Yves Boisvert

Archive, janvier 2011

Lundi 31 janvier 2011 | Mise en ligne à 13h57 | Commenter Commentaires (48)

L’après-Bastarache

L’ex-juge en chef de la Cour du Québec, Huguette Saint-Louis, y est allée elle aussi d’une critique du rapport Bastarache.
Pas assez pratique, trop concentré sur la sélection des candidats, et pas assez sur la nomination, dit-elle. Elle soulève des arguments valables.
Le commissaire recommande des comités de sélection à cinq (pris à même une liste de 30 représentants permanents et rémunérés), donc une machine relativement lourde, qui dresseraient une liste de trois candidats, dans laquelle le gouvernement choisirait.
Si Jean Charest a un peu d’audace, il ira plus loin et adoptera un modèle encore plus contraignant: un ou deux candidats retenus maximum. Car c’est l’arbitraire politique qu’il faut limiter au maximum.
Cela dit, il n’est pas inutile d’améliorer la sélection. En ce moment, le processus est tellement opaque qu’il donne l’impression d’être réservé aux initiés et aux gens bien connectés. L’Ontario (une liste de deux noms) et la Grande-Bretagne (où un comité désigne carrément un seul candidat) ont également amélioré le mode de sélection, le rendant plus représentatif, et pas seulement la nomination.
J’ai déjà dit que les recommandations vont dans le bon sens, mais je préfère encore un modèle plus serré. On peut se demander, en effet, pourquoi former des comités de sélection plus complexes et plus coûteux si, à la fin, leurs choix ne sont même pas présentés par ordre de préférence.
Mais si Jean Charest avait un peu d’audace, ça se saurait… Alors n’espérons rien de trop ambitieux.
Dire que jadis il prétendait vouloir que le Québec “brille parmi les meilleurs”. Ça devrait passer par un système de nominations clairement méritocrate, où le favoritisme politique est écarté encore plus évidemment que ce que suggère le rapport Bastarache.
Mais après des années de post-its et de jeux de coulisses, c’est plus qu’un changement de culture qu’il faudrait, c’est un changement de personnalité…

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Dimanche 30 janvier 2011 | Mise en ligne à 23h16 | Commenter Commentaires (195)

Manuel de bienséance sur un blogue à l’usage des emmerdeurs

VOIE_L~1

Quand on pense qu’il y a autour de 10 milliards de planètes habitables seulement dans la Voie lactée, d’une part, et que d’autre part, la vie est quand même assez courte, je me dis qu’il serait trop bête de perdre son temps à envoyer des commentaires sur un blogue qui ne nous intéresse pas.
Non?
J’ai eu un blogue il y a deux ans sur la course à pied, et sauf deux, trois emmerdeurs vite congédiés, disons qu’on se parlait entre gens qui partagaient un intérêt. C’était sympathique.
J’ai commencé mardi dernier un blogue généraliste, sorte d’extension de ma chronique dans La Presse.
Oh, misère.
Disons que j’ai envie d’établir quelques règles du jeu. Et si on ne les aime pas, comme je disais plus haut, on a le choix d’aller éructer plus loin.
Pour commencer, PAS NÉCESSAIRE D’ÉCRIRE EN MAJUSCULES, ÇA NE REND PAS LE PROPOS PLUS INTÉRESSANT.
Deuxièmement, ne sont pas les bienvenus: les conspirationnistes du 11 septembre, les ufologues, les astrologues, les alchimistes, les islamophobes, les antisémites, les agités du bocal, les enragés, Don Cherry, les somnambules réveillés de force, les vendeurs d’armes, les militants de la militance, je veux dire ceux qui interprètent le moindre événement de la vie quotidienne par le prisme de leur obsession, sauf s’ils ont de l’humour, mais le militant de la militance se défie de l’humour. Prière de passer votre chemin.
Non mais… J’écris sur la commission Bastarache et quelqu’un saisit l’occasion pour me dire que l’Holocauste n’a pas eu lieu. Dehors!
À ceux qui pensent révéler un secret d’État en écrivant “John James Charest”: je n’ai rien à cirer de la langue de ses parents.
Aux fédéralistes enragés qui deviennent malades chaque fois que le Bloc a une bonne idée: allez voir le site de Denis Coderre.
Troisièmement, ou cinquièmement, je ne sais plus, il y en a qui me pompent tellement, en tout cas: tentons de garder à tout le moins les dehors de la civilité, hum? C’est quoi cette manie de vous bitcher les uns les autres? Devriez voir ce que j’ai supprimé. Pas fort! Si au moins c’était fait avec talent. Ça se vend, des dictionnaires d’insultes. Quatrièmement, je n’ai rien contre les sports de contact, mais je suis contre les coups à la tête.
Ceux qui ne connaissent pas la différence entre une critique, un désaccord, une dénonciation, les voies de fait causant des lésions corporelles et une insulte couillonne sont priés de changer d’adresse.
Oui, c’est vrai, c’est moi qui décide (jusqu’à ce que je me tanne). Et je n’arbitre pas comme dans la LNH.
Bon, ça va mieux.

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Jeudi 27 janvier 2011 | Mise en ligne à 9h54 | Commenter Commentaires (26)

Le père de Gretzky

walter

C’était à Salt Lake City en 2002, je couvrais l’entraînement d’Équipe Canada avant le match de la médaille d’or. Wayne Gretzky était le directeur. Un monsieur s’approche des journalistes. C’était son père Walter. Il est vite entouré de quelques vétérans. Le bonhomme en perdait des bouts depuis sa rupture d’anévrisme, en 1991.
Il oubliait tout. Où est sa voiture? Est-il venu envoiture, au fait? Quelle couleur, déjà?
Mais de son fils, il n’avait rien oublié. Comme pour se convaincre, il s’est mis à raconter le fameux but de Mario Lemieux, en 1987, pendant la Coupe Canada, l’entrée de Gretzky, la passe parfaite, le tir en haut à droite…
C’est comme ça que ça s’est passé, hein, les gars?
Oui, Walter, c’est exactement comme ça, répondaient hochant de la tête les vétérans.
Tout de son fils, son fils le joueur de hockey, tout ça était limpide.
Tout le reste était flou. Après 10 mois à l’hôpital, en 1991, sa femme est venue le chercher pour le ramener à la maison, il a dit: j’aimerais bien aller visiter ma mère. Sa femme n’a pas répondu.
“Elle est souvent comme ça, ma femme…”
Elle a pris le chemin du cimetière. Elle s’est arrêtée devant une pierre tombale. Il y avait le nom de son père, Anthony, mort en 1972. Et celui de sa mère, morte en 1988.
“Je ne m’en souvenais pas… Mais je m’en souviens maintenant… Je me souviens des funérailles de mon père… Je la tenais par le bras… Je me souviens maintenant qu’elle est morte…”
On voyait qu’il faisait un effort surhumain. Il le savait, sauf que… le souvenir s’était effacé.
Mais pas les jeux de son fils, qui a eu 50 ans hier. Tout ça tournait dans sa tête très clairement. Cet enfant, il s’y était investi absolument.
C’était ce qui restait dans sa mémoire quand il ne restait plus rien.

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