David Courchesne

David Courchesne - Auteur
  • David Courchesne

    Journaliste au pupitre à La Presse, David Courchesne a depuis quelques années délaissé le gant de cuir et les crampons pour le clavier et l’écran mais la passion du baseball demeure, Expos ou pas.
  • Lire la suite »

    Partage

    Mercredi 8 janvier 2014 | Mise en ligne à 17h00 | Commenter Commentaires (11)

    La consécration du «Professeur»

    nZK4eYHj
    Photo Jeff Chiu, Associated Press

    Sans aucune surprise, le lanceur Greg Maddux fera son entrée officielle au Temple de la renommée du baseball l’été prochain, tel que confirmé par les résultats du scrutin dévoilés mercredi.

    Les membres de l’Association des chroniqueurs de baseball d’Amérique ont jugé de façon presque unanime (97,2%) que le lanceur droitier originaire de San Angelo, au Texas, méritait la consécration. Et avec raison. Rappelons qu’il faut obtenir 75% des suffrages pour ouvrir les portes de l’enceinte sacrée du baseball.

    Fort d’une carrière notamment ponctuée de 355 victoires, une conquête de la Série mondiale, quatre trophées Cy Young, huit présences au match annuel des Étoiles, 3371 retraits sur des prises et 18 Gants d’or, Maddux ne l’aura vraiment pas volé.

    Parmi les rares opposants, le journaliste Ken Gurnick, de MLB.com, dont le bulletin de vote ne comprenait que le nom du lanceur Jack Morris (61,5%), explique qu’il n’accorde absolument aucun appui aux baseballeurs de «l’ère des stéroïdes». On ne peut distinguer avec certitude les tricheurs des joueurs honnêtes, argue-t-il.

    Est-ce que cela signifie par conséquent qu’il ignorera aussi des candidatures incontournables comme celles de Ken Griffey fils ou de Mariano Rivera ? Sévère comme jugement et, surtout, généralisation fort douteuse.

    Maddux peut se consoler : même Ty Cobb (98,2%), Hank Aaron (97,8%), Honus Wagner (95,1%), Babe Ruth (95,1%), Willie Mays (94,7%) et Ted Williams (93,4%), parmi d’autres légendes du baseball, n’ont pas convaincu tous les électeurs ; aucun joueur ne peut d’ailleurs s’en targuer.

    Celui qu’on surnomme le «Professeur» est probablement le meilleur lanceur de sa génération, en compagnie d’un certain Roger Clemens (35,4% des votes en 2014).

    Sauf qu’on ne passe même pas proche de soupçonner le premier d’avoir emprunté quelconque raccourci pour mousser sa carrière, au contraire du second ainsi que nombre de frappeurs un peu trop musclés de l’époque. Vous voyez ?

    Faute de puissance, Maddux misait plutôt sur une parfaite connaissance de la zone des prises ainsi qu’une maîtrise irréprochable de ses offrandes qui lui permettait de «peinturer» les coins du marbre — parfois un brin à l’extérieur ! —, au grand désarroi des frappeurs adverses.

    Sur la grande scène du Clark Sports Center, le 27 juillet prochain, Maddux sera accompagné par son ancien coéquipier chez les Braves d’Atlanta, le lanceur gaucher Tom Glavine (305 victoires) ainsi que le joueur de premier but et frappeur désigné Frank Thomas (521 circuits).

    Les gérants Bobby Cox, Tony La Russa et Joe Torre, choisis par le comité des Vétérans du Temple de la renommée, seront également intronisés. Quelque chose nous dit qu’avec une telle brochette au menu, le petit village de Cooperstown, dans l’État de New York, pourrait battre un record d’affluence cette année.

    En passant, M. Gurnick, je prends Greg Maddux avant Jack Morris. N’importe quand.

