des lois”

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