Yves Boisvert

Archive, mars 2011

Kelly Kneiting, champion sumo américain (photo LA Times)

Kelly Gneiting, champion sumo américain et marathonien (photo LA Times)

Kelly Gneiting, champion de lutte sumo des États-Unis, est devenu l’homme le plus gros à compléter un marathon. Voir le reportage photo lié à l’article.

Le lutteur de 40 ans pèse 400 livres.

Il a mis neuf heures, 48 minutes et 52 secondes à terminer le marathon de Los Angeles, le 20 mars.

Il explique qu’il a fait ça pour les gros du monde entier. Pour dire aux personnes obèses qu’elles peuvent faire des choses exceptionnelles.

On le félicite pour son entrée dans le Guiness mais… Comme il dit: si vous êtes obèse, consultez un médecin avant de vous lancer là-dedans –ce qu’il n’a pas fait. Même si vous n’êtes pas obèse, au fait.

Malgré qu’il soit en bonne forme vu son poids, puisqu’il s’entraîne régulièrement (mais pas avec des longues courses), il n’a couru que 12 des 42,2 km. Il en a marché rapidement six autres et marché tranquillement le reste –plus de la moitié.

S’il a franchi la ligne d’arrivée, on ne peut donc pas dire qu’il a “couru” un marathon. Je ne sais pas s’il n’a pas prouvé le contraire de ce qu’il prétend, mais enfin, il l’a complété.

Quoi qu’il en soit, quiconque s’étant essayé à courir cette distance excessive le sait: on ne se met pas en forme en courant un marathon. Mauvaise idée.

On se met en forme… et ensuite on peut s’entraîner pour en courir un.

Deuxièmement, on ne court pas un marathon “pour perdre du poids” –ce qui n’était d’ailleurs pas l’objectif de Gneiting, qui a besoin de ses kilos dans son boulot…

Avec un tel excès de poids, il est impératif de maigrir avant de penser s’entraîner pour une course de longue distance. Et ça passe par l’alimentation d’abord.

Troisièmement, cette histoire illustre un débat bien américain (notamment): vaut-il mieux être obèse et en forme que mince et sédentaire?

Le Runner’s World fait état de ce débat en interviewant deux spécialistes aux vues diamétralement opposées.

La question revient notamment à celle-ci: faut-il absolument maigrir pour être bien?

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Mercredi 30 mars 2011 | Mise en ligne à 16h17 | Commenter Commentaires (50)

L’improbable fin de l’affaire Fabrikant

Le palais de justice de Montréal: il en a visité presque tous les étages (photo archives La Presse)

Le palais de justice de Montréal: il en a visité presque tous les étages (photo archives La Presse)

C’est une sorte d’exploit judiciaire.

Le juge en chef de la Cour supérieure, François Rolland, a réussi à entendre au complet le procès que faisait Valery Fabrikant à d’anciens collègues professeurs de génie. Il a même réussi à rendre un jugement sur le fond.

(le jugement est ici; voir également l’article de Christiane Desjardins.)

“La Cour espère sincèrement que (les personnes poursuivies abusivement par Fabrikant) pourront maintenant aller de l’avant dans leur vie et tourner la page sur ces événements tragiques”, écrit le juge Rolland en conclusion de cette décision qui rejette totalement les allégations de l’assassin de Concordia.

Pourquoi est-ce un exploit?

Parce qu’après des années de procédures contre la Terre entière, on ne se souvient pas d’une cause de Fabrikant qui se soit terminé à peu près normalement.

Son procès pour quatre meurtres et une tentative de meurtre s’est conclu par l’interruption de son témoignage-fleuve et de sa propre plaidoirie.

Les deux tentatives de procès dans le dossier civil s’étaient conclues par la récusation des juges, qui ne pouvaient plus supporter de se faire insulter (il prétendait que des profs de génie à Concordia avaient volé ses idées et l’avaient forcé à mettre leur nom sur ses articles, sans y avoir contribué).

Une poursuite contre The Gazette pour atteinte à sa réputation s’était également terminée par son congédiement de la cour.