    Les résultats du scrutin
    Greg Maddux 555 votes* (97,2%)
    Tom Glavine 525 (91,9)
    Frank Thomas 478 (83,7)
    Craig Biggio 427 (74,8)
    Mike Piazza 355 (62,2)
    Jack Morris 351 (61,5)
    Jeff Bagwell 310 (54,3)
    Tim Raines 263 (46,1)
    Roger Clemens 202 (35,4)
    Barry Bonds 198 (34,7)
    Lee Smith 171 (29,9)
    Curt Schilling 167 (29,2)
    Edgar Martinez 144 (25,2)
    Alan Trammell 119 (20,8)
    Mike Mussina 116 (20,3)
    Jeff Kent 87 (15,2)
    Fred McGriff 67 (11,7)
    Mark McGwire 63 (11,0)
    Larry Walker 58 (10,2)
    Don Mattingly 47 (8,2)
    Sammy Sosa 41 (7,2)
    ——————
    Rafael Palmeiro 25 (4,4)
    Moises Alou 6 (1,1)
    Hideo Nomo 6 (1,1)
    Luis Gonzalez 5 (0,9)
    Éric Gagné 2 (0,4)
    J.T. Snow 2 (0,4)
    Armando Benitez 1 (0,2)
    Jacque Jones 1 (0,2)
    Kenny Rogers 1 (0,2)
    Sean Casey 0
    Ray Durham 0
    Todd Jones 0
    Paul Lo Duca 0
    Richie Sexson 0
    Mike Timlin 0

    *571 bulletins de vote sont parvenus aux dirigeants du Temple de la renommée.

    [david.courchesne@lapresse.ca]


    • Le professeur Honorable?

    • J’ai passé de très beaux étés à suivre Maddux et Glavine dans les années 90. À cette époque, la chaîne TBS présentait 125 matches des Braves, et était offerte par plusieurs câblodistributeurs au Québec moyennant 2 dollars par mois.

      La seule chose qui était dommage, c’est que les fans émotifs des Expos me criaient des bêtises parce que je préférais regarder les Braves. Pas facile de ne pas être nécessairement fan des équipes de Montréal ici…

    • Qu’est-ce qu’on les a haïs les maudits Braves de Bobby Cox !

      Greg Maddux, Tom Glavine et John Smoltz, non mais quel trio de partant redoutable.

      Maddux, le professeur, était l’exemple même du lanceur complet. Il se débrouillait très bien au bâton également, notamment en déposant à la perfection des amortis. N’oublions pas non plus qu’il s’exécutait en défensive comme un gant doré. Ses grandes habiletés lui ont permis de bénéficier de tout un respect dans la ligue. Les arbitres étaient, disons, plutôt cléments avec lui.

      Greg « ma zone de prise agrandit à mesure que le match progresse » Maddux, Glavine et cie, ont fait mal aux Expos. Sans leur brio, je doute que l’équipe de la Géorgie soit parvenue à remporter quatorze championnats de division d’affilés.

      À notre grand dam à cette époque, les Braves ont dominé plus souvent qu’à leur tour leur homologue montréalais. Mais bon, pour nous consoler, ce n’est pas uniquement Nos Z’Amours qu’ils ont dominés, mais bien tous les frappeurs de la Ligue nationale !

    • Les quelque 600 membres votant de l’Association des chroniqueurs de baseball d’Amérique n’ont pas la tâche la plus facile lors des dernières années, de même que celles à venir.

      Ils ont l’ingrate mission de préserver l’intégrité du patrimoine du baseball. Alors que la majorité de ceux-ci ont témoigné sans retenue les exploits boostés de l’ère des Bonds, Clemens, Sosa, McGwire et des autres, ils doivent maintenant les condamner en leur barrant la porte du temple.

      Les fameux 3000 coups sûrs, 500 circuits ou encore 300 victoires sont des stats qui servent souvent de porte d’entrée au temple. Stéroïdes aidant ses simples balises n’ont désormais plus les mêmes valeurs.

      Évidemment, Greg Maddux, Tom Glavine et Frank Thomas sont tous trois très méritants. Les deux premiers ayant franchi le cap des 300 victoires et le dernier, celui des 500 circuits, sans être véritablement entaché par des rumeurs de consommation de produit dopant.

      Parenthèse; c’est quand même ironique que Big Hurt entre au temple à sa première tentative alors qu’il a joué la majorité de sa carrière comme frappeur désigné, alors que celui dont le nom porte le trophée annuel du meilleur DH, Edgar Martinez, n’a pas obtenu plus que 25% des votes à son cinquième essai!

      Craig Biggio, quant à lui, a frappé ses 3000 coups sûrs, j’ai du mal à comprendre comment il a pu manquer le bateau pour une deuxième année de suite. Que lui reproche-t-on au juste ?

      Cela dit, félicitations aux deux comparses des Braves, qui entreront au Temple avec leur gérant Bobby Cox, ainsi qu’à Big Hurt, Tony La Russa, Joe Torre et au récipiendaire du Prix Ford C. Frick, le descripteur des Rangers du Texas, Eric Nadel.

