
L’humanité progresse tout de même à l’occasion.
La suspension de trois matchs qui vient d’être infligée à Max Pacioretty pour un coup dangereux à Kristopher Letang en est un indice.
Bonne nouvelle.
Mais mieux encore: la justification de la décision.
Je cite le vp à la sécurité des joueurs, Brendan Shanahan:
«Même si nous sommes d’accord avec la position de Pacioretty selon laquelle la position de Letang rendait cela difficile pour lui d’éviter la tête, c’était sa responsabilité de trouver une façon de le frapper au corps.»
C’est la responsabilité du joueur qui frappe de ne pas frapper la tête.
Autrement dit, même quand on a le droit de frapper un joueur, on a la responsabilité de ne pas le blesser.
–Oui, mais ça va vite, c’était difficile…
Pas grave: arrange-toi pour ne pas frapper sa tête.
Wow… On n’aurait jamais lu ça de la plume de l’ancien préfet de discipline. Et pourtant le message ne vient pas d’un prof d’université. Il vient Shanahan, qui en connaît un bout sur la vraie vie sur la glace…
Arrange-toi pour ne pas frapper la tête.
Appliquez ce raisonnement avec un peu de rigueur et vous venez de changer profondément la manière d’aborder les mises en échec au hockey.
Il n’y a pas si longtemps (et encore aujourd’hui), on disait qu’un joueur avec la rondelle qui se promène la tête basse doit en subir les conséquences.
On dit maintenant que les joueurs sont responsables des conséquences prévisibles de leurs actes.
Comme chaque citoyen dans le cours normal de ses activités.
Ça n’a l’air de rien, mais ça vient changer profondément le rapport à la violence dans ce sport.
Cela peut même avoir des conséquences juridiques tôt ou tard.
On s’en va en effet vers une nouvelle définition du “risque acceptable”: quel est le degré de risque qu’accepte un participant à un match de hockey? Quel geste entraîne la responsabilité civile, ou même pénale?
Mais le plus important, c’est ce message, qui devrait se rendre partout dans les vestiaires du pays:
LES JOUEURS SONT RESPONSABLES DE LA SÉCURITÉ DE LEURS ADVERSAIRES.
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