
PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE. Le directeur général et entraîneur du Jazz de Montréal, Pascal Jobin.
Chaque fois qu’on interviewe quelqu’un pour un article, une infime partie de ses propos se retrouvent dans le texte publié. Pour mon bilan de la saison du Jazz de Montréal, j’ai parlé au directeur général et entraîneur Pascal Jobin. Celui-ci m’a dit une foule de choses intéressantes. Voici ce qui ne se retrouve pas dans l’article.
D’abord, malgré les insuccès de son équipe et l’incertitude quant à son retour, M. Jobin croit que la Ligue nationale de basketball du Canada a un grand potentiel, mais qu’elle devrait modifier certains règlements. «Le minimum obligatoire de joueurs canadiens devrait passer de trois à cinq, afin de devenir une véritable ligue canadienne. Si le nombre minimum n’augmente pas, la règle pourrait être de toujours avoir au moins un Canadien sur le terrain.»
De plus, l’entraîneur diminuerait la longueur des rencontres. «Je voudrais qu’on se limite à 40 minutes comme le reste des ligues de la FIBA (Fédération internationale de basketball). Il y aurait plus d’intensité. Il n’y a que la NBA qui joue 48 minutes. On pourrait aussi disputer 36 parties au lieu de 40.»
Si le Jazz revient l’an prochain, M. Jobin estime que les matchs locaux doivent être disputés à des moments stratégiques. «La plupart des rencontres devraient avoir lieu le samedi après-midi ou le jeudi soir. Les jeunes joueurs sont notre public cible, mais ils ne peuvent pas venir si on joue les soirs qu’ils ont des matchs ou des pratiques. J’organiserais aussi une tournée dans d’autres villes du Québec lors de la saison. Il y avait entre 2000 et 4000 personnes à Halifax, Saint John et Moncton. À Montréal, ce n’est pas évident d’attirer les gens, mais c’est plus facile dans les moins grandes villes.»
«Le basket au Québec est malade»
Pascal Jobin était jusqu’à tout récemment coordonnateur aux événements et à la formation des entraîneurs à la Fédération Basketball Québec. Il a quitté son poste, car il n’aimait pas la façon de faire de l’organisme. «J’ai accumulé trop de frustration en raison du red tape (excès de bureaucratie). Tout le monde fait ses petites affaires de son côté et on ne peut pas discuter.» Certaines choses lui paraissaient également illogiques. «Le sport-études au secondaire est génial, mais une fois au cégep, les jeunes ont moins de temps réservé pour le basket. Aussi, on ne respecte pas le métier d’entraîneur. C’est presque exclusivement du bénévolat. Il n’y a que quelques universités qui payent bien leurs coachs. Il manque également de la formation pour les entraîneurs.»
M. Jobin est heureux de voir des joueurs comme Laurent Rivard et Olivier Hanlan évoluer dans des collèges américains, mais il aimerait que l’encadrement des joueurs d’élite québécois soit meilleur. «Nous avons une bonne relève, mais on pourrait mieux s’en occuper. Les jeunes qui veulent aller loin doivent finir leur secondaire aux États-Unis. Notre offre n’est pas comparable pour l’instant.»
P.
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