Bref, Fabrikant a usé à son extrême limite la patience judiciaire. Et au-delà. Et c’est bien parce que la Cour d’appel a forcé la Cour supérieure à entendre cette affaire jusqu’à la lie que le juge Rolland a décidé de s’en charger lui-même.

Ce fut pénible, comme d’habitude, mais le juge Rolland est allé jusqu’au bout.

Il a même visité la cellule de Fabriklant pour voir s’il avait raison de se plaindre de la malpropreté. Il lui a donné tort, mais lui a obtenu un téléphone, un manteau et des chaussettes!

Ça n’a pas empêché Fabrikant de traiter tout le monde de menteur et d’accuser le juge d’avoir tenté de l’assassiner par un jugement rendu en 2000 (quand il a été déclaré plaideur vexatoire).

Rien que ça…

Conclusion de ce jugement de 32 pages?

Fabrikant n’a jamais été forcé d’inscrire le nom de ses collègues. Il l’a fait librement, pour son propre avancement, avant de les traiter de fumistes. Toutes les instances académiques qui se sont penchées sur la question ont donné raison aux professeurs.

Qui plus est, l’action est “prescrite” à plus d’un titre: il a mis trop de temps avant de poursuivre.

Au fait, la seule cause citée par Fabrikant sur le sujet concerne un étudiant dont l’article avait été pris carrément par un prof, qui y avait apposé son nom –et retiré celui de l’étudiant. L’étudiant avait eu droit à 7500$. Fabrikant, lui, était signalé comme l’auteur principal –sauf dans un cas–et sa cause ne se compare pas du tout.

C’est donc la fin des aventures judiciaires de Fabrikant, qui a pris la peine de dire qu’à ses yeux, il n’y a eu aucun crime, puisqu’il a été “provoqué”, comme il dit.

La fin? Il reste un recours en appel, remarquez.

Le plus triste est peut-être ce qu’a dit un des profs injustement poursuivis. Il se sent responsable de ce qui est arrivé. La pire erreur de ma vie, a-t-il dit, est d’avoir embauché ce type.

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Vendredi 11 mars 2011 | Mise en ligne à 11h32 | Commenter Commentaires (89)

Ça peut être illégal même si “ça fait partie du jeu”

Combien de matchs de suspension, déjà?

Combien de matchs de suspension, déjà?

La Ligue nationale, et beaucoup de gens dans le milieu du hockey, nous disent que Zdeno Chara ne doit pas être suspendu car ce genre d’accident suivant une mise en échec “fait malheureusement partie du hockey”.

Dans le même esprit, les gens de hockey estiment que la justice n’a rien à faire dans cette histoire. De toute manière, la mise en échec de Chara est considérée comme ne justifiant même pas une suspension aux yeux de la LNH. Donc même pas vraiment fautive.

C’est donc dire que selon les normes en vigueur dans le monde du hockey, cette conduite ne devrait pas engager la responsabilité de Chara.

Pas si vite, les amis…

Le professeur Patrice Deslauriers, de l’Université de Montréal, sommité québécoise en responsabilité civile et connaisseur de hockey néanmoins, me signale une décision de la Cour suprême qui s’appelle Roberge c. Bolduc.

Pas vraiment intéressante en soi, et n’ayant aucun rapport avec le sport (il s’agit d’une affaire de responsabilité professionnelle d’un notaire), on y lit cependant ce passage:

“Que le notaire appelant ait agi en conformité avec la pratique notariale générale de l’époque ne semble pas contesté. Ni le juge de première instance ni les intimés n’ont prétendu le contraire. Cependant, il ne suffit pas, à mon avis, de suivre la pratique professionnelle courante pour échapper à sa responsabilité. Il faut que le caractère raisonnable de cette pratique puisse être démontré.”

Traduction: ce n’est pas parce que, dans votre milieu, tout le monde le fait, que ce n’est pas une faute. Si “tout le monde” agit, ou accepte une conduite déraisonnable, ça ne protège pas ceux qui agissent ainsi.

La tolérance aberrante de la LNH pour les coups salauds (que les règlements interdisent par ailleurs) n’est pas une défense valable. Ce qui “fait partie du jeu” aux yeux de la ligue n’est pas automatiquement raisonnable, ça se voit à l’oeil nu…

Merci au prof Deslauriers.

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