Yves Boisvert

Archive du 1 juin 2009

Lundi 1 juin 2009 | Mise en ligne à 20h29 | Commenter Commentaires (30)

La construction d’un programme

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Jean-Yves Cloutier
(photo Les Vainqueurs)

Qu’est-ce qu’un bon programme d’entraînement? C’est un programme… qui vous convient.

Depuis le premier jour, quand je m’entraînais pour un 10K, l’été dernier, j’ai suivi les programmes de Jean-Yves Cloutier, sur le site du marathon de Montréal.

Je ne sais pas pour les autres, mais ça fonctionne à merveille pour moi. Je cours avec lui, sans l’avoir rencontré et sans lui avoir parlé avant d’écrire sur lui.

Ça fonctionne parce que c’est simple, pas trop lourd, flexible et bien pensé pour des gens qui ont une vie en dehors de la course à pied. Et les résultats prévus sont au rendez-vous par une sorte d’alchimie de l’éducation physique…

Depuis 2003, Jean-Yves Cloutier est l’entraîneur-conseil du marathon de Montréal. On lui a demandé de récrire des programmes, jusque-là écrits par le légendaire Jo Malléjac, grand déniaiseur national en athlétisme, mort en 2002 à 79 ans.

“Pendant un mois, j’ai analysé en détail des programmes américains, canadiens et européens pour faire une synthèse personnelle. M. Malléjac avait fait un travail de pionnier, mais il n’y avait que trois niveaux, et pour le marathon: 2h50, 3h30 et 4h30. Beaucoup de gens se surentraînaient ou se sous-entraînaient. J’ai donc établi des programmes pour neuf niveaux, et pas seulement pour le marathon. La tendance maintenant est à la multiplication des distances.”

Autre tendance, en Europe notamment: moins de sorties, moins de volume et une progression plus lente. “Les gens travaillent, ils ont une famille, des engagements, des imprévus, il faut des programmes qui en tiennent compte.” 

Première règle, de dire M. Cloutier: suivre un programme, mais un seul, que ce soit le sien ou n’importe quel autre. Ne pas butiner d’un programme à l’autre. Chaque programme a sa cohérence.

Deuxième règle: ne pas trop en faire.

“Les coureurs sont ambitieux, mais il ne faut pas pousser le talent. Il faut prendre son temps. Trop courir ne sert à rien. Le programme, c’est comme brasser la bouteille de champagne. Il faut que le bouchon saute le jour de la course, pas avant ni après!”

C’est pourquoi il n’y a pas de distances dans ses programmes, que des temps. “Si après trois heures vous avez fait 26 km, c’est inutile de continuer. Courir plus de trois heures, c’est une perte de temps et d’énergie.”

Troisième règle: trouver son rythme de base. Le “R1″, qui est la vitesse de 70% des sorties.

“Si les gens courent au feeling, ils courent en R2. C’est trop vite pour développer l’endurance fondamentale. R1, c’est votre course au feeling, moins 30 secondes. Une des premières choses à faire, donc, c’est de ralentir les gens. Ça s’applique aussi aux athlètes d’élite.”

On courra en R2 pendant des intervalles, en R3 aussi, et dans les compétitions entre R2 et R3 selon la distance.

Comment savoir quel est son R1? Un truc: faire un test sur 10 km.

“Si vous courez le 10 km en 50 minutes, alors votre R3 est de 5 minutes au km. C’est une référence possible.” Votre R1 sera alors une minute de plus lent.

On peut aussi aller évaluer sa forme et son niveau en courant quelques km avec une distance mesurée, à l’abri des intempéries. On peut voir alors quel est niveau.

Et les battements cardiaques?

Ses programmes n’en font pas mention. Trop de variables individuelles. Ils servent néanmoins à vous indiquer si vous poussez assez ou trop, mais le coach Cloutier ne s’en soucie pas pour ses programmes grand public.

M. Cloutier, qui a lui-même été un coureur de demi-fond pendant 10 ans (73-83), a fondé le club des Vainqueurs. Il a entraîné plusieurs membres de l’élite féminine d’athlétisme au fil des ans. Le club est ouvert à tous, au fait.

Il est aussi un des organisateurs du Tour du Lac Brome Merrell, une course de 20 km (plus d’autres de 1, 5 et 10) qui existe depuis 1979.

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Lundi 1 juin 2009 | Mise en ligne à 11h08 | Commenter Commentaires (17)

La nouvelle addiction d’Eminem

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Eminem: d’une dope
à l’autre

Je ne cours pas sur le rap ni le hip-hop, sauf… quand je synchronise mon Ipod avec l’ordi dans lequel mon fils a enregistré quelques trucs… et que j’appuie par mégarde sur le mode aélatoire (y a quand même quelques bons morceaux, j’avoue, mais ça reste entre nous).

Eminem, entre tous, ce n’est pas tellement ma bouteille de boisson énergétique.

Mais qu’apprend-on? Il a lâché la dope pour une nouvelle dépendance: il court. Voyez cet article du Runners’ World, qui contient plusieurs liens pertinents. Et qui pose la grave question: la course attire-t-elle des gens avec des problèmes de dépendance?

Ce à quoi je réponds: pourquoi faudrait-il qu’une seule sorte de personnes coure?

Mais si c’est vrai, ben, tant qu’à se garrocher dans quelque chose, mieux vaut la course que les éclairs au chocolat, la loterie-vidéo ou les cristaux divers, je dis.

Quant à Eminem, aux dernières nouvelles, la course ne lui fait pas écrire moins d’énormes stupidités, mais l’enquête se poursuit.

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