
(photo Vicky Boutin, Radio-Canada)
Il était dans les 17h et je m’en allais regagner en joggant le pont Jacques-Cartier, dans la très abrupte montée de l’île Sainte-Hélène.
Je voyais ces voitures en enfilade… Tu parles, un bouchon le dimanche après-midi dans l’île Sainte-Hélène…
En arrivant près du pont, je comprends ce qui se passe: les mille cyclistes du Grand défi Pierre Lavoie entrent dans l’île.
Ils viennent de rouler 1152 km en 57 heures.
Si vous avez des enfants au primaire, peut-être ont-ils participé à leur manière à ce défi, en accumulant des heures d’activité physique.
En cette fin d’après-midi, ils étaient beaux à voir arriver, à la fin de ces trois jours. Mille cyclistes souriants qui roulent en peloton dans le silence, c’est assez impressionnant.
Pourquoi roulent-ils, déjà?
Pour amasser des fonds pour la recherche sur les maladies orphelines (des maladies rares, souvent mortelles, qui touchent peu de gens, mais de manière fulgurante).
Pour encourager l’activité physique aussi.
Au cas où vous l’ignoreriez, Pierre Lavoie, un ex-fumeur qui pensait n’avoir aucune aptitude athlétique particulière, a remporté trois fois l’Ironman d’Hawaï dans sa catégorie d’âge, qui est l’événement le plus prestigieux de cette série.
Toujours est-il qu’en voyant défiler ces mille cyclistes qui venaient de rouler 1000 km, j’ai eu une pensée pour cet homme, qui a perdu deux de ses quatre enfants, morts de l’acidose lactique.
Il y a des gens qui font des choses incroyables au milieu de leur douleur.
Je suis arrivé sur le pont, en route vers ma famille, et tandis que je tournais le dos à cet interminable peloton qui descendait vers l’arrivée, j’avais quelques frissons.
Bonne fête des pères, Monsieur Lavoie.
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