Yves Boisvert

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    Yves Boisvert est chroniqueur à La Presse depuis 2000, après avoir été chroniqueur judiciaire pendant 10 ans.
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    Jeudi 27 janvier 2011 | Mise en ligne à 9h54 | Commenter Commentaires (26)

    Le père de Gretzky

    walter

    C’était à Salt Lake City en 2002, je couvrais l’entraînement d’Équipe Canada avant le match de la médaille d’or. Wayne Gretzky était le directeur. Un monsieur s’approche des journalistes. C’était son père Walter. Il est vite entouré de quelques vétérans. Le bonhomme en perdait des bouts depuis sa rupture d’anévrisme, en 1991.
    Il oubliait tout. Où est sa voiture? Est-il venu envoiture, au fait? Quelle couleur, déjà?
    Mais de son fils, il n’avait rien oublié. Comme pour se convaincre, il s’est mis à raconter le fameux but de Mario Lemieux, en 1987, pendant la Coupe Canada, l’entrée de Gretzky, la passe parfaite, le tir en haut à droite…
    C’est comme ça que ça s’est passé, hein, les gars?
    Oui, Walter, c’est exactement comme ça, répondaient hochant de la tête les vétérans.
    Tout de son fils, son fils le joueur de hockey, tout ça était limpide.
    Tout le reste était flou. Après 10 mois à l’hôpital, en 1991, sa femme est venue le chercher pour le ramener à la maison, il a dit: j’aimerais bien aller visiter ma mère. Sa femme n’a pas répondu.
    “Elle est souvent comme ça, ma femme…”
    Elle a pris le chemin du cimetière. Elle s’est arrêtée devant une pierre tombale. Il y avait le nom de son père, Anthony, mort en 1972. Et celui de sa mère, morte en 1988.
    “Je ne m’en souvenais pas… Mais je m’en souviens maintenant… Je me souviens des funérailles de mon père… Je la tenais par le bras… Je me souviens maintenant qu’elle est morte…”
    On voyait qu’il faisait un effort surhumain. Il le savait, sauf que… le souvenir s’était effacé.
    Mais pas les jeux de son fils, qui a eu 50 ans hier. Tout ça tournait dans sa tête très clairement. Cet enfant, il s’y était investi absolument.
    C’était ce qui restait dans sa mémoire quand il ne restait plus rien.


    • Très touchant comme article.

    • Belle ( quoi que triste à la fois ) anecdote ce matin M. Boisvert. Merci beaucoup….

    • Il n’avait rien oublié de son fils car c’était la mémoire de son âme,et non de sa tête

    • “… car c’était la mémoire de son âme,et non de sa tête” patatipatata

      ===

      Hein ???

      Jean Émard

    • Merci de nous avoir partagé cette anecdote M. Boisvert. Je vous invite à visionner le reportage que Luc Gélinas a fait avec Walter Gretzky en 2008. Luc avait alors fait la visite – non planifiée – de la maison des Gretzky. Impressionnant et touchant.

      http://www.rds.ca/zv2/?video=20191

    • Merci.

    • @ ramses2.1

      ramses2.1

      27 janvier 2011
      10h20
      “… car c’était la mémoire de son âme,et non de sa tête” patatipatata

      ===

      Hein ???

      bah retournez donc sur le blogue à Mr Hétu et laissez donc les grandes personnes discuter entre elles. merci.

    • Bonjour,
      Bien affirmé, Monsieur du bongoût, ce triste péquiste de personnage , ce frustré de première, se permet cette liberté d’admonester tout ce qui bouge en jouant à ce vieux Père Fouettard dont il est une triste copie. Toujours comme son idole, le Sauveur Suprême sur la Colline d’Ottawa, ce triste sire réussit toujours de se coiffer du BONNET DE L’ÂNE en permettant un rôle de redresseur de torts…… Pathétique ! Au plaisir, John Bull.

    • @ramses2.1,27 janvier 2011,10h20.

      J’ai comme politique de ne jamais admonester un autre blogueur mais une fois n’est pas coutume.

      Ayant perdu ma mère par petits morceaux à cause de l’Alzheimer, puis-je vous dire, aussi doucement que les gènes de mes ancêtres irlandais me le permettent, que je n’ai pas trouvé drôle vos quolibets monosyllabiques à l’endroit de patatipata? Même si je n’aurais peut-être pas dû, je l’ai pris un peu personnel.

      Et, M. Boisvert, merci pour ces petites portions d’humanité qui subsistent quand le reste a foutu le camp.

    • En 2001, je travaillais dans un restaurant d’Edmonton comme cuisinier. La journée du retrait du chandail de Wayne par les oilers, les anciens joueurs et Mr. Gretzky s’étaient rassemblés à notre resto après la cérémonie. J’ai passé un an à Edmonton et le premier souvenir qui me revient lorsque je me rappelle cette époque est l’accolade donc j’avais été témoin entre Walter Gretzky et Jari Kurri, Mr. Gretzky s’essuyant une larme en donnant une claque dans le dos à Kurri en s’en allant.

    • Un peu perdu, ce johnbull !

    • Je lui ai parlé 1 fois à Monsieur Gretzky au Colisée, vraiment sympathique. Ce que je retiens surtout de lui c’est que sans son amour et son dévoument envers Wayne celui-ci n’aurait probablement connu autant de succès. En lisant la biographie de fiston on voit comment son père a été présent et surtout le nombre d’heures passées à faire pratiquer Wayne.

