Yves Boisvert

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    Yves Boisvert est chroniqueur à La Presse depuis 2000, après avoir été chroniqueur judiciaire pendant 10 ans.
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    Mercredi 27 mai 2009 | Mise en ligne à 12h07 | Commenter Commentaires (19)

    Souvenirs de Rivière-du-Loup

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    Les chutes de la rivière du loup séparent la ville en deux.

    C’est ce qu’il y a de bien avec la course. Peu importe la saison, peu importe le lieu, une course vous attend au coin de la rue.

    Et puis, même si je suis un coureur solitaire, je me rends compte que dans chaque destination, il y a quelqu’un pour vous aider à courir son coin de pays.

    Cet hiver, 27 février, je descends à Rivière-du-Loup pour un tournoi de hockey d’un de mes fils. Mon programme (Jean-Yves Cloutier) m’intime l’ordre de courir à l’entraînement un premier demi-marathon le 1er mars.

    Mais après une première défaite en après-midi, tout le monde retourne à l’hôtel. Le temps est anormalement clément (7 degrés) et on annonce moins 15 pour le dimanche. C’est le moment.

    J’annonce mon absence pour deux heures à un père compréhensif et je décrète le départ à la porte de l’hôtel de la Classique hivernale de Rivière-du-Loup, dont j’étais l’organisateur et unique participant.

    J’avais au préalable appelé un des organisateurs du club de course de l’endroit, Fil-Oup! pour me faire indiquer un chemin faisable. C’est que cette ville est construite autour et dans une pente.

    Dans ma naïveté touristique, je pensais aller du côté de Notre-Dame du Portage, superbe site ou John A. MacDonald allait prendre le frais l’été avec quelques autres membres de l’establishment du temps. C’est d’ailleurs de Rivière-du-Loup qu’est parti le plus court et plus fatal télégramme de l’histoire canadienne, signé Sir John A., m’a appris Mario Dumont: “H-A-N-G R-I-E-L”…

    Mauvaise idée de courir là en plein hiver pour un nouveau venu, m’a rapidement dit mon expert local.

    Prends plutôt Hôtel de ville jusqu’à Lafontaine, me dit-il, tourne à gauche, puis à droite à côté de l’église, sur Beaubien, ça devient la 291 vers Cacouna et Saint-Arsène. Faux plat agréable.

    Ce que je fis à la brunante. Au bout de 11 km, j’ai fait demi-tour en croyant que je bénéficierais d’une descente tout aussi agréable. Mais c’était un faux faux plat, et le vent m’a presque immobilisé sur place. Le métier entre.

    La lumière d’un jour gris est disparue derrière une ferme. Les camions me crachaient une eau salée et boueuse mais je n’en avais cure. En revenant en ville et en passant sur le pont qui enjambe la rivière du loup, j’avais encore assez d’énergie pour regarder avec ébahissement l’eau se promener dans les anfractuosités.

    J’y étais presque. Une petite côte (non, pas petite), allez hop… J’ai complété les 21,1 sur le boulevard de l’hôtel de ville vers 18h, en face d’un McDonald si je me souviens bien, un endroit pas bucolique pour deux sous.

    J’étais ému. Je venais de remporter en secret et dans le noir la première édition de la Classique hivernale de Rivière-du-Loup, dont j’étais l’organisateur et unique participant, avec le temps record de l’événement, 1h51 et quelques secondes échappées dans la côte, n’en parlons pas.

    Tiens, une goutte d’eau salée sur ma joue droite. Maudits camions.

    Merci pour le tuyau, monsieur du club Fil-Oup dont j’ai oublié le nom. Je n’oublierai pas mon premier demi chez vous, par contre.

    Maintenant que tout a fondu, on peut aller courir sur la 291, mais aussi à Notre-Dame-du-Portage.

    On peut aussi aller, ce dimanche 31 mai, faire la course du Tour de la pointe (des courses de 1km à 10km).