      Pour les autres, eh bien, à l’année prochaine!

    • Comment analyser la carrière d’un joueur à notre époque ?

      Quand est-il des autres, ceux qui ne sont pas associés à l’ère des produits dopants ou qui n’ont pas atteint les standards d’exception tels que 3000 coups sûrs, 500 circuits ou encore 300 victoires ?

      À l’ère de Moneyball et de l’approche sabermétrique, l’analyse des statistiques d’un joueur est, disons, un peu plus complexe que c’était traditionnellement.

      Pour séparer les bons joueurs des légendes, il a plusieurs questions à se poser avant de voter pour un et non pour l’autre. L’intégrité doit sans aucun doute faire partie du lot, mais ne peut être la seule balise.

      Il y a une question à mon sens qui doit primer : est-ce que le joueur a une réputation de gagnant?

      A-t-il permis à son équipe de gagner des matchs ou a-t-il joué davantage pour des statistiques personnelles ?

      Pour certains la vitesse et l’intelligence au bâton n’ont pas la même prestance qu’un véritable coup sûr frappé le long de l’allée. Pourtant, l’efficacité d’un but sur balle ou encore d’un coup sûr à l’avant-champ est le même qu’un acquis « normalement ».

      Or, il faut savoir lire la fiche d’un joueur au-delà des traditionnelles statistiques.

      Tim Raines, par exemple, avec sa réputation de marchand de vitesse a accumulé les buts sur balles au rythme d’une passe gratuite pour deux coups sûrs. Il s’est mis en position de marquer plus souvent qu’à son tour et permettait à son équipe de l’emporter.

      Il était un gagnant. Non seulement, le meilleur voleur de but, mais le meilleur premier frappeur dans la Nationale durant toutes les années 80… Ils ne peuvent pas l’ignorer éternellement!

      Encore quelques années et Raines sera le 3e Expo à Cooperstown!

    • Pour jouer le jeu, voici ma propre liste personnelle :

      1. Tim Raines
      2. Craig Biggio
      3. Greg Maddux
      4. Tom Glavine
      5. Lee Smith
      6. Jeff Bagwell
      7. Edgar Martinez
      8. Frank Thomas
      9. Larry Walker
      10. Pete Rose

      Selon moi, pour encore environ cinq ans les Mark McGwire, Barry Bonds, Roger Clemens, Mike Piazza et Sammy Sosa sont dans les limbes du Temple en attendant que leur purgatoire soit terminé!

      J’aurais inclus Rafael Palmeiro, mais celui-ci n’a pas réussi à obtenir les 5% nécessaires pour conserver son nom sur la liste

    • ou-la-la… manquait qu’un seul vote à Biggio… UN!! ok. peut-être 2 si on refuse d’arrondir à l’unité près.

      j’ai de la peine pour lui

      et Raines a pris une débarque par rapport à l’an passé si je ne me trompe pas.

    • Pour ceux qui n’ont pas digéré le rejet de Martin St-Louis pour Équipe Canada au hockey, allez demander à un fan des Astros leur opinion sur le rejet de Craig Biggio! Maddux et Glavine le méritaient. Je n’avais pas Thomas parmi mes choix cette année, mais je peux comprendre. Quant à Jack Morris, ce sera aux vétérans de statuer sur lui – mais quel locomotive partout où il est passé.

    • Effectivement, un lanceur dans une classe à part. Oui, il a souvent bénéficié des “largesses” que lui ont accordés plusieurs arbitres mais sa façon de lancer pouvait influencer même les plus rigoureux.
      Le plus beau résumé qu’un analyste a fait de lui avant un match alors qu’il était encore actif (Tim McCarver): “Throws any pitch, at any location, at any speed”. Voilà, ça dit tout.

    • Entk David, je ne veux pas basher ton blogue sans aucune raison mais c’est cheap en maudit comme blogue baseball. Les camps sont commencer, Jeter qui annonce que c’est sa derniere annee et rien sur le sujet. Next thing you know vous allez tomber en vacance en plein milieu de mai… tssss
      Marc

    • @kbaye

      En effet…

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Twitter

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    juin 2011
    L Ma Me J V S D
    « mai   juil »
     12345
    6789101112
    13141516171819
    20212223242526
    27282930  
  • Archives

  • publicité