    • @ philivan
      Notre ami johnbull sévit sur tous les blogues pour mener sa croisade contre les méchants péquistes, même quand le sujet n’a absolument aucun rapport. Vous vous y habituerez.

    • Une belle histoire, mais, je n’y crois pas.

    • Il ya des histoires qui, parfois, nous ramènent à la réalité, celle de tous les jours.

    • @ramses pathetique…allez donc vous trouver une job au lieu de niaiser sur internet..

    • Surprenant que vous ne reliez pas la tristesse a Monsieur Harper.Hein!!!Monsieur Boivert.

    • Gretzsy, gros bébé gâté. Lorsque Monsieur était allé en Union Soviétique, du temps des communistes, il avait fait toute une crise parce qu’il n’avait pas de beurre d’arachides à son petit déjeuner
      Gros bébé, va

    • @ramses:
      Le jour où tu seras capable d’un tant soit peu d’empathie, tu comprendras le propos de patatipatata et surtout, la douleur que les gens peuvent ressentir à la perte d’un être cher (P.S.: bravo! jeanfrançoiscouture)
      Tit-conseil: perds pu ton temps sur ce blogue et continue plutôt de faire la morale aux gens qui ne partagent pas ton opinion sur ceux traitant de politique. Tu y es beaucoup plus à ta place, i.e. avec la même classe de sans-coeurs.
      Claude Lauzon

    • Hors sujet………..veuillez m’en excuser

      Je veux donner suite à votre article concernant le ridicule de la peine (ouf, quelle peine!) de Vincent Lacoix pour vous informer que je suis en tout temps disponible pour un séjour de 2 ans à “l’hôtel fédéral” et pour beaucoup, beaucoup moins que $113 000 000 .00. ANY TIME!

    • Ma grand-mère avait oublié comment se brosser les dents mais pouvait raconter des histoires très détaillées sur l’enfance de ses enfants et sur ses frères et soeurs. C’est étonnant ce qui part et ce qui reste quand survient la démence.

    • @peauline

      Il vous a peut-être échappé que cet article est sur Walter Gretzky, pas sur Wayne.

      Quoiqu’il en soit, je vous invite à aller jeter un coup d’oeil ici:
      http://www.greatesthockeylegends.com/2008/10/gretzky-visits-tretiak-in-moscow.html

      Wayne Gretzky, après la Coupe Canada 1981, a été (avec sa famille, y compris son père Walter et sa copine de l’époque, Vicky Moss) l’invité de Vladislav Tretiak et de sa famille, à Moscou. Dans la vidéo, on le voit être un excellent invité et goûter à tout ce qui lui est proposé, y compris du caviar, pour lequel c’était sa première expérience. Mlle Moss a un peu de mal, mais Gretzky l’encourage en lui disant que lui-même n’en mangerait pas si ce n’était pas bon.

    • @peauline

      Pauvre imbécile que vous faites chaque fois que vous écrivez votre opinion. ON raconte ici une histoire très touchante, vous revenez avec le voyage de Wayne chez les Soviétiques.

      Pauvre idiote ! Vous ne pouvez jamais mettre vos rancoeurs de coté, vous revenez tout le temps avec le côté dark des histoires. Comme si c’était intéressant ce que vous racontez. Tout le monde a ses crises de vedettes, en Russie ou ailleurs. Vous en avez chaque fois que vous écrivez des commentaires.

    • @Boisvert

      Touchant en effet. Je ne me souviens plus, mais est-il décédé? Ceci dit, dommage que certains intervenants (remarquez le pluriel) soupe au lait est fait déraper la discussion.

      Non, il est toujours vivant. Y.B.

    • Avril 1991, face aux Flames, sixième match de la série demi-finale de Conférence, Luc Robitaille marque un superbe but en début de prolongation et les Kings accèdent à la finale. Le Great Western Forum explose. Robitaille exulte et manifeste un bon moment. Au milieu de la patinoire, Gretzky jubile, les bras en l’air comme s’il venait de marquer, virevolte, envoie des baisers à la foule et s’accapare l’instant magique. Sur la glace, dans l’euphorie qui suit, Robitaille se retrouve étrangement seul. Il a beau chercher Gratzky, il ne le trouvera jamais…

      À Los Angeles, Gretzky, en deux ans, n’a à peu près pas adressé la parole à Luc Robitaille et Steve Duchesne.

      Gretzky fut nommé directeur exécutif des équipes olympiques de 2002, pour Salt Lake City, et de 2006, pour Turin. Ces équipes comptaient respectivement trois Québécois sur 23 et cinq sur 28.

      Gretzky, anti-Québécois comme seul un bon canadian sait l’être !!

    • Lorsque les événements d’une vie sont empreintes de grandes émotions, ces morceaux de vie restent longtemps imprégnés dans notre mémoire profonde, même lorsque beaucoup de choses ont été oubliées.

      En effet, presqu’un quart de siècle plus tard, à la Coupe Canada, le jeu de Mario Lemieux complétant celui du grand 99, reste pour moi un haut fait de notre sport national.

      Il est facile de comprendre le père d’un fils prodige, d’avoir cristallisé ce souvenir, malgré le temps et l’usure du corps.

      Un jour, nous aussi nous seront vieux ..

      Frank

      *

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