
Pendant la grève, palais de Montréal (photo PC)
La grève des procureurs aux poursuites criminelles et pénales du Québec, à peu près les moins bien payés au Canada, a mis en lumière un problème qui existe dans plusieurs pays occidentaux: le manque de compétitivité et d’attrait des emplois de professionnels dans les agences de l’État.
Au Royaume-Uni, on vit le même problème.
Le directeur du Serious Fraud Office, ou Bureau des fraudes sérieuses (quelle appellation suave, tout de même) disait en fin de semaine au Financial Times qu’il faudrait hausser le salaire de ses employés de 50%. Rien que ça!
Pourquoi?
Parce qu’il n’arrive pas à retenir les meilleurs enquêteurs et procureurs, systématiquement débauchés par les grandes firmes d’avocats ou de comptables… ou par les agences réglementaires de l’État.
Les Angais ont en effet haussé substantiellement le salaire des employés des agences de surveillance du monde financier, qui se faisaient piquer leurs meilleurs candidats par le privé.
Maintenant, le SFO vit le même problème, et réclame la même solution…
Le SFO s’occupe des fraudes et des crimes de corruption de grande envergure (plus d’un million de livres), avec un certain aspect internationale ou touchant à la criminalité organisée.
On devine que les enjeux sont importants, les enquêtes complexes et la pression gigantesque.
Pendant ce temps au Québec, on se demande toujours qui voudra bien postuler comme procureur à la nouvelle Unité permanente anticorruption, un outil fort intéressant… Mais qui aura besoin de recrues de haute qualité.
C’est en fait toute la profession de procureur de l’État qui est en ce moment démoralisée au Québec, malgré quelques tentatives louables d’encouragements financiers.
Ça n’arrive pas seulement ici, mais disons qu’on est dans une sorte de creux…
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