Yves Boisvert

Archive, septembre 2011

Vendredi 30 septembre 2011 | Mise en ligne à 18h13 | Commenter Commentaires (37)

Le mystère du marathonien en Bixi…

Fred Lorz a terminé premier au marathon des Jeux de St-Louis (1904) en faisant la moitié du parcours en voiture.

Fred Lorz a terminé premier au marathon des Jeux de St-Louis (1904) en faisant la moitié du parcours en voiture.

Lundi, je reçois une photo d’un lecteur, prise pendant le marathon.

On voit un homme portant un dossard de marathon (fond rouge) qui chevauche un Bixi sur le parcours, aux côtés des coureurs.

Tricheur! S’exclame le lecteur.

Holà, attention, présomption d’innocence, monsieur!

On ne sait pas ce qui est arrivé à ce coureur à vélo.

Peut-être a-t-il fini en un temps record et est-il allé encourager les autres à vélo?

Peut-être s’est-il blessé et au lieu de ramper jusqu’à l’arrivée, il aura préféré enfourcher un vélo?

Peut-être avait-il oublié sa montre et est-il allé la chercher à la maison, pour ensuite revenir à la ligne de départ?

Peut-être a-t-il a abandonné à cause de la chaleur,du désespoir ou de toute autre raison psychologique ou physiologique, allez savoir!

Peut-être a-t-il fui, tout simplement, sans se rendre à la ligne d’arrivée, qui ne comporte aucune station Bixi soit dit en passant.

Et puis, ça la fout mal d’arriver en vélo, quelqu’un aurait dit quelque chose…

Dieu sait si j’ai eu envie de fuir moi-même lors d’un marathon.

Bref, on ne le sait pas, alors avant de condamner cet inconnu, attendons…

Une enquête est ouverte par les organisateurs, qui ont le numéro de dossard du type (sur ma photo, on ne le voit pas).

Il paraît que la photo, ou les photos, du marathonien en vélo circulent abondamment sur Facebook et ailleurs…

Mais selon Bernard Arsenault, on n’a pas tiré de conclusion encore.

Par ailleurs, je comprends que ce n’est pas chic, mais les courses populaires (je ne parle pas des élites) sont basées sur la bonne foi. Si quelqu’un est assez nono, assez cheap, pour se fabriquer un temps de qualification pour Boston en courant à vélo, tant pis pour lui, mais personnellement je n’en ai rien à cirer.

Que dites-vous? Et ceux dont la place a été volée à cause des tricheurs?

Ah, c’est vrai, quelle affreuse injustice…

Peut-être faudrait-il une commission d’enquête?

Consolez-vous. Il y a une place au Ciel pour ceux qui ne se sont pas qualifiés pour Boston à cause des marathoniens à vélo.

Car contrairement au Boston Athletic Association, Dieu reconnaîtra les siens…

Lire les commentaires (37)  |  Commenter cet article






Mardi 27 septembre 2011 | Mise en ligne à 10h37 | Commenter Commentaires (103)

Louise Harel a raison: on a deux fois trop d’élus

Montréal: multiplier pour régner (photo David Boily, La Presse).

Montréal: multiplier pour régner (photo David Boily, La Presse).

Louise Harel, qui propose de réduire le nombre d’élus, a 103 fois raison.

Montréal, dans l’état actuel des choses, est surgouvernée et ingouvernable.

Trop d’arrondissements, trop de maires, trop d’élus. C’est indéfendable et insupportable.

Mais Gérald Tremblay et son parti trouvent que tout va très bien.

Pourquoi deux fois plus d’élus qu’à Toronto?

Peut-on au moins démarrer un débat? Ce devrait être un enjeu électoral majeur.

Pas parce que “les débats de structure” sont passionnants.

Parce que ces structures débiles ralentissent cette ville sans bon sens. C’est pire qu’avant les fusions à bien des égards.

Les grandes villes américaines ont au maximum 51 élus: c’est bien sûr à New York, avec une population de 8,2 millions.

La deuxième ville américaine, Los Angeles, n’en a que 15 pour une population de 3,8 millions. Ils sont cependant les mieux payés aux États-Unis: 178 000$ par année.

Chicago (2,9 millions): 50 élus; Houston (2,3 millions): 11 élus; Phoenix (1,6 million): 9.

Je réfère à cette très éclairante étude américaine du PEW Trust de Philadelphie, sortie en février 2011.

Il faut revoir ce qui se passe ici, c’est absurde, coûteux et inefficace.

Lire les commentaires (103)  |  Commenter cet article






Lundi 26 septembre 2011 | Mise en ligne à 16h03 | Commenter Commentaires (57)

J. Duchesneau et l’enquête à huis clos

Photo SRC

Photo SRC

La suggestion de Jacques Duchesneau nous ramène à la question fondamentale: pourquoi une commission d’enquête publique?

En soi, on peut très bien trouver l’information sur la collusion et la corruption dans la construction sans faire témoigner les gens en public –ce que fait l’Unité anticollusion.

Mais une enquête publique a ceci d’utile qu’elle étale la preuve au grand jour.

Elle est pédagogique –ou thérapeutique, c’est selon.

Une enquête publique devient utile quand la confiance envers une institution est ébranlée. Il n’y a souvent pas de meilleure façon de retrouver cette confiance que d’examiner “le problème” (scandale des commandites, dérapage policier, effondrement d’un pont, etc.) à la vue de tous.

Bien entendu, certains témoins ne parleront pas en public.

Mais les témoignages publics ne sont que la partie visible d’une commission d’enquête.

Tout un travail en coulisse s’effectue. Rencontre avec des témoins, dont certains ne témoigneront pas en public, obtention de documents, analyse, etc.

Autrement dit, une commission d’enquête publique travaille BEAUCOUP à huis clos, avant, pendant et après les témoignages publics.

Tout ce que pourraient faire “trois juges travaillant à huis clos” peut et doit être fait par une commission d’enquête publique.

Trois juges d’expérience pourraient certes faire un bon travail. Cela coûterait moins cher –ce n’est pas à négliger, les commissions d’enquêtes sont devenus un peu des monstres juridiques et financiers.

Il y a des exemples d’enquêtes à huis clos sur des sujets moins graves qui ont donné des résultats satisfaisants.

Mais la fonction “exposition d’un système” n’est jamais aussi bien accomplie que par une commission publique.

La commission pubique a également la vertu étonnante, parfois, de donner du courage à plein de témoins: quand l’un commence à dire les choses, et que ça se sait, un deuxième est encouragé, rassuré, protégé en quelque sorte.

Si cela se fait en privé, la pédagogie du courage est moins efficace.

Et rien n’empêche d’offrir des garanties à certains témoins, et de ne pas tous les amener à la barre.

Bref, une enquête à huis clos, dans le contexte que l’on connaît, ne permettrait pas aussi bien de remplir les objectifs d’assainissement du milieu de la construction/génie-conseil/financement politique.

Je suis contre.

Lire les commentaires (57)  |  Commenter cet article






publicité

  • Twitter

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    mars 2013
    L Ma Me J V S D
    « jan   avr »
     123
    45678910
    11121314151617
    18192021222324
    25262728293031
  • Archives

  • publicité