Yves Boisvert

Archive, mai 2011

Mercredi 25 mai 2011 | Mise en ligne à 11h22 | Commenter Commentaires (83)

Le salaire des procureurs

Pendant la grève, palais de Montréal (photo PC)

Pendant la grève, palais de Montréal (photo PC)

La grève des procureurs aux poursuites criminelles et pénales du Québec, à peu près les moins bien payés au Canada, a mis en lumière un problème qui existe dans plusieurs pays occidentaux: le manque de compétitivité et d’attrait des emplois de professionnels dans les agences de l’État.

Au Royaume-Uni, on vit le même problème.

Le directeur du Serious Fraud Office, ou Bureau des fraudes sérieuses (quelle appellation suave, tout de même) disait en fin de semaine au Financial Times qu’il faudrait hausser le salaire de ses employés de 50%. Rien que ça!

Pourquoi?

Parce qu’il n’arrive pas à retenir les meilleurs enquêteurs et procureurs, systématiquement débauchés par les grandes firmes d’avocats ou de comptables… ou par les agences réglementaires de l’État.

Les Angais ont en effet haussé substantiellement le salaire des employés des agences de surveillance du monde financier, qui se faisaient piquer leurs meilleurs candidats par le privé.

Maintenant, le SFO vit le même problème, et réclame la même solution…

Le SFO s’occupe des fraudes et des crimes de corruption de grande envergure (plus d’un million de livres), avec un certain aspect internationale ou touchant à la criminalité organisée.

On devine que les enjeux sont importants, les enquêtes complexes et la pression gigantesque.

Pendant ce temps au Québec, on se demande toujours qui voudra bien postuler comme procureur à la nouvelle Unité permanente anticorruption, un outil fort intéressant… Mais qui aura besoin de recrues de haute qualité.

C’est en fait toute la profession de procureur de l’État qui est en ce moment démoralisée au Québec, malgré quelques tentatives louables d’encouragements financiers.

Ça n’arrive pas seulement ici, mais disons qu’on est dans une sorte de creux…

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Samedi 21 mai 2011 | Mise en ligne à 13h48 | Commenter Commentaires (73)

L’incontournabilité de Denis Coderre

Photo SRC

Photo SRC

Denis Coderre veut faire entrer un nouveau mot dans le dictionnaire: incontournabilité. On l’a repéré deux fois dans Le Monde, ici et là dans le Figaro… Sans faire d’adeptes véritablement.

Le député de Bourassa veut l’implanter.

Plus exactement, il veut développer la théorie de “l’incontournabilité du Québec”.

Il l’a déclaré le soir des élections, après la dégelée du PLC.

Entendre: il faut faire en sorte qu’on ne puisse plus compter sans le Québec, en politique fédérale.

Intéressant, cher Denis, mais ces élections historiques ont justement pour thème central la très haute contournabilité du Québec –comme n’ont pas manqué de le souligner avec satisfaction des commentateurs de l’Ouest.

Une majorité confortable avec cinq députés québécois, c’est un exploit politique.

Gros programme, ça, l’incontournabilité…

Denis Coderre l’a répété hier dans cet entretien aigre-sucré avec Gilbert Rozon, à L’autre midi à la table d’à côté, à la radio de la SRC.

Il a eu cette phrase mémorable, en parlant de Montréal, si j’ai bien compris, et qui se voulait un appel à l’unité politique face aux graves problèmes de la ville :

“Y a un niveau d’incontournabilité par rapport à certains enjeux qui transcende les enjeux partisans.”

Denis Coderre effectue des plongeons linguistiques si fulgurants qu’à la fin on ne sait plus s’il s’en va vers les profondeurs de l’Authentique ou tout bêtement dans le Creux.

Et Gilbert Rozon, après lui avoir donné beaucoup de miel, n’a pas manqué de mettre du citron sur les plaies…

Coudonc, Denis Coderre, où t’en vas-tu?

Montréal? Québec? Ottawa? Cette mise en vitrine de l’Authenticité n’est-elle pas en contradiction avec cette façon de s’épivarder dans toutes les directions politiques?

Le député a glissé sur la question, et répondu en faisant parler Rozon…

Avec Denis Coderre, une porte peut être ouverte et fermée.

On ne fait pas le tour de l’homme comme on veut.

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Jeudi 19 mai 2011 | Mise en ligne à 22h10 | Commenter Commentaires (32)

PKP-Lafrance: le bon sens (enfin)

Pierre-Karl Péladeau et Sylvain Lafrance (photos La Presse)

Pierre-Karl Péladeau et Sylvain Lafrance (photos La Presse)

Quand on songe que la Cour supérieure a été mobilisée pendant presque deux semaines pour décider si “voyou” est un mot qui fait de la peine…

Et qu’il a fallu l’intervention de la Cour d’appel pour rayer le travail du juge Claude Larouche, parti tout seul avec la rondelle vers on ne sait trop quelle direction…

On se dit qu’il était temps de mettre fin à cette affaire.

Et hier, par voie de communiqué, on a appris que la société Radio-Canada, Sylvain Lafrance et Pierre-Karl Péladeau ont conclu une entente à l’amiable qui évitera la reprise de ce procès.

Le collègue Martin Croteau rapporte la nouvelle.

Il y a longtemps que des excuses très simples auraient dû être formulées et acceptées. Remarquez bien, je ne saurais vous dire la faute à qui.

Ce que je peux vous dire, par contre, c’est que dans le contexte précis de cette affaire, aucune personne raisonnable n’a pensé que le vp de Radio-Canada a effectivement accusé M. Péladeau d’être un bandit. Il est clair qu’il fait référence à la brutalité de ses manières d’affaires, pas du tout à sa moralité personnelle. On ne peut pas exiger du débat public qu’il soit totalement exempt d’expressions un peu colorées.

Il est également clair que jamais un juge n’aurait accordé 700 000$ à M. Péladeau, si d’aventure on avait conclu à une faute civile. La somme initialement réclamée était de 2,1 million, ce qui est assez fort de café convenons-en.

La somme record en matière de diffamation au Québec est dans les 800 000$ dans l’affaire Gilles Néron (2004, contre Radio-Canada, d’ailleurs), qui avait été traité injustement dans un reportage et avait perdu tous ses revenus et son entreprise.

Ailleurs au Canada, il faut remonter à Hill c. l’Église de Scientologie (1995), une affaire où un procureur avait été traîné dans la boue malicieusement par l’église en question –une somme de 1,6 million, mais accordée par un jury, et avec des faits aggravants.

Je doute fort que M. Péladeau ait ému la Cour aussi intensément…

Ce genre de querelle n’a vraiment pas à occuper le précieux temps des tribunaux, en tout cas pas pendant deux semaines –plus un appel.

C’est une leçon pour les parties comme pour la Cour supérieure, qui n’a pas su gérer cette cause comme il se devait.

Il était temps que ça finisse.

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