Yves Boisvert

Archive, novembre 2011

Lundi 28 novembre 2011 | Mise en ligne à 21h51 | Commenter Commentaires (63)

Une phrase à écrire en grosses lettres dans tous les arénas

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L’humanité progresse tout de même à l’occasion.

La suspension de trois matchs qui vient d’être infligée à Max Pacioretty pour un coup dangereux à Kristopher Letang en est un indice.

Bonne nouvelle.

Mais mieux encore: la justification de la décision.

Je cite le vp à la sécurité des joueurs, Brendan Shanahan:

«Même si nous sommes d’accord avec la position de Pacioretty selon laquelle la position de Letang rendait cela difficile pour lui d’éviter la tête, c’était sa responsabilité de trouver une façon de le frapper au corps.»

C’est la responsabilité du joueur qui frappe de ne pas frapper la tête.

Autrement dit, même quand on a le droit de frapper un joueur, on a la responsabilité de ne pas le blesser.

–Oui, mais ça va vite, c’était difficile…

Pas grave: arrange-toi pour ne pas frapper sa tête.

Wow… On n’aurait jamais lu ça de la plume de l’ancien préfet de discipline. Et pourtant le message ne vient pas d’un prof d’université. Il vient Shanahan, qui en connaît un bout sur la vraie vie sur la glace…

Arrange-toi pour ne pas frapper la tête.

Appliquez ce raisonnement avec un peu de rigueur et vous venez de changer profondément la manière d’aborder les mises en échec au hockey.

Il n’y a pas si longtemps (et encore aujourd’hui), on disait qu’un joueur avec la rondelle qui se promène la tête basse doit en subir les conséquences.

On dit maintenant que les joueurs sont responsables des conséquences prévisibles de leurs actes.

Comme chaque citoyen dans le cours normal de ses activités.

Ça n’a l’air de rien, mais ça vient changer profondément le rapport à la violence dans ce sport.

Cela peut même avoir des conséquences juridiques tôt ou tard.

On s’en va en effet vers une nouvelle définition du “risque acceptable”: quel est le degré de risque qu’accepte un participant à un match de hockey? Quel geste entraîne la responsabilité civile, ou même pénale?

Mais le plus important, c’est ce message, qui devrait se rendre partout dans les vestiaires du pays:

LES JOUEURS SONT RESPONSABLES DE LA SÉCURITÉ DE LEURS ADVERSAIRES.

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Un parapluie mystérieux

Un parapluie mystérieux

Pour les amateurs de complots… Et les autres.

Voir cette formidable vidéo du NY Times, réalisée par Errol Morris (The Fog of War, Thin Blue Line, etc.).

Elle raconte l’histoire de “l’homme au parapluie”, à travers le témoignage d’un prof de philo devenu enquêteur autour de l’assassinat de JFK, Josh “Tink” Thompson.

Le jour de l’assassinat de John F. Kennedy, un mystérieux homme se tenait sur le trottoir, au point exact où le président américain a été assassiné.

Il tenait un parapluie ouvert, même si c’était une journée splendide à Dallas.

Était-ce un code?

Dissimulait-il un mécanisme meurtrier?

Comment ne pas y voir une signification sinistre?

On a découvert que l’homme voulait seulement protester.

Protester contre JFK?

Non.

Contre son père, Joseph Kennedy, ambassadeur au Royaume-Uni de 1938 à 1940…

Pour comprendre, regardez cette vidéo de six minutes et demie, faite 48 ans après le fameux assassinat.

Une occasion de réfléchir sur ce qu’est un “fait”, une preuve, une enquête… Et l’incessante quête de la vérité, souvent tellement incroyable…

C’est ici.

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Lundi 21 novembre 2011 | Mise en ligne à 22h27 | Commenter Commentaires (43)

Encore deux morts dans un marathon

Photo Philadelphia Inquirer

Photo Philadelphia Inquirer

Après Montréal, Toronto, Chicago, voilà que la mort frappe encore dans un marathon cet automne.

Deux coureurs sont morts au marathon de Philadelphie hier.

Le premier est un étudiant homme de 21 ans. Il venait de compléter un demi-marathon en 1h58, ce qui est loin d’être rapide pour un jeune homme (rien à voir avec ce jeune homme mort juste avant l’arrivée à Montréal).

Le second est un homme de 40 ans qui courait le marathon et qui s’est effondré à 500m de l’arrivée.

On ignore la cause des décès.

Chez les jeunes, disent les cardiologues, on a généralement affaire à une malformation cardiaque non détectée. Chez celui de 40 ans, ce peut être un infarctus.

Cela reste rare, sauf qu’on assiste à une petite série noire de marathons endeuillés, ce qui ramène son lot d’inquiétudes et d’interrogations. Un médecin y répond sur le site de Runner’s World.

Triste conclusion d’un événement autrement remarquable. Assez gros (15 000 au demi, 10 000 au marathon), mais pas top, et bien organisé.

Philadelphie est une des grandes villes américaines les plus sous-estimées. On va à New York, Boston, Washington… Mais Philadelphie?

On a tort. Ville qui n’est pas sans beauté, elle a beaucoup à offrir.

En arrivant dans le centre-ville, on est accueilli par un immense panneau où l’on peut lire “Yannick”… pour le chef Nézet-Séguin, déjà une vedette dans le milieu musical, même s’il n’est pas vraiment en ville encore.

Le marathon suit un beau parcours, dans la ville historique, le centre-ville, et le long de la rivière Schuylkill, bordée d’un parc où tombaient encore des feuilles de chêne hier matin.

Temps idéal, ou presque (10 à 15 degrés environ). Parcours pas aussi plat qu’ils le disent, mais sans affreuse difficulté.

Bref, je n’avais pas tellement d’excuse pour rater mon coup. Après une première moitié selon le plan (1h45)… les jambes ont refusé de suivre ledit plan vers le 27e km… et j’ai fini ça au ralenti. 3h47.

Le maire de Philadelphie, Michael Nutter, qui vient d’être réélu avec 75% des voix (mais une participation de… 18%), était encore à la ligne d’arrivée pour faire des “high fives” à quiconque en avait envie.

Je n’en avais pas envie.

Deux amis m’attendaient à l’arrivée. Ils avaient une mine funéraire –pas à cause des morts, on ignorait tout ça. Ils savaient que mes ambitions étaient déçues.

Hé, pas grave. Rien qu’une course. Et une très belle. Même si c’était mon quatrième, j’avais oublié (on oublie vite) que c’est long, long… 42,195 km.

Quelle chance de pouvoir se rendre à la fin. Et de se donner rendez-vous pour en faire un autre l’an prochain… et de penser le faire plus vite.

Quand la nouvelle des morts est sortie, ça a mis cette légère déconvenue un peu plus en perspective, mettons.

Et quand j’ai lu, sur la porte de l’ascenseur de La Presse ce matin, l’écriteau “hors service”, qui m’annonçait que j’aurais quatre étages à monter à pied malgré mes jambes, mettons, un peu raides, j’ai souri.

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