Yves Boisvert

Archive, février 2011

Michel Bastarache (photo pc)

Michel Bastarache (photo pc)

Il y a des choses certainement valables dans ce discours inaugural.

Comme une “Direciton québécoise du cancer”, organisme de coordination des efforts et des ressources pour lutter contre cette maladie. C’est réclamé par plusieurs spécialistes depuis longtemps, et qui existe dans d’autres provinces. Je réfère à ce texte du collègue Patrick Lagacé, et celui-ci aussi. On voit que des gens meurent probablement du fait de la désorganisation de la lutte contre le cancer au Québec.

OK.

L’idée d’un nouveau régime de redevances pour l’industrie gazière est également une nécessité.

Un rattrapage s’impose avant qu’on siphonne nos ressources à une fraction du prix de ce qui se fait en Colombie-Britannique, par exemple. Le collègue Charles Côté a exposé le problème déjà.

Appuyer le développement de l’industrie du transport électrique, le développement du fameux Plan Nord, ça va, mais attendons du concret, jusqu’ici ça ressemble surtout à un slogan.

De même, bien franchement, des tableaux intelligents et des ordinateurs portables pour les profs, c’est peut-être bien, mais est-ce vraiment la voie de la valorisation de la profession? Pas sûr.

Je ne peux cependant m’empêcher d’observer que le mot “justice” est totalement absent de ce discours où “Québec” apparaît 83 fois.

Rien sur les procureurs, bien entendu, cette épine que le gouvernement vient péniblement de s’enlever au pied (mais avec quelles conséquences?).

Et surtout… rien sur les recommandations du rapport Bastarache. Pas même une phrase pour dire qu’on poursuit les consultations pour réformer le mode de nomination.

E-rien.

N’avait-on pas dit que le processus de nomination des juges était une question fort importante, au point de mériter une commission d’enquête de près de 6 millions $?

Hier, dans un colloque à la faculté de droit de l’Université de Montréal, Louis Bernard (notamment secrétaire général du Conseil exécutif sous René Lévesque) a descendu le rapport Bastarache et prédit que la réforme “intérimaire” du mode de nomination annoncée ce mois-ci allait être en place longtemps. Rien n’indique qu’il se soit trompé…

Bien sûr, Jean Charest veut regarder vers l’avant et c’est un sujet qui ne l’avantage pas tellement. Mieux vaut parler d’autre chose, n’est-ce pas?

Ça ne fera rien pour détromper ceux qui disent que la création de cette commission avait pour seul véritable but de planter Marc Bellemare.

Ah oui, le mot “construction” n’y est pas non plus… Mais la réponse à ceux qui réclament une commission d’enquête sur cette industrie est la même : non. Le gouvernement a mis en place “un arsenal policier, législatif et administratif pour traquer ceux qui contournent les règles”.

On a hâte de voir qui sera le général.

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Lundi 21 février 2011 | Mise en ligne à 21h57 | Commenter Commentaires (167)

Gras dur, les employés de l’État?

wisconsin

Dans ce blogue sur la démocratie américaine du magazine Economist, on se penche sur la crise des finances publiques américaine dans sa version Wisconsin.

Le gouverneur de l’endroit veut casser les syndicats de la fonction publique, responsables selon lui de ce que les salariés de l’État sont trop bien payés.

Or, les études révèlent plutôt le contraire.

Pour des mêmes niveaux d’éducation universitaire, les employés de cet État et en fait de partout aux États-Unis (mais c’est transférable ici, demandez aux procureurs…) gagnent passablement moins que ceux du privé. Les employés du public ont généralement plus d’années d’études également.

Seuls les travailleurs peu qualifiés gagnent plus dans le public que dans le privé.

Les avantages du public demeurent: retraite garantie, heures de tavail moins nombreuses, meilleures vacances, sécurité d’emploi.

Ça, c’était avant la quasi-faillite de plusieurs États américains, qui remettent en question les pensions et plusieurs avantages.

Ici aussi, on n’a encore rien vu en ce qui concerne le poids des régimes de retraite.

Il est faux de prétendre que les employés de l’État sont gras dur, donc, et peut-être que ce sera de moins en moins vrai…

Mais même si plusieurs salariés de l’État méritent un “rattrapage” par rapport au privé, les États occidentaux, pris à la gorge, sont peu susceptibles d’en accorder dans un avenir prévisible.

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Lundi 21 février 2011 | Mise en ligne à 12h29 | Commenter Commentaires (94)

Procureurs: attention danger

Photo: La Presse Canadienne /Ryan Remiorz

Photo: La Presse Canadienne /Ryan Remiorz

Quand on aura soustrait tout ce qui entre dans la catégorie “tactique de négociation”, il restera tout de même ceci d’indéniable: les avocats qui représentent l’État ont atteint globalement un niveau de démotivation record.

L’annonce de la démission de Claude Chartrand, chef du Bureau de lutte au crime organisé, est symptomatique.

Certains y verront un bluff. Ce n’est pas mon cas. Cela ressemble à un très sérieux et sincère aveu d’impuissance à faire son travail dans les conditions actuelles.

Il semble maintenant que 10 autres procureurs chef suivent le mouvement et abandonnent leurs fonctions.

Une loi spéciale n’est certainement pas de nature à améliorer le moral des troupes. Les procureurs annoncent maintenant qu’ils contesteront devant les tribunaux la validité de la loi spéciale. Ça promet…

On n’a pas les détails, mais Québec dit avoir déposé des offres “très substantielles”. Il semble que les procureurs aient fixé au préalable l’idée du rattrapage par rapport à la moyenne nationale: 40%, étalé sur quelques années.

Le hic, c’est que les ingénieurs, les profs, les omnipraticiens et toute une série d’employés de l’État demandent eux aussi un rattrapage que Québec n’a pas les moyens de consentir.

Sauf que les procureurs ont un meilleur dossier que plusieurs autres salariés de l’État. L’importance névralgique de leurs fonctions, la concurrence avec le privé, la difficulté de retenir et d’attirer les meilleurs candidats, tout ça plaide en faveur d’une forme de rattrapage.

Ils ont cependant décidé de s’allier aux juristes de l’État. Or, l’union ne fait pas toujours la force.

Si certains des juristes de l’État sont des experts rares sur le marché, on ne peut pas en dire autant de tous.

Québec était prêt à consentir certaines améliorations particulières aux procureurs, mais leur stratégie de négociation exigeait des offres globales, bonnes pour tous les avocats.

Je ne suis pas certain que c’était une bonne idée.

Le résultat net est tout de même très sérieux et inquiétant. La justice criminelle s’en trouve ébranlée pour un certain temps et on ne voit pas trop en ce moment, après une deuxième loi spéciale, comment on réparera ce gâchis.

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