    • T’es passé devant la maison de mes parents! Pis t’as fait connaissance avec “le vent” :-)

      Le linge sur la corde sèche très vite dans ce coin-la!

      DC

    • Tu peux aussi emprunter la piste cyclable qui longe la 185 vers Notre-Dame-du-Lac. Vraiment “nice”, mais pas certain en février.

    • La rue Lafontaine est une belle côte à pic quand on la prend à partir de Fraser. Mais pour avancer presque à la verticale, je crois que c’est la rue St-Pierre, un peu plus à l’ouest, toujours à partir de Fraser, qui vient chercher le Xème souffle…

    • @atchoum

      St-Pierre est plus longue, mais St-André est plus à pic.

      J’ai grimpé la “côte St-Pierre” en vélo il y a de ça bien des années. Mettons que je m’ennuyais de ma mère…

      DC

    • Merci pour le récit… on s’y croirait. Mais cela réveille un vieux problème que j’ai avec l’idée de courir un marathon au printemps. Je déteste courir l’hiver! Je le fais seulement pour garder la forme, 2-3 courses hebdomadaires de pas plus de 8 kms. La fin de semaine est consacrée au ski de fond, mon sport préféré. Ma philosophie est d’adapter mes activités aux rigueurs du climat. Je suis donc condamné (façon de parler) à courir un marathon à l’automne seulement.

    • Très beau texte. Le coureur solitaire a toujours ses petites victoires secrètes.

    • Si vous allez dans ce secteur cet été. Allez courir sur la piste cyclable le Petit Témis. Ce sentier est plate et le paysage est à couper le souffre. On peut y admirer la splendeur du lac Témiscouata et des montagnes des Appalaches! De plus, si vous avez trop chaud vous pouvez faire un petit plongeon dans le lac!

    • Macdonald passait ses vacances comme Louis St-Laurent d’ailleurs à St-Patrice et non Notre Dame du Portage.
      Ce village voisin fait parti maintenant de la ville de Rivière du Loup qui l’a annexé, voilà 10 ans je crois et Jean D’Amour habite chemin Fraserville.
      Très bonne idée que celle d’aller courir la piste cyclable du petit Témis, un bijou mal connu des Québécois. Tous les avantages, mais sans les inconvénients du bord du fleuve avec son temps frisquet et ses vents déroutants.
      Le lac Témiscouata, plus beau que le Memphrémagog encore et sauvage sur presque tout son pourtour.
      Le voir et le parcourir, c’est l’adopter.
      Cabano vous attend.
      Vous connaissez Grey Owl? Le Fort Ingall vous rappellera son histoire.

    • Je seconde Packington. Le lac Témiscouata est très beau. Un autre très beau lac, mais relativement loin de Montréal, c’est le lac Témiscamingue. De l’eau, de l’eau…

    • En effet, John A. Macdonald habitait plutôt Saint-Patrice (à voir pour l’architecture), pas très loin des Maclean-Hunter et autres “princes” de l’establisment canadian.

      Une détail : Le point de vue que l’on a en arrivant à R.-du-Loup par l’autoroute 20 direction Est (sur le promontoire qui précède la baie) est l’un des plus sites du Québec et même du Canada. On voit le Saint-Laurent dans toute sa démesure, avec les îles et Charlevoix en face.

    • La prochaine fois, venez en été et circulez tout près du parc de la Croix lumineuse, la vue sur la ville y est super. Encore plus lors du coucher de soleil lorsqu’il installe un pont d’or sur le fleuve. Coucher de soleil parmi les plus beaux au monde !

    • Alléluilla………………………………………….

