
Les chutes de la rivière du loup séparent la ville en deux.
C’est ce qu’il y a de bien avec la course. Peu importe la saison, peu importe le lieu, une course vous attend au coin de la rue.
Et puis, même si je suis un coureur solitaire, je me rends compte que dans chaque destination, il y a quelqu’un pour vous aider à courir son coin de pays.
Cet hiver, 27 février, je descends à Rivière-du-Loup pour un tournoi de hockey d’un de mes fils. Mon programme (Jean-Yves Cloutier) m’intime l’ordre de courir à l’entraînement un premier demi-marathon le 1er mars.
Mais après une première défaite en après-midi, tout le monde retourne à l’hôtel. Le temps est anormalement clément (7 degrés) et on annonce moins 15 pour le dimanche. C’est le moment.
J’annonce mon absence pour deux heures à un père compréhensif et je décrète le départ à la porte de l’hôtel de la Classique hivernale de Rivière-du-Loup, dont j’étais l’organisateur et unique participant.
J’avais au préalable appelé un des organisateurs du club de course de l’endroit, Fil-Oup! pour me faire indiquer un chemin faisable. C’est que cette ville est construite autour et dans une pente.
Dans ma naïveté touristique, je pensais aller du côté de Notre-Dame du Portage, superbe site ou John A. MacDonald allait prendre le frais l’été avec quelques autres membres de l’establishment du temps. C’est d’ailleurs de Rivière-du-Loup qu’est parti le plus court et plus fatal télégramme de l’histoire canadienne, signé Sir John A., m’a appris Mario Dumont: “H-A-N-G R-I-E-L”…
Mauvaise idée de courir là en plein hiver pour un nouveau venu, m’a rapidement dit mon expert local.
Prends plutôt Hôtel de ville jusqu’à Lafontaine, me dit-il, tourne à gauche, puis à droite à côté de l’église, sur Beaubien, ça devient la 291 vers Cacouna et Saint-Arsène. Faux plat agréable.
Ce que je fis à la brunante. Au bout de 11 km, j’ai fait demi-tour en croyant que je bénéficierais d’une descente tout aussi agréable. Mais c’était un faux faux plat, et le vent m’a presque immobilisé sur place. Le métier entre.
La lumière d’un jour gris est disparue derrière une ferme. Les camions me crachaient une eau salée et boueuse mais je n’en avais cure. En revenant en ville et en passant sur le pont qui enjambe la rivière du loup, j’avais encore assez d’énergie pour regarder avec ébahissement l’eau se promener dans les anfractuosités.
J’y étais presque. Une petite côte (non, pas petite), allez hop… J’ai complété les 21,1 sur le boulevard de l’hôtel de ville vers 18h, en face d’un McDonald si je me souviens bien, un endroit pas bucolique pour deux sous.
J’étais ému. Je venais de remporter en secret et dans le noir la première édition de la Classique hivernale de Rivière-du-Loup, dont j’étais l’organisateur et unique participant, avec le temps record de l’événement, 1h51 et quelques secondes échappées dans la côte, n’en parlons pas.
Tiens, une goutte d’eau salée sur ma joue droite. Maudits camions.
Merci pour le tuyau, monsieur du club Fil-Oup dont j’ai oublié le nom. Je n’oublierai pas mon premier demi chez vous, par contre.
Maintenant que tout a fondu, on peut aller courir sur la 291, mais aussi à Notre-Dame-du-Portage.
On peut aussi aller, ce dimanche 31 mai, faire la course du Tour de la pointe (des courses de 1km à 10km).
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