Yves Boisvert

Archive, décembre 2011

Lundi 19 décembre 2011 | Mise en ligne à 15h41 | Commenter Commentaires (134)

La maladie de Jack Layton et les journalistes

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La collègue Chantal Hébert, dans le Toronto Star, écrit que les médias n’ont pas fait leur travail lors de la dernière campagne électorale en ne posant pas assez de questions sur l’état de santé véritable du chef du NPD, Jack Layton.

Sans doute sa mort, quatre mois après les élections générales, a eu des conséquences politiques sérieuses.

Notamment en privant le Parlement d’une véritable opposition officielle.

Les meilleurs éléments ont été occupés à faire campagne et c’est une bande de juniors qui tenait le fort néo-démocrate cet automne.

Les journalistes, dit Chantal Hébert, n’auraient pas été aussi complaisants avec Stephen Harper ou Michael Ignatieff, s’ils avaient eu un cancer de la prostate “guéri” pour ensuite marcher avec une canne, prétextant une mauvaise chute.

Pourquoi?

Parce qu’on les voyait comme potentiels premiers ministres. Or, dit-elle, on s’en rend maintenant compte, M. Layton était à quelques points de former un potentiel gouvernement de coalition avec les libéraux.

On peut échafauder toutes les hypothèses d’après-match. Le fait est que les succès du NPD étaient largement imprévisibles et théoriques.

Mais quoi qu’il en soit, qu’aurait-il fallu faire? Poser des questions lors de chaque point de presse?

Exiger un bilan de santé pour tous les chefs de parti?

Tous ceux qui ont côtoyé des gens atteints du cancer le savent: les pronostics sont le plus souvent imprécis, contradictoires, et interprétés de toutes sortes de manière par le patient lui-même.

Quand il y en a.

Je préfère présumer que les chefs de parti ne sont pas intéressés à se présenter lorsqu’ils sont en phase terminale.

Pour avoir vu Jack Layton tout de suite après les élections, je ne peux pas dire qu’il donnait l’impression d’un homme sur le point de mourir.

La conférence de presse qu’il a donnée, deux mois plus tard, amaigri, faible, pour annoncer son retrait “temporaire”, a causé un choc à tout le monde.

Ce n’est qu’en rétrospective qu’on s’est dit qu’il était peut-être malade gravement même pendant la campagne.

Peut-être. À ce jour, on ignore s’il le savait lui-même.

Il est vrai que la santé d’un leader politique est une question d’intérêt public, un objet légitime d’interrogation journalistique. Jusqu’à un certain point.

Jusqu’à quel point? Poser des questions à un homme qui a rendu publique sa maladie, très bien.

Reposer des questions par la suite, fort bien.

On ne peut pas présumer que Jack Layton “le savait”. Autrement dit, il se peut fort bien que toutes les questions ne nous auraient rien appris.

On ne peut pas présumer qu’il y a eu une fraude intellectuelle.

Pour aller au-delà, il faudrait exiger la publication d’un bulletin de santé. C’est ce qu’on fait aux États-Unis avec le président.

Ça me semble une intrusion excessive dans la vie privée du candidat. Je préfère me contenter de ses réponses et me fier à sa bonne foi médicale.

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Mardi 13 décembre 2011 | Mise en ligne à 23h27 | Commenter Commentaires (81)

Officialiser juridiquement le “crime d’honneur” au Canada?

La famille des accusés pendant le procès belge (photo Vif.be)

La famille des accusés pendant le procès belge (photo Vif.be)

Un juge de cour d’assises belge a reconnu le crime “dit d’honneur” juridiquement hier à la suite d’une affaire de meurtre où une jeune femme d’origine pakistanaise a été assassinée par son frère à l’instigation de sa famille pour avoir refusé de se faire imposer un mari et une vie par sa famille.

Un article du périodique Le Vif explique ce que cela veut dire.

Il s’agit en fait de la reconnaissance de ce type de crimes comme haineux.

C’est donc, au moment d’infliger la peine, un facteur aggravant susceptible d’envoyer le condamné en prison plus longtemps.

La loi belge permet en effet de considérer un motif haineux ou discriminatoire comme une circonstance aggravante –un crime motivé par la haine des homosexuels, par exemple.

Qu’en est-il au Canada?

La question ne se pose pas ici en cas de meurtre prémédité, puisque la peine est automatique: l’emprisonnement à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

Mais pour les autres crimes, le Code criminel prévoit déjà comme facteur aggravant le fait que:

“l’infraction est motivée par des préjugés ou de la haine fondés sur des facteurs tels que la race, l’origine nationale ou ethnique, la langue, la couleur, la religion, le sexe, l’âge, la déficience mentale ou physique ou l’orientation sexuelle.

Une disposition qui ressemble fort au texte belge.

Il n’y a pas encore de précédent, mais on pourrait fort bien tenir le même type de raisonnement que le tribunal belge.

Le crime d’honneur est par définition un crime haineux fondé sur des préjugés sexistes.

On pourrait très bien voir un juge, donc, tenir compte de cette motivation d’une personne condamnée pour alourdir sa peine ou sa période d’inadmissibilité à une libération conditionnelle.

Il y a donc déjà quelque chose dans notre Code criminel qui permet de dénoncer juridiquement le crime dit d’honneur.

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Mardi 13 décembre 2011 | Mise en ligne à 9h04 | Commenter Commentaires (19)

Les Boeufs –Ze film

Vous vous souvenez de ces policiers de Gatineau qui ont abattu un veau cet automne? Voici une parodie signée Bernamej.

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