Yves Boisvert

Archive, mai 2011

Dimanche 15 mai 2011 | Mise en ligne à 22h15 | Commenter Commentaires (23)

(Pour coureurs seulement) Retour de Mississauga

Ça ne ressemblait pas du tout à ça ce matin.

Ça ne ressemblait pas du tout à ça ce matin.

J’ai couru mon troisième marathon ce matin à Mississauga.

Drôle d’endroit, ça, Mississauga.

Pour vous situer, c’est quelque part entre la banlieue de Toronto et le boulevard Taschereau.

Un boulevard Taschereau, mais sans la beauté…

C’est du moins l’impression que j’en avais depuis la chambre 104 de mon hôtel, qui donnait sur un conteneur et la cour d’un Pétro-Canada.

Eh, on va pas faire du tourisme, on s’en va courir. Ce que nous fîmes.

C’est alors qu’on découvre des parcs, des forêts, des bords de lac Ontario, des raffineries, d’immenses maisons d’un mauvais goût tout aussi gigantesque.

Mais ce n’est pas vraiment ça que je voulais vous dire.

C’est plutôt ce sentiment un peu étrange, au départ de la course, quand il fait 8 degrés et qu’un fin crachin vous met au défi…

Ce sentiment qu’on s’en va aux frontières de nos capacités, finalement. En fait, qu’est-ce que c’est qu’un foutu marathon, sinon un voyage au fond de ses réserves, une sorte d’expérimentation autour du thème de la pénurie physique…

Je sais que ce n’est qu’un mythe, cette histoire voulant que le premier marathonien (Philippidès) soit mort de l’avoir couru. Je sais que les gens maintenant font des ultra-matrathons. Que le marathon lui-même, finalement, a sombré dans une sorte de banalité sociologique.

OK.

Mais le mythe est encore vivant.

Je veux dire: quand on part, avec une douleur en haut du mollet et un point là, on ne sait pas trop comment tout ça va finir.

Ou même si on va finir…

Ou si on sera fini…

Je ne veux pas ajouter inutilement à la mystique de la chose, c’est juste du monde qui court, après tout…

Mais il y a toujours ce moment, tout de même, où tu touches tes limites,là, juste ici, avec les doigts, ce moment où ça suffit, mais où il faut continuer quand même.

La mort aux trousses…

Au-delà du temps qu’on s’en va chercher, il y a cette petite rencontre qui n’est pas insignifiante, et qui (moi en tout cas) fait se sentir vivant un peu plus fortement…

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Vendredi 13 mai 2011 | Mise en ligne à 16h08 | Commenter Commentaires (68)

La Cour suprême va se transformer

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Petite surprise dans le milieu juridique. Deux juges quitteront la Cour suprême le 30 août.

La juge en chef du haut tribunal, Beverley McLachlin a annoncé la nouvelle ce matin: Ian Binnie et Louise Charron prennent leur retraite.
Surprise parce que, même à 72 ans, plusieurs croyaient que le juge Binnie resterait encore à la cour jusqu’à l’âge limite de 75 ans.

Quant à Louise Charron, elle aura 60 ans et seulement sept années à la Cour suprême –mais 23 ans de magistrature en tout.

Personnellement, Binnie est mon juge préféré à la Cour.

Homme plutôt inclassable idéologiquement, parfois progressiste, parfois au centre, parfois un peu plus à droite…

Juge pragmatique, éminemment brillant (il paraît qu’il est au courant), style flamboyant, drôle même parfois… Champion mesuré de la liberté d’expression.

Je le place tout en haut de la liste.

Mais mon appréciation ne change pas grand chose.

Ceci nous mène à un constat: Stephen Harper nommera plus de juges dans un seul mandat qu’aucun autre premier ministre de l’époque moderne.

Après ces deux-là, viendra le tour de Morris Fish, du Québec, qui aura 75 ans en novembre 2013. Puis Louis LeBel, qui l’année suivante.

Ça fait quatre.

Mais Marie Deschamps, qui n’a pas 60 ans ans, qui reste à la Cour au moins une autre année, ne fait pas mystère de son intention: elle n’aspire pas à se rendre à l’ultime limite –elle a déjà plus de 20 ans de magistrature elle aussi.

On est donc à cinq…

Ajoutons que le juge Marshall Rothstein, choisi par les libéraux mais nommé par les conservateurs, aura 75 ans le 25 décembre 2015. Donc à l’intérieur du mandat constitutionnel de cinq ans du gouvernement conservateur. S’il demeure à la Cour jusque-là…

Cela ferait six…

La juge en chef McLachlin, qui aura 68 ans en septembre, est en pleine forme et assurément passionnée par son travail… Mais elle est juge depuis 30 ans, dont 22 à la Cour suprême. Y restera-t-elle encore sept ans?

Bref, les conservateurs ont une occasion unique de changer profondément le visage de la Cour suprême.

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Lundi 9 mai 2011 | Mise en ligne à 11h52 | Commenter Commentaires (97)

La difficulté de changer le mode de scrutin

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Avec 19% des votes au Canada, le Parti libéral a 34 sièges sur 308 –11%.

Avec 23% des votes au Québec, le Bloc québécois a obtenu 4 sièges –5%.

Ces disparités remettent à l’agenda la question du mode de scrutin uninominal à un tour de type britannique, qui récompense les gagnants et punit les perdants, encore plus les tiers partis.

Mais changer ça n’est pas simple. Personne (ou presque) ne réclame une proportionnelle pure, qui empêcherait la formation d’un gouvernement majoritaire et donne souvent la balance du pouvoir à des partis marginaux.

On a parlé d’un système mixte, avec deux types de députés: certains élus selon le mode traditionnel, d’autres à la proportionnelle.

Mais sitôt porté au pouvoir, le parti vainqueur perd étrangement son enthousiasme pour les réformes…

Jeudi dernier, le Royaume-Uni avait son référendum sur le mode de scrutin.

C’était une des conditions posées par les libéraux-démocrates pour former une coalition avec les conservateurs.

Les libéraux, une force politique majeure avant la Seconde guerre mondiale, sont marginalisés depuis 50 ans au parlement britannique à cause du mode de scrutin.

C’était leur chance de changer ça…

Le modèle proposé: l’électeur choisit par ordre de préférence ses candidats en mettant un chiffre. Si personne dans la circonscription n’a 50%, on élimine le dernier et additionne les votes “2″, etc.

Ce système est utilisé au parlement australien (et très critiqué), pour élire le président indien et dans certaines grandes villes américaines.

Trop compliqué, trop lourd, trop cher, ça va coûter une fortune, ont dit les conservateurs.

Les libéraux-démocrates sont furieux et accusent le premier ministre et son équipe d’avoir menti pour gagner le référendum.

Le Financial Times comme le Guardian étaient en faveur du “vote alternatif”, mais le Times, le Telegraph, l’economist étaient contre.

Les résultats nous disent en tout cas que la réforme est plus facile à dessiner qu’à faire accepter.

Le Non l’a emporté avec les deux tiers des votes (68%).

On voit aussi que la passion pour le sujet était bien relative: seulement 42% des électeurs se sont rendus voter, même si le référendum était tenu le même jour que des élections régionales…

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