    • 1:51 dans ces conditions et seul!… Faut le faire! Félicitations!
      J’ai fait 1:39 à Ottawa, mais seul à l’entraînement dans ces conditions, c’est certain que j’aurais dépassé les 2:00!…

    • La prochaine fois que vous irez dans ce coin là, rendez-vous donc jusqu’à St-Paul de la Croix par la 291 et les petits rangs que les touristes ne connaissent pas et descendez jusqu’à l’Isle Verte par la route St-Paul-l’Isle Verte. En revenant, arrêtez-vous sur la 132 juste avant la 40 chez Ali Baba pour saluer M. Dubé et lui acheter une de ces extraordinaires crèmes glacées. Ça fera plaisir à vos enfants et vous donnera une bonne raison pour continuer de courir.
      http://www.radio-canada.ca/actualite/v2/lepicerie/niveau2_3672.shtml

      Oui, Ali Baba, un grand classique, j’y suis d’ailleurs allé, mais ils n’étaient pas ouverts le 28 février, mauvaise saison pour la crème glacée apparemment… Y.B.

    • Vous devez être très discipliné pour vous entraîner dans de telles conditions…je suis jalouse!!! En tout cas, c’est inspirant !

      Non, je ne suis pas particulièrement discipliné. C’est d’un autre ordre. C’est vite devenu une sorte de besoin. Je ne me mortifie pas, même s’il y a un effort évident. Je suis content de le faire. Et rapidement, le mauvais temps ne nous paraît plus si mauvais non plus. Plus facile 7 degrés avec de la pluie que 33 degrés au grand soleil… Y.B.

    • un commandant d’Air-Transat- âgé de 50 ans- natif de Notre-Dame du Portage, me disait :
      je suis né sur une ferme, sans électricité, sans eau courante.
      Dans les champs, je regardais les avions dans le ciel et je rêvais de devenir pilote.
      Aujourdhui, je suis aux commandes d’un Airbus- l’incarnation de la nouvelle technologie:
      en peu de temps, je suis passé du Moyen-Âge à La Renaissance..
      yg

    • En vieillissant , on devient émotif et avons le goût de dire les choses vraies.
      Mon père- un gars de Ste-Thérèse- est allé s’installer à La Pocatière, comme dentiste, dans les années 25. Mes 2 frères ainés y sont nés.
      À la naissance du deuxième, l’épouse de mon père est morte sur la table d’accouchement.
      Mon père est revenu à Montréal et je suis issu du deuxième mariage.
      Mais j’ai l’impression d’être de Kamouraska.

      Je retourne régulièrement dans Kamouraska depuis plusieurs années, invité par un ami, natif de St-Denis de la Bouteillerie et je joue au golf au Portage et à St-Pacôme, le pays d’André Gagnon.
      Quel pays !!
      Mon beau-frère, le comédien Gilles Pelletier- dont le père est natif de St-Pascal- disait un jour à ma bru, une fille de St-Denis:
      les Québecois les plus raçés viennent de Kamouraska :
      le dimanche matin-sur le porche de l’église- le Québecois est habillé en noir
      avec sa chemise blanche et entre à l’église avec son épuse au bras :
      C’est la race qui ne périt pas.
      Notre pays est né à Kamouraska.
      yg

    • M. Boisvert,

      Je ne suis pas dans le sujet, mais j’ai cru lire que vous vous demandez dans quel état vous terminerez le marathon ! Si quelqu’un peut vous conseiller ça m’aiderait aussi car disons, l’après marathon, dans mon cas, est TOUJOURS pathétique. J’ai plusieurs anecdotes là-dessus : Tiens, il y a deux ans, même 2 heures après le marathon de Montréal, je rentrais chez moi, au volant de mon auto, que d’autres hauts le coeur m’ont pris… Ma douce m’a passé un sac quelconque… c’était pas beau ! Il aurait fallu des essuis-glace mais à l’intérieur… J’embarquais alors sur la 15 Nord et disons que j’ai faille le perdre… le Nord ! Pourtant je me nourris bien avant, m’hydrate comme il faut pendant et mange après… C’est peut-être à cause de ma charpente allongée et mince et une tendance à perdre beaucoup d’eau (sueurs). Des conseils quelqu’un…

      Bon entraînement

    • Un très beau billet. Faut croire que le certificat en études française n’a pas été vain. Excommunication levée!

      Amen. Y.